- il y a 3 heures
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Il y'a la prison telle qu'on la voit au cinéma… et la prison telle qu'elle est vraiment...
Karim, un ex-détenu et Dorian, surveillant pénitentiaire, réagissent aux scènes les plus emblématiques du genre et démêlent le vrai du faux sans filtre. 🗝️
💬 De #LaLigneVerte à #UnProphète, en passant par #LesÉvadés, un face-à-face entre fiction et réalité qui donne à réfléchir. 🤔
00:00 - 00:58 Intro
00:58 - 02:30 Un Prophète (Film)
02:30 - 04:58 La Ligne Verte
04:58 - 07:01 Un Prophète (Série)
07:01 - 09:40 Les Évadés
09:40 - 11:26 Black Bird
11:26 - 14:16 Orange Is the New Black
14:16 - 16:46 The Dark Knight
16:46 - 18:22 Un Prophète (Film)
18:22 - 19:08 Un Prophète (Série)
19:08 - 20:47 Black Bird
20:47 - 24:40 Un Prophète
24:40 - 25:51 Fin
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Court métrageTranscription
00:00Là, une cellule de mitard comme ça, ça ressemble plus à de la torture qu'autre chose.
00:05Bon là, tout est exagéré.
00:07Il y a tout qui est à l'envers.
00:08Je pense qu'à une certaine peine, tous les détenus pensent à s'évader.
00:16Moi, c'est Karim Mokhtari, j'ai 48 ans, je suis responsable associatif.
00:22Mais avant ça, j'ai eu un moment de vie carcérale, assez long, en plein d'établissements.
00:26Et maintenant, ça fait plus de 25 ans que je suis sorti, et je m'engage pour la réinsertion.
00:31Alors moi, c'est Dorian Gorguet, j'ai 34 ans, donc je suis un ancien surveillant pénitentiaire.
00:36Particulièrement sur ma carrière, j'étais à Fleury-Mérogis, dans la partie carcérale et aussi sur la partie extraction judiciaire.
00:42Est-ce que vous savez ce qu'on va faire aujourd'hui, du coup ?
00:43Décrypter des idées reçues, peut-être, ou des images sur l'univers carcéral.
00:48Un peu casser des mites urbains aussi, essayer d'éviter les stéréotypes, je pense.
00:51Et puis aussi, être un peu dans la critique sur ce qui est peut-être réel et imaginaire dans certains
00:56films.
00:56Exactement. On est parti ?
00:57Allez, c'est parti.
01:12Un petit peu réaliste sur le premier arrivant, essayer de voir dans quel cas on va le placer, quoi.
01:22Il faut le jauger.
01:27Il y a du réalisme, là. Moi, j'ai vécu ça aussi il y a un certain nombre d'années.
01:38La violence en promenade, c'est vrai que c'est un classique.
01:41Au nouvel arrivant, on essaye de le jauger.
01:43Si jamais il n'a pas assez de répondants, effectivement, ça peut mal se terminer.
01:46Souvent avec un peu de raquettes et un peu de violence.
01:48Et on sent aussi dans le regard et dans la posture de l'acteur principal, on sent toute cette angoisse,
01:53ce stress, cette peur même d'être là dans cet univers de béton.
01:56On voit déjà que les bâtiments ne sont pas superficiels, c'est une vraie détention.
02:00Là, c'est un petit peu sa première promenade.
02:02Généralement, ils font une promenade arrivant avant d'être dans la vraie promenade.
02:05Et c'est souvent là où soit il y a de la cohésion entre un arrivant, soit il va tout
02:09de suite être catalogué, en fait.
02:11Là, sur cette scène, je suis un peu étonné parce que je vois qu'il y a déjà des groupes
02:14et que lui, il est vraiment seul.
02:16Généralement, ils sont rarement seuls en arrivant.
02:18Ils sont un peu avec un binôme pour, psychologiquement, qu'il n'y ait pas de fragilité.
02:22C'est vrai que la promenade, c'est le lieu de violence par excellence parce que, comme l'a dit
02:26Dorian, les chambres ne peuvent pas intervenir.
02:28Donc, c'est complexe.
02:34Ça, je connais.
02:36Je l'ai déjà vu.
02:50Il n'y a pas d'iris, là.
02:51Je vois où les élacs.
02:56Tant qu'ils arrivent.
02:56Il n'y a pas d'iris.
03:07Déjà, une arme dans les couloirs, c'est impossible.
03:14Une ménette avec chaîne longue comme ça.
