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  • il y a 14 heures
L'ancien ministre Philippe de Villiers s'est exprimé sur le conflit en Iran, estimant que «les Iraniens ont transformé l'artère jugulaire d'Ormuz en nœud coulant».

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Transcription
00:00Les Américains sont pressés, ils ont des échéances.
00:05La première échéance qui préoccupe le président des Etats-Unis,
00:09c'est la rencontre avec le président chinois, dans quelques jours.
00:14Il y a l'échéance de l'anniversaire des Etats-Unis.
00:18Il vaut mieux que la guerre soit finie.
00:21Il y a évidemment les mid-termes.
00:23Alors on a beau nous expliquer, il s'en fout,
00:26ce qui compte pour lui c'est de marquer l'histoire,
00:29je pense qu'il a quand même ça à l'arrière-plan de sa réflexion.
00:36Donc en fait, la symétrie du temps, quand vous avez tout votre temps
00:41et que l'adversaire a peu de temps, c'est déjà une arme
00:48dont vous pouvez jouer, l'arme du temps.
00:52Et d'ailleurs, si on fait un petit retour en arrière,
00:55pour l'instant, on peut dire que la coalition israélo-américaine
00:59a gagné la première étape, c'est-à-dire le carpet bombing,
01:04tapis de bombe.
01:07Mais après, il y a une deuxième bataille,
01:09c'est la bataille du temps, la bataille de l'usure.
01:11Et c'est plutôt les Iraniens qui sont en train de gagner,
01:14comme je vais le démontrer dans quelques instants.
01:17Donc l'arme du temps.
01:19La deuxième arme, c'est ce que les polémologues appellent
01:24l'arme de l'hydre.
01:27L'hydre, c'est un serpent d'eau qui repousse,
01:30avec plusieurs tentacules, plusieurs têtes.
01:35Et c'est le système de défense iranien,
01:37ce qu'on appelle la défense mosaïque.
01:40C'est-à-dire qu'en fait, vous avez 31 provinces,
01:4331 commandements, indépendants les uns des autres,
01:45avec leur chahed, leur vedette, etc.
01:49Et on n'en finit pas, quand on croit en avoir fini,
01:53parce qu'on en a fini en décapitant la tête,
01:55mais la tête repousse.
01:59Donc c'est très, très difficile de se battre
02:01contre un ennemi à multitête.
02:06La troisième arme, vieille comme le monde
02:11et comme l'Ancien Testament,
02:13c'est le lance-pierre.
02:15C'est David qui tue Goliath, avec un lance-pierre.
02:19Pourtant, Goliath est beaucoup plus fort que David.
02:22Et donc là, le lance-pierre,
02:23confectionné par 230 000 ingénieurs,
02:26parce qu'en Iran, on oublie de le dire,
02:29il y a 230 000 ingénieurs,
02:31donc ils ont eu le temps de réfléchir,
02:34et d'inventer des armes qui sont les armes du pauvre.
02:38En l'occurrence, le chahed, c'est-à-dire le drone.
02:42Le drone qui est très difficile à détecter,
02:47très difficile à intercepter.
02:48Donc c'est vraiment l'arme du faible contre le fort.
02:51Mais avec l'arme du faible contre le fort,
02:53on use le fort.
02:55Et puis, on a tout le temps pour lui permettre d'épuiser ses stocks.
03:02Ce qui est peut-être le cas, en ce moment.
03:07Ensuite, il y a une autre arme.
03:10Je vais du faible au fort.
03:13Du plus faible au plus fort.
03:15L'arme de la prise d'otage.
03:18À laquelle les Américains n'avaient sans doute pas pensé.
03:21La prise d'otage des pays du Golfe.
03:24Pourquoi ? Parce qu'en fait, c'est la prise d'otage de l'économie mondiale.
03:30Au point qu'aujourd'hui,
03:32on a des dissensions entre les Amirats Arabes Unis,
03:35l'Arabie Saoudite,
03:36et ça, ça se complique.
03:37L'Orient compliqué,
03:39on parlait de Gaulle.
03:40Je suis parti en Orient,
03:41dans cet Orient compliqué,
03:42avec des idées simples.
03:45On part avec des idées simples,
03:46mais on revient avec des idées compliquées.
03:48Et enfin, et surtout,
03:50le fameux détroit d'Hormuz.
03:54On pourrait parler non pas d'enlisement,
03:56comme au Vietnam,
03:58mais d'ensablement.
04:00Et en fait, ce qui me frappe,
04:02je vais vous dire,
04:04quand j'écoute les commentateurs,
04:06et que je regarde les officiers de plateau,
04:11tous disent
04:12la guerre a changé d'objectif.
04:15Au début, c'était le régime Change,
04:20le changement de régime.
04:22Ensuite, c'était le nucléaire,
04:24et maintenant, c'est d'Hormuz.
04:27Et moi, je pense que les Iraniens eux-mêmes
04:31ont petit à petit conçu l'idée,
04:34de manière expérimentale,
04:37qu'ils avaient à leur disposition
04:38une arme pour le futur,
04:40et que cette arme,
04:41ils ne vont pas la lâcher.
04:42C'est-à-dire qu'ils sont prêts,
04:44peut-être, à lâcher sur les 440 kilos
04:46du Réunion enrichi,
04:48mais Hormuz, non.
04:50Parce qu'en fait,
04:51c'est le détroit le plus important du monde
04:54par rapport à l'économie occidentale.
04:56Et donc, en fait, le fin du fin pour un faible
05:00dans une guerre contre un fort,
05:02voire un très fort,
05:03contre une hyperpuissance,
05:05c'est de fabriquer des alliés.
05:08C'est qui les alliés ?
05:09C'est l'étudiant anglais
05:12qui est à Harvard
05:13et qui se dit
05:14« Je ne vais pas pouvoir revenir chez moi
05:16à Londres en juillet
05:18parce qu'il n'y a plus de kérosène. »
05:20C'est l'infirmière libérale des Herbiers
05:24qui est obligée de rester chez elle
05:25un jour sur deux
05:28parce qu'il n'y a plus d'essence.
05:30En tout cas, l'essence est trop chère pour elle.
05:33C'est le paysan de la Pampa
05:35qui ne peut plus utiliser
05:37de ses semences, ses engrais
05:38parce que tout ça,
05:39ça vient du détroit d'Hormuz.
05:41C'est le fabricant de smartphones
05:45qui a pu accès à l'hélium,
05:47etc., etc., etc.
05:48En d'autres termes,
05:49ce qui s'est passé,
05:50c'est qu'au cours des premières 48 heures,
05:54le monde entier a dit
05:55« Chapeau l'artiste ! »
05:57Retour du Venezuela,
05:59Maduro, opération Maduro bis,
06:02il a décapité le régime iranien.
06:05Et puis après,
06:06depuis, on se dit
06:07« D'accord, mais il y a un problème
06:09d'essence à la pompe,
06:10il y a un problème d'engrais,
06:12il y a un problème d'hélium,
06:14etc., etc., etc. »
06:15Et donc, ce qu'ont fait les Iraniens,
06:17ils ont transformé
06:20l'artère jugulaire d'Hormuz
06:25en eau coulant.
06:25Sous-titrage Société Radio-Canada
06:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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