- il y a 2 jours
Cette semaine, on s'enflamme pour Madeleine Malonga ! Dans sa catégorie des -78kg, les mi-lourds, elle a pratiquement tout gagné dans sa carrière : championne d'Europe, championne du monde, et vice-championne olympique à Tokyo en 2020. Également médaillée d'or olympique en par équipes mixtes (2020 et 2024), elle a donné naissance à une petite fille en décembre 2025. Et se projette désormais sur les JO de Los Angeles 2028, où la concurrence sera rude.
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00:00:18Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien, c'est parti pour une nouvelle émission
00:00:21et aujourd'hui on s'enflamme pour Madeleine Malonga.
00:00:25Salut Madeleine, tu vas bien ?
00:00:27Oui ça va, merci et toi ?
00:00:28Installe-toi, ça va très bien sur du Beyoncé, magnifique.
00:00:32Beste choix.
00:00:33On a pas mal discuté, on vous donne un peu les coulisses avec Madeleine avant le début de l'émission
00:00:37et puis elle n'a cessé de me répéter mais il manque des bonbons ici.
00:00:40Tu sais quoi Madeleine, on a été visionnaire, voilà.
00:00:43Les bonbons qui piquent, on sait que t'aimes ça, bon finis pas tout, j'en prendrai un petit peu
00:00:48aussi si tu le permets.
00:00:49Prends-en un pour démarrer l'émission, on peut démarrer dans de bonnes conditions maintenant.
00:00:53Je te présente rapidement Madeleine pour nos téléspectateurs, nos téléspectatrices.
00:00:56Tu as 32 ans, tu pratiques le judo dans la catégorie des moins de 78 kilos et tu possèdes un
00:01:01palmarès bien fourni.
00:01:03Double championne d'Europe 2018 et 2020, championne du monde en 2019, vice-championne olympique à Tokyo en 2021
00:01:09et double championne olympique par équipe mixte à Tokyo en 2021 et à Paris en 2024.
00:01:15Alors je sais Madeleine que les athlètes de haut niveau ont tendance à ne pas trop s'attarder sur le
00:01:19palmarès,
00:01:20à switcher assez vite sur les autres compétitions.
00:01:22Ça fait plaisir quand même de voir ça installé confortablement dans un canapé ?
00:01:25Ouais franchement à chaque fois qu'on me dit mon palmarès, il me dit punaise c'est la classe quand
00:01:29même.
00:01:29Et après il y a une petite voix qui me dit bon il me manque encore une, cette heure olympique
00:01:33individuelle.
00:01:34Ouais ça va il manque pas grand chose tout de même avec ce beau palmarès.
00:01:37La question rituelle de l'émission Madeleine, la dernière fois que tu t'es enflammée, pas forcément sur un tatami.
00:01:44Je me suis enflammée hier à l'entraînement en réathlée.
00:01:52Depuis que j'ai eu ma petite fille Léonie, je suis suivie à l'INSEP au service de réathlétisation avec
00:02:01Adelaire Morigny.
00:02:02Et on s'est enflammées en dansant avec Alexandra Noutier et Clarisse.
00:02:08Sur de la musique parce qu'on était de bonne humeur et ça nous a mis de bonne humeur pour
00:02:11commencer la séance.
00:02:12Donc on s'est un peu enflammées.
00:02:13Ok, qui est la meilleure danseuse ?
00:02:15Clarisse.
00:02:15Clarisse, bon.
00:02:16Je pensais que t'allais me dire je me suis enflammée pour le PSG hier.
00:02:19Ah c'est vrai aussi, c'est vrai aussi, c'était un très beau match.
00:02:23C'est vrai que je me suis enflammée aussi pour ça.
00:02:24Bah t'es pas la seule en régie aussi, je pense qu'ils sont bien enflammés pour la victoire du
00:02:27Paris Saint-Germain.
00:02:29Je les entends d'ici.
00:02:30Et bah tu sais quoi Madeleine, moi je me suis pas encore assez enflammée aujourd'hui, je te propose qu
00:02:33'on le fasse ensemble.
00:02:33C'est parti, on va allumer le feu.
00:02:40Alors Madeleine, on se replonge un petit peu dans ton histoire.
00:02:43Tu as 8 ans, tu fais de la danse et un jour tu décides sur un coup de tête un
00:02:47petit peu d'accompagner ta voisine et ton amie au judo.
00:02:51Exactement.
00:02:51C'est le coup de foudre tout de suite ?
00:02:53Ouais, pratiquement.
00:02:54Franchement, je me rappelle encore, on s'attendait à chaque fois, moi je faisais de la danse et la danse
00:03:00et le judo c'était dans la même salle municipale.
00:03:03Et quand je finissais avant, je regardais le judo et je me disais, putain, c'est stylé.
00:03:08Et en fait, c'était surtout mon prof de base du début, Michel Kornberg, qui faisait peur.
00:03:14Mais ça me plaisait et puis j'ai voulu essayer et au final, coup de foudre.
00:03:19Alors on peut se dire, en voyant ton palmarès, que tout de suite tu as été hyper dominante, hyper performante.
00:03:25Et bah non, la première année de compétition, tu perds quasiment tout Madeleine.
00:03:28Oui, à chaque fois, je me disais, du coup, tu as commencé, tu étais pas du tout.
00:03:33La première année, je me suis fait tuer sur chaque compétition.
00:03:38Et je pense la dernière compétition de l'année, j'ai réussi à faire troisième, mais une vraie troisième place
00:03:44où j'ai gagné un combat.
00:03:46Et ça a même été là, le déclic, c'est que je me rappelle encore avoir fait Hippone sur Inagé.
00:03:52Bon, aujourd'hui, je ne fais plus du tout cette technique, mais j'ai marqué Hippone, Hippone sur Inagé.
00:03:58Et j'ai marqué Hippon, du coup, mais la sensation, et je pense et même je suis sûre que c
00:04:05'est cette sensation qui me poursuit jusqu'aujourd'hui,
00:04:08que j'aime et qui m'anime dans le judo.
00:04:10Mais quand tu perds tout, là, sur ta première année, justement, tu avais déjà cet esprit de compétition qui t
00:04:15'a fait accrocher.
00:04:17Et tu t'es dit, bon, là, je me fais battre, mais je veux gagner, je veux être meilleur que
00:04:20ces filles-là ?
00:04:21Ou pas forcément ?
00:04:22Oui, je pense que j'ai été dit, c'est aussi moi, je suis assez persévérante.
00:04:25Franchement, je lâche très rarement les choses.
00:04:28Donc, je ne sais pas, déjà très jeune, en vrai, c'est une bonne question.
00:04:31Parce qu'à l'âge de 8 ans, faire 5, 6 compétitions et perdre à chaque fois, j'étais persévérante.
00:04:41Et à partir de quel moment tu t'es dit, bon, le judo, j'aimerais bien en faire ma vie,
00:04:45quoi.
00:04:45J'aimerais bien faire des compétitions un peu partout dans le monde, gagner ma vie avec cette discipline.
00:04:50C'est venu beaucoup plus tard ?
00:04:51Très tard.
00:04:52Oui ?
00:04:52Oui.
00:04:52Moi, c'est venu très, très tard.
00:04:55Franchement, je pense, j'étais déjà à l'INSEP et ouais, j'étais déjà à l'INSEP parce que je
00:05:03suis rentrée à l'INSEP à 16 ans.
00:05:05Et je me rappelle que les premières fois que je suis rentrée à l'INSEP, j'avais vu Eunice Barber,
00:05:09Kessin Aron.
00:05:10Et moi, j'adore l'athlétisme aussi.
00:05:12Et je disais, waouh, t'es championne et tout.
00:05:15Et en fait, je pensais que, vu que j'étais forte en junior, forcément, j'allais être forte rapidement, un
00:05:22peu être en équipe et tout.
00:05:23Et au final, je ne me rendais pas compte que l'équipe de France féminine, la catégorie des moins de
00:05:2868 kilos, c'était une catégorie très forte avec beaucoup de concurrence.
00:05:32Donc, ce n'est pas venu tout de suite.
00:05:35Et quelque part, j'y croyais, mais je ne me rendais pas compte de tout le travail que ça a
00:05:40demandé.
00:05:41Juste avant l'INSEP, à 14 ans, forcément, pour accéder au niveau, on doit quitter la famille.
00:05:45Exactement.
00:05:45Donc, toi, tu intègres le pôle espoir Damien à 14 ans.
00:05:48Tu l'as vécu comment ? Je suppose que tu es très famille, mais quitter un peu le cocon familial,
00:05:54ça a été dur ?
00:05:55C'était très dur.
00:05:57Donc, j'ai 14 ans, je me rappelle.
00:06:00Je disais à ma sœur, en fait, mes parents, s'il y a un moment qui m'ont poussée dans
00:06:06leur vie, c'est à ce moment-là.
00:06:07Bon, au final, ils ont bien fait.
00:06:09Mais mes parents n'arrêtaient pas de me dire, Madeleine, c'est une expérience de dingue.
00:06:13Si ça ne te plaît pas, tu rentres.
00:06:15Mais intégrer un sport-études, pour eux, c'était cool.
00:06:18Enfin, tu vas pouvoir faire ton sport, tu as tout sur place.
00:06:21Toi, tu ne voulais pas au début ?
00:06:23Tu voulais rester avec eux ?
00:06:24En fait, pour moi, je voulais rester avec mes copines, ma famille, tranquille.
00:06:30Et au final, ils m'ont déposée.
00:06:33Et au bout d'une semaine, j'ai adoré.
00:06:36C'était trop bien.
00:06:37C'était franchement mes meilleurs souvenirs de jeunesse.
00:06:40Donc, deux ans plus tard après ton entrée au pôle, c'est l'INSEP.
00:06:43Trois ans, trois ans.
00:06:44Trois ans ?
00:06:45J'ai fait deux ans à Amiens, un an à Orléans, ouais.
00:06:47Trois ans plus tard, donc l'INSEP.
00:06:49La cour des grandes, clairement.
00:06:51Elle est vite, au final.
00:06:52Ouais, ouais, c'est sûr.
00:06:53L'INSEP, comment ça se passe quand tu arrives ?
00:06:55Tu l'as dit, il y a plein de championnes de toutes disciplines différentes.
00:06:57Est-ce que tu arrives avec la dalle, les dents longues ?
00:07:01Ou est-ce que, justement, tu arrives un petit peu sur la pointe des pieds en disant
00:07:04je ne vais pas trop me faire remarquer ?
00:07:06Ça se passe comment ?
00:07:07Moi, c'est un mix des deux.
00:07:10Parce que je pensais qu'on était en arrivant à l'INSEP.
00:07:14Moi aussi, ça allait venir très vite.
00:07:15Et en plus, j'étais quand même pas mal en junior.
00:07:17Donc, pour moi, ça allait être facile.
00:07:19Et au final, pas du tout.
00:07:21Et en même temps, dans mon caractère, je suis assez gentille, même très gentille.
00:07:26Et du coup, c'est ça qui a été difficile quand je suis rentrée à l'INSEP.
00:07:30Parce que j'ai connu...
00:07:32Je suis arrivée, il y avait encore Céline Lebrun qui était sur la fin.
00:07:37Audrey Chimeo qui était déjà là, Lucie Louette.
00:07:40Enfin, c'était des défis très, très fortes.
00:07:42Donc, se faire sa place parmi ces grandes dames, c'était difficile.
00:07:46Et je me disais quelque part, oui, ça va venir.
00:07:50Parce que je me disais, moi aussi, je veux le faire.
00:07:52Mais je ne me rendais vraiment pas compte de tout le travail que ça a demandé.
00:07:57Parce que je rentre en 2010.
00:08:00Je suis championne d'Europe.
00:08:01Ma première grosse médaille, c'est en 2018.
00:08:03Donc, il se passe 8 ans.
00:08:05Donc, en même temps, c'est très long.
00:08:07Il y a des blessures.
00:08:08Il y a des périodes difficiles, de doutes.
00:08:10Et au final, j'ai tenu encore une fois.
00:08:13Et puis, c'est devenu super bien après.
00:08:17Donc, cool.
00:08:18Tu vois la différence avec les jeunes judokas qui arrivent maintenant à l'INSEP par rapport à toi ?
00:08:23Tu dis que tu es arrivé avec ce mélange en même temps de faim, de dalle.
00:08:27Mais en même temps, tu voulais te faire un peu discrète.
00:08:29La nouvelle génération, moi, j'ai l'impression qu'il n'y a plus vraiment ce truc-là.
00:08:32C'est qu'on arrive, on a faim, il n'y a pas de pression.
00:08:34Est-ce que ça, tu le remarques ?
00:08:35Oui, je le remarque.
00:08:36Et puis, c'est surtout que maintenant, il y a les réseaux sociaux.
00:08:39Donc, c'est très facile de s'enflammer, de penser vraiment qu'on est fort.
00:08:43Et il y a plein de vidéos de judo.
00:08:45Tout le monde a accès maintenant aux meilleurs entraîneurs, préparateurs physiques, tout ça.
00:08:52Donc, ils sont, je trouve, plus près physiquement aussi.
00:08:56Ça va très vite.
00:08:57Mais il y a aussi après la réalité, il y a l'expérience.
00:09:00Et quelque part, je pense que c'est ça aussi qui fait la différence aujourd'hui entre des jeunes et
00:09:06nous.
00:09:07Ben oui, ils vont faire peut-être parfois plus d'erreurs que nous.
00:09:10On va avoir l'expérience et on va comprendre.
00:09:12Tu l'as dit, cette transition entre le milieu junior et le milieu professionnel vraiment chez les grandes est parfois
00:09:18compliqué.
00:09:19Moi, j'aimerais revenir sur une médaille qui a dû te marquer.
00:09:21C'est 2014.
00:09:22C'est le tournoi de Paris.
00:09:23Médaille d'argent.
00:09:24Alors, tu as 20 ans à ce moment-là.