03:27Ben là, tout est exagéré, on fait passer le détenu pour un fou, il est surveillant pour des gens
03:35incompétents, il y a des armes dans le couloir, enfin là, il y a tout qui est à l'envers.
03:40On est dans un cirque, puis même les moyens de contraintes, c'est des menottes très courtes,
03:45c'est impossible de faire ça.
03:47Puis on n'arrive pas en détention avec ?
03:48Puis oui, c'est moyen d'entrave, après j'ai déjà vu le film, donc ça, dangereux dit, aurait dû
03:53être géré autrement.
03:54Ils sont trois contre un, ils n'arrivent même pas au moins à se tomber l'un sur l'autre,
03:58et puis qu'il y en a d'autres qui arrivent pour maîtriser.
04:00Ils sortent une arme, une balle, ça a une vitesse où ça ricoche dans toutes les matières, ça pourrait tuer
04:04n'importe qui.
04:05Ouais, il n'y a pas grand chose de réaliste.
04:06Après quand même, ce que ça révèle, c'est que la personne détenue, là, a l'air d'avoir des
04:10troubles psychiatriques, c'est dû.
04:12Ça, c'est une réalité qui est quand même très difficile, je pense, à gérer pour le personnel, mais aussi
04:16entre détenus.
04:17Parce que quand on a des problèmes psy, un surveillant, ce n'est pas un infirmier psychiatrique, donc ça, ça
04:21pose des problématiques.
04:23C'est vrai que les problèmes psy, c'est les détenus les plus durs à gérer, parce qu'ils sont
04:27imprévisibles.
04:28On pourrait se faire sauter dessus comme ça en une ouverture de porte, ça m'est déjà arrivé.
04:32Et puis, comme on le disait, il y a des équipes d'intervention, mais en le disant rigolant, c'est
04:36que le temps qu'il se passe l'incident, en fait, généralement, on a maîtrisé le détenu avant que les
04:40équipes arrivent.
04:41Et donc, en fait, c'est une cocotte minute. Parfois, une ouverture de porte, même si ce n'est pas
04:44après nous qu'il en veut, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour une demande
04:48bête.
04:48Parfois, il y a des bagarres pour une dosette de café, donc c'est quelque chose qui est assez réel,
04:53mais ce n'est pas non plus quelque chose qui est coutumier, comme je disais.
04:56Enfin, ce n'est pas non plus Fight Club, la prise en moi.
04:58C'est un problème.
04:59Bappé, poteau !
05:01Oh, l'eau, c'est le mur !
05:02Bappé !
05:03On est pas encore.
05:05Allez, on y va.
05:06Vas-y, t'inquiète, j'en fais rien en style.
05:07C'est une nouvelle moment pour l'Olympique, Marseille.
05:09Profite un peu, on bosse tout le temps.
05:11Tu fumes ou quoi ?
05:14Tu n'as jamais fumé ?
05:15Non, merci.
05:15Tu coupes, frère.
05:17Vas-y, wesh.
05:17Là, c'est pour vous, les gars.
05:19Regardez, celle-là.
05:19Fume une barre.
05:20Fume et t'aspires.
05:21C'est comme ça.
05:22Oh, tu m'as brûlé, c'est le bâtard.
05:23Là, j'ai pas fait que ce frère, frère.
05:24Vas-y, fume.
05:25Fais bien les crèves, s'il te plaît.
05:27Mais qu'est-ce que je crois que tu m'as ?
05:31Qu'est-ce que tu fais, là, le bâtard ?
05:34Elle est morte, celle-là, sa mère, la pute.
05:38Déjà, c'est une cellule toujours très réaliste.
05:41C'est exactement ça, les cellules.
05:42Après, ils sont quatre dedans.
05:44Donc, en principe, vu la taille de la cellule, il devrait être deux.
05:46Mais bon, il y a des détentions qui sont tellement surchargées
05:48que ça se pourrait.
05:49Et puis, au niveau des addictions, effectivement,
05:51moi, j'ai vu des détenus, j'ai déjà eu des arrivants,
05:55où des détenus sont quand même apeurés de la détention.
05:59Un truc bête, plusieurs retraits de permis,
06:01boum, il y a une détention ferme qui tombe.
06:03Le gars, il se dit, j'ai rien à faire là.
06:05Et en ressortant, en fait, il a des addictions qu'il n'avait pas en arrivant.
06:08Là, on sent bien sûr la surpopulation.
06:10On sent l'oisiveté.
06:12On sent aussi, effectivement, cette tentation à prendre des produits stupéfiants.
06:17Et on sent ce gars qui essaye de trouver sa place, de s'adapter,
06:20qui découvre, en plus de tout le poids de ce qu'il a amené en prison.
