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  • il y a 2 jours
« 7 mai 1945, quand la date fait l’Histoire » réalisé par Olivier HENNEGRAVE.

Des élèves de Terminale du lycée Georges Clémenceau de Reims ont réalisé un court film sur la capitulation allemande du 7 mai 1945, signée dans leur propre ville il y a 80 ans, un événement majeur ayant marqué Reims ainsi que le cours de l’histoire mondiale. Accompagnés de leur professeur Grégoire Poupet, ils ont mené une enquête alliant archives, rencontres, écriture, tournage et montage.
Ce documentaire retrace leur parcours, leur confrontation au travail de mémoire, et questionne notre rapport à l’histoire, à sa transmission et à la mémoire collective. Un film sur la jeunesse d’aujourd’hui qui explore le passé pour mieux comprendre le présent, redonnant du sens à une date souvent oubliée et interrogeant le rôle de la mémoire dans notre société.

Produit par Cerigo films
52 minutes
Diffusé sur Canal 32, Moselle TV et Vosges TV

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Transcription
00:026 avril 1945.
00:04L'avancée des troupes alliées vers Berlin à l'ouest et à l'est est irréversible.
00:10Les armées allemandes sont prises en tenaille et le Troisième Reich est à l'agonie.
00:21Début mai, l'espérance d'une fin de guerre en Europe est grande auprès de la population
00:25et de nombreuses villes sont déjà en fête.
00:31En coulisses, les différents protagonistes s'agitent.
00:35Eisenhower, général américain et chef des forces alliées à l'ouest,
00:39veut signer une reddition totale des armées allemandes dans son QGA Reims.
00:48Le premier ministre du Royaume-Uni, Churchill, est soucieux de maintenir l'unité des alliés
00:53qui souhaitent une fin rapide du conflit.
00:56A l'est, Staline, chef de l'armée rouge, estime que la reddition doit être signée
01:02dans la capitale allemande à Berlin, au cœur du pouvoir nazi.
01:08Le 7 mai, à 2h41, la capitulation allemande est signée dans un collège de la cité champenoise.
01:16La cessation des combats est fixée au lendemain, le 8 mai, à 23h01, soit le 9 mai, heure de Moscou.
01:24Pour des raisons diplomatiques, une deuxième capitulation est signée à la même heure
01:29au cours d'une seconde cérémonie organisée à Berlin.
01:35Huit décennies plus tard, on célèbre le jour de la victoire en Europe,
01:40aux États-Unis et dans les pays occidentaux, le 8 mai.
01:43La Russie le fête le 9 mai.
01:47Seule la ville de Reims reste attachée à la date du 7 mai.
01:53Pourquoi ces confusions ?
01:55Et comment l'enseigner aux jeunes générations ?
02:13En ce jour de commémoration, la foule se rassemble place de la République
02:17devant le monument aux morts.
02:20Cette cérémonie, à laquelle tient tout particulièrement la ville de Reims,
02:24rend un hommage vibrant à la mémoire des soldats américains
02:27qui délivrèrent la cité.
02:38Le 30 août 1944, vers 6 heures du matin,
02:42les premières troupes américaines entrent dans Reims.
02:48La libération de la ville provoque une explosion de joie indescriptible.
02:54La population envahit les artères du centre-ville
02:56afin de voir et toucher les libérateurs,
02:59comme pour se persuader que tout cela est bien vrai,
03:02que ce n'est pas un rêve,
03:03que la fin du jour nazi sur l'Europe est proche.
03:14En ce jour mémoriel, en observant le public,
03:18on peut se rendre compte que peu de jeunes sont présents.
03:21Que s'est-il passé ?
03:22Et pourquoi un tel désintérêt ?
03:26Pour mieux comprendre,
03:27nous avons choisi de suivre dès la rentrée scolaire
03:2914 élèves de terminale du lycée Clémenceau
03:32qui ont décidé d'explorer le thème de la capitulation des forces allemandes
03:36le 7 mai 1945,
03:38un moment clé de l'histoire de leur ville.
03:41Leur objectif est de réaliser un cours documentaire
03:44dans le cadre de leur baccalauréat,
03:46option cinéma.
04:06Donc aujourd'hui,
04:07comme je vous l'ai dit également hier,
04:09je vais vous présenter plus en détail
04:11les différents projets.
04:12Et il y a un projet spécifique
04:14dont je vais vous parler maintenant.
04:15Est-ce que certains et certaines d'entre vous
04:18seraient capables de me donner la date
04:19de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe ?
04:23Oui ?
04:24Le 8 mai 1945.
04:28Absolument.
04:29C'est la date de quoi exactement le 8 mai 1945 ?
04:32C'est l'armistice.
04:35C'est la réédition de l'Allemagne.
04:37Ce n'est pas la même chose d'un armistice et une réédition.
04:39Oui, c'est la réédition de l'Allemagne,
04:41la capitulation de l'armée allemande.
04:43Mais elle a aussi été signée à un autre moment.
04:46Elle a été signée à Reims.
04:48Et la proposition que je vous fais,
04:51c'est de réaliser un documentaire
04:56sur cet événement,
04:58sur la place de Reims dans la guerre.
05:03et c'est un documentaire qui conjugue deux choses,
05:06l'histoire et la mémoire.
05:09Potentiellement, je ne dis pas qu'on va le définir là maintenant,
05:12mais qui serait potentiellement intéressé pour ce qu'on s'est là-dedans ?
05:15Dans le projet, sans question.
05:17On va en discuter et après,
05:19on se répartira dans les différentes salles
05:20en fonction des groupes de travail.
05:21D'accord ?
05:24Est-ce que vous pourriez,
05:26à tour de rôle,
05:27si vous le souhaitez,
05:28ou en tout cas celles et ceux qui le souhaitent,
05:29vous n'êtes pas obligés de tous intervenir,
05:31mais dire qu'est-ce qui vous intéresse le plus là-dedans,
05:34dans ce projet-là,
05:35et qu'est-ce qui fait que vous êtes venue dans cette salle ?
05:38Voilà, en fait.
05:39Moi, je suis contente
05:40parce qu'on a un nouveau groupe très réuni
05:42et je trouve ça bien
05:43parce qu'on va pouvoir mélanger plein d'idées différentes.
05:45On n'a jamais fait de documentaire,
05:46donc c'est une première.
05:47Et le fait qu'on travaille sur un sujet historique,
05:51parce qu'on fait beaucoup de science-fiction,
05:54on a plein de thèmes différents,
05:55mais on n'a jamais fait de thème historique.
05:56Je trouve ça bien de découvrir.
05:59C'est quand même une grosse part de l'histoire
06:01et que Reims, on voit qu'elle a joué un rôle important.
06:04Et je pense que ça va nous permettre d'en apprendre plus
06:06sur même l'histoire de nos arrière-grands-parents,
06:10nos familles, ce qu'elles ont vécu,
06:12comment elles ont vécu les choses, etc.
06:13Et même nous, comment la ville, elle est aujourd'hui,
06:16comment tout fonctionne aujourd'hui, etc.
06:17Je pense que c'est aussi hyper intéressant
06:20de se renseigner sur l'histoire
06:21pour voir aussi notre présent, en fait.
06:25Vous êtes libre de l'angle d'attaque.
06:27C'est-à-dire que vous pouvez faire Reims dans la guerre
06:29et partir de l'événement de la réédition du 7 mai
06:33pour globalement parler de Reims dans la guerre,
06:35où vous pouvez faire précisément sur cet événement-là,
06:38le 7 mai 1945,
06:39et de temps en temps, mettre des choses sur Reims dans la guerre,
06:42mais vous concentrer sur pourquoi ça a été signé à Reims,
06:45pourquoi ça a été re-signé le 8.
06:48Là, c'est plutôt historique.
06:49Si vous voulez parler des rémois et des rémoises
06:51durant la guerre,
06:52vous faites un cadre plus général
06:53et vous aboutissez au 7 mai 1945.
06:55C'est vous qui choisissez l'angle.
06:56Je vous laisse travailler un petit peu.
06:58Vous pouvez prendre 2-3 minutes de pause
06:59pour souffler un peu si vous voulez.
07:01Par contre, après, vous y remettez.
07:02Deux-trois minutes, hein ?
07:11J'ai découvert en arrivant à Reims
07:14que le 7 mai 1945,
07:17c'est là qu'avait été signé
07:18l'acte de réédition des armées allemandes.
07:21Donc l'opportunité était de tout trouver
07:23pour mettre en place ce projet pédagogique.
07:25Et j'ai la chance d'avoir cette année
07:29une classe de terminale en histoire-géographie
07:32et une classe de terminale en option cinéma.
07:34Et donc, ça me permettait d'envisager
07:37de construire un projet qui mêle l'histoire,
07:40donc l'histoire de ce 7 mai 1945,
07:43sa mémoire aussi, sa transmission mémorielle,
07:45puisqu'on est dans une phase de commémoration.
07:47Et enfin, un projet, cette fois-ci, cinématographique,
07:52avec la réalisation par les élèves
07:54d'un documentaire historique
07:56sur à la fois cet événement et sa mémoire.
07:59Donc ça permettait de combiner ces trois choses.
08:01Et ma posture de professeur d'histoire-géographie
08:04et de cinéma était appropriée
08:05pour mettre en place ce projet.
08:15Moi, j'aime beaucoup marcher dans les villes
08:17où j'ai vécu et où je vis encore.
08:20Ça me permet de découvrir les différents quartiers,
08:22de voir comment l'histoire s'incarne aussi
08:25dans les bâtiments, cette diversité architecturale.
08:29Ça donne de la chair à l'histoire
08:30et j'aime beaucoup ça.
08:37Alors nous voici Place de la République.
08:39C'est le lieu des commémorations
08:41où l'histoire et la mémoire de la ville se mêlent.
08:46Ces monuments-là, ils sont là aussi
08:48pour rassembler différentes générations
08:51autour de ces commémorations
08:52et partager cette mémoire
08:54qui doit se transmettre
08:55de génération en génération.
08:57Donc ils sont extrêmement importants.
08:59Alors il est vrai que de plus en plus,
09:01on constate quand même que ce sont les plus anciens
09:03qui assistent à ces commémorations-là.
09:04Donc c'est vrai qu'il y a un gros travail
09:07mémoriel à faire auprès des plus jeunes
09:09qui n'ont pas vécu ces événements, bien sûr,
09:11mais dont les parents eux-mêmes ne les ont pas vécu
09:12et dont les grands-parents ne les ont soit pas vécu,
09:15soit été trop jeunes pour vraiment s'en souvenir.
09:18Donc ces monuments-là,
09:19ils sont là pour organiser ces cérémonies
09:21et faire en sorte de donner une image
09:23de cette histoire-là à transmettre.
09:25Mais ils doivent se coupler avec un travail d'éducation.
09:32La plaque de la réconciliation franco-allemande
09:35de Gaulle-Adenauer 62.
09:38Mais Reims, c'est vraiment une ville d'histoire.
09:41Moi, je suis arrivé ici en 2022
09:45et je savais que Reims, c'était une ville chargée d'histoire,
09:50la ville des sacres notamment,
09:51mais j'ai découvert beaucoup de choses aussi
09:53en la parcourant.
09:54C'est la capitale de la Gaulle-Belgique,
09:56c'est la ville martyr de la Première Guerre mondiale,
09:58donc on apprend plein de choses sur cette histoire.
10:09L'histoire de Reims au XXe siècle
10:11est au cœur de la relation franco-allemande.
10:15L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Reims
10:17le 19 septembre 1914,
10:20dont les images ont fait le tour du monde,
10:22prend rapidement un caractère symbolique
10:24de la plus haute importance,
10:26témoin de la brutalité et des exactions
10:28de l'armée allemande.
10:32Pendant quatre années,
10:33la ville est pilonnée méthodiquement,
10:35faisant de Reims une ville martyr
10:36de la Grande Guerre.
10:38Mais Reims est aussi une ville passeuse de mémoire.
10:41Ses habitants savent combien d'efforts
10:43furent nécessaires pour résister
10:45et reconstruire leur ville dévastée.
10:55La réconciliation franco-allemande
10:57entre de Gaulle et Adenauer
10:59en juillet 1962
11:00montre que la ville,
11:02hier comme aujourd'hui,
11:04incarne ce processus toujours nécessaire
11:06de reconstruction et de projection vers l'avenir.
11:18Ça va vous simplifier le travail
11:20de faire histoire et mémoire.
11:22Vous pouvez, si vous êtes ambitieux,
11:26entrelacer les deux en permanence
11:28et par exemple faire par lieu
11:30ou faire par, je ne sais pas, date.
11:34Il me semble que la simplicité prévaut
11:38et faire histoire puis mémoire,
11:39c'est intéressant.
11:41Mais vous allez sans doute avoir
11:42des rushs qui peuvent intervenir
11:44dans les deux.
11:44Donc là, au moment du montage,
11:45il faudrait que vous fassiez des choix.
11:47Après, entrelacer les deux,
11:49j'ai peur que,
11:49comme on n'est pas non plus des pros
11:51dans le domaine,
11:52j'ai peur que ça perde les gens
11:53qui regarderont le document.
11:56Mais en fait, oui,
11:57parce que si on le fait
11:58pas à la perfection,
12:00on va forcément perdre les gens.
12:02Si on a assez d'images
12:03pour pouvoir entrelacer
12:05et qu'on voit ça après les tournages
12:07et qu'au final, au montage,
12:08on peut le faire,
12:08on entrelacera.
12:10Et juste pour l'instant,
12:11on a ça,
12:11donc on sépare juste histoire
12:13et mémoire.
12:14Et on verra ensuite,
12:15si on peut le faire,
12:16on le fera.
12:17Entrelacer les deux.
12:19Parfait.
12:19Donc vous avez bien ça en tête
12:21et en trace.
12:22Vous savez les prochaines exigences
12:25et les rôles
12:25qui vous ont été assignés.
12:27Je vous remercie.
12:28Vous pouvez repartir
12:29en groupe de travail
12:30sur le projet final.
12:32Cette année,
12:32les élèves que j'ai en terminale
12:34découvrent le cinéma documentaire.
12:36Et moi, je voulais vraiment
12:37travailler avec eux
12:38sur le documentaire
12:38parce que c'est un pan entier
12:40du cinéma
12:40avec son histoire
12:41et ses spécificités
12:43et ses chefs-d'œuvre
12:45très nombreux.
12:46Donc je voulais vraiment
12:46qu'ils travaillent ça.
12:47Et nous, notre travail aussi,
12:49c'est de voir qu'il y a
12:50toute une démarche artistique
12:51derrière,
12:51une démarche esthétique,
12:53une construction aussi
12:54et qu'au contraire,
12:55on peut produire des œuvres
12:56loin, loin d'être ennuyeuses,
12:58y compris quand on fait
12:59du documentaire.
13:02Dans les jours
13:03qui vont suivre
13:04la libération de Reims,
13:05des unités américaines
13:07qu'on appelle
13:07l'Oise Intermediate Section
13:10vont s'installer
13:11dans la ville
13:11et ses alentours.
13:13Cette structure imposante
13:15est chargée de gérer
13:16la logistique
13:16de l'armée américaine
13:17en campagne.
13:23Les Rémois
13:24vont avoir affaire
13:25à des militaires américains
13:27qui vont s'installer
13:28à Reims,
13:29en grand nombre d'ailleurs,
13:31et à la différence
13:31de ceux qui les avaient libérés,
13:33ce ne sont pas exactement
13:34des combattants.
13:36Ce sont des soldats
13:37de ce qu'on appelait
13:37autrefois l'intendance,
13:39enfin en termes modernes,
13:40on appelle ça la logistique,
13:41c'est-à-dire tous ceux
13:42qui sont chargés
13:44d'approvisionner le front
13:45en munitions,
13:46en essence,
13:47en médicaments,
13:48donc c'est quand même
13:49plusieurs milliers de soldats
13:51qui viennent s'installer
13:52à Reims.
13:53Alors, pourquoi le choix de Reims ?
13:55En fait, il y a plusieurs raisons.
13:57La première,
13:58c'est qu'à l'automne 1944,
14:01on est début du mois de septembre 1944,
14:04Reims est relativement proche
14:06des combats.
14:07La deuxième raison,
14:08c'est que Reims est une ville
14:10qui est très bien desservie
14:11par le réseau routier et ferroviaire.
14:14Et puis la troisième raison,
14:16c'est qu'elle a
14:17une base aérienne
14:18très importante
14:19que les Allemands d'ailleurs
14:21avaient réacquisitionnée
14:21en 1940
14:22et que les Américains
14:24vont récupérer
14:25au début de septembre 1944.
14:28D'ailleurs,
14:29ils vont la faire fonctionner
14:30tout de suite
14:31parce que dans les premiers jours
14:32du mois de septembre 1944,
14:34il va y avoir
14:34une Noria
14:35de Dakota
14:36qui part de Normandie
14:37et qui amène
14:38des milliers
14:38de jerrycans d'essence
14:41pour approvisionner
14:42ensuite
14:43les chars,
14:45les jeeps,
14:45tout ce dont les Américains
14:46ont besoin.
14:46Ce que je rappelle quand même
14:47que la Seconde Guerre mondiale
14:50est une guerre
14:50où la logistique
14:51joue un rôle
14:52très important
14:52et surtout dans l'esprit
14:53américain.
14:54Les Américains
14:55parlent du principe
14:56qu'il faut quasiment plus
14:57de soldats
14:58qui assurent la logistique
15:00que de combattants
15:01proprement parlé.
15:01C'est une guerre moderne
15:02en fait.
15:09Donc,
15:10tu as celui-là ?
15:10Oui,
15:11avec un casque.
15:12C'est important quand même.
15:13Attends.
15:15Le son Breaking Bad.
15:16Il est mieux.
15:17Breaking Bad.
15:19C'est pas comme
15:21les films de fiction
15:21qu'on a vu.
15:23Donc là,
15:23on a la batterie
15:24pour le...
15:26pour le manu LED.
15:27Enfin,
15:28on a les batteries
15:28pour le manu LED
15:29et pour la caméra,
15:30on prend quelle batterie
15:31elle est déjà dedans ?
15:33Il y a le chargeur
15:34avec la batterie.
15:34Juste tu chargeras
15:35chez toi
15:35et oui,
15:36il y a cette batterie,
15:36c'est bon.
15:37Ouais, c'est bon.
15:40Alors,
15:42qu'est-ce que vous avez pris ?
15:44On a pris tout
15:45le matériel son,
15:46c'est-à-dire
15:46la case-cam,
15:47le câble,
15:49le chamor.
15:51Le dead cat.
15:52Le dead cat.
15:53Ouais.
15:54Vous avez un peu réfléchi
15:55aux questions
15:55que vous alliez poser,
15:56à la manière
15:57dont vous alliez
15:57faire un entretien ?
15:58C'est les filles
15:58qui se luttent de ça,
15:59mais j'ai pas eu
16:00de retour,
16:00normalement,
16:00j'espère.
16:01Mais je l'en ai fait
16:05vous allez bien réfléchir
16:10à la manière
16:11dont il a vécu
16:12les événements,
16:13vous allez lui poser
16:13des questions
16:13sur son souvenir.
16:15Il faudra faire attention
16:15aussi parce qu'il n'a pas
16:16été à Reims
16:17tout le temps
16:18pendant la guerre,
16:18donc ne vous trompez pas,
16:20ne posez pas des questions
16:21qu'il ne faut pas poser.
16:23Laissez aussi
16:23le flux de la pensée
16:24venir.
16:25Si vous sentez
16:26qu'il est parti
16:27pour parler,
16:28laissez-le parler.
16:29C'est important aussi
16:29d'avoir les réactions
16:31qui viennent à chaud
16:32sans forcément
16:32le forcer
16:33à dire des choses.
16:34Et puis,
16:35voilà,
16:35je vous fais confiance,
16:36je pense que ça devrait
16:38bien se passer.
16:41A la fin du mois de novembre,
16:43un petit groupe d'élèves
16:44se rend dans un EHPAD
16:45près de Reims
16:46afin d'interviewer
16:47un témoin historique
16:49résistant pendant la guerre.
16:52Toutes et tous
16:53ont conscience
16:53que l'ère des témoins
16:54de la Seconde Guerre mondiale
16:55s'estompe.
16:57Ils savent que ce vieil homme
16:58qui se tient dignement
16:59devant eux
17:00fait partie
17:01de cette dernière cohorte
17:02ayant connu
17:03les affres du conflit.
17:23Est-ce que vous vous rappelez
17:24de vos émotions,
17:26de votre ressenti
17:26quand vous avez appris
17:27que l'Allemagne
17:28avait capitulé ?
17:30Quand l'Allemagne
17:31a capitulé,
17:33j'étais comme
17:34la plupart des Français.
17:36J'étais heureux
17:38et j'étais doublement heureux
17:40que j'ai participé
17:42au risque de ma peau.
17:45Et ça,
17:46je m'en souviendrai
17:47toute ma vie.
17:49C'était dur
17:51d'être résistant ?
17:52C'était dur
17:53d'être résistant ?
17:54Oui.
17:56Je pouvais qu'être dur.
17:59Je savais
18:00que je rencontrais
18:02des ennemis
18:03qui étaient armés
18:05plus armés que nous.
18:08C'est un pied.
18:12Alors,
18:12j'ai eu peur
18:15parce que moi,
18:16j'ai eu peur
18:16de dire que j'ai eu peur
18:18parce que les gens
18:19ont eu peur
18:20de leur vie.
18:21Que ce soit
18:22des bandeurs
18:23ou des gens.
18:29perturbés.
18:30Mais quand vous avez
18:32la mort en face,
18:35vous avez peur.
18:37Mais le but d'affaire,
18:40c'est sûrement
18:41d'être peur.
18:43et j'ai eu peur
18:44quand je...
18:46ben,
18:47il faudrait
18:48au fond du type.
18:50Ça peut être
18:51été long.
18:53Bon,
18:53moi,
18:54ça m'a fait plaisir,
18:54personnellement.
18:56Merci beaucoup.
18:58C'est moi
18:59qui vous remercie.
19:01C'est moi
19:01qui...
19:02Les jeunes
19:03qui ont...
19:05Je ne sais pas
19:06leur culot,
19:07mais qui prennent
19:08la décision
19:09d'écouter
19:10la gente
19:11raconter
19:12leur envie.
19:14Ben,
19:15c'est pas court.
19:16C'est pas court.
19:17C'est pas court.
19:26Je vous accompagne
19:27dans la salle fond vert.
19:29Comme ça,
19:29les élèves vont pouvoir
19:31vous installer
19:33confortablement,
19:34récupérer le matériel
19:35pour votre interview.
19:37Ça va juste prendre
19:38un peu de temps
19:38le temps qu'ils s'installent
19:39et qu'ils installent
19:40les lumières et tout ça
19:41si vous êtes...
19:42Pas trop pressé
19:44le temps qu'ils s'inscrivent.
19:45On va déterminer un peu
19:46où on va...
19:47Oui.
19:48Vous avez préparé
19:49des questions de toute façon.
19:50Oui, j'ai quelques questions
19:50en tête.
19:51D'accord.
19:53sur les trois dates
19:56du 7 au 9 mai.
19:59J'avoue que
20:00je n'avais pas par an
20:01un peu commencé
20:01pour faire une interview.
20:03C'est un peu...
20:04Je pense que juste
20:05une chaise,
20:06c'est bien.
20:07Oui.
20:08Je trouve que c'est bizarre.
20:10En fait,
20:10il y a les feuilles,
20:11c'est un peu étrange.
20:12Ça fait restreint.
20:16Tu n'arrives pas
20:16à voir ça à combien ?
20:22Là, il faut faire
20:23la balance des blancs.
20:24Oui, il me semble
20:25que c'est un bouton
20:26qui se prépare par là.
20:31Silence plateau.
20:32Ça tourne à l'image.
20:36Ça tourne au son.
20:38Prise 1.
20:40Action.
20:41Je la refais ?
20:42Tu n'étais pas dans le champ ?
20:43Oui, ça tourne.
20:44Oui, c'est normal.
20:45C'est bon, là ?
20:45Je n'étais pas dans le champ.
20:46Je suis dedans, là ?
20:47Oui.
20:50Action.
20:52Donc, bonjour.
20:53Bienvenue.
20:55Pour une première question,
20:56je vais vous demander
20:57de vous présenter.
20:59Donc, Hervé Chabot,
21:00journaliste et historien
21:01et particulièrement passionné
21:03par l'histoire
21:04de la Seconde Guerre mondiale.
21:06Donc, si vous êtes ici
21:08avec nous aujourd'hui,
21:09c'est pour parler
21:09de la réédition
21:11de l'Allemagne nazie
21:12en mai 1945 à Reims.
21:15Alors, ce qu'il faut savoir,
21:17c'est qu'il y a à Reims,
21:19à partir du mois de février
21:201940.
21:22Lorsqu'on permet à des jeunes
21:23de s'approprier
21:25un temps de l'histoire,
21:26eh bien, on observe
21:27qu'ils sont intéressés,
21:29qu'ils y mettent du cœur.
21:31Les jeunes ont besoin,
21:32surtout d'abord,
21:33de leurs professeurs
21:34pour les faire participer,
21:37leur démontrer
21:37que l'histoire
21:38n'est pas une matière figée,
21:41que les recherches
21:42que l'on fait aujourd'hui,
21:44dépouiller des archives,
21:46retrouver des documents,
21:47des illustrations,
21:49rencontrer aussi encore
21:50les quelques témoins
21:51qui demeurent.
21:52Eh bien, cela permet
21:54de comprendre
21:55ce qu'il s'est passé
21:56et de devenir
21:57soi-même
21:58un acteur
21:59de l'histoire.
22:02Libérée,
22:03la ville de Reims
22:04est devenue en quelques semaines
22:05un centre névralgique
22:06de l'armée américaine
22:07et les rémois
22:08apprennent à cohabiter.
22:11Une cohabitation,
22:12certes, heureuse,
22:13mais loin d'être simple.
22:18Il y a à Reims
22:2024 000 soldats
22:22américains
22:23et pour avoir
22:25une petite comparaison,
22:27à l'époque,
22:28la ville de Reims
22:29a à peu près
22:30110 000 habitants.
22:31Cela fait une présence
22:32qui est loin
22:33d'être négligeable.
22:34Les rémois
22:35qui viennent de subir
22:36quatre années
22:38d'occupation allemande
22:40ont connu
22:41et connaissent encore
22:42des pénuries.
22:43Or, en face d'eux,
22:45ils ont des soldats
22:46américains
22:46qui leur apparaissent
22:48riches.
22:49Les États-Unis,
22:50c'est quand même
22:50un pays riche
22:51et puis le soldat américain,
22:52il est bien nourri,
22:53bien habillé.
22:55Donc, effectivement,
22:56c'est un choc.
22:58Pour les rémois,
22:59c'est un sentiment
22:59d'infériorité.
23:05On estime qu'entre
23:06août 1944
23:07et décembre 1946,
23:10la ville a vu défiler
23:11à peu près
23:12un million d'Américains.
23:14la grande majorité
23:16d'entre eux
23:16étaient répartis
23:17dans les 17 camps
23:18situés aux alentours
23:20de Reims.
23:20et décembre
23:42à peu près.
23:46Je ne sais pas comment commencer à faire de ça le stress.
23:55Du coup, bonjour monsieur.
23:57Merci d'avoir répondu à notre appel à témoin qu'on a fait à la radio.
24:01On voulait savoir pourquoi avez-vous répondu à cet appel à témoin
24:04et qu'est-ce que vous avez à nous dire aujourd'hui ?
24:06Mon père est revenu de STO, c'est-à-dire de son camp de travail
24:12juste au moment, un jour peut-être ou deux avant la capitulation nazie
24:21et donc j'avais envie de raconter un peu ce qu'il avait vécu.
24:25Comme beaucoup de gens à Reims, personne ne savait trop
24:29que l'événement se passait au lycée Roosevelt
24:35et le 7 ou le 8, je ne sais plus exactement,
24:39ils ont entendu les cloches sonner dans la ville
24:41et puis c'est que petit à petit que certainement le bouche à oreille
24:45a fait qu'ils ont pris conscience que la guerre a été finie.
24:50Qu'est-ce que vous pensez du coup du fait que ce soit peut-être quelque chose
24:54qui se perd un petit peu le devoir de mémoire aujourd'hui ?
24:58Le devoir de mémoire, il ne faut pas se faire d'illusion.
25:02Quand ma génération aura disparu,
25:05les souvenirs-là vont disparaître avec.
25:15Reims était, à l'automne 1944, début de l'année 1945,
25:21était le centre logistique de l'armée américaine.
25:24Ça va expliquer pourquoi le général Eisenhower,
25:27qui jusque-là était à Versailles,
25:29va installer son quartier général,
25:31le quartier général des forces alliées,
25:33il va s'installer à Reims dans les mêmes bâtiments d'ailleurs
25:36où il y avait déjà le commandement de la logistique.
25:39C'est une décision effectivement du général Eisenhower
25:43qui en avait un peu marre du grand Trianon à Versailles,
25:46qui venait d'ailleurs régulièrement pour un certain nombre de réunions
25:50qui se déroulaient parfois à Reims,
25:53parfois dans la banlieue immédiate,
25:55en particulier au château de Gueux.
25:57Et cette possibilité, à ce moment-là, de s'installer à Reims,
26:03lui semble tout à fait utile.
26:15L'organisation de ce quartier général avancé à Reims,
26:20elle est tout à fait particulière,
26:22parce qu'on ne veut pas que ce soit quelque chose de remarqué.
26:26C'est-à-dire que le collège moderne et technique,
26:29qui est quand même un ensemble assez imposant,
26:32a été divisé.
26:33Une aile est réservée aux alliés
26:36et l'autre aile continue à bénéficier de l'enseignement
26:41tel que cela doit être fait.
26:43D'ailleurs, pour la petite histoire,
26:46on va enlever tout ce qui peut signaler le bâtiment,
26:50parce qu'on ne veut surtout pas que les espions
26:53puissent savoir que Eisenhower
26:56et le quartier général des forces alliées
26:59se trouvent à Reims.
27:00Donc, il s'agit d'être très discret.
27:02En fait, on ne fait aucune annonce
27:04sur cette présence d'Eisenhower,
27:06que beaucoup de rémois
27:08n'ont apprise qu'après coup.
27:19Merci.
27:20Merci.
27:21Merci.
27:36Merci.
27:39Merci.
27:40Merci.
27:51Merci.
27:53Merci.
28:03Merci.
28:06Merci.
28:14Il faudrait juste que vous fassiez attention, quand vous installez votre matériel,
28:17de ne pas être trop près des cartes qui sont extrêmement fragiles,
28:21puisque comme je vous ai expliqué, effectivement, ce sont des cartes d'époque.
28:28Non, ce sont vraiment les cartes originales de 1945,
28:34alors qu'ils devaient probablement être déplacés au fur et à mesure de l'avancée du centre de commandement, en
28:40fait.
28:46Vous souhaitez que je me place où, exactement ? Dites-moi.
28:58Très bien, on va commencer cette interview par une petite remise en contexte.
29:04Puisque nous sommes dans la salle des cartes où la capitulation allemande a été signée,
29:10donc que pouvez-vous nous dire sur cette capitulation ?
29:14La capitulation sans condition des forces allemandes, en fait, s'est faite ici, dans la salle des cartes,
29:20donc le 7 mai 1945 à 2h41 du matin,
29:25donc en présence des forces américaines, anglaises, russes et également en présence du témoin français.
29:34Donc c'est quand même un événement capital, comme nous l'avons dit.
29:38Pourquoi c'est signé ici, à Reims ?
29:41Les forces alliées sont présentes sur place.
29:44On va faire venir les Allemands ici jusqu'à Reims et on va négocier ici, à Reims également,
29:51et donc les faire signer dans cette salle des cartes,
29:53où ils vont vraiment découvrir effectivement ces grandes cartes
29:57qui montrent que l'Allemagne est en train vraiment d'être réduite à néant.
30:07Les jeunes ont cette volonté aussi de se rallier, enfin de se rattacher à un passé commun,
30:13donc il est important effectivement qu'ils comprennent ce qu'il s'est passé avant
30:16pour pouvoir avancer eux-mêmes dans leur propre histoire.
30:19Et cette construction mémorielle, elle se fait grâce à eux,
30:22puisque ce sont eux qui vont transmettre aussi, par la suite, ce passé aux générations futures.
30:28Le rôle du musée est bien sûr aussi de travailler à la transmission de la mémoire.
30:32Donc il est extrêmement important aussi que dans le musée,
30:34on se fasse l'écho de cette transmission pour les générations futures,
30:38pour qu'ils n'oublient pas ce qui s'est passé,
30:39et surtout qu'ils voient tout l'apport que ça a pu être pour la construction européenne, par exemple,
30:44mais également pour les relations internationales.
30:47Donc on a vraiment un rôle à jouer dans cette transmission mémorielle.
30:51Le musée est extrêmement important pour commémorer,
30:54pour montrer l'importance de la date du 7 mai dans l'histoire internationale
30:58et vraiment montrer le rôle de Reims dans cette histoire mondiale.
31:04Et finalement, Reims et cette date du 7 mai n'est qu'un héritage
31:08de tout ce que Reims a pu marquer tout au long de sa très riche histoire.
31:19Début avril 1945, à l'ouest et à l'est,
31:23les forces alliées opèrent alors sur le sol allemand.
31:27Le Reich a perdu la Roure, la Saar et la Silesie.
31:31La situation pour Hitler est désespérée,
31:33mais il possède encore des troupes galvanisées,
31:35capables d'opposer de farouches résistances locales.
31:39Le 12 avril 1945, Eisenhower voit pour la première fois,
31:44selon ses mots, un camp d'épouvante.
31:46Il découvre, horrifié, le camp d'Ordruf,
31:49une annexe du camp de concentration de Buchenwald,
31:52à 300 kilomètres de Berlin.
31:55Devant la preuve évidente de la barbarie des nazis
31:58et de leur mépris profond de tout sentiment humanitaire,
32:01il visite les moindres recoins du camp.
32:09Eisenhower veut apporter un témoignage personnel
32:11pour le cas où l'on déclarerait un jour aux Etats-Unis
32:14que les histoires de la brutalité nazie
32:16n'étaient que de la propagande.
32:20Pour le général en chef des armées alliées à l'ouest,
32:23cette visite radicalise sa position
32:24et son jugement sur l'ennemi.
32:27La reddition devrait être totale et sans condition.
32:37Le fort d'Ivry a été construit au milieu du XIXe siècle
32:41pour protéger Paris.
32:43Depuis 1947, il abrite l'ECPAD.
32:47On peut y consulter les images d'archives de l'armée.
32:50Les élèves de terminale avec leurs professeurs
32:52sont accueillis en salle pédagogique
32:54afin de les aider dans leurs recherches.
32:59Est-ce que vous sauriez expliquer,
33:01dire avec vos mots,
33:02ce que ça veut dire, images d'archives ?
33:04Oui.
33:05Ce sont des images qui ont été faites avant.
33:08Oui, exactement.
33:11À Reims, en 1944-1945,
33:14comment on peut récupérer des images ?
33:15Qui a pu les prendre, à votre avis ?
33:18Je pense que c'était des professionnels
33:20qui appartenaient au monde du journalisme.
33:25Au monde du journalisme.
33:26Donc, leur but, c'était de prendre des photos
33:28pour pouvoir justement apporter des images à la population
33:32ou ce genre de choses, je pense.
33:35Donc, quand moi, j'ai reçu la demande de votre prof,
33:39j'ai cherché des images de Reims,
33:42la libération de Reims,
33:44et je n'en ai pas trouvé.
33:45parce qu'on n'a personne qui nous a gentiment donné ou qui nous a vendu ces images,
33:51et on n'avait pas de photographe à l'intérieur de l'ancêtre de l'ECPAD
33:55qui a pu nous les donner.
33:58Mais j'ai quand même trouvé des petites choses.
34:00Ce que j'ai trouvé, c'est des choses qui viennent...
34:03Vous voyez ici la référence SA, ça veut dire Service Allié.
34:08Et en gros, c'est des images qui ont été prises par les États-Unis.
34:13Vous avez le Army Pictorial Service Laboratorique,
34:17qui est en gros l'équivalent de l'ECPAD,
34:20mais version américaine à ce moment-là.
34:24Donc, cette vidéo, vous ne l'avez pas vue,
34:27donc je vous propose de la regarder.
34:29On est où ?
34:32Dans la...
34:33Au mieux, enfin, à l'écule, le milieu de la réédition, à Reims.
34:37C'est le QG, non ?
34:38Exactement.
34:39C'est le QG secret des Américains.
34:40C'est ça.
34:41On est dans la salle des cartes.
34:54Je vais vous en mettre un dans ce sens et un dans l'autre.
34:58Donc, vous pouvez vous approcher.
35:00Vous remarquez des choses sur ces tirages matériellement,
35:04c'est-à-dire pas sur le contenu, mais sur le contenant.
35:09Déjà, est-ce que vous sauriez dire ce que c'est ?
35:11Il y a beaucoup de...
35:12J'ai l'impression de tampons et puis de choses officielles
35:17qui sont mises derrière.
35:18Oui, oui.
35:19On peut pas dire que l'autocité...
35:20Qu'est-ce que vous remarquez comme tampons ?
35:23Oui.
35:24Il y a le tampon violé au milieu, il y a marqué copyright dessus.
35:27Exactement.
35:28C'est une agence de presse.
35:30C'est une agence de photographes.
35:31Donc, c'est une agence qui a des photographes
35:33qui vont prendre en photo et ensuite qui vendent leur photographie.
35:38Voilà.
35:38Vous mettez deux sur chacun des ordinateurs
35:41et un groupe de trois.
35:43Je vous ai fait un dossier
35:44avec les images de la documentation française
35:47qui concernent la capitulation à Reims et la signature.
35:51Elles ont été numérisées.
35:52Vous avez de la chance.
35:53Elles ont été numérisées la semaine dernière.
35:56Donc, vous pouvez les regarder
35:59et je vous laisse réfléchir
36:01dans l'optique du documentaire
36:03à quelles images vous pourriez vouloir utiliser.
36:07Notez les références.
36:08Si vous avez pris de quoi noter, notez sur papier.
36:09Si vous avez votre téléphone, vous pouvez noter les références.
36:11Vous pouvez me les donner, je peux les noter aussi.
36:13Sur mon téléphone aussi.
36:15À chaque fois, c'est une photographie,
36:18donc un tirage et son dos.
36:20Donc, si vous cherchez la légende
36:21pour comprendre ce que vous voyez,
36:23c'est à ça que c'est une légende.
36:25C'est des choses que vous pouvez exploiter.
36:27Oui, c'est de ne plus.
36:29Partez du stibou.
36:40Le 2 mai 1945, Berlin, la capitale du Troisième Reich,
36:45transformée en champ de ruines,
36:47tombe aux mains de l'armée rouge.
36:50L'amiral Karl de Nitz,
36:52qui dirige un gouvernement provisoire
36:53depuis la mort d'Hitler,
36:55envoie à Reims, le 5 mai 1945,
36:58l'amiral von Friedebourg,
37:00pour tenter de discuter avec le général Eisenhower,
37:02qui a manifesté l'envie de traiter l'ennemi avec fermeté.
37:11Fribourg, en plus, était resté dans un raisonnement
37:15où les alliés allaient accepter simplement
37:19une capitulation à l'ouest,
37:22ce qui était tout à fait inenvisageable
37:25par les alliés,
37:27qui restaient dans un bloc uni
37:29et qui étaient partis du principe
37:31que la reddition des armées nazies
37:33serait faite devant la totalité des représentants de ces armées
37:38et pour les deux fronts, occidental et oriental.
37:42C'est le général Alfred Joddl,
37:44qui est le chef d'état-major de la Wehrmacht à ce moment-là,
37:48qui va venir à Reims
37:50et qui va prendre en main la situation.
37:53Et c'est donc le 6 mai 1945,
37:57sur le terrain de la base de Reims,
38:00que va atterrir un C-47 américain,
38:04qui va se poser sur la base,
38:06va en descendre donc le général Joddl,
38:09qui va être immédiatement transféré
38:11vers le collège moderne et technique
38:14de la rue Jolicoeur,
38:15vers le commandement avancé,
38:18donc allié,
38:19et reçu à son tour
38:21par le général Walter Bedell Smith.
38:24Et dans un premier temps,
38:27Joddl, qui est un homme assez raide,
38:29pas simple,
38:30compte encore faire plier,
38:33d'une certaine manière,
38:34vers le commandement allié.
38:36Cela est rejeté en bloc.
38:38On ne voulait pas qu'une armée défaite
38:41puisse se dire
38:41« je n'ai pas été battue »
38:43et puisse prétendre de nouveau
38:45à créer un front belliciste dans le futur.
38:59Quand tu vas dessus,
39:01il y a un petit texte qui apparaît,
39:02il dit « on met présentation ».
39:11Il faut que sur la totalité,
39:13vous gardiez maximum deux minutes
39:17et essayez d'isoler
39:19trois, quatre phrases de suite,
39:20par exemple,
39:20qui vous paraissent très pertinentes.
39:45Vous pouvez aussi mettre un moment de temps à temps
39:48vraiment incompréhensible.
39:49Vous pouvez mettre « on croit que »,
39:51c'est possible.
39:53Après, dans le travail final,
39:55ça peut aussi être la voix off qui dit
39:56« on voit bien que la parole des derniers témoins
39:59commence à disparaître ».
40:01Parce que là, vraiment, littéralement,
40:02vous avez la parole qui disparaît.
40:06Pour les élèves de l'option cinéma,
40:08le temps s'accélère et la pression monte.
40:10En pleine période de bac blanc,
40:12ils doivent encore monter leurs films chaque mardi,
40:14mais aussi tourner leurs dernières images dans Reims,
40:17une ville qu'ils scrutent avec un autre regard.
40:20Oui, mais sinon,
40:21au niveau placement,
40:22on n'est pas trop mal.
40:51Je suis une maison là où je suis.
41:06Devant le collège de la rue Jolicoeur,
41:08les va-et-vient diplomatiques,
41:10la présence d'officiers allemands
41:11ainsi que de nombreux opérateurs images militaires
41:14les filmants,
41:15suscitent une curiosité grandissante
41:17auprès de la population.
41:20Il y a forcément des rumeurs.
41:22On sent qu'il se passe quelque chose dans la ville,
41:24qu'il y a une activité différente,
41:27qu'effectivement,
41:28on a quand même une présence officielle
41:31devant le collège.
41:33Donc, effectivement,
41:34on sent qu'il se passe quelque chose.
41:36Et de toute façon,
41:38Hitler s'est suicidé quelques jours avant.
41:40L'Allemagne est vraiment en déroute.
41:42On sent qu'on est à une rupture,
41:45à un point de rupture
41:45dans le conflit sur le territoire européen.
41:49Au moment de la reddition,
41:51c'est-à-dire dans la nuit du 6 au 7 mai 1945 à Reims,
41:56on fait revenir les plénipotentiaires allemands.
41:59On va les installer dans la salle de guerre,
42:03là où il y a l'ensemble des cartes du conflit
42:06qui sont installées,
42:07avec des positions qui sont prédéfinies
42:10pour les représentants des différentes armées
42:13et des différents corps d'armée qui sont présents,
42:16dans une ambiance tendue, raide,
42:19où chacun est sur sa position,
42:21où chacun est certes poli,
42:24mais est assez fermé tout de même.
42:27Et c'est véritablement un acte extrêmement court.
42:30On peut dire qu'entre 2h39 et 2h41,
42:34tout est réglé en ce qui concerne
42:36la signature qui acte
42:38la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Europe.
42:42C'est court, c'est photographié.
42:44On voit bien d'ailleurs,
42:45dans les images que nous donne l'histoire,
42:48combien les choses sont raides.
42:50Et il y a, à la suite de cet élément-là,
42:54des événements très importants,
42:56peut-être presque, j'allais dire,
42:57encore plus importants,
42:58qui vont se tenir.
43:01Là, c'est le général Dwight David Eisenhower
43:04qui, en tant que commandant en chef,
43:07va s'exprimer pour son discours de la victoire
43:11qu'il va enregistrer à Reims.
43:36Pour Eisenhower, pour lui,
43:38le fait que c'est à Reims,
43:41là où il se trouve,
43:42sous sa direction,
43:44qu'a été signée cette reddition,
43:47l'acte essentiel de la fin
43:49de la Seconde Guerre mondiale.
43:51En Europe,
43:52même si cette idée-là
43:53ne s'y est pas au maréchal Joseph Staline,
43:57pas plus que l'un de ses grands chefs militaires,
44:00le maréchal Yukoff.
44:02Les alliés, notamment les Américains,
44:05qui considèrent que la reddition
44:06doit être globale,
44:08est concernée l'ensemble du front à l'ouest.
44:11Est-ce qu'on ne peut pas,
44:14soit on coupe à continuer la guerre
44:16contre les Allemands,
44:17on coupe là,
44:18ou alors est-ce qu'on coupe pour les alliés
44:20et on enlève notamment les Américains,
44:22on rapproche les deux morceaux ?
44:25Manière à envisager la possibilité
44:28de continuer la guerre auprès d'eux
44:31contre les Soviétiques.
44:33Et même les Allemands en soi,
44:34genre toute l'information sur les Allemands,
44:35on peut l'enlever finalement.
44:37Ouais, je pense qu'on peut l'enlever.
44:38On était réunis.
44:39Donc, ce qui s'est passé le 7 mai,
44:41avec des images d'archives
44:42et des portions de l'interview de M. Chabot,
44:47la signature expliquée par Madame Mernu
44:49et l'importance du bâtiment
44:51et son rôle en voie-off,
44:53donc ça sera plus simple.
44:56Pourquoi la date du 7
44:57allait être éclipsée par celle du 8 ?
45:07Dans les heures qui ont suivi
45:08la reddition signée à Reims,
45:10la situation est confuse.
45:13Staline et l'Union soviétique
45:14considèrent la signature de Reims
45:16comme un acte provisoire,
45:17préliminaire à une deuxième signature
45:19qui doit se dérouler à Berlin.
45:22L'Ouest a eu sa version,
45:23l'Est aura la sienne,
45:25comme un préambule de ce qui attendra
45:27le monde dans les années à suivre.
45:29Bientôt, la guerre froide s'installera
45:31pour plusieurs décennies.
45:35Entre le texte de Reims,
45:37de la reddition,
45:38et le texte de Berlin,
45:40on a, j'allais dire,
45:41presque deux frères siamois.
45:42Mais ce sont en réalité
45:44deux textes particulièrement proches
45:46qui ne remettent en rien
45:48sur le fond
45:49les conclusions
45:51de cette signature.
45:54C'est-à-dire qu'on est plus
45:55sur quelques éléments de forme
45:56ou complémentaires,
45:57quelques éléments de détail,
45:59mais qui ne changent rien
46:00sur le fond
46:02de la décision qui est prise,
46:03qui est bien la capitulation
46:05des armées nazies
46:06face à l'ensemble
46:08des alliés.
46:28Le lycée a été transformé
46:29en quartier général
46:30pour le général Eisenhower
46:32qui voulait se rapprocher
46:33des fonds.
46:34Et après,
46:36on met l'interview
46:36de l'Union.
46:37Et après,
46:38il y a encore d'autres choses,
46:40on est d'accord ?
46:40On pourra remettre
46:41un passage choix
46:42de M. Chabot
46:42sur Mme Mernu
46:43après ça,
46:44pour dire que justement
46:45en France,
46:45le 8 est plus retenu
46:48parce qu'il y avait
46:49un représentant français
46:50qui a signé.
46:55Généralement,
46:56ont une idée particulière
46:58en tête,
46:58c'est d'essayer
46:59de casser
47:00l'unité des alliés
47:01de manière
47:02à envisager
47:04la possibilité
47:04de continuer
47:05la guerre.
47:06C'est pas la bonne image.
47:09Tu me dis quand c'est bon ?
47:10Ouais.
47:12Vas-y, parle.
47:13Reims,
47:14le 7 mai 1945.
47:15Une date largement oubliée.
47:17Et pourtant,
47:18c'est dans la cité des Sacres
47:19que l'un des moments
47:20les plus importants
47:21de la Seconde Guerre mondiale
47:22s'est déroulé.
47:24Ok, on l'enregistre une fois.
47:26Vas-y.
47:27On approche
47:28de la fin de la guerre.
47:29Hitler s'est suicidé
47:31le 30 avril
47:31et les armées
47:32du Reich reculent
47:33à l'est
47:34face aux soviétiques
47:35et à l'ouest
47:37face aux alliés.
47:39Il ne faut pas
47:40que je dise
47:41de la guerre.
47:42on approche
47:43de la fin de la guerre.
47:49Après la signature
47:50des deux actes
47:51de reddition,
47:52on organise
47:53le 9 mai 1945
47:54à Reims,
47:56comme dans toute la France,
47:57un grand défilé
47:58de la victoire.
48:01Au QG
48:02des forces alliées,
48:03rue Joli Coeur,
48:04dans les premières heures
48:05de cette paix retrouvée,
48:06un étrange ballet commence.
48:11Dès le lendemain
48:12quasiment de la signature,
48:13la salle de reddition
48:14a été mise en tourisme
48:15par les Américains
48:16qui faisaient visiter
48:18cette salle des cartes
48:19à des classes,
48:20des petits rémois
48:21qui sont venus
48:22dès le mois de juin
48:23découvrir la salle,
48:24mais également
48:24aux petites starlettes
48:25hollywoodiennes
48:26qui étaient de passage
48:26à Reims
48:27où les soldats
48:27étaient toujours contents
48:28de leur montrer la salle.
48:30Et puis effectivement,
48:31il était de coutume
48:33que tous les soldats américains
48:34qui venaient stationner
48:35dans la région de Reims
48:36et qui étaient une zone
48:37en fait de repos
48:38aillent également
48:40découvrir cette salle
48:42des cartes.
48:42Donc c'est vraiment
48:43devenu immédiatement
48:44le premier lieu de mémoire
48:45de la Deuxième Guerre mondiale
48:47dès quasiment
48:48le lendemain de la signature.
48:51Le 7 juillet 1945,
48:54l'armée américaine
48:55remet les clés
48:55de la War Room
48:56à la municipalité rémoise.
48:59Ainsi,
49:00l'armée reconnaît
49:01l'importance historique
49:02de la ville
49:03et de ce lieu spécifique
49:04dans la victoire alliée.
49:12Lors de la cérémonie,
49:13le général américain
49:15Lord s'adresse
49:16au maire de Reims,
49:17Michel Sicre,
49:18et lui déclare
49:19que ses clés
49:20sont symboliquement
49:20celles de la liberté
49:22du monde.
49:24Je suis convaincu
49:26qu'il faut savoir
49:27apprécier l'événement
49:29de Reims
49:30à sa juste dimension.
49:32Et sa dimension,
49:33elle est réellement mondiale.
49:35Et lorsque Reims
49:37a la volonté
49:38de donner
49:40une place
49:40importante
49:41à cette date,
49:42d'expliquer
49:43ce qui s'est passé,
49:45de faire une commémoration,
49:46j'allais dire,
49:47intelligente
49:48pour bien montrer
49:49la réalité
49:51militaire
49:52et politique
49:53qui a été vécue
49:54à ce moment-là,
49:55je crois
49:56que l'on participe
49:57effectivement
49:58à un travail
49:59d'histoire
49:59et que l'on concourt
50:01d'une manière
50:02tout à fait
50:03raisonnée
50:04et raisonnable
50:05à la mémoire
50:06de la nation.
50:08Les élèves
50:09de l'option cinéma
50:10en enquêtant
50:11sur la date
50:11du 7 mai 1945
50:13à Reims
50:14ont fait un voyage
50:15dans le passé
50:16en se confrontant
50:17à un fait historique
50:18et à sa transmission.
50:20La mémoire
50:21est un enjeu
50:22de citoyenneté
50:22et l'initiative
50:24du professeur
50:24a suscité
50:25chez les élèves
50:26un intérêt grandissant
50:27lors de ces deux trimestres.
50:31Les jeunes
50:32nous montrent
50:32qu'ils ne sont pas
50:33hermétiques
50:33à l'histoire
50:34ni même
50:35aux souvenirs
50:36ou à la mémoire.
50:38Interroger le passé
50:39faire le lien
50:40avec le présent
50:41se projeter
50:42dans l'avenir
50:43voilà les défis
50:44relevés
50:45lors de l'élaboration
50:46de leurs courts-métrages.
50:51Reims
50:52le 7 mai 1945
50:54une date
50:55largement oubliée
50:56et pourtant
50:56c'est dans la cité
50:57des sacres
50:58que l'un des moments
50:59les plus importants
50:59de la seconde guerre mondiale
51:00s'est déroulée.
51:05Participer à ce documentaire
51:06ça m'a pris
51:07beaucoup de choses
51:08sur justement
51:09l'histoire
51:09de cette signature.
51:10Avec les faits historiques
51:11même si on apprend ça
51:12en classe
51:13c'est jamais pareil
51:14que de voir ça
51:15sous un angle
51:15qui nous plaît en plus
51:16parce que le cinéma
51:17ça nous plaît.
51:17J'ai adoré en apprendre plus
51:19et surtout sur la réédition
51:20parce que je savais
51:21que c'était à Reims
51:22mais je ne connaissais pas
51:22du tout par exemple
51:23les dates.
51:25Le lycée a été transformé
51:27au début de l'année 1945
51:28en quartier général
51:29du chef des armées alliées
51:30le général
51:31Dwight Eisenhower
51:33qui voulait se rapprocher
51:34du front.
51:36La capitulation
51:37sans condition
51:37des forces allemandes
51:39en fait
51:40c'est faite ici
51:40dans la salle des cartes
51:42donc le 7 mai 1945
51:45à 2h41 du matin.
51:47Et là du coup
51:47on a pu vraiment
51:49s'intéresser
51:50par nous-mêmes
51:50à l'histoire
51:51et vraiment
51:52c'était beaucoup plus palpable.
51:54S'informer sur ça
51:55et sur ce qui concerne
51:56ma ville
51:57je trouve que c'est important
51:58et que
51:59j'en sortirai
52:01toujours grandi
52:03et avec plus de connaissances.
52:05On était pas mal
52:05à bosser dessus
52:06ça m'a fait plaisir
52:08de travailler
52:09sur un sujet
52:10aussi important
52:11et crucial.
52:12J'étais heureux
52:14et j'étais doublement heureux
52:16que j'ai participé
52:18au risque de ma peau
52:21et ça
52:22je vous souviens
52:23à l'être
52:23à l'être
52:23à l'être
52:24à l'être
52:24à l'être
52:24à l'être
52:24et je vous souviens
52:25à l'être
52:25à l'être
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