00:09:25Tu es encore très jeune.
00:09:26Je crois que tu es 124e mondiale.
00:09:27Donc, pas du tout parmi les favorites.
00:09:29Et donc, tu t'inclines seulement en finale.
00:09:32Tu en gardes quel souvenir de ce moment-là ?
00:09:35Ça reste encore ancré dans ta tête.
00:09:36Il y a 12 ans tout de même.
00:09:38Oui, il y a 12 ans.
00:09:39C'est chaud.
00:09:43C'est un super beau souvenir parce que, déjà, moi, très jeune, je n'allais pas spécialement au tournoi de
00:09:49Paris.
00:09:49La première fois que je suis venue au tournoi de Paris, c'était en 2010.
00:09:53On était encore à Orléans.
00:09:56Et il y avait Clarisse qui combattait.
00:09:58Et du coup, on a dit, bon, on va soutenir notre copine, on va y aller.
00:10:01Et la première fois que je suis rentrée dans Bercy, j'ai fait...
00:10:05Ouais, mais c'est un truc de ouf, quoi.
00:10:07Et je me rappelle que j'avais interdit à ma famille de venir au tournoi de Paris tant que je
00:10:11n'avais pas combattu.
00:10:13Et ça me tenait à cœur, du coup, de ma première sélection qui viennent
00:10:19et qu'eux-mêmes aussi ressentent cette chose impressionnante qui est Bercy,
00:10:26avec le public de feu, la salle, enfin, toute cette atmosphère incroyable.
00:10:31Donc, ils ont été impressionnés.
00:10:32Et en même temps, moi, j'avais vraiment la dalle de me dire, ouais, c'est pour moi, j'ai
00:10:36envie d'y aller.
00:10:37Et je me rappelle qu'au premier tour, je prenais une jap, mais j'étais pétrifiée.
00:10:42Et je pense qu'au final, le public m'a portée.
00:10:46Et j'étais vraiment fière de cette médaille de faire deuxième au tournoi de Paris.
00:10:50Forcément, quand on parle des Jeux, alors en tant que Français, on pense au Paris Grand Slam,
00:10:53on pense aux Jeux Olympiques 2016, toi, t'es remplaçante.
00:10:57Avant de rentrer vraiment dans le détail des Jeux et de toute l'aventure et toute l'expérience que tu
00:11:01as de cette compétition planétaire,
00:11:04parle-moi de tes premiers souvenirs des Jeux Olympiques,
00:11:06les premières éditions que tu as pu suivre à la télé, des performances qui t'ont marqué.
00:11:11Plus jeune, je dirais peut-être 2000, mais en fait, je n'ai pas des souvenirs de moi qui regarde
00:11:19la compétition.
00:11:19Je me rappelle qu'il y avait David Duyé, c'était la grande star.
00:11:23Mais je me rappelle surtout que partout, on voyait les anneaux olympiques.
00:11:25Et je ne comprenais pas encore réellement ce que c'était.
00:11:28Et bon, pour ne pas citer de marque, on allait manger dans un fast-food.
00:11:33Et il y avait tout le temps ces anneaux olympiques.
00:11:35Et je me rappelle, c'est plus ma grande sœur, Anaïs, qui, ouais, c'est les Jeux Olympiques,
00:11:41mais ce n'était pas vraiment concret.
00:11:43Et elle s'est devenue plus concret en 2008, mon premier vrai souvenir.
00:11:49Je me rappelle qu'il y avait Stéphanie Possamay qui combattait en place de 3, au moins de 78 kilos.
00:11:55Et j'avais regardé ce combat.
00:11:58Et j'avais une autre de mes sœurs.
00:12:00Et je lui ai dit, ah, ça, c'est moins de 78 kilos.
00:12:02Ça sera ça, ma future catégorie.
00:12:04Oh là là, je veux trop faire les Jeux.
00:12:06Et je me rappelle que Stéphanie, quand elle a gagné, il y avait sa sœur jumelle.
00:12:09Et j'avais trouvé ça trop beau, qui est sa famille, tout ça.
00:12:12Et je m'étais dit, waouh, je voudrais aussi vivre tout ça.
00:12:16D'accord, c'est là que le rêve commence.
00:12:18Le rêve a commencé.
00:12:19Tu peux apprendre forme.
00:12:20Donc je le disais, remplaçant au jeu de Rio.
00:12:22Et là, tu vas faire un choix assez fort, assez couillu, même j'ai envie de dire.
00:12:26Désolé du terme, mais c'est vraiment le cas.
00:12:28Tu quittes l'INSEP.
00:12:29Oui.
00:12:30Pour retourner dans ton club de Blanc-Ménil.
00:12:32Exactement.
00:12:33Comment ça a été pris, ça ? Je sais que l'INSEP, ça peut être compliqué, des fois, de quitter
00:12:37l'institution, de s'envoler un petit peu de ses propres moyens.
00:12:41Comment ça a été pris ?
00:12:42Alors, quand je dis que je quitte l'INSEP, j'ai toujours fait mes combats, tout le temps, mes séances
00:12:48RANDORI à l'INSEP.
00:12:50Il faut savoir qu'à l'INSEP, on s'entraîne à l'INSEP deux fois par jour.
00:12:53Il y a une séance par jour de combat, donc RANDORI avec tous les athlètes, tous ensemble.
00:12:59Et il y a une séance aussi de préparation physique.
00:13:01Et c'est un peu le cocon où j'y étais depuis 2010.
00:13:04Et j'ai décidé de faire fuir de ce système-là et d'aller à mon club, de faire tout
00:13:10ce qui est préparation physique, technique,
00:13:11et de venir juste pour les combats, donc une fois par jour au lieu de deux fois par jour.
00:13:15Pourquoi ce choix de quitter l'INSEP ?
00:13:18Bah, quitter l'INSEP parce que ça faisait sept ans que j'y étais et que sept ans, au final,
00:13:23ça commence à faire beaucoup, ça fait long.
00:13:26Et que je n'avais toujours pas atteint mes objectifs.
00:13:29Et qu'à un moment donné, j'étais encore jeune, certes, mais j'avais besoin de changer.
00:13:36Et surtout, j'étais venue ici pour gagner des compètes.
00:13:40Mon objectif, c'était d'être championne du monde, championne d'Europe, championne olympique.
00:13:44Donc, je ne peux pas dire que je n'y trouvais pas mon compte, mais j'ai eu surtout la
00:13:51chance d'être dans mon club,
00:13:55l'Étoile sportive de Blanc-Ménin, l'ESBM, depuis septembre 2016, où ils m'ont accompagnée, ça fait dix ans,
00:14:04je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'athlètes où ça fait dix ans qu'ils sont dans
00:14:07leur club,
00:14:07mais qui ont les moyens de les accompagner avec des entraîneurs de qualité, des infrastructures de qualité,
00:14:14et de pouvoir les amener en compétition, en stage, même à l'international.
00:14:17Donc, je me sentais bien et j'ai fait confiance aussi à mon entraîneur de l'époque.
00:14:24En tout cas, ça paye, ça a payé clairement.
00:14:26Oui, ça a payé.
00:14:27Tu remportes le titre européen en 2018, face à ta concurrente directe dans la catégorie Audrey Tchemeho.
00:14:34Tu me disais tout à l'heure que quand tu es arrivée à l'INSEP, il y avait des filles
00:14:37qui avaient déjà un palmarès bien fourni,
00:14:39dont Audrey Tchemeho.
00:14:40Ça t'a fait quoi à ce moment-là, 2018, de la battre et de remporter ce titre européen ?
00:14:46Une immense fierté.
00:14:47Une immense fierté parce qu'Audrey, moi, je rentre en 2010 à l'INSEP et en 2011, elle est championne
00:14:53du monde à Paris.
00:14:55Donc déjà, tu te dis, la catégorie, elle est presque bouchée.
00:15:00On faisait des combats ensemble à l'entraînement, elle était vraiment au-dessus.
00:15:04Et je pense que j'ai toujours été un peu sa petite.
00:15:07Donc, quelque part, c'est comme quand on a notre stagiaire dans le monde de l'entreprise
00:15:11qui nous ramène tous les jours à notre café et qui fait les photocopies.
00:15:16Qu'aujourd'hui, ils vous dépassent, c'est aussi pas facile, je pense.
00:15:20Et au final, moi, j'ai cru très fort et ça a marché, ça a payé.
00:15:25Donc, c'était une immense fierté de me dire que, moi aussi, j'ai pu et je l'ai fait.
00:15:31Et tu ne vas pas t'arrêter là puisque le titre mondial arrive en 2019.
00:15:36Alors là, c'était un championnat du monde de folie pour toi puisque tu remportes tous tes combats Paris-Pont,
00:15:39y compris la finale face à la tenante du titre, Shori Hamada.
00:15:43Ça fait quoi d'être sur le toit du monde ?
00:15:45Est-ce qu'il y a un cours à ce temps où on se sent invincible presque ?
00:15:51Un petit peu.
00:15:52Un petit peu, avec toute modestie, un petit peu.
00:15:55Parce qu'à Tokyo, franchement, même là, quand j'y pense, en vrai, c'était fou.
00:15:59Parce qu'on est en 2019, on est à un an des Jeux, normalement, avant que tout se capote.
00:16:06Au pays du judo.
00:16:07Au pays du judo.
00:16:11En finale, je me rappelle, en demi-finale, je prends Aguiar, numéro une mondiale.
00:16:18Celle qui me faisait vraiment peur.
00:16:20Enfin, je la trouvais très forte, cette brésilienne.
00:16:24Après, Shori Hamada, ma famille a fait le déplacement.
00:16:27Il y a mes parents, il y a mon petit frère.
00:16:30Et puis, je suis allée au bout, quoi.
00:16:32Je suis allée au bout et c'est un rêve de se dire, punaise, je l'ai fait.
00:16:36C'est la compétition parfaite, non ?
00:16:37Même dans le scénario, dans ce qui s'est passé.
00:16:39En vrai, c'est la compétition où j'ai été forte.
00:16:42C'est pas genre j'ai gagné les mondes, c'est que je suis allée chercher cette médaille.
00:16:47Dominante de A à Z.
00:16:48J'ai été dominante de A à Z, je bat la numéro une mondiale, je bat la championne du monde
00:16:51en titre.
00:16:53Franchement, tous les signaux étaient ouverts pour Tokyo.
00:16:56Je sais, Madeleine, que tu fonctionnes beaucoup à l'objectif, énormément.
00:17:01Est-ce que quand on est championne du monde comme ça, on arrive à savourer vraiment le titre mondial
00:17:04ou on switch très vite sur la suite ?
00:17:08Honnêtement, on switch très vite.
00:17:09C'était mon défaut un peu.
00:17:10T'aurais aimé, si tu pouvais retourner en arrière, beaucoup plus savourer ce titre mondial ?
00:17:15Surtout mon premier titre de championne d'Europe.
00:17:18Je me rappelle, en vrai c'est fou, c'était un objectif.
00:17:22Et puis je l'ai gagné.
00:17:24Et puis deux jours après, je suis repartie à l'entraînement comme si on était.
00:17:26Alors je ne dis pas qu'il me fallait quatre mois de vacances et surfer sur ça.
00:17:30Pas du tout.
00:17:31Mais c'est vrai que je suis une fille très travailleuse, très perfectionniste.
00:17:41Oui, je marche à l'objectif.
00:17:42Quand je veux quelque chose, je ne lâcherai pas.
00:17:45J'ai huit ans, je me suis fait éclater à chaque compétition.
00:17:47Je n'ai pas lâché.
00:17:49C'est intéressant parce que tu vois, on a tendance souvent à dire que le plus important, ce n'est
00:17:54pas forcément le résultat, c'est le chemin pour y arriver.
00:17:57Alors ça, je pense que c'est un discours qu'on peut entretenir quand on a un peu de recul.
00:18:00Maintenant, peut-être que c'est un peu ton mantra.
00:18:03Mais à ce moment-là, quand tu es encore jeune, que tu décroches tes médailles, est-ce que tu te
00:18:07le dis ou pas du tout ?
00:18:09Non, je me suis dit ça à partir de Tokyo, après les Jeux de Tokyo, où là, il y a
00:18:13eu un vrai switch.
00:18:17Et oui, ce n'était plus pareil parce qu'après les Jeux de Tokyo, j'ai déjà gagné les Europes,
00:18:21j'ai déjà gagné les mondes.
00:18:23J'étais à ça de gagner les Jeux.
00:18:27Du moins, je fais quand même une finale olympique.
00:18:29Et on se dit, il y a Paris dans trois ans, ça va être long et en même temps très
00:18:34court, très intense.
00:18:36Et en même temps, j'ai voulu prendre aussi un peu, récupérer parce que ça demande tellement d'efforts, tellement
00:18:42de travail, ce sport de haut niveau.
00:18:44On s'entraîne tous les jours.
00:18:47Notre corps est mis à rude épreuve, notre mental aussi, à travers parfois la concurrence, la rivalité, l'objectif.
00:18:54Et oui, j'ai eu envie de, je ne dirais pas prendre du recul, mais de vivre les choses un
00:19:02peu plus différemment, de prendre le temps.
00:19:05Et je me rappelle que je me rappelle, me dire que oui, le schéma, il est important.
00:19:09J'ai envie de savourer les bons moments comme les mauvais moments.
00:19:13Et au final, c'est aussi mon mantra que j'ai dans la vie qui est, c'est la confiance
00:19:18en la vie qui me permet d'avancer, de rebondir parce que j'ai eu des moments plus difficiles après
00:19:22Tokyo.
00:19:23Et au final, j'ai quand même rebondi et il y a eu dans l'Olympia des hauts, des bas.
00:19:29J'ai réussi à être à Paris.
00:19:31C'était un haut le moment de la sélection.
00:19:33Et puis, il y a eu un bas, cette défaite au premier tour.
00:19:38Et puis, il y a eu après des hauts avec, par exemple, la naissance de ma fille ou là, la
00:19:44reprise du judo, de l'entraînement, tout ça.
00:19:48Donc, oui, ça vaut maintenant beaucoup plus le chemin que l'objectif.
00:19:52Justement, Tokyo, compétition importante pour toi.
00:19:55Tu l'as dit, ça aurait dû être en 2020, ces Jeux, avec le Covid reporté en 2021.
00:20:00Tu le prends comment, ça, au moment de l'annonce que ça va être reporté ?
00:20:03C'est dur à encaisser ?
00:20:05Ce n'est pas grave, c'est l'objectif.
00:20:06L'objectif est là, on continue.
00:20:08Toi, tu es...
00:20:09Moi, pendant le confinement, je me suis entraînée tous les jours dans ma résidence.
00:20:14Je me rappelle, je pense que mes voisins ne me prenaient pas une tarée, mais tous les jours, 14 heures,
00:20:19j'étais dehors.
00:20:20Je m'entraînais.
00:20:22Je courais dans ma résidence à fond.
00:20:26Donc, des premiers jeux pour toi, avec le contexte Covid, donc forcément compliqué, pas forcément de public, etc.
00:20:32Tu es numéro un mondial, donc tu as aussi un statut à assumer.
00:20:36Mais t'aimais bien être favorite ou c'est quelque chose où tu ne te posais pas la question ?
00:20:41Non, c'est comme ça.
00:20:42Après, tu sais que les filles, elles viennent avec des crocs plus aiguisés.
00:20:49Mais en vrai, ça faisait partie du truc.
00:20:52C'est ça aussi, le sport.
00:20:55Le premier combat, moi, ça m'intéresse toujours, parce qu'on parle souvent de la demi, de la finale.
00:20:59Le premier combat est hyper important, parce que là, c'est clairement win or go, tout simplement.
00:21:05C'est le plus dur, selon toi ? C'est le plus stressant, le plus angoissant ?
00:21:08C'est le plus stressant, le plus angoissant, parce que tu ne sais pas dans quel état tu es.
00:21:13Donc, tu as fait ton échauffement.
00:21:14Bon, déjà, tu te mets dans ta compète, tu perds ton poids, tu t'es pesé, tu dors plus ou
00:21:19moins bien parfois.
00:21:20Tu te lèves, tu vas à la salle d'échauffement, tu t'échauffes.
00:21:24Tu avais bien dormi, toi ?
00:21:25Franchement, je ne me rappelle plus.
00:21:26Mais je pense.
00:21:27Mais en même temps, je prenais Graf, cette roterie chienne.
00:21:32Elle n'est pas simple à prendre.
00:21:34Mais de toute façon, à chaque fois, je sais tout le temps à peu près mes tirages.
00:21:41D'accord.
00:21:43Hormis forcément classement mondial, les 8 meilleurs.
00:21:46Mais je sais tout le temps que quand il y a une fille dans la liste des inscrits qui me
00:21:50dérange un peu,
00:21:51elle est tout le temps pour moi.
00:21:52Cool, mais Jeux Olympiques, Championnat du Monde, Grand Slam, c'est tout.
00:21:57C'est vraiment très rare quand même que j'ai des tirages faciles.
00:22:02Et c'est comme ça.
00:22:04Donc, déjà, tu te bases aussi sur ton expérience.
00:22:06Tu te dis, bon, tu as déjà fait des compètes.
00:22:08À chaque fois, tu n'as pas des tirages aussi simples.
00:22:11Graf, ce n'était pas simple aussi.
00:22:13Mais j'étais tellement focus.
00:22:15Et c'est ça, en fait, à chaque fois qui fait aussi la différence.
00:22:17C'est que je suis très focus sur ce que je dois faire, ce que je dois mettre en place.
00:22:21Et plus sur la personne.
00:22:23Donc, c'est ça qui m'aide à rester dans mes rails et à aller au bout, en fait.
00:22:26Oui, parce que toi, tu es de nature anxieuse quand même.
00:22:30Regarde, là, je suis en train de me trifouiller les deux.
00:22:33Mais il y a un truc que tu fais, que j'ai trouvé très intéressant.
00:22:36Et ça, je t'ai dit que moi, j'avais déjà reçu pas mal de judoka ici,
00:22:39notamment Romain Valadier-Picard, qui m'expliquait qu'il écrivait énormément.
00:22:42Ça, je sais que c'est un des points communs que tu as avec lui,
00:22:45puisque toi aussi, tu écris beaucoup, beaucoup, beaucoup sur ton ressenti,
00:22:48que ce soit en compète, en dehors de la compète.
00:22:49Tu écris quoi exactement ? C'est des mots qui te rassurent, des phrases ?
00:22:52J'ai mon carnet bleu.
00:22:54OK, ouais.
00:22:55J'ai un petit carnet bleu où c'est un peu mon carnet de judo.
00:22:58Après, j'ai toujours des carnets chez moi ou de perso ou de tout.
00:23:03J'aime vraiment ça.
00:23:04En fait, dans des périodes de stress, d'anxiété, en tout cas,
00:23:08écrire, ça me vide la tête énormément.
00:23:10C'est thérapeutique.
00:23:11Ouais, exactement.
00:23:12Et pour la compète aussi, je trouve que c'est super important en début de saison
00:23:17d'écrire ses objectifs, ses objectifs de la saison en termes de résultats,
00:23:24mais aussi en termes d'axes de travail.
00:23:26Il y a une partie à la fin où c'est tout ce que j'ai mis sur la préparation
00:23:29mentale
00:23:30depuis le début.
00:23:31En vrai, mes petits tips, c'est tout.
00:23:34Et en fait, avant même chaque compétition, je vais écrire mes objectifs que j'ai,
00:23:40hormis de résultats.
00:23:41Bien évidemment, de toute façon, c'est toujours simple.
00:23:43Je veux tout le temps gagner.
00:23:45Donc, pas que je n'aime pas…
00:23:48En fait, ce n'est pas que je suis une mauvaise perdante,
00:23:50mais la vérité, c'est que j'adore vraiment gagner.
00:23:53Franchement, c'est comme je dis, cette sensation que j'ai découverte petite
00:23:59à mes 8 ans, le jour où j'ai mis mon Seinage, mon premier répond.
00:24:03Et à chaque fois que je gagne, c'est cette sensation-là que j'ai
00:24:05et que j'aime profondément.
00:24:07C'est plus l'amour de la victoire que la haine de la défaite.
00:24:09Franchement, oui.
00:24:10Mais vraiment, j'aime vraiment, mais même un truc bête.
00:24:14Quand je perds, ça m'énerve un peu.
00:24:17Donc, voilà.
00:24:18Et dans ce carnet, du coup, je mets mes résultats,
00:24:22mais surtout ce que je veux mettre en place et ce que j'ai travaillé.
00:24:25Et je trouve que ça aide aussi.
00:24:28En fait, c'est comme un peu une ligne rouge de ma saison
00:24:30et pas dire, ouais, j'ai perdu.
00:24:32Parce que parfois, j'ai perdu, mais j'ai mis ça et ça.
00:24:36Enfin, deux objectifs que je voulais mettre en place.
00:24:38Donc, oui, j'ai perdu sur le résultat,
00:24:40mais j'ai gagné parce que j'ai réussi à mettre ça.
00:24:42Des choses que je travaille quotidiennement.
00:24:44Et je trouve que ça, c'est important
00:24:47parce que c'est assez vague et flou de dire
00:24:50que je veux gagner ou je veux être champion du monde.
00:24:52parce que, oui, OK, tout le monde va être champion du monde,
00:24:56mais c'est quoi la recette ?
00:24:58Et je trouve que ça, ça m'aide beaucoup, en tout cas.
00:25:00Alors, tu as dû écrire un petit peu sur le quart de finale de Tokyo
00:25:03parce que ça a été un combat rude.
00:25:07La cubaine.
00:25:07Oui, mais tu te rappelles quasiment de tous tes combats ?
00:25:11De base, j'ai une bonne mémoire.
00:25:13Et puis après, je suis tombée enceinte.
00:25:14Donc, j'ai perdu un peu quelques neurones,
00:25:17mais franchement, normalement, ça va.
00:25:19Donc, c'est exactement ça, c'est la cubaine.
00:25:21Caliema, Antomarchi, ça va au Golden Score.
00:25:24C'est un combat engagé, finalement, tu t'imposes.
00:25:26Et puis moi, ce qui m'a marqué, c'est que juste après,
00:25:28dans les médias, tu dis,
00:25:28j'aurais pu faire 20 minutes de Golden Score, j'aurais gagné.
00:25:32Tu dis ça.
00:25:32Alors, tu ne t'en rappelles peut-être plus.
00:25:34Je ne me rappelle même plus ce que j'avais dit.
00:25:35Mais tu étais tellement déterminé, possédé,
00:25:38que le combat aurait pu durer bien plus longtemps.
00:25:40C'était...
00:25:42Tu en serais sorti vainqueur.
00:25:43Non, mais c'est vrai.
00:25:44En plus, si je m'en rappelle bien, je mène.
00:25:47Et après, je fais une erreur dans le combat.
00:25:50Et il y a Marc.
00:25:51Et il y a Wasary, Wasary, je crois.
00:25:54Et après, ça va au Golden.
00:25:56Elle, elle était difficile à prendre
00:25:58parce qu'elle est puissante et elle arrache.
00:26:00En fait, elle attend surtout le contre.
00:26:02Et moi, vu que je m'engage beaucoup,
00:26:04à chaque fois, c'est...
00:26:07Et ouais, c'est fou parce que...
00:26:12En vrai, je suis une...
00:26:14Comment dire ?
00:26:15En fait, c'est comme si je suis habité par deux personnalités.
00:26:19Là, tu me vois où je suis calme.
00:26:21Et quand tu me dis, ouais, j'ai dit que j'aurais pu durer 20 minutes
00:26:23et que j'étais sûre de gagner,
00:26:25là, tout de suite, la Madeleine que tu vois,
00:26:27tu me dis, ouais, je suis folle.
00:26:29Non, mais de toute façon, il y a un truc qui...
00:26:30Alors, je ne sais pas si on a la photo, là,
00:26:32mais elle est juste derrière.
00:26:33Je ne sais pas si on peut la voir.
00:26:34Nicolas, notre alimateur.
00:26:35Mais sinon, je vais la chercher.
00:26:37Mais je me permets de me lever pour aller chercher cette photo
00:26:39qui est très marquante
00:26:40et qui montre à quel point il y a un switch de personnalité
00:26:44entre la Madeleine assise dans le canapé
00:26:45et la Madeleine sur le tatami.
00:26:47Voilà.
00:26:48Regardez cette rage qui se dégage de Madeleine Malonga.
00:26:51Voilà.
00:26:52Ça, c'est la Madeleine sur les tatamis.
00:26:54C'est un peu gênant.
00:26:55Non.
00:26:56Moi, je trouve ça magique.
00:26:58T'es possédée.
00:26:59Mais vraiment.
00:27:00Quand on voit mes entrées sur le tatami,
00:27:02à chaque fois sur les compètes,
00:27:05voilà, quand je suis dedans, c'est OK.
00:27:08Mais quand je les regarde après, je dis,
00:27:09punaise, là, on dit, c'est moi, ça, je suis folle.
00:27:11Mais c'est tellement difficile, je trouve,
00:27:14de monter sur un tatami,
00:27:17de vouloir combattre
00:27:18et de savoir que la fille en face,
00:27:19elle veut aussi,
00:27:21autant que toi, tu veux gagner,
00:27:22elle aussi, elle veut te battre.
00:27:23Et puis, on ne va pas se mentir,
00:27:24on fait un judo, un sport de combat,
00:27:26un sport où on tombe, en fait.
00:27:30Il y a ce rapport physique.
00:27:31Ce n'est pas, on ne joue pas.
00:27:33On ne va pas jouer au tennis
00:27:34où on fait des échanges.
00:27:36Non, il y a un combat.
00:27:38Et au final, le combat,
00:27:40c'est deux personnes qui rentrent
00:27:42et un seul gagnant.
00:27:43Donc, moi, dans ma personnalité,
00:27:45c'est vrai que j'ai besoin
00:27:46de me monter très, très haut
00:27:49pour pouvoir réussir
00:27:50à lâcher tout son tatami.
00:27:52Sinon, je n'y arrive pas.
00:27:53Là, tu me dis, va combattre.
00:27:55C'est aussi de la préparation mentale
00:27:56que j'ai travaillé,
00:27:57des choses que j'ai mises en place.
00:27:58Je suis capable de faire mes routines
00:28:01et de monter tout de suite.
00:28:02Tu vas me revoir en mode,
00:28:04ça y est, je vais combattre.
00:28:05Tu te répètes une phrase ou un mot
00:28:07avant de rentrer sur le tatami ?
00:28:09Je sais qu'Accès le clergé
00:28:10qu'on a reçu aussi fait ça.
00:28:12Oui, je me répète des mots,
00:28:13je fais des gestes,
00:28:15des petits tags,
00:28:18où je mets mes mains,
00:28:20à quel moment je le fais,
00:28:21comment je me le dis,
00:28:23l'entraîneur qui peut être derrière moi
00:28:25et tout.
00:28:25Et là, en deux secondes,
00:28:27je monte, tu vois.
00:28:28Je me rappelle,
00:28:29on a fait un film,
00:28:34l'Ouvre.
00:28:34Oui, bien sûr.
00:28:35L'Ouvre, si tu as vu.
00:28:35Sur Paramount+.
00:28:36Oui, sur Paramount+,
00:28:37qui est disponible,
00:28:38mais aussi sur Canal.
00:28:40Et en fait,
00:28:41quand on a fait la bande-annonce,
00:28:44il m'a dit,
00:28:45mets-toi comme quand tu es en compète.
00:28:47Et bien, je me suis remise,
00:28:49alors que tu vois,
00:28:49j'étais comme là, calme,
00:28:50et je me suis remise en action,
00:28:52enfin, je me suis activée,
00:28:54mais là, j'étais partie en...
00:28:55Et je me suis même dit,
00:28:56punaise, mais vu que je ne suis pas échauffée,
00:28:58ça me fait super mal.
00:28:59Parce que, vraiment,
00:29:00je pars, mais à fond, quoi.
00:29:02Et oui, j'ai besoin d'être très, très engagée
00:29:04avant mes combats,
00:29:05parce que, ben oui, en vrai,
00:29:07c'est difficile
00:29:09et j'ai envie de gagner.
00:29:10Oui, et tu l'as fait en quart de finale,
00:29:12tu l'as fait en demi-finale aussi.
00:29:13Et donc, cette fameuse finale à Tokyo,
00:29:15donc sur une adversaire que tu connais très bien,
00:29:18la japonaise Shori Yamada,
00:29:19que tu avais affrontée à six reprises
00:29:20pour quatre victoires de ta part,
00:29:22dont celle en finale des Mondiaux 2019,
00:29:24on en a parlé tout à l'heure,
00:29:26c'est clairement, ben,
00:29:27on va dire que la hiérarchie a été respectée,
00:29:28puisque tes numéros en mondial,
00:29:29elle est numéro deux.
00:29:31Tu étais confiante avant cette grande finale ?
00:29:33Tu avais un avantage, peut-être,
00:29:34un mini-avantage psychologique sur elle ?
00:29:36Tu avais gagné un peu plus,
00:29:37mais dans quel état d'esprit tu étais ?
00:29:43Confiante, déterminée.
00:29:43Oui.
00:29:44Et je me rappelle que je suis dans la salle d'échauffement
00:29:46et j'ai réalisé,
00:29:48alors je ne sais pas si c'est positif aujourd'hui ou négatif,
00:29:50mais j'ai réalisé que j'étais à ça
00:29:54d'être championne olympique.
00:29:56Justement, je me permets,
00:29:57on a reçu Luca Meredze ici
00:30:00et il nous a dit un truc assez marquant.
00:30:03Un peu dans ce que tu viens de dire là,
00:30:04j'aimerais juste qu'on l'écoute
00:30:05et que tu réagisses sur ses propos, Madeleine.
00:30:09On peut parler d'une cicatrice ou pas ?
00:30:11La médaille d'argent est magnifique,
00:30:13tu fais mieux qu'à Tokyo,
00:30:15mais est-ce que le terme cicatrice est trop abusé
00:30:18ou il est correct ?
00:30:19Non, je ne dis pas que c'est trop abusé
00:30:21parce que ça l'aise vraiment des cicatrices.
00:30:23De perdre une finale olympique
00:30:25et te dire que à ça,
00:30:27tu aurais pu marquer l'histoire des transports
00:30:29et en fait,
00:30:31tu pourrais dire que tu as réussi ta carrière.
00:30:34Donc, c'est un moment douloureux.
00:30:36Sur le coup, j'étais très déçu.
00:30:38Après, je regardais autour de moi,
00:30:39je voyais que les gens et la famille
00:30:41étaient très fiers de moi.
00:30:43Du coup, j'ai fait l'abstraction de tout ça,
00:30:45de cette déception et j'ai dit
00:30:47mais je n'ai pas le droit de pleurer.
00:30:49Les gens, ils sont là,
00:30:50donc ça doit être un moment de fête,
00:30:51même si c'est une médaille d'argent.
00:30:53Et du coup, j'ai réussi à switcher
00:30:54et puis j'étais quand même très content.
00:30:56Mais par contre,
00:30:58tu rentres chez toi,
00:30:59tu rentres chez toi
00:30:59une semaine, deux semaines après
00:31:01et puis à partir de là
00:31:03où la vie redevient normale
00:31:05quand tes parents repartent au Havre,
00:31:08quand tes amis ne sont plus là
00:31:09parce qu'ils sont rentrés chez eux
00:31:10et tu te retrouves chez toi
00:31:12avec ta copine
00:31:13et puis du coup,
00:31:15là, tu commences à réfléchir
00:31:16et tu t'es dit en fait,
00:31:18Lucas, tu as loupé une finale olympique
00:31:20et en fait,
00:31:21ce n'est pas facile à vivre.
00:31:25Madden,
00:31:25est-ce que tu te retrouves
00:31:27un petit peu
00:31:27dans les propos
00:31:28de Lucas Merizé ?
00:31:30C'est exactement ça.
00:31:34Parce que je me rappelle
00:31:35que je suis rentrée dans ma chambre,
00:31:37j'étais triste.
00:31:38Il y avait Margot la veille
00:31:40qui avait foiré
00:31:41et je n'osais pas pleurer devant elle
00:31:43parce qu'elle,
00:31:44elle avait vraiment perdu.
00:31:48et en fait,
00:31:49au fond de moi,
00:31:50j'étais triste
00:31:51et je me rappelle
00:31:52que ma famille et tout,
00:31:53ils m'ont dit
00:31:53mais Maddo,
00:31:55tes médailles olympiques,
00:31:56enfin,
00:31:56tes viches champion olympiques,
00:31:57c'est déjà énorme.
00:31:59Et donc,
00:32:00tu réalises en fait
00:32:01que c'est quelque chose de bien
00:32:02mais punaise,
00:32:04à ça de marquer l'histoire,
00:32:05à ça que ma carrière,
00:32:06j'aurais tout gagné.
00:32:08Et en plus,
00:32:10ce qui est difficile,
00:32:12c'est que,
00:32:13par exemple,
00:32:14en 2019,
00:32:15je gagne les mondes,
00:32:15en 2021,
00:32:16je suis encore en finale
00:32:18des championnats du monde.
00:32:19Je fais deuxième.
00:32:20Soit six semaines avant les Jeux.
00:32:23Et en fait,
00:32:23tu te dis,
00:32:25punaise,
00:32:26mais ça se trouve,
00:32:27c'est des moments
00:32:27que tu ne revivras plus
00:32:28dans ta vie.
00:32:29Et passer à côté
00:32:31à ce moment-là,
00:32:32ouais,
00:32:32c'est difficile.
00:32:34Mais forcément,
00:32:34parfois,
00:32:34j'y pense,
00:32:35mais je me dis,
00:32:35putain.
00:32:36Tu l'as revu,
00:32:37cette finale ?
00:32:38Tu l'as revisionnée ?
00:32:39Jamais.
00:32:41Je crois que c'est pas...
00:32:42On ne peut pas trop
00:32:43aller voir,
00:32:43les combats déjà.
00:32:45Je ne sais pas.
00:32:45Si tu avais l'opportunité,
00:32:46si tu pouvais le faire,
00:32:47tu l'envoies.
00:32:49Ouais,
00:32:49mais c'est...
00:32:50Tu vois,
00:32:50là,
00:32:51ça me donne envie
00:32:51de pleurer
00:32:51parce que c'est douloureux.
00:32:53C'est un...
00:32:55Non,
00:32:55en fait,
00:32:55c'est dommage.
00:32:56Toutes ces années
00:32:57de travail,
00:32:58tout ça,
00:32:59c'est une belle médaille,
00:33:00en vrai.
00:33:01Mais je sais
00:33:02que je suis passée
00:33:02à côté de l'Eurolympique.
00:33:04Ouais.
00:33:04Et quand on a
00:33:05des moments difficiles,
00:33:06tu l'as dit,
00:33:06la famille est présente,
00:33:08eh bien,
00:33:08tu sais quoi ?
00:33:09Alors,
00:33:09on n'a pas des personnes
00:33:10qui vont venir sur ce plateau,
00:33:11mais par contre,
00:33:11on a un petit message
00:33:12sympa pour toi,
00:33:13Madeleine.
00:33:13Qui, sœur ?
00:33:15Coucou, ma sœur.
00:33:16Alors,
00:33:16juste un petit message
00:33:17pour te dire
00:33:18à quel point
00:33:18je suis fière de toi.
00:33:20Il y a à peine
00:33:21trois mois,
00:33:21tu donnais la vie
00:33:22et tu es déjà
00:33:24sur le chemin
00:33:24de ta tamie,
00:33:25de l'entraînement.
00:33:26Donc,
00:33:27vraiment,
00:33:27chapeau.
00:33:28Tu es une maman formidable,
00:33:30une sportive formidable aussi.
00:33:33Et en tout cas,
00:33:33on est tous fiers de toi.
00:33:35On est tous derrière toi.
00:33:37Je t'embrasse très,
00:33:38très fort.
00:33:39Je te fais des gros bisous.
00:33:40Allez.
00:33:41Coucou, ma taux.
00:33:42Deuxième vidéo
00:33:43pour te dire
00:33:44qu'on est fiers de toi
00:33:46et qu'on a hâte
00:33:48de te revoir
00:33:48sur les ta tamis.
00:33:51On est très contents
00:33:52que tu reprends
00:33:55les compétitions
00:33:56et tout ça.
00:33:57On t'aime très fort.
00:33:58Bisous.
00:34:01C'est trop mignon.
00:34:04Voilà,
00:34:04la famille toujours présente
00:34:05dans tous les moments.
00:34:06ça,
00:34:07c'est ma force
00:34:09et en même temps
00:34:10ma faiblesse.
00:34:11Oui.
00:34:12Pourquoi ?
00:34:12Pourquoi ta faiblesse ?
00:34:13Non,
00:34:14pas parce que c'est eux
00:34:14qui sont là.
00:34:15Je me mets à peu près
00:34:16dès que je les vois
00:34:16parce que
00:34:19je pense qu'ils ne se rendent
00:34:20même pas compte
00:34:21à quel point ils me portent
00:34:22dans certains moments
00:34:23et à quel point
00:34:24c'est vraiment des piliers
00:34:26pour moi,
00:34:26dans ma vie,
00:34:27pour tout.
00:34:29et au final,
00:34:31là,
00:34:31on parlait de la finale
00:34:32des Jeux de Tokyo
00:34:33qui est ratée
00:34:33mais où ils m'ont dit
00:34:35mais c'est super
00:34:35et c'est eux
00:34:36qui m'ont aidée
00:34:39à relativiser
00:34:40sur cette médaille
00:34:41et sans savoir
00:34:42que trois ans après,
00:34:43c'est eux
00:34:44qui m'ont portée
00:34:44pour pouvoir réussir
00:34:46à aller aux Jeux olympiques.
00:34:48et là encore,
00:34:49aujourd'hui,
00:34:49oui,
00:34:50je suis maman
00:34:50et j'ai vraiment hâte
00:34:54de faire reprendre la compète
00:34:56et qu'on fête ensemble
00:34:59tout ça après.
00:35:00C'est vrai qu'après,
00:35:01cette médaille d'argent olympique,
00:35:03ça a été compliqué pour toi,
00:35:05ce qui peut se comprendre.
00:35:06Il y a eu beaucoup de sollicitations
00:35:07qui changent d'entraîneur aussi.
00:35:09Il y a eu des blessures.
00:35:10Moi,
00:35:10j'aimerais revenir
00:35:11sur un moment marquant,
00:35:12c'est les championnats d'Europe 2023.
00:35:14Il y a un gros raté,
00:35:15entre guillemets,
00:35:15une contre-performance
00:35:16de ta part.
00:35:16Et j'ai écouté ton podcast
00:35:18SM Flow.
00:35:19Oui.
00:35:20Je trouve très intéressant.
00:35:21Et tu dis dans ton podcast
00:35:23que c'est la première fois
00:35:23qu'après une contre-perfe,
00:35:25tu n'es pas complètement abattue.
00:35:27Oui.
00:35:27Comment tu l'expliques, ça ?
00:35:29Je n'étais pas complètement abattue
00:35:31parce que je savais
00:35:31qu'il y avait un objectif
00:35:35Paris, pardon.
00:35:37Et je n'étais pas complètement abattue
00:35:40parce que,
00:35:41on ne va pas se mentir,
00:35:42ma concurrente aussi avait perdu.
00:35:44Donc forcément,
00:35:45je savais qu'elle avait gagné,
00:35:46je me serais dit punaise,
00:35:48bon, là, c'est mort.
00:35:49Et je n'étais pas complètement abattue
00:35:50du coup,
00:35:51parce que je savais
00:35:51que c'était encore possible.
00:35:53Et tant qu'on ne me dit pas
00:35:54maté sur remadé,
00:35:55je continue à y croire
00:35:57jusqu'au bout.
00:35:58Oui, tu l'as dit,
00:35:58ta concurrente,
00:35:59on en a un petit peu parlé,
00:36:00mais Audrey Tchemeo.
00:36:01La concurrence dans le judo,
00:36:02il y en a énormément,
00:36:03encore plus dans ta catégorie.
00:36:06Des échecs, des désillusions,
00:36:07tu vas en connaître d'autres après.
00:36:08Il y a cette non-sélection
00:36:09au championnat du monde 2023.
00:36:11Tu es partie très loin
00:36:12dans la course
00:36:13au jeu de Paris 2024.
00:36:16Forcément, Audrey Tchemeo,
00:36:17à ce moment-là,
00:36:17elle est peut-être
00:36:18un peu devant toi.
00:36:19Elle est devant moi.
00:36:20Elle est clairement devant toi.
00:36:22Comment tu le vis,
00:36:23le fait que ta concurrente
00:36:24soit devant toi
00:36:24à ce moment-là,
00:36:25que tu es un peu
00:36:25dans une période de creux,
00:36:26c'est un peu dur pour toi ?
00:36:30La vraie phrase
00:36:30que je me disais,
00:36:32en toute honnêté,
00:36:33c'est qu'on l'a vue
00:36:34sur à Tokyo.
00:36:36En 70 kilos,
00:36:37Marie-Ève a été
00:36:37championne du monde
00:36:38et elle n'a pas fait
00:36:39les Jeux de Tokyo.
00:36:40Et je me disais
00:36:41chaque fois,
00:36:42Marie-Ève n'a pas fait
00:36:43les Jeux de Tokyo.
00:36:44Marie-Ève est championne
00:36:45du monde,
00:36:45elle n'a pas fait
00:36:45les Jeux de Tokyo.
00:36:47Elle n'a pas fait
00:36:47les Jeux.
00:36:48Et elle n'est pas
00:36:49championne du monde,
00:36:50donc elle ne peut pas
00:36:51faire les Jeux.
00:36:52En fait, j'y ai cru.
00:36:54J'y ai cru fortement
00:36:55et j'étais quelque part
00:37:01à habiter parce que
00:37:02je ne sais pas comment.
00:37:03En vrai,
00:37:04c'est mon caractère.
00:37:06Je n'arrive pas à lâcher.
00:37:08Non, mais c'est
00:37:08ce qui fait ta force.
00:37:09Oui, c'est ce qui fait
00:37:09ma force aussi.
00:37:11Mais oui, mentalement,
00:37:12je pense que je suis
00:37:14descendue très bas aussi.
00:37:16Enfin, c'était tellement dur.
00:37:18Mais en même temps,
00:37:19j'ai une force en moi
00:37:20qui fait que je peux
00:37:21tenir très longtemps.
00:37:22Oui, et puis la concurrence
00:37:24est très dure.
00:37:26Moi, je me suis aussi
00:37:26refait l'épisode Focus.
00:37:28La série Focus,
00:37:29je ne sais pas
00:37:29si tu te rappelles,
00:37:30imaginée par Isaura Tibus,
00:37:32les Screamers
00:37:32qui sont championnes du monde
00:37:33également,
00:37:33qu'on a reçues ici
00:37:35en plateau.
00:37:36Et tu dis que
00:37:36le vrai visage du haut niveau,
00:37:37c'est celui où la concurrence
00:37:39encadre tout.
00:37:40Tu affirmes qu'elle est
00:37:41toujours quelque part,
00:37:42qu'elle ronge et qu'elle divise,
00:37:43qu'elle te guette.
00:37:45Ça, ce sont des mots forts
00:37:46quand même.
00:37:47Ça a toujours été compliqué,
00:37:49la concurrence,
00:37:50pour toi,
00:37:50gérer la concurrence.
00:37:51Pour moi, en tout cas,
00:37:52dans ma catégorie,
00:37:53après, ça a été
00:37:54principalement avec elle.
00:37:55Oui.
00:37:55Donc, c'est vrai
00:37:57que ça a été très difficile,
00:37:58mais pas forcément
00:37:59de mon côté.
00:38:00Je sais que même
00:38:01avec les autres filles
00:38:02de la catégorie précédente,
00:38:04enfin,
00:38:04les Olympiades précédentes,
00:38:06c'est aussi difficile.
00:38:07C'est que la concurrence,
00:38:09ça vient révéler aussi
00:38:11chez la personne,
00:38:12je pense aussi,
00:38:12qui on est.
00:38:14Ce n'est pas facile.
00:38:14Il y a une histoire d'égo,
00:38:16il y a,
00:38:17je ne sais pas si c'est
00:38:17de l'amour ou autre,
00:38:18mais ce n'est pas simple.
00:38:21Ce n'est pas simple.
00:38:21Et puis,
00:38:22il ne faut pas oublier
00:38:23qu'Audrey était là
00:38:24avant moi
00:38:25et elle est là
00:38:26depuis longtemps
00:38:27et j'étais la personne
00:38:29qui venait chuter pour elle.
00:38:31Donc, c'est vraiment
00:38:32comme si ton stagiaire,
00:38:35ton assistant
00:38:35qui te ramène le café
00:38:37te dit,
00:38:38tu peux prendre tes affaires,
00:38:40c'est moi qui récupère
00:38:40ton boulot.
00:38:41Ce n'est pas ça sur le pouvoir.
00:38:41Voilà.
00:38:42Donc, je peux comprendre
00:38:43que ce ne soit pas simple
00:38:44et même si demain,
00:38:45à chaque fois,
00:38:46je le dis,
00:38:46peut-être que moi,
00:38:47demain, ça m'arrive,
00:38:49je ne pense pas
00:38:49que je serai comme ça aussi
00:38:50à ce point,
00:38:51mais je peux comprendre
00:38:52que ce ne soit pas simple.
00:38:53Mais ça fait partie.
00:38:55Ça a créé des conflits ou pas ?
00:38:55Bien sûr.
00:38:56Bien sûr.
00:38:57Et je vous invite
00:38:59à voir Louvre.
00:39:00Et à un moment donné,
00:39:02on en parle dedans
00:39:03parce que c'est aussi
00:39:04la vérité.
00:39:04C'est le haut niveau.
00:39:07C'est des humains.
00:39:09Ce n'est pas simple.
00:39:10Et je pense
00:39:12que c'est important aussi
00:39:13de travailler sur soi
00:39:15pour apprendre
00:39:16à gérer aussi ça.
00:39:18Finalement,
00:39:18tu vas aller le chercher,
00:39:19ce ticket
00:39:20pour les Jeux de Paris
00:39:21avec deux magnifiques compétitions,
00:39:23médailles de bronze
00:39:23en février 2024
00:39:24au Paris Grand Slam
00:39:25en battant Audrey Tchemeo
00:39:27durant le tournoi
00:39:27et puis fin mars,
00:39:28une victoire au Grand Slam
00:39:29d'Antalia
00:39:30qui va faire un peu pencher
00:39:31la balance
00:39:31et te permettre
00:39:32de décrocher ce ticket.
00:39:34Ça a été annoncé
00:39:34officiellement
00:39:35le 12 avril 2024.
00:39:37Tu te rappelles
00:39:37exactement
00:39:38au moment de l'annonce
00:39:39où tu étais,
00:39:40comment tu as réagi,
00:39:40etc.
00:39:42J'allais chez le coiffeur
00:39:44et j'étais en voiture
00:39:46et il y a Frédéric Jossinet
00:39:47qui m'a appelé
00:39:47pour me dire
00:39:48que j'étais officiellement
00:39:51sélectionnée
00:39:51pour les Jeux olympiques.
00:39:54Et alors,
00:39:54la réaction ?
00:39:55Tu pleures ?
00:39:56J'ai appelé
00:39:57mes frères et sœurs
00:39:58direct
00:39:59et on a partagé
00:40:01ça ensemble.
00:40:02C'était ma famille
00:40:03qui devait être au courant
00:40:05même si forcément
00:40:06avec ma victoire
00:40:07à Antalya,
00:40:08ça avait quand même
00:40:10mis les choses
00:40:11quelque part au clair.
00:40:12Mais quand c'est officiel
00:40:14ça fait toujours
00:40:15du bien de l'entendre.
00:40:17Et donc l'aventure olympique
00:40:18démarre.
00:40:19Alors elle a été
00:40:20relativement courte
00:40:21malheureusement
00:40:21avec cette élimination
00:40:22au premier tour
00:40:23contre la portugaise
00:40:24Patricia Sampaio.
00:40:26On l'a dit,
00:40:27le chemin,
00:40:27on parle du chemin
00:40:29avant le résultat
00:40:30pour arriver au jeu
00:40:30a été semé d'embûches
00:40:33sans chercher
00:40:33d'excuses ou quoi
00:40:34mais ça a forcément
00:40:35impacté ta performance.
00:40:37Tu es arrivé un peu cramé
00:40:38je pense, non ?
00:40:39Avec le recul, oui.
00:40:41Sur le moment, non.
00:40:42Je me dis,
00:40:42ben non,
00:40:43pourquoi ça va impacter ?
00:40:44Je suis dedans, c'est bon.
00:40:45Mais en fait,
00:40:46avec le recul,
00:40:47quand j'ai regardé
00:40:47vraiment en arrière
00:40:48toute l'olympiade
00:40:49et encore plus
00:40:50la dernière année,
00:40:51je me suis dit
00:40:51mais comment
00:40:53j'ai fait
00:40:53pour ne pas
00:40:56craquer ?
00:40:56Et en même temps,
00:40:57tu ne peux pas craquer
00:40:58parce que tu ne vas pas dire
00:40:59aux entraîneurs sélectionnaires
00:41:00les gars, là,
00:41:02je ne vais vraiment pas bien.
00:41:04Non,
00:41:05ils veulent des tueuses
00:41:06à gage
00:41:06pour les jeux.
00:41:07donc tu te tais
00:41:09et puis tu fais.
00:41:10Moi, ce que je trouve
00:41:11vachement bien,
00:41:11c'est que pour ces jeux,
00:41:13tu as bénéficié
00:41:13d'un accompagnement
00:41:14assez structuré
00:41:15avec ta préparatrice mentale,
00:41:16Annaëlle Malherme,
00:41:17ta psychologue,
00:41:19Élise Ankarte.
00:41:21Tu sais,
00:41:22on parle souvent
00:41:22de préparation mentale,
00:41:23de psychologie,
00:41:24dans le sport
00:41:25pour amener
00:41:25à la performance.
00:41:26Mais quand ça se passe mal,
00:41:27je pense que c'est aussi
00:41:28très important
00:41:29parce que ça te permet
00:41:30peut-être de mieux digérer
00:41:31la chose avec un peu plus
00:41:32de recul,
00:41:33de lucidité.
00:41:34Est-ce que tu l'as vécu
00:41:34comme ça ?
00:41:35C'est exactement ça.
00:41:39J'ai énormément travaillé
00:41:40sur moi-même,
00:41:41j'ai énormément appris
00:41:42sur moi-même.
00:41:43Ça a été,
00:41:44on dit que,
00:41:45j'ai dit que ma famille,
00:41:46c'était mon pilier,
00:41:46mais quelque part,
00:41:47ma psy,
00:41:49Élise,
00:41:49et ma préparatrice mentale,
00:41:51Annaëlle,
00:41:51ont aussi été des piliers
00:41:53dans cette course olympique
00:41:54parce que je pense
00:41:55que sans eux,
00:41:56je me serais aussi effondrée,
00:41:57je me serais totalement effondrée
00:42:00parce que ma santé mentale,
00:42:02elle était au final
00:42:03au plus bas,
00:42:04je pense,
00:42:05durant cette période
00:42:06des Jeux olympiques,
00:42:07cette préparation surtout,
00:42:09cette course olympique.
00:42:11Et avoir cet accompagnement,
00:42:14ça m'a aidée
00:42:15à maintenir la tête hors de l'eau.
00:42:19Et une fois que les Jeux
00:42:20sont passés,
00:42:21même s'il n'y avait pas eu
00:42:22la médaille au bout,
00:42:24même une défaite
00:42:25au premier tour,
00:42:28je n'ai pas,
00:42:30on va dire,
00:42:30entre guillemets,
00:42:31décompensé,
00:42:32il n'y a pas eu
00:42:33un gros passage à vide.
00:42:34Ça a été,
00:42:35ça y est,
00:42:36j'ai perdu,
00:42:36mais je suis tellement
00:42:38allée au bout de moi-même,
00:42:39profondément allée
00:42:40au bout de moi-même.
00:42:42Il faut savoir
00:42:43que pendant cette course olympique,
00:42:45il y a eu un moment
00:42:45où j'ai vraiment pensé,
00:42:48je ne peux pas dire
00:42:49que j'ai voulu mettre fin
00:42:50à mes jours
00:42:50parce que j'avais de la vie,
00:42:52mais je me rappelle
00:42:53m'être dit,
00:42:55franchement,
00:42:55j'ai envie de dormir
00:42:56et de ne plus me réveiller
00:42:57pour que ça ne,
00:42:58pour que ça s'arrête
00:42:59parce que ça devenait
00:43:01trop dur
00:43:01quand tu n'arrives pas
00:43:02à dormir
00:43:03pendant des mois
00:43:04parce que,
00:43:05déjà,
00:43:05je suis anxieuse,
00:43:06oui,
00:43:06mais en fait,
00:43:07tout le temps,
00:43:08cette concurrence,
00:43:09ces compétitions,
00:43:12cette sélection
00:43:13qui est tout le temps
00:43:14repoussée,
00:43:14repoussée
00:43:15et puis même
00:43:16cet environnement
00:43:17qui n'est pas sain
00:43:18dans notre concurrence,
00:43:20forcément,
00:43:21à un moment donné,
00:43:21tu te dis,
00:43:23oui,
00:43:23je n'avais qu'une envie,
00:43:24c'était de genre
00:43:25mais dormir
00:43:27et vas-y,
00:43:27viens,
00:43:28je me réveille,
00:43:29je suis dans un autre pays,
00:43:30c'est fini,
00:43:30on n'en parle plus,
00:43:31c'était trop,
00:43:32c'était de vie
00:43:33trop pesant.
00:43:35Et donc,
00:43:35oui,
00:43:37ma Élise,
00:43:38ma psy
00:43:39et Annaëlle,
00:43:41ma préparatrice mentale,
00:43:42m'ont énormément aidée
00:43:43dans ces périodes-là
00:43:44et au final,
00:43:46oui,
00:43:46j'ai perdu au jeu,
00:43:48oui,
00:43:48au premier tour,
00:43:50oui,
00:43:50je me rappelle,
00:43:52elle m'a dit,
00:43:52putain,
00:43:53tout ça pour ça.
00:43:55Parce que c'était,
00:43:56waouh.
00:43:5815 jours avant les Jeux,
00:43:59encore,
00:44:00c'est une vague de haine aussi
00:44:03qui est venue
00:44:06du poste de ma concurrente
00:44:07ou quoi,
00:44:08tu te dis,
00:44:09mais en fait,
00:44:09il n'y a jamais de la vie,
00:44:10on va me laisser tranquille,
00:44:11quoi.
00:44:11Et puis,
00:44:12tu supportes,
00:44:13tu supportes,
00:44:13tu supportes,
00:44:14et t'arrives au jeu,
00:44:14il se passe ça,
00:44:15t'es déçu,
00:44:16tu te dis tout ça pour ça.
00:44:18Je me suis effondrée,
00:44:19je pense,
00:44:20à la fin de la compétition,
00:44:21enfin,
00:44:22au moment où la compétition
00:44:23a été terminée pour moi,
00:44:25mais après,
00:44:26je n'avais même plus de larmes.
00:44:28Et j'étais,
00:44:30c'est comme ça en fait,
00:44:31qu'est-ce que je peux faire,
00:44:32je ne peux rien y faire.
00:44:33J'ai tout donné,
00:44:34tout.
00:44:35Tu me disais tout à l'heure,
00:44:36ce que j'aurais pu donner de plus,
00:44:37c'est ma vie.
00:44:38Voilà,
00:44:38ben non,
00:44:38il ne faut pas abuser,
00:44:39donc j'ai tout donné.
00:44:41Et en fait,
00:44:41je n'ai aucun regret.
00:44:43Et finalement,
00:44:45c'était drôle,
00:44:46parce que c'est fin mars,
00:44:49début avril,
00:44:50je me,
00:44:52je gagne le tournoi d'Antalia,
00:44:54donc je suis qualifiée,
00:44:55je suis super heureuse.
00:44:57Un an après,
00:44:57j'ai appris que j'étais enceinte.
00:44:58Et oui.
00:44:59Et un an après,
00:45:00j'avais mon bébé dans les bras.
00:45:01Donc,
00:45:01c'est là où je me dis que,
00:45:03ben voilà,
00:45:03c'est la confiance en la vie
00:45:04qui permet d'avancer
00:45:05et de rebondir.
00:45:06Et oui,
00:45:07il y a eu des moments difficiles,
00:45:08et oui,
00:45:09je ne me suis pas écroulée.
00:45:10Et je pense que c'est parce que,
00:45:11ben j'ai été accompagnée
00:45:13psychologiquement
00:45:15par Élise et Annaëlle
00:45:16et que j'ai préparé tout ça.
00:45:18Tu l'as dit,
00:45:19il y a eu plein de belles choses
00:45:20après les Jeux de Paris
00:45:22en dehors des tatamis.
00:45:23Il y en aura aussi
00:45:24plein de belles à suivre.
00:45:26Et on l'espère aussi
00:45:27à Los Angeles 2028.
00:45:28Oui,
00:45:28c'est l'objectif.
00:45:29Évidemment,
00:45:29on en parle d'Auchan devant
00:45:30tout de suite.
00:45:38La fameuse question.
00:45:39En quoi la Madeleine Malonga
00:45:41de 2028
00:45:41sera différente
00:45:43de celle de 2021
00:45:44et 2024 ?
00:45:46Elle sera différente
00:45:47parce qu'elle sera
00:45:48avec sa petite Léonie,
00:45:49la fille.
00:45:50Ça,
00:45:50c'est un pilier
00:45:51et une force supplémentaire.
00:45:52Franchement,
00:45:53oui.
00:45:55Tu as 32 ans ?
00:45:57Oui.
00:45:57Tu te vois continuer
00:45:58jusqu'à quel âge ?
00:45:58Est-ce que tu as déjà
00:45:59une idée en tête ?
00:46:00Pas forcément,
00:46:01tu es encore bien.
00:46:02En vrai,
00:46:03je ne me fixe pas d'âge.
00:46:04Oui.
00:46:05Quand j'ai commencé
00:46:06il y a 16 ans
00:46:07sur un trail in step
00:46:08et que je voyais
00:46:08des femmes de mon âge,
00:46:09je disais
00:46:09« Ah là là,
00:46:10mais qu'est-ce qu'il faut
00:46:12encore là ?
00:46:13Elle est vieille ! »
00:46:14Donc,
00:46:14je ne parlerai plus jamais.
00:46:16Oui.
00:46:16Tu l'as dit tout à l'heure
00:46:17quand on a affiché
00:46:18ton palmarès,
00:46:19Madeleine,
00:46:19il reste une seule médaille
00:46:20à décrocher,
00:46:22c'est l'or individuel
00:46:23au jeu.
00:46:25C'est déjà une obsession
00:46:26ou le terme obsession
00:46:28est peut-être un peu fort ?
00:46:30Ce n'est pas une obsession,
00:46:32mais c'est un objectif.
00:46:33Oui.
00:46:34Et on sait que
00:46:35quand j'ai un objectif,
00:46:37généralement,
00:46:38tu me donnes à fond.
00:46:39À fond.
00:46:41On sort un peu
00:46:41des tatamis,
00:46:43tes filles,
00:46:44toi,
00:46:44d'un père infirmier
00:46:44et d'une mère
00:46:45aide-soignante.
00:46:45Oui.
00:46:46Je sais que depuis
00:46:46pas mal de temps,
00:46:47tu songes à devenir
00:46:49puricultrice.
00:46:50Oui.
00:46:50C'est toujours un objectif
00:46:52également,
00:46:52après ta carrière peut-être ?
00:46:54Non,
00:46:55je suis passée
00:46:56à autre chose.
00:46:56En fait,
00:46:57moi maintenant,
00:46:57mon objectif,
00:46:58ce serait
00:46:59d'accompagner
00:47:01à tout ce qui va être
00:47:02salarié,
00:47:03dirigeant.
00:47:04Développement personnel,
00:47:05coaching.
00:47:06Voilà, coaching.
00:47:06Je suis formée
00:47:09depuis…
00:47:09Après les Jeux de Tokyo,
00:47:11j'ai fait…
00:47:12J'ai eu mon diplôme
00:47:13de coaching,
00:47:14d'exécutif coaching
00:47:14à HEC.
00:47:15Avec mention.
00:47:16Et là,
00:47:17tout dernièrement…
00:47:18Voilà,
00:47:18ah oui,
00:47:19le master.
00:47:19J'ai eu mon master
00:47:21exactement
00:47:21de management
00:47:23et coaching
00:47:25par équipe
00:47:26et de dirigeant
00:47:28à Paris-Dauphine,
00:47:29donc avec mention.
00:47:30Bon,
00:47:31il y a encore
00:47:31de belles choses alors.
00:47:32À prévoir.
00:47:33et pour l'instant,
00:47:34tu as encore
00:47:34plein de belles choses
00:47:35à faire en dehors
00:47:36des tatamis,
00:47:36sur les tatamis également
00:47:37et puis ton plus grand rêve,
00:47:39tu me l'as dit
00:47:41un petit peu avant l'émission,
00:47:42c'est de décrocher
00:47:42l'Eurolympique
00:47:43avec ta fille
00:47:44dans les gradins.
00:47:45On va en parler
00:47:46de tout ça,
00:47:47de ton rôle de maman
00:47:48au coin du feu.
00:47:54Alors,
00:47:55on en a un petit peu parlé
00:47:56de la fameuse Léonie.
00:47:58Le 7 décembre 2025
00:48:00à 11h39,
00:48:02Léonie est venue au monde.
00:48:03C'est ta plus belle victoire,
00:48:05c'est ton plus beau titre.
00:48:06Ouais,
00:48:07franchement,
00:48:07oui.
00:48:08C'est…
00:48:09Ouais,
00:48:10c'est vraiment…
00:48:13Comme je dis à chaque fois,
00:48:13c'est la seule personne
00:48:14que tu peux aimer,
00:48:15que tu peux aimer
00:48:17inconditionnellement.
00:48:17Ouais.
00:48:18Et c'est trop beau.
00:48:19Je suis tombé
00:48:19sur un de tes posts Insta
00:48:20qui m'a marqué
00:48:21où tu dis
00:48:22« Je ne me suis sans doute
00:48:24jamais autant entraîné
00:48:25durant cette période
00:48:25de grossesse
00:48:26que sur l'ensemble
00:48:27de ma carrière. »
00:48:28Ouais.
00:48:29Comment…
00:48:29Comment c'est possible ?
00:48:31C'est possible
00:48:32parce que j'ai eu
00:48:34une belle grossesse,
00:48:35déjà.
00:48:35Je n'ai pas été malade,
00:48:37je n'ai eu aucun mot.
00:48:38Enfin, si,
00:48:39mon mot de grossesse
00:48:40c'était de manger.
00:48:41J'avais tout le temps faim.
00:48:42Donc,
00:48:43tes bonbons qui piquent.
00:48:43Voilà.
00:48:44Donc,
00:48:45j'ai pris quand même
00:48:46pas mal de poids.
00:48:47mais bon,
00:48:48après moins de 20 kilos
00:48:49quand même.
00:48:50Mais je me suis vraiment
00:48:53beaucoup entraînée
00:48:54parce que du moment
00:48:55où j'ai su
00:48:56que j'étais enceinte,
00:48:57je me suis entraînée
00:48:58jusqu'au moment
00:48:59où j'ai eu la veille
00:49:00de perdre les os.
00:49:01Ouais.
00:49:01donc tout au long
00:49:02de ma grossesse
00:49:03et j'ai fait une pause
00:49:04de deux semaines
00:49:05je crois
00:49:05pendant les vacances
00:49:06d'été
00:49:08et c'est tout.
00:49:10Et je m'entraînais
00:49:10tous les jours,
00:49:11quotidiennement.
00:49:12Alors là,
00:49:12une fois par jour,
00:49:13certes,
00:49:14mais c'était différent
00:49:15et en fait,
00:49:16je ne me suis même pas
00:49:17rendu compte
00:49:17que je me suis autant
00:49:18entraînée
00:49:19parce que
00:49:20j'étais déjà
00:49:21dans un bon mood.
00:49:23j'ai été suivie
00:49:24par Anor Morény
00:49:25à l'INSEP.
00:49:26Il faut savoir
00:49:26qu'à l'INSEP,
00:49:27aujourd'hui,
00:49:27ils mettent des choses
00:49:29en place pour les femmes,
00:49:30pour les femmes athlètes
00:49:32qui veulent devenir mères.
00:49:33Donc,
00:49:33j'ai pu bénéficier
00:49:36de son expertise
00:49:37et de son accompagnement
00:49:39quotidien.
00:49:40Donc,
00:49:40ça,
00:49:41c'était clairement génial
00:49:43et ça m'a permis
00:49:44au final
00:49:45de me régénérer,
00:49:46je pense.
00:49:47Comme je dis,
00:49:48là,
00:49:48depuis que j'ai accouché,
00:49:51déjà,
00:49:51j'ai repris très tôt
00:49:53le sport.
00:49:53Six semaines après,
00:49:54c'est ça ?
00:49:54Six semaines après l'accouchement,
00:49:56j'ai pu reprendre
00:49:57parce que j'ai été aussi
00:49:58accompagnée et tout,
00:49:59évidemment,
00:49:59mais,
00:50:01ouais,
00:50:01c'est un nouvel ère
00:50:02quelque part.
00:50:04C'est,
00:50:06on va dire,
00:50:07mentalement,
00:50:08c'est comme si
00:50:08on était en 2020
00:50:09et on dit,
00:50:10dans un an,
00:50:10c'est les Jeux.
00:50:11Bon,
00:50:11vas-y,
00:50:11là,
00:50:11on y va.
00:50:12Oui,
00:50:12puis ce qui est top aussi,
00:50:14c'est que quand on est
00:50:15athlète de haut niveau,
00:50:15on n'a pas forcément
00:50:16l'opportunité
00:50:17de prendre des pauses,
00:50:18en fait.
00:50:18Enfin,
00:50:19on peut le faire,
00:50:20mais on sait après
00:50:21tout ce que ça engendre,
00:50:22quand un athlète
00:50:22prend une pause
00:50:23pour je ne sais
00:50:24quelle raison,
00:50:24ça va être,
00:50:25on va en discuter,
00:50:26on peut critiquer.
00:50:27Là,
00:50:27cette pause-là,
00:50:28elle est pour toi,
00:50:30tu te retrouves
00:50:30avec toi-même,
00:50:31donc c'est vrai
00:50:32que ça a dû être
00:50:33très régénérant.
00:50:34Ça a été,
00:50:34mais,
00:50:37bien plus
00:50:38qu'une bouffée
00:50:39d'oxygène,
00:50:40c'était essentiel,
00:50:41parce que vraiment,
00:50:42je suis sûre
00:50:43que je ne serais
00:50:45jamais allée
00:50:46jusqu'à Los Angeles.
00:50:47T'aurais arrêté ?
00:50:49Franchement,
00:50:49je pense que
00:50:49j'aurais arrêté
00:50:50cette année.
00:50:51Allez,
00:50:52un an,
00:50:52tu tires pour y aller,
00:50:54c'est dur,
00:50:55et tu fais la deuxième année
00:50:56où tu te rends vraiment
00:50:57compte que ça y est,
00:50:58tu n'en peux plus.
00:50:59Et tu vois,
00:51:00à la limite,
00:51:01tu es dégoûté
00:51:02et tout,
00:51:02parce qu'en final,
00:51:04ça fait 16 ans
00:51:05que je suis à l'INSEP,
00:51:06ça fait 16 ans
00:51:06que je m'entraîne
00:51:06quotidiennement,
00:51:07deux fois par jour,
00:51:09tout le temps,
00:51:10tout le temps
00:51:10dans des moments
00:51:11de tension,
00:51:12pression,
00:51:13être la plus forte,
00:51:14être la numéro une,
00:51:16gagner,
00:51:16parce qu'on oublie aussi
00:51:18qu'il y a la concurrence
00:51:19dans nos catégories,
00:51:21mais l'équipe de France
00:51:22est super forte.
00:51:23Donc aujourd'hui,
00:51:24il y a neuf places
00:51:25pour cette catégorie,
00:51:26on ne peut doubler
00:51:27que deux catégories.
00:51:29Ben ouais,
00:51:29aujourd'hui,
00:51:30tu le vois,
00:51:31une 48,
00:51:32une 52,
00:51:32enfin,
00:51:33ça peut aller très vite.
00:51:34donc c'est une tension
00:51:36en fait qui est permanente.
00:51:37Tu ne te focalises même plus
00:51:38que sur ta concurrence,
00:51:39c'est sur toutes les filles
00:51:40où tu te dis,
00:51:41ouais,
00:51:42mais si elle gagne,
00:51:43donc ils vont doubler sa catégorie,
00:51:44enfin bref,
00:51:45tout le temps,
00:51:45tout le temps,
00:51:46tout le temps.
00:51:46Et là,
00:51:47ça a été une vraie pause
00:51:48où je n'ai plus pensé au judo.
00:51:50Du moins,
00:51:51je l'ai regardé de loin
00:51:51et c'était trop bien.
00:51:52Et à l'INSEP,
00:51:53évidemment,
00:51:54il y a beaucoup d'athlètes aussi
00:51:54qui sont passés par là,
00:51:55qui sont devenus maman.
00:51:57Tu as dû discuter avec elle.
00:51:58Eh bien,
00:51:58il y en a une d'entre elles
00:51:59qui a tenu à te laisser
00:52:00un petit message,
00:52:01Madeleine.
00:52:01Écoute ça.
00:52:04Salut Maddo,
00:52:05c'est Hélô.
00:52:06Je t'ai fait une petite vidéo
00:52:07pour dire que je pense bien à toi,
00:52:09pour te dire que tu es super inspirante
00:52:11et que tous les doutes que tu as
00:52:14en tant que maman
00:52:17et ton retour à la compétition,
00:52:19je suis sûre que ça va le faire,
00:52:20ça va aller
00:52:20et tu vas revenir encore plus forte.
00:52:23Ça,
00:52:23j'en suis certaine.
00:52:24Parce que j'ai vu toute ta préparation
00:52:26pendant ta grossesse
00:52:30et c'est incroyable.
00:52:32donc force à toi,
00:52:34confiance
00:52:35et la suite,
00:52:36elle va être magnifique.
00:52:37Et je repense à tout
00:52:38notre petit moment
00:52:38quand on était enceinte,
00:52:40quand on partageait
00:52:40notre petit moment
00:52:41de maman,
00:52:42de doute,
00:52:43à la réathlée
00:52:44avec Anne-Laure et tout.
00:52:45c'est des moments gravés.
00:52:47Donc toute cette période,
00:52:50c'est merveilleux.
00:52:51On est des super mamans
00:52:52et je te fais plein de gros bisous.
00:52:55Eh oui,
00:52:56les super mamans,
00:52:57Elodie Clouvel,
00:52:57qu'on a reçu
00:52:58et qui était venu d'ailleurs
00:52:59avec sa fille
00:53:00dans l'émission.
00:53:01Voilà,
00:53:02la double vice championne olympique,
00:53:03Larissa Gbeninou,
00:53:04Manon Appitibrunet.
00:53:05Vous vous conseillez,
00:53:07vous parlez un peu
00:53:08de vos expériences
00:53:09chacune à chaque fois.
00:53:10Oui,
00:53:10franchement,
00:53:13je suis à l'INSEP
00:53:14depuis 2010 au final,
00:53:16même si en 2017,
00:53:17je suis sortie de l'INSEP,
00:53:19mais j'y allais quand même
00:53:20quotidiennement.
00:53:22Et en fait,
00:53:24ça m'a redonné
00:53:26une bouffée d'oxygène,
00:53:27comme je disais,
00:53:27reparler avec
00:53:28d'autres personnes,
00:53:30d'autres sports,
00:53:31des autres personnes,
00:53:32des autres filles
00:53:33qui traversent
00:53:33la même chose que toi,
00:53:36ça donne confiance
00:53:37en fait pour la suite.
00:53:39Ça bouleverse le quotidien aussi,
00:53:40forcément,
00:53:41d'avoir un enfant.
00:53:43un peu paradoxalement finalement,
00:53:45mais est-ce que depuis
00:53:45que tu es à Léonie,
00:53:46tu te sens plus alignée
00:53:48avec toi-même,
00:53:49une certaine forme d'équilibre ?
00:53:51Oui,
00:53:51encore plus forcément.
00:53:53Je pense que,
00:53:54oui,
00:53:55elle est venue
00:53:56mettre le petit morceau
00:53:57qui manquait,
00:53:58je pense,
00:53:58à ma vie.
00:53:59Oui.
00:54:00Oui.
00:54:01Alors là,
00:54:02on est dans une époque,
00:54:02on l'a dit,
00:54:03il y a beaucoup d'athlètes
00:54:03qui ont un enfant,
00:54:06reviennent,
00:54:06Clarissa Gbeninou qui repart
00:54:07encore dans une grossesse,
00:54:08etc.
00:54:10On a reçu Mélina Robert-Michon
00:54:11ici,
00:54:11porte-brapeau à Paris,
00:54:13qui elle a eu un enfant
00:54:14à un moment où c'était
00:54:14un peu moins le cas
00:54:16et on était moins ouverts
00:54:18à la discussion là-dessus,
00:54:18mais au niveau des staffs.
00:54:20Et elle nous a dit
00:54:20quelque chose
00:54:21qui m'a marqué,
00:54:22j'aimerais qu'on l'écoute
00:54:23et que tu réagisses
00:54:23à ses propos.
00:54:25Dans le sport,
00:54:25on parle souvent
00:54:26de levier de motivation.
00:54:27Est-ce que quand tu rentres
00:54:28dans le cercle,
00:54:29dans cette terre de lancée
00:54:30avec ton disque dans les mains,
00:54:31tu penses à tes deux filles
00:54:32très fort avant le lancer ?
00:54:33Oui, c'est justement
00:54:35le but pour t'activer des fois,
00:54:37c'est d'aller chercher
00:54:37justement cette émotion,
00:54:39d'aller chercher
00:54:40pourquoi je suis là,
00:54:41pourquoi je fais ça.
00:54:42Et souvent,
00:54:43elles sont pour moi
00:54:45un déclencheur,
00:54:46en fait,
00:54:46j'ai envie de dire.
00:54:48Eh oui,
00:54:48levier de motivation.
00:54:49Alors,
00:54:49tu n'as pas encore repris
00:54:50les compétitions,
00:54:51mais est-ce que tu penses
00:54:51que quand tu vas reprendre,
00:54:53Léonie,
00:54:54un très, très fort levier
00:54:55de motivation
00:54:55quand tu vas rentrer
00:54:56sur le tatami ?
00:54:56Oui, je pense,
00:54:57parce que franchement,
00:54:59je ne sais pas encore
00:54:59si elle pourra venir me suivre
00:55:01sur chaque compétition.
00:55:02Ça va être l'objectif quand même,
00:55:04mais on verra aussi
00:55:05en fonction du planning
00:55:06et aussi de son rythme à elle.
00:55:09Mais déjà,
00:55:10m'imaginer la quitter
00:55:11pour partir à l'autre bout du monde,
00:55:13c'est dur.
00:55:14Mais en plus,
00:55:15m'imaginer partir
00:55:16et revenir sans médaille,
00:55:17ça m'énerve encore plus.
00:55:19Donc,
00:55:19je préfère me dire que
00:55:22tout ce que je fais,
00:55:23déjà,
00:55:23c'est pour elle.
00:55:23et je serais vraiment
00:55:25trop heureuse
00:55:26et trop fière
00:55:26de pouvoir lui ramener
00:55:27une médaille.
00:55:27T'aimerais qu'elle fasse
00:55:28du judo,
00:55:29putain ?
00:55:29Il y a le temps,
00:55:30mais est-ce que ce...
00:55:31Enfin,
00:55:32elle fera
00:55:33ce qu'elle veut.
00:55:34Je veux juste
00:55:35que ma fille
00:55:35soit libre de rêver
00:55:37et d'être
00:55:38qui elle veut être.
00:55:39D'accord.
00:55:39Je vais te montrer
00:55:40un petit message
00:55:40sur la tablette,
00:55:42Madeleine,
00:55:42d'accord ?
00:55:43Je te laisse regarder ça.
00:55:45Tu mets play quand tu veux.
00:55:49Coco ma chérie,
00:55:50un petit message
00:55:51pour te souhaiter
00:55:52le bon courage
00:55:53pour ta reprise.
00:55:54On est de tout cas avec toi
00:55:55et on te fait plein de visons.
00:55:57On pense fort à toi
00:55:58et on est derrière toi.
00:55:59On sait que tu vas le faire.
00:56:01Regarde.
00:56:01Mon amour.
00:56:04Donc,
00:56:05c'était ton compagnon,
00:56:06Pierre Duprat,
00:56:07qui montre ta petite fille
00:56:08Guéonie
00:56:08pour des raisons
00:56:08de confidentialité.
00:56:10On te montre
00:56:10ce message
00:56:11à travers la tablette.
00:56:14C'est mouvant,
00:56:14ça,
00:56:14de voir ça.
00:56:15Alors,
00:56:15tu la vois tout le temps,
00:56:16mais c'est toujours
00:56:17quelque chose.
00:56:17Dès que tu la vois,
00:56:18je vois le sourire,
00:56:18les lames qui me sont
00:56:19à couler.
00:56:20Oui,
00:56:21c'est...
00:56:23C'est...
00:56:25C'est déjà,
00:56:26comment dire,
00:56:27quand tu veux avoir
00:56:27un enfant,
00:56:30déjà,
00:56:30ce n'est pas toujours simple
00:56:31de réussir à en avoir.
00:56:34Ça,
00:56:34c'est clair.
00:56:35Donc,
00:56:36j'ai toujours énormément
00:56:37de respect,
00:56:37déjà,
00:56:37pour les femmes
00:56:38qui ne peuvent pas
00:56:39ou qui ne veulent pas
00:56:41et au concevoir.
00:56:43c'est moi,
00:56:44mon ressenti.
00:56:45Je n'aime pas dire
00:56:45que c'est ça
00:56:46qui fait changer la vie
00:56:48de quelqu'un,
00:56:48mais en tout cas,
00:56:49moi,
00:56:49ça m'apporte énormément
00:56:50de bonheur,
00:56:51énormément de sérénité.
00:56:53Et en fait,
00:56:54quand je les vois,
00:56:55je me pense...
00:56:56J'ai toujours cette visualisation
00:56:58de les voir
00:56:59sur...
00:57:00dans les gradins
00:57:01sur une compète
00:57:02où je puisse m'éclater
00:57:03parce que c'est grâce
00:57:05à eux
00:57:05qu'aujourd'hui,
00:57:07je suis aussi
00:57:07une femme équilibrée
00:57:08et épanouie.
00:57:09Il y a mon rôle
00:57:10de maman,
00:57:11mon rôle de femme,
00:57:12mon rôle d'athlète
00:57:13et en fait,
00:57:14tout est bien.
00:57:15Et même mon compagnon,
00:57:17je le remercie énormément
00:57:18parce qu'il me soutient
00:57:19énormément.
00:57:21Il prend son rôle
00:57:22de papa à cœur
00:57:23et moi,
00:57:23ça,
00:57:23c'est quelque part aussi
00:57:24normal,
00:57:24c'est sa fille.
00:57:26Mais il me soutient
00:57:27dans ce projet
00:57:28de Los Angeles
00:57:29et puis nos familles.
00:57:31En fait,
00:57:31c'est qu'avant,
00:57:32j'étais seule,
00:57:33enfin,
00:57:34entre guillemets,
00:57:35parce qu'il y a toujours
00:57:35des personnes derrière,
00:57:36mais aujourd'hui,
00:57:38j'ai ma famille,
00:57:39j'ai ma fille
00:57:40quelque part
00:57:41qui...
00:57:42je suis quelqu'un
00:57:44de très important
00:57:45pour elle
00:57:45que je ne peux pas
00:57:46abandonner
00:57:46et même mon compagnon.
00:57:49Et en fait,
00:57:51j'ai envie
00:57:51de les rendre fiers,
00:57:52de les avoir avec moi
00:57:55et ils m'apportent
00:57:56autant qu'ils m'apportent.
00:57:57Donc,
00:57:57merci à eux.
00:57:58Ça fait plaisir,
00:57:59Madeleine,
00:58:00de te voir souriante
00:58:01et autant épanouie.
00:58:03On va finir
00:58:04sur une petite tier liste ?
00:58:05Oui !
00:58:06Allez,
00:58:06c'est parti,
00:58:07c'est le tout feu,
00:58:07tout flamme.
00:58:12La petite tier liste habituelle.
00:58:14Cinq catégories,
00:58:15flamme olympique,
00:58:15feu de camp,
00:58:16briquet,
00:58:16allumette et cendres.
00:58:17Flamme olympique,
00:58:18c'est le top du top.
00:58:19Plus on descend,
00:58:19moins c'est bien.
00:58:20Plusieurs éléments
00:58:21à classer.
00:58:22Je te laisse commenter
00:58:22très rapidement tes choix,
00:58:24Madeleine.
00:58:24On commence par la course à pied.
00:58:26Allez.
00:58:27Ah !
00:58:29Ah, quand même.
00:58:30Ah, ça remonte là.
00:58:32Non, je vais mettre
00:58:32dans allumette.
00:58:33Allumette.
00:58:34J'explique.
00:58:35Parce que déjà,
00:58:37après les Jeux de Paris,
00:58:38je me suis inscrit
00:58:39à 10 kilomètres.
00:58:40Oui, je crois
00:58:40qu'on a une petite image
00:58:41d'ailleurs.
00:58:42Voilà.
00:58:42Ah !
00:58:43T'as l'air heureuse déjà,
00:58:44regarde,
00:58:44par rapport à tous les autres
00:58:45qui tirent la gueule.
00:58:46C'est vrai.
00:58:47C'est vrai.
00:58:48Mais en fait,
00:58:49de base,
00:58:49je cours que pour perdre mon poids
00:58:51et je ne suis pas trop
00:58:52une athlète.
00:58:52Enfin, courir,
00:58:53ce n'est vraiment pas
00:58:54mon délire.
00:58:55Et du coup,
00:58:56après les Jeux,
00:58:57j'avais envie et besoin
00:58:59de reprendre le sport.
00:59:00Et du coup,
00:59:01pour reprendre l'entraînement,
00:59:02je me suis mis un peu
00:59:02à un défi personnel
00:59:03de faire un 10 kilomètres.
00:59:05Et du coup,
00:59:06j'ai beaucoup aimé.
00:59:07Mais ce n'est pas encore…
00:59:09Oui,
00:59:09on t'attend sur marathon.
00:59:10Voilà.
00:59:11On va commencer
00:59:12par un semi.
00:59:14Céline Dion,
00:59:16flamme olympique.
00:59:16Franchement…
00:59:17Tu as eu des places
00:59:17ou pas ?
00:59:18Non, punaise.
00:59:19Je me suis inscrite.
00:59:20Je n'ai même pas été
00:59:20tirée au sort.
00:59:21Tu avais fait la cérémonie
00:59:22ou pas ?
00:59:22Je ne sais plus
00:59:22d'ouverture des Jeux de Paris.
00:59:23Oui, j'ai fait la cérémonie.
00:59:24Tu as pu la voir en live ?
00:59:25Non, je n'ai pas fait
00:59:26cette partie-là
00:59:27parce que c'est long quand même.
00:59:29Mais non,
00:59:30c'est une union queen.
00:59:31Queen.
00:59:34Les films d'horreur.
00:59:36Sandro.
00:59:36Je suis totalement d'accord
00:59:37avec toi.
00:59:38Moi, j'ai beaucoup de mal
00:59:39aussi avec les films d'horreur.
00:59:41Non,
00:59:41pas du tout mon délire.
00:59:42Franchement,
00:59:43si je regarde un film d'horreur,
00:59:44quelque chose qui fait peur.
00:59:45Après,
00:59:45je dors avec toutes les lumières
00:59:46allumées.
00:59:47Non, je ne peux pas.
00:59:48Non.
00:59:50Laurent Gounel.
00:59:51Je sais qu'il y a une phrase
00:59:53qu'il a faite
00:59:54dans un de ses bouquins
00:59:54qui est ton entrache
00:59:55en tout à l'heure.
00:59:56C'est ça.
00:59:57C'est la confiance en la vie
00:59:59qui permet d'avancer,
01:00:00de rebondir
01:00:00et de finalement
01:00:01apprécier ce qui arrive.
01:00:04Je vous recommande
01:00:06ces livres vraiment.
01:00:08Pépite.
01:00:09le Met Gala
01:00:12moyen.
01:00:13Moyen, oui.
01:00:14En fait,
01:00:15ça sera flamme olympique
01:00:16si un jour on m'invite.
01:00:17Ah oui,
01:00:18ah oui,
01:00:18bah oui.
01:00:19Ce qui est peu probable.
01:00:20Ça t'intéresse ?
01:00:21La mode,
01:00:22c'est un milieu
01:00:22qui t'intéresse ?
01:00:23Oui,
01:00:23quelque part,
01:00:24en vrai,
01:00:24j'aime bien quand même.
01:00:25Là, par exemple,
01:00:26il a eu lieu
01:00:28hier,
01:00:29avant-hier.
01:00:29C'est ça, oui.
01:00:30Et je regardais
01:00:31les looks et tout
01:00:31et je trouvais ça
01:00:32vraiment la classe
01:00:33et je me suis même
01:00:35fait la réflexion
01:00:35et j'étais fière
01:00:36de voir des athlètes.
01:00:37Je ne me rappelle plus
01:00:38comment ça s'appelle
01:00:39mais l'athlète américaine
01:00:41qui a les cheveux
01:00:41un peu décolorés.
01:00:43Elle était présente
01:00:44et tout
01:00:44et j'ai trouvé sa classe
01:00:46qui met en avant
01:00:47des sportives.
01:00:50Noël.
01:00:51Je suis too much
01:00:51mais c'est flamme olympique.
01:00:53Noël,
01:00:53c'est aussi ton anniversaire.
01:00:54Exactement.
01:00:55C'est le 25 décembre
01:00:56et à chaque fois,
01:00:57je dis,
01:00:58en vrai,
01:00:58je suis né le meilleur jour
01:00:59parce que c'est un jour
01:01:01où la majorité
01:01:03souvent de la population
01:01:04est heureuse
01:01:05et j'aime beaucoup.
01:01:07Mais alors,
01:01:07la vraie question,
01:01:07Madeleine,
01:01:08quand on est né
01:01:08un 25 décembre,
01:01:09on a le double de cadeaux
01:01:10ou justement,
01:01:12on n'a que les cadeaux
01:01:13de Noël
01:01:13ou que de l'anniversaire ?
01:01:14Parfois,
01:01:14on a un gros cadeau
01:01:15pour les deux
01:01:16et il faut savoir
01:01:17que ma fille,
01:01:18son terme,
01:01:18c'était le 13 décembre
01:01:19donc je savais
01:01:20qu'elle n'allait pas naître
01:01:20le 25 décembre
01:01:21mais en fait,
01:01:22je ne voulais même pas
01:01:23qu'elle naisse en décembre
01:01:23parce que je me disais
01:01:24oh là là,
01:01:25elle va se faire carotter
01:01:26et tout
01:01:26et du coup,
01:01:27je me suis promis
01:01:28déjà de lui faire
01:01:29son anniversaire
01:01:30et pas son repas
01:01:31de son gâteau d'anniversaire
01:01:33sur une bûche
01:01:34comme moi
01:01:36mais voilà,
01:01:37donc ouais,
01:01:38Noël quand même.
01:01:40Paddle,
01:01:40c'est très hyper coté
01:01:45mais moi franchement,
01:01:47je mets allumettes,
01:01:48je ne dis pas
01:01:48que c'est l'essentiel,
01:01:49j'ai testé
01:01:50mais les sports de racrète,
01:01:52c'est pas pour moi,
01:01:53franchement.
01:01:54C'est mieux le squash,
01:01:55je te garantis.
01:01:55Ah ouais,
01:01:56tu transpires plus,
01:01:57enfin tu cours bien aussi.
01:01:58Et puis on diffuse
01:01:59toute la saison de squash
01:02:00sur Sports en France.
01:02:01Ah ouais.
01:02:02Petite pub que je place.
01:02:04Ouais, regarde.
01:02:04C'est pas mal.
01:02:06J'en avais déjà fait
01:02:07mais franchement,
01:02:08ouais.
01:02:10Niveau pas ouf,
01:02:11le Grand Slam,
01:02:15je n'ai rien mis dans feu.
01:02:16Non, en vrai,
01:02:16je suis obligée
01:02:17de mettre le Grand Slam
01:02:21en Flamme Olympique
01:02:22parce que déjà,
01:02:23c'est le plus beau tournoi
01:02:23du monde.
01:02:24Il n'y a aucun tournoi
01:02:25qui égale ce Paris Grand Slam.
01:02:28C'est la meilleure compétition
01:02:30au monde
01:02:31et en plus,
01:02:31comme tu m'as dit
01:02:32tout à l'heure
01:02:33que ça faisait
01:02:33il y a 14 ans
01:02:34que j'avais fait
01:02:35mon premier Grand Slam.
01:02:36Ça ne me rajeunit pas.
01:02:3712 ans, je crois.
01:02:38Non, 12 ans.
01:02:39Ouais, 2014,
01:02:40donc ça faisait 12 ans,
01:02:41pardon.
01:02:43Ouais,
01:02:43c'est des trop,
01:02:44trop bons souvenirs.
01:02:45C'est des finales
01:02:47franco-françaises,
01:02:49l'ambiance,
01:02:50le public,
01:02:51c'est incroyable.
01:02:55La Picardie.
01:02:56Je mets feu de camp,
01:02:57je n'ai rien mis
01:02:57dans feu de camp.
01:02:58Allez, feu de camp,
01:02:59la Picardie.
01:02:59La Picardie,
01:03:00c'est maternatal un peu.
01:03:02Franchement,
01:03:03j'y suis depuis toujours.
01:03:05Mes parents,
01:03:06ils sont encore
01:03:06et puis,
01:03:08j'ai encore mon attache,
01:03:09mes attaches,
01:03:10ma famille,
01:03:11mes amis,
01:03:11mes amis d'enfance.
01:03:12Il n'y a pas l'accent Picard.
01:03:14Non.
01:03:15Non,
01:03:16je suis du sud
01:03:17de la Picard,
01:03:18dis-moi.
01:03:19Mais ouais,
01:03:19Chambly,
01:03:20c'est ma ville de cœur,
01:03:21quelque part,
01:03:22toujours,
01:03:22et même mon club,
01:03:23c'est mon premier club
01:03:24à Chambly.
01:03:27Allez,
01:03:28la dernière,
01:03:29Serena Williams.
01:03:31Modèle.
01:03:32Ouais,
01:03:33Flam Olympique.
01:03:34Allez,
01:03:34magnifique.
01:03:34La dernière question
01:03:35que je vais te poser
01:03:35en retournant à ma place,
01:03:37Madeleine,
01:03:37tu dois choisir entre
01:03:38Céline Dion,
01:03:39Laurent Gounel,
01:03:40Noël,
01:03:40le Paris Grand Slam
01:03:41ou Serena Williams ?
01:03:42Le top du top du top
01:03:43pour Madeleine Malonga.
01:03:48C'est pas facile,
01:03:49là.
01:03:51Ah !
01:03:54Si,
01:03:54en vrai,
01:03:55c'est clair.
01:03:56Serena Williams.
01:03:57Serena Williams,
01:03:57magnifique.
01:03:58Le top du top
01:03:58pour Madeleine Malonga.
01:04:00On a un dernier petit cadeau
01:04:01avant que tu nous quittes.
01:04:03Madeleine,
01:04:04regarde ça.
01:04:06Ado,
01:04:06que dire sur notre amitié ?
01:04:07Tant d'années passées,
01:04:08on est encore là.
01:04:10On est au début
01:04:11quand on t'attendait
01:04:12en bas de l'escalier
01:04:12chez toi.
01:04:13Parce qu'il fallait
01:04:14que tu mettes la crème
01:04:15sur ton corps
01:04:15avant de sortir
01:04:16et que tu t'embrouillais
01:04:18au passage avec Damien.
01:04:19Mais on est encore là
01:04:19aujourd'hui.
01:04:20T'es sportive de haut niveau,
01:04:22t'as fait les JO,
01:04:23t'es maman
01:04:24et on est là,
01:04:25toujours.
01:04:25Bisous, Manon.
01:04:27Coucou, Mado.
01:04:27Petite vidéo pour te rappeler
01:04:28à quel point je suis chère de toi,
01:04:30de l'amie que tu es,
01:04:31de la femme que tu es,
01:04:32de tout ce que tu as pu
01:04:33à continuer dans la vie
01:04:34pour tous ces d'alcools personnels.
01:04:36C'est trop mignon.
01:04:39à maintenant
01:04:40et pour toutes les années à venir.
01:04:41En fait,
01:04:42vous voulez me faire trop fumer ?
01:04:43Je te fais un petit vidéo
01:04:44parce que
01:04:45on m'a forcé.
01:04:47Non, je rigole.
01:04:48Juste pour te dire
01:04:49que vraiment,
01:04:50on est fiers de toi.
01:04:52Peu importe,
01:04:52de toute façon,
01:04:53tu sais très bien,
01:04:55on est toujours derrière toi
01:04:56dans la victoire
01:04:57comme dans la défaite.
01:04:58On est là,
01:04:59on est fiers
01:05:00et quoi qu'il arrive,
01:05:01de toute façon,
01:05:02c'est la famille.
01:05:03Et voilà,
01:05:04hâte de voir
01:05:05ce que réserve la suite
01:05:06et d'amener,
01:05:06et que tu amènes la petite
01:05:07sur le tatami
01:05:08et de voir ça aussi.
01:05:09J'ai fait plein de bisous.
01:05:12Voilà,
01:05:12une amitié
01:05:13qui date
01:05:13depuis la première année
01:05:14de maternelle.
01:05:15Ça nous a fait plaisir
01:05:16de te faire
01:05:16ce petit message.
01:05:18Ah, mais,
01:05:18bah,
01:05:20elles savent déjà tout,
01:05:22mais
01:05:23les personnes
01:05:24qu'on a vues là,
01:05:24bon,
01:05:24il y en a d'autres aussi,
01:05:25mais c'est vraiment
01:05:26les personnes
01:05:27les plus importantes
01:05:28pour moi.
01:05:29Et aujourd'hui,
01:05:30si je réussis
01:05:30à gagner des médailles,
01:05:32à être heureuse
01:05:33et épanouie,
01:05:34c'est parce que
01:05:35j'ai ces personnes-là
01:05:36qui me supportent,
01:05:37qui me portent,
01:05:39même à certains moments
01:05:40et qui sont derrière moi.
01:05:42Eh bien,
01:05:42Madeleine,
01:05:43sur ces belles paroles,
01:05:44je vais te remercier
01:05:45chaleureusement
01:05:45d'être passée dans l'émission.
01:05:46C'était un très,
01:05:47très bon moment.
01:05:48On n'a pas fini les bonbons,
01:05:49on a été sages.
01:05:49Ouais.
01:05:49Je pourrais les emporter
01:05:50avec toi après,
01:05:51si tu veux.
01:05:52Je te souhaite
01:05:52plein de bonnes choses,
01:05:53de continuer à être épanouie,
01:05:55de reprendre comme il faut
01:05:57les compétitions,
01:05:58de briller
01:05:58et puis surtout
01:05:59d'être heureuse.
01:06:00Merci.
01:06:01Merci Madeleine,
01:06:01je vais remercier
01:06:02toute l'équipe en régie,
01:06:03Julien Perronet à l'édition,
01:06:04Nicolas Baillet à la réalisation,
01:06:05Clément Ritter au son,
01:06:07Enzo Morello au cadre
01:06:08et puis moi,
01:06:09on se retrouve très vite
01:06:10pour un nouveau
01:06:11On s'enflamme,
01:06:12évidemment.
01:06:12Salut tout le monde,
01:06:13bye.
01:06:13Amen.
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