06:23Donc, ouais, très réaliste quand même.
06:25Et du coup, dans tout cet environnement-là, vous avez dit que la cellule est très réaliste.
06:27On en voit qu'il fait des crêpes, un autre qui joue à la console.
06:30Est-ce que ça, c'est des choses qui arrivent ?
06:31Oui, c'est la vraie détention, oui.
06:33Mais ça ne fait pas pour autant un Club Med, quoi.
06:36Ils ont quand même des petits conforts.
06:39Bien sûr, c'est soumis à comportement.
06:41Mais c'est vrai qu'on s'imagine les prisons américaines où on mange dans des réfectoires, etc.
06:46En France, ce n'est pas comme ça.
06:47En fait, ils peuvent cantiner des conforts, comme la télé, le jeu.
06:51Donc, cette cellule-là, effectivement, ce qu'il y a dedans, c'est réaliste.
06:54La surpopulation, c'est un gros, gros, gros problème en France.
06:57Là, on le voit, même dans cette cellule-là, il ne peut même pas se tourner sans toucher l'autre
07:00avec la poêle, quoi.
07:05Il est mérité. Il est mérité.
07:07Parce qu'il est innocent, quand même.
07:32Il est mérité.
07:41Il est assaulté.
07:52Il est mérité.
07:54Je pense qu'à une certaine peine, tous les détenus pensent à s'évader, ils ne le font pas tous.
08:00De la même manière, je pense que l'évasion est intimement liée à la notion de suicide aussi.
08:04Quand on est là pour très longtemps, à un moment donné, la réalité devient tellement dure à vivre
08:07qu'on a envie de s'extirper, parfois par une évasion, et on reste en vie.
08:13Et parfois, cette évasion, c'est la mort.
08:17Donc c'est une question permanente, en fait, la liberté, tout simplement.
08:21Chapeau pour avoir creusé à la cuillère un mur.
08:23Pour moi, il y avait une faille dans le système, c'est que les murs étaient friables.
08:26En France, tout est étudié.
08:28Il y a je ne sais combien d'ingénieurs qui viennent faire l'étude du terrain, l'étude des murs.
08:33Tout est calculé au millimètre, et donc ce n'est pas très réaliste.
08:39Après, là, c'est plus une question plutôt côté détenu.
08:42La sensation, la scène est belle parce qu'il est innocent et on voit la sensation.
08:47Je ne sais pas toi, Karim, si quand tu as fait ta dernière détention, le jour que tu es parti.
08:52Ça, c'est quelque chose que moi, je ne pourrais pas répondre parce que nous, on rentrait chez nous tous
08:55les soirs.
08:56Non, non, c'est clair que cette sensation où la porte est derrière nous, la grande porte de la prison,
09:00et la prison est derrière nous, c'est une sensation, enfin, c'est inexplicable, en fait.
09:04Une sensation de légèreté, il y a quelque chose qui se passe où on a l'impression de retrouver son
09:08humanité,
09:09retrouver sa place.
09:10Mais on a en même temps une énorme pression parce qu'on sait qu'on est plus sujet à y
09:15retourner que d'autres.
09:16Et on n'en veut pas, quoi. Pourquoi pour ma part ?
09:19L'évasion, on y pense quand on est sur une peine à deux chiffres, oui, on y pense.
09:22Mais sinon, la plupart des évasions, même ici, en France, ça ne part pas de la cellule.
09:26C'est une permission de sortie et on ne rentre pas.
09:29C'est généralement les détenés qui se sauvent, c'est ça.
09:32Ou alors une équipe qui vient vous chercher, la Redouane Fahine.
09:35Oui.
09:36Là où, à l'époque, c'était les hélicos.
09:38Mais là, à la cuire.
09:44Les cantines collectives.
09:45Ça ne peut pas arriver.
09:47C'est une mutinerie, quoi.
09:53Oui, les portes-palières sont en panne.
10:03C'est le parcours.
10:13Oui, oui, d'accord.
10:15Là, je pense que comme c'est parti, il n'y a personne qui va rentrer.
10:18Non, tu ne peux pas.
10:27On est là sur un lieu collectif.
10:30Il y a un mouvement collectif, qu'on peut appeler même une mutinerie.
10:33Donc ça, c'est des choses qui peuvent arriver, mais qui arrivent quand même extrêmement rarement.
10:37Parce qu'ici, on a quand même beaucoup de choses qui sont mises en place pour éviter ça.
10:42Mais ça peut quand même arriver.
10:44Moi, à mon époque, ça m'est arrivé.
