00:12La mort sociale, c'est la rupture des liens familiaux, sociaux, touchant majoritairement les plus de 60 ans.
00:19Vivre seul, sans visite, sans activité, ne plus être écouté ou sollicité par son entourage,
00:24être obligé parfois de porter des bracelets anti-chute ou d'autres dispositifs visibles pour sa propre sécurité.
00:31C'est précisément ce type de situation que cherche à éviter ou en tout cas à réduire notre invité du
00:38jour dans Escom Santé.
00:39Guillaume-Fernand Schumer, merci d'être à nos côtés.
00:41Merci à vous.
00:42Vous avez sorti il y a quelques semaines maintenant une nouvelle application, un dispositif, je ne vais pas dire original,
00:49mais en tout cas qui a le mérite d'exister pour protéger nos seniors, VejaCare.
00:53De quoi s'agit-il concrètement ?
00:56En fait, le but de l'application, déjà c'est une application, comme toutes les applications que le senior possède
01:01déjà sur son téléphone.
01:03Sauf, à contrario, il n'a pas besoin de s'en servir.
01:06En fait, le but, c'est d'installer l'application pour les protéger, que ce soit invisible, non stigmatisant.
01:13Donc, ça évite le port de bracelets, de colliers.
01:17Ça évite en fait qu'on dise que la personne est fragile.
01:20Alors, comment ça fonctionne ?
01:22Une fois qu'on a téléchargé l'application, qu'elle est donc dans son téléphone, elle reste en veille, c
01:27'est ça ?
01:27Et elle va calculer quoi ? Faire quoi ?
01:30En fait, l'application est toujours en arrière-plan.
01:32Donc, c'est bien pour cela que le senior ne la voit pas.
01:35Il ne s'intéresse pas non plus à savoir comment ça fonctionne.
01:39Ça, c'est quelque chose qui me regarde moi, en tant que fondateur de l'application,
01:43et aussi qui regardera les professionnels qui s'en serviront pour le déploiement de l'application.
01:48On y reviendra sur la deuxième partie.
01:50Bien sûr. Alors, oui, ça fonctionne en fait comme une application de base,
01:56parce qu'il faut savoir que chaque application fonctionne en arrière-plan.
02:00Le but, en fait, c'est d'agir comme un capteur, pas comme un capteur d'urgence,
02:04mais plutôt comme un capteur de prévention.
02:07Donc, c'est une application prédictive, de santé prédictive, qui sert à protéger nos aînés.
02:11Mais ça va mesurer quel type d'élément ?
02:16En fait, ça calcule le taux de tremblement, le taux de fatigue dans la voix quand la personne passe un
02:21appel.
02:22Ça calcule par la base de l'accéléromètre.
02:24Alors ça, c'est un terme un peu scientifique, mais en fait, le but, c'est de calculer aussi les
02:29battements du cœur.
02:31En fait, quand on touche notre téléphone, le téléphone capte tout.
02:35On capte tout, en fait, puisqu'on est fait aussi d'énergie.
02:38Donc, en fait, tous les capteurs du téléphone natif captent tout son environnement et tout l'environnement à côté.
02:43Et le but, c'est de protéger, du coup, comme je vous l'ai dit, sans matériel physique.
02:47Et ça protège tout autant, voire plus, sans que la personne ait à s'en rendre compte.
02:51Donc, ça rassure déjà la personne qui utilise, sans vraiment le savoir, l'application.
02:55Et ça rassure l'entourage.
02:58Comment ça se passe ?
02:59Parce qu'une fois qu'ils ont l'application, ça mesure ces éléments-là.
03:02Et après, ça en fait quoi ? S'il y a des problèmes.
03:04Alors, bien sûr, s'il n'y a aucun problème, alors déjà, même s'il n'y a aucun problème,
03:08ça envoie quand même une notification aux proches.
03:10Alors, on peut choisir le nombre de proches qu'on souhaite, bien sûr.
03:13Ça envoie, bien sûr, la notification, même quand la personne va bien, en disant
03:16« Votre maman va bien » ou « Votre fille va bien ».
03:19Alors, ça, c'est déjà très bien.
03:21Et quand la personne ne va pas bien, on n'attend pas qu'elle n'aille pas bien, justement.
03:25On fait les choses en amont.
03:27Et du coup, c'est pour ça que j'appelle ça une application prédictive.
03:30On n'attend pas que la personne aille mal pour agir.
03:32Du coup, dès le moindre signe de faiblesse, puisque l'application capte les signaux
03:36faibles, la famille et donc les proches sont prévenus tout de suite.
03:41C'est-à-dire qu'on n'appelle pas les urgences quand c'est trop tard.
03:44On comprend tout à fait.
03:45Mais qu'est-ce qui vous a poussé à créer cette application-là ?
03:48C'est une situation personnelle ?
03:50En fait, dans le quotidien, moi, je suis quelqu'un qui aime les gens dans le quotidien.
03:55Donc, je vais souvent à leur rencontre.
03:58Et un jour, en fait, je me promenais en famille dans un parc.
04:01Et j'ai vu une dame âgée, seule, au loin, à 50 mètres devant moi.
04:05Je sentais qu'elle allait mal.
04:07En fait, et personne ne réagissait.
04:10Elle titubait, elle commençait à tituber.
04:11Et personne ne réagissait.
04:12Et je me suis dit, il va falloir que j'y aille.
04:14Mais avant même que je fasse un pas, la personne était déjà tombée.
04:17Et j'ai dû courir pour la ramasser.
04:18Et justement, j'ai souhaité faire l'application pour que plus jamais ça arrive.
04:22Qu'au premier signe de faiblesse, tout le monde soit alerté.
04:25Que tout le monde soit alerté déjà auparavant.
04:26Et du coup, la personne-là aurait été accompagnée s'il avait eu l'application.
04:30Le déploiement, justement, de cette application, parce que, rappelons-le,
04:33peut-être qu'on ne l'a pas dit, c'est vrai, mais elle est pour le moment, en tout
04:36cas, 100% gratuite.
04:38Bien sûr.
04:38Et par contre, ce n'est pas au particulier de la télécharger directement.
04:41Vous souhaitez d'abord vous faire connaître auprès des institutions, des établissements.
04:46Évidemment, le but, en fait, alors j'ai fait le choix de ne pas les voir particuliers par particuliers
04:51parce que ça prendrait beaucoup trop de temps à élargir l'audience et du coup à protéger tout le monde.
04:56Le but, c'est qu'en fait, les structures eux-mêmes protègent leurs clients
05:00quand ils sont du coup en structure d'aide à la personne
05:04ou leurs patients quand ils sont en EHPAD ou dans les hôpitaux.
05:07Le but, en fait, c'est que ce soit eux les donneurs d'ordre et c'est eux qui déploient
05:10l'application.
05:11Pour protéger, en fait, ces gens-là.
05:13Et du coup, j'aurais fait d'une pierre deux coups en protégeant tout le monde.
05:17On sent que c'est votre ambition première.
05:20Alors, vous avez évoqué des termes bien spécifiques.
05:24Smartphone, donc le téléphone portable, application, ce genre de choses.
05:28On évoque souvent la fracture numérique quand on parle d'un public dit senior.
05:32En quoi cette application-là, elle se distingue de ce qui existe déjà concrètement ?
05:38En fait, ce n'est pas vraiment comme toutes les applications.
05:41Par exemple, une personne aînée utilise très bien WhatsApp pour parler à ses petits-enfants
05:47ou Facebook pour juste parler à leur famille ou regarder ce que les autres publient.
05:52Cette application-là, justement, il n'y a rien à faire puisque la protection est invisible.
05:56Une fois téléchargée, vous n'avez plus à vous en occuper.
05:59Du coup, la fracture numérique n'existe plus et la personne âgée est protégée en tout temps.
06:04Concrètement, vous en êtes où dans l'évolution de l'application telle qu'elle est aujourd'hui ?
06:09Est-ce que vous avez encore besoin de soutien, de faire des démarches ?
06:14Alors, du soutien, j'en aurais toujours besoin parce que je ne suis pas homme à tout faire et à
06:18tout connaître.
06:19J'ai créé l'application seule, donc avec mes propres moyens, mes fonds propres.
06:23Et du coup, j'aurais besoin d'aide institutionnelle, mais surtout pour faire la publicité un peu de l'application
06:29et dire justement que tous ensemble, on peut changer les choses
06:33et qu'on n'a pas besoin de porter une montre ou un médaillon pour protéger les gens qu'on
06:36aime.
06:37Et eux, d'ailleurs, n'en ont pas besoin non plus puisque, en général,
06:41ils se retrouvent dans un tiroir de la chambre à coucher et n'y bougent plus.
06:45Oui, c'est des objets qui sont souvent tabous.
06:46Alors, ça sauve des vies, il faut le dire.
06:48Bien sûr, bien sûr, ça sauve vraiment des vies.
06:49Pour le coup, ça a le mérite d'exister.
06:51Après, il y a des personnes comme vous qui essayent de trouver des choses…
06:56Une autre solution.
06:57Voilà, des solutions, vous l'avez dit tout à l'heure, des solutions plus invisibles, en tout cas,
07:02et qui se tigmatisent moins.
07:03Bien sûr, plus dignes.
07:04Pour terminer, un point rapide, mais quand même très important.
07:07On parle beaucoup tout à l'heure de données personnelles, notamment liées à la santé,
07:11des données donc sensibles.
07:13Il y a quand même un volet sécurité important dans cette application.
07:16Bien sûr.
07:17Alors, en fait, on a un volet RGPD.
07:18En fait, c'est la protection des données individuelles.
07:21C'est centralisé.
07:22Du coup, je l'ai créé moi-même.
07:24C'est une centralisation militaire, en fait.
07:27Donc, c'est gradé militaire, en fait.
07:29C'est codé.
07:30Donc, aucune information d'aucune personne qui utiliserait l'application ne sortirait de l'application, en fait.
07:37Elle ne pourrait pas être utilisée à d'autres…
07:38Elle ne va jamais être utilisée, puisque d'ailleurs, l'application n'est pas disponible sur des plateformes comme Play
07:43Store ou Apple Store.
07:45Et du coup, grâce à ça, n'est pas piratage.
07:48On ne peut pas la pirater.
07:50Et du coup, le but, justement, de faire ça, c'est de dire aux gens, même à l'intérieur de
07:57l'application que j'ai créée,
07:58vous êtes déjà protégé avant même de l'avoir installé.
08:00Merci beaucoup, en tout cas, d'avoir développé ce sujet qui touche nos aînés.
08:05On continue avec l'information sur Moselle TV.
08:08De quoi rester en forme et informer.
08:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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