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  • il y a 13 heures
Reporters sans frontières appelle à la "libération immédiate" du journaliste burkinabè Atiana Serge Oulon, dont elle révèle la séquestration depuis bientôt deux ans à Ouagadougou et les violences dont il serait victime

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Transcription
00:00Après deux ans de silence donc, nous avons enfin des nouvelles du journaliste burkinabé Atiana Serge Oulon.
00:07Le directeur de publication de l'événement avait été enlevé le 24 juin 2024 à son domicile.
00:13Selon la version officielle, le reporter a été réquisitionné et envoyé au front, aux côtés des forces armées contre les
00:20djihadistes.
00:21Version contestée ce mercredi par Reporters sans frontières qui a enquêté.
00:25Nous sommes en ligne avec Sadibou Marong, bonjour et merci d'être connecté à France 24.
00:30Vous êtes en direct de Dakar, vous êtes le directeur du bureau de Reporters sans frontières à Dakar.
00:36D'après vos informations, Tiana Serge Oulon a été séquestrée en réalité et torturée dans une prison secrète à Ouagadougou
00:45au moins jusqu'à fin 2025.
00:50Bonjour et merci. Effectivement, face au manque d'informations des autorités du Burkina Faso, Reporters sans frontières a donc enquêté
01:00pendant plusieurs mois sur le sort du journaliste Atiana Serge Oulon.
01:06Et il a été annoncé au front, mais le journaliste est en réalité enfermé dans une villa transformée en prison
01:13secrète.
01:14Et nous sommes très conscients, effectivement, que sa place n'est ni au front ni en détention.
01:20Enfermé, effectivement, et violenté, torturé, effectivement.
01:23Et il n'est pas en mesure d'être mobilisé, disons, sur le front.
01:29Il ne devrait pas non plus être détenu arbitrairement.
01:31C'est la raison pour laquelle, dans notre enquête, nous avons révélé tout cela.
01:36Et il est important que les autorités du Burkina Faso libèrent Serge Oulon le plus rapidement possible.
01:44Parlez-nous des conditions de détention.
01:47Vous dites qu'il est l'un des détenus les plus violentés, en tout cas après son arrestation.
01:56Effectivement, comme il a été annoncé au front, on a pu révéler qu'il n'a pas été au front.
02:01Donc, il est dans une villa dans le district de Ouaga 2000, non loin un peu de l'ambassade des
02:08États-Unis.
02:09Au moins, souvent, les conditions sont extraordinairement difficiles.
02:15Par exemple, dans une chambre qui était complètement nue et sans lumière,
02:19en raison des fenêtres pratiquement condamnées.
02:21Et notre enquête également a révélé qu'au-delà du fait que le récit officiel ne tient plus la route,
02:29les conditions de détention de Serge Oulon sont extrêmement difficiles.
02:36Et à ces conditions, également, s'ajoute un traitement dégradant et inhumain,
02:40infligé à un journaliste simplement parce qu'il a fait son travail,
02:43simplement parce qu'il a cette réputation d'être un enquêteur, un journaliste d'investigation célèbre
02:49qui a quand même soulevé, comme on le dit, beaucoup de lièvres,
02:52notamment un peu sur qui concerne l'armée.
02:56Et c'est l'une des raisons pour lesquelles ces conditions sont extraordinairement difficiles.
02:59Et nous en profitons pour rappeler que sa place n'est ni dans une prison secrète,
03:04mais ni au front, mais sa place et au sein d'une relation, il doit être libéré.
03:08– Parlons de son travail, puisqu'il avait notamment réalisé une enquête
03:11sur des soupçons de détournement par un capitaine du Centre Nord,
03:16entre guillemets, un profil qui correspond donc à Ibrahim Traoré,
03:19le numéro 1 de la Jeunte, au moment des faits.
03:22Le journaliste était un élément gênant pour les généraux ?
03:27– C'est un élément, il a toujours été un élément gênant sur la base du travail d'investigation important
03:33qu'il fait pour éclairer la lanterne de l'opinion.
03:35L'une des révélations, effectivement, qu'il avait faites dans le cadre de ces enquêtes,
03:40c'est cette histoire, cette affaire de détournement de 610 000 euros.
03:44Et le nom, effectivement, du capitaine Ibrahim Traoré,
03:49il serait plus ou moins impliqué autour de cela.
03:52Et on pourrait effectivement considérer que c'est l'une des raisons
03:56pour lesquelles le capitaine Traoré lui envole,
03:58d'autant plus que le capitaine Traoré avait été aussi parmi les premiers
04:02qui avait, sans le nommer, dit qu'effectivement,
04:07un journaliste qui dérangeait avait été arrêté et envoyé au front.
04:12C'était en juillet 2024.
04:15Et effectivement, c'est quelqu'un qui est assez téméré dans son travail,
04:18très sérieux, qui a gagné plusieurs prix,
04:21mais qui est aussi très, très, très à cheval sur les principes,
04:25notamment les principes fondamentaux de son travail de journaliste.
04:29Et tout cela, ce sont des indices assez considérés comme relativement défavorables
04:34par les militaires au pouvoir,
04:37qui continuent à le maintenir sans aucune autre raison.
04:41Je le rappelle, Atiana Serge Oulon avait été arrêtée le 24 juin 2024.
04:47Depuis, on n'avait pas de nouvelles de lui.
04:49Comment est-ce que vous avez réussi, vous, à trouver sa trace ?
04:53Notre enquête repose sur plusieurs témoignages directs et concordants
04:57que notre cellule d'investigation a effectués.
05:01Et en recueillant, indépendamment des uns et des autres,
05:05beaucoup de témoignages concordants, soigneusement recoupés.
05:09Et pour des raisons véritablement évidentes de sécurité,
05:12il y a des questions que nous ne pouvons pas divulguer,
05:19notamment sur l'ancée de ces éléments.
05:21Mais leur cohérence ne laisse aucun doute sur la réalité de cette détention.
05:26Nous avons aussi recueilli de nombreux éléments
05:28qui confirment effectivement la détention de Serge à Atiana Oulon
05:32dans ce lieu, au moins jusqu'à fin 2025.
05:37Et nous restons extrêmement préoccupés par sa situation actuelle
05:41et nous réaffirmons notre appel pour sa libération.
05:46Et ça, c'est destiné aux autorités militaires du Burkina Faso.
05:49– Oui, puisque vous dites qu'il est séquestré et torturé,
05:53il a été détenu dans une prison secrète jusqu'à fin 2025.
05:56Ça veut dire que depuis le début de l'année, vous ne savez pas où il se trouve ?
05:59– Ça, c'est juste parce que simplement, nous avons, disons,
06:07dans le travail-là, nous nous sommes permis un peu de nous limiter
06:10à la fin de l'année 2025.
06:13Mais nous, l'intime conviction que nous avons sur la base du travail
06:17que nous avons fait nous pousse à continuer à croire
06:21qu'il est toujours détenu dans cette prison secrète
06:25et dans cette prison dans le district de Ouagadémil à Ouagadou.
06:30– Merci infiniment, Sadibou Marong, directeur du bureau,
06:34reporter sans frontières à Dakar, de nous avoir donné des nouvelles.
06:38D'Athiana Serge Oulon, ce journaliste burkinabé que vous dites torturé.
06:42– Au revoir.
06:42– Sous-titrage ST' 501
06:42– Sous-titrage ST' 501
06:42– Bye-bye.
06:43Merci.
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