10:45Une fois en promenade, une fois en détention.
10:47Après, là, c'est encore une détention américaine.
10:49Les cantines collectives, je pense que ça, c'est un truc.
10:52En France, heureusement que ça n'existe pas.
10:53Parce qu'il y a des règlements de compte sans arrêt, je pense.
10:57Avec des promenades qui durent 45 minutes, il y a déjà des gros règlements de compte.
11:01Alors là, une cantine avec des plateaux, des ustensiles, etc., c'est même pas la peine.
11:05Après, je vois qu'ils circulent partout, qu'ils vont frapper tous les surveillants.
11:08On a quand même des systèmes de grilles palières.
11:10Donc là, ils partent partout.
11:11Je pense que là-bas, c'est peut-être trop informatisé.
11:13Du coup, le peu qu'il y a un bug, il n'y a plus rien qui fonctionne.
11:15Nous, c'est encore clé plus informatique.
11:18Il y a les deux.
11:19Et donc, en détention, c'est généralement les cours de promenade.
11:21Il peut y avoir ça, mais ils ont beaucoup moins de choses pour régler leur compte.
11:25Là, il y a trop d'objets.
11:25On a lighter.
11:39Ça n'est pas moi.
11:43Marihuana, cigarettes?
11:45Wait, wait.
11:46Cigarette, cigarettes.
11:48C'est pas de ma chose.
11:50C'est pas de ma chose.
12:03Là, même les cellules, il y a des cabines d'essayage.
12:07Je ne saurais même pas dire dans quel pays, parce que les cellules ne ressemblent à rien de ce que
12:10je connais.
12:10Là, au niveau de l'architecture, la cellule, c'est pas comme ici.
12:14Par contre, là, ça parle de fouilles, ça parle de contrebandes, de choses interdites.
12:18Effectivement, bien sûr, en France, le tabac, ce n'est pas interdit, donc il n'y a pas de souci
12:23sur ça.
12:24Mais les drogues, les armes, il y a la viande.
12:26Là, on a vu un bout de poulet.
12:28On a des familles qui amènent de la viande.
12:29Et c'est interdit parce que si la viande est à varier, évidemment, ça pose des problèmes de santé.
12:34Moi, je n'ai jamais été dans ma cellule pendant qu'ils fouillent, donc je ne peux pas réagir en
12:37temps réel.
12:38Ça ne ressemble à aucune fouille que j'ai pu effectuer.
12:41En plus, on a des méthodes à faire.
12:42On a une façon de travailler quand on fouille.
12:44Là, ils sont trois, quatre dans un tout petit endroit, rien de tel pour louper des choses.
12:48Il y a des méthodologies à respecter.
12:50Ensuite, sur les objets, effectivement, on interdit les viandes.
12:54Je sais qu'il y a des détenus, ils rêveraient d'avoir un tacos, un kebab.
12:59Et nous, en France, malheureusement, on interdit toutes les viandes, donc ce n'est pas possible.
13:02Parce que, comme disait Karim, s'il y a une épidémie, quelque chose, c'est toute la détention.
13:07Et après, ça va être la zizanie.
13:08Sur la partie contrebande, effectivement, on peut trouver des armes artisanales.
13:13Quelquefois, il y a des règlements de compte en cours de promenade.
13:15Ils arrivent à créer des espèces de couteaux avec, par exemple, une brosse à dents cassée, une lame de rasoir
13:21au bout.
13:22Des choses comme ça, c'est déjà arrivé.
13:23On avait trouvé une arme faite en plastique avec des imprimants 3D qui tiraient des vraies balles.
13:28Donc, on n'avait pas trouvé les vraies balles, mais on avait trouvé l'arme.
13:30Et qui était fonctionnelle parce qu'on avait fait intervenir les RIS pour qu'ils essaient l'arme, si elle
13:35fonctionnait vraiment.
13:36C'est aussi une prison pour femmes. L'extrait permet d'aborder ce sujet-là.
13:39Comment se passe l'incarsération des femmes, en tout cas, en France ?
13:41C'est dans les mêmes prisons que pour celles des hommes, des prisons à part ?
13:43Non, c'est vraiment une détention à part.
13:44C'est une maison d'arrêt femmes.
13:4690% du personnel est femme aussi.
13:48Il y a généralement des gradés qui peuvent être hommes, même si c'est assez rare, mais il peut y
13:51avoir des gradés hommes.
13:52Ensuite, la détention femme, elle ne change pas beaucoup la détention homme.
13:54Juste ce qui est perturbant aussi, c'est qu'il peut y avoir des nurseries.
13:56Parce qu'il y a des femmes qui accouchent en détention.
13:58C'est-à-dire que la surveillante, elle passe vraiment dans un autre rôle.
14:00Elle peut être nounou, quoi.
14:01Donc, vraiment, c'est une autre relation, là.
14:03En tous les cas, elles sont beaucoup, beaucoup moins nombreuses que les hommes en prison.
14:08Bien souvent, elles y sont pour des choses extrêmement graves.
14:10Et il ne faut pas croire que c'est la douceur dans toutes les interactions.
14:14Il y a énormément aussi de violences entre femmes en prison.
14:19Batman.
14:20Quoi ?
14:21Batman.
14:23Transfer.
14:24C'est le truc.
14:29C'est un bon client, là.
14:30Il y a des coups, tout le monde.
14:38Ça doit être le truc que tu devais redouter, là, un peu, ça va.
14:40Ouais.
14:40Ce qui s'est passé au péage, quoi.
14:44On va passer.
14:56T'as de la chance, c'est blindé, quoi.
14:57Non.
15:09Ils veulent le sortir, hein.
15:19Donc, là, un transfert.
15:20Je vois que le convoi est quand même chargé.
15:22Sur ce type de convoi-là, moi, je ne l'ai vécu qu'une fois.
15:24C'était sur Salabdeslam.
15:26Il y avait la garde républicaine, Helico, Eris, plus nous.
15:30Ils fermaient les routes, Champs-Elysées en sens inverse.
15:33Après, on voit que l'itinéraire, il a été trahi.
15:35Parce que sur une typologie de détenus comme ça, les itinéraires, on en a trois, quatre différents.
15:40Et ça se fait à la dernière minute.
15:41Et même nous, dans le convoi, on ne sait pas où on va.
15:43Après, les extractions, c'est un moment très, très complexe.
15:47Parce qu'on l'a vu, là, dernièrement dans les actualités.
15:49Il y a eu quand même des anciens de mes collègues qui ont été étus au péage.
15:53Moi, je l'ai fait deux ans, ça.
15:54Il ne faut surtout jamais rentrer dans une routine.
15:56Parce que, en fait, le danger, il est totalement différent.
15:58Il peut être partout dès qu'on sort de la détention.
16:00Là, d'habitude, c'est quand on rentre dans la détention, en tant que surveillant, on se sent un peu
16:03en danger.
16:03Parce qu'il peut y avoir des litiges, là, c'est l'inverse.
16:05C'est que dès qu'on sort de la détention, c'est là que le danger commence.
16:08Après, la scène, bon, là, tout est exagéré.
16:10Il y a déjà plusieurs coups de chevrotine comme ça, suivant ce qu'il a mis dedans.
16:13Il y a déjà des trous, une roquette.
16:16Même le type de véhicule.
16:17Mais c'est clair que c'est un moment de grosse tension, en fait.
16:20Une extraction selon le client, selon la personne qui est dans le camion, évidemment.
16:24Ce n'est pas pour tous les détenus un risque hyper élevé.
16:27Mais pour certains membres de certaines équipes, avec des pédigrés pas faciles.
16:31Je pense que les surveillants, ils ont plutôt intérêt d'être bien concentrés.
16:33Ouais, c'est un moment qui est difficile à vivre aussi pour les personnes détenues.
16:37D'être extraits, sachant toute notre journée, on va être beaucoup entravés,
16:41on va être beaucoup enfermés, on va pas avoir beaucoup de liberté de mouvement.
16:44Tout ça, c'est pas évident.
16:45A, mais dans lequel on n'entend pas A.
16:48Le quatrième mot.
16:49Le quatrième mot, c'est quel mot, celui-là ?
16:52Dant.
16:53Dant.
16:54Reprenons le deuxième mot.
16:57Le deuxième mot, vas-y.
17:00Canard.
17:01Dans ce mot-là, vous avez deux syllabes.
17:07Ca-na-re.
17:10Vas-y, répète-moi ça.
17:11En détachant bien les deux syllabes.
17:14Ca-na-re.
17:15Super.
17:18C'est une salle de cours très réaliste.
17:20Dans les prisons françaises, moi, quand j'interviens, j'interviens justement dans ce genre de salle.
17:25Il y en a qui profitent de la détention pour la rendre utile.
17:28Donc, ils passent des diplômes.
17:30Parfois, c'est là où on est vraiment dans le primaire, là.
17:32Mais parfois, ils passent même des études supérieures, des choses comme ça en détention.
17:36Et en plus, ça en fait des détenus parfois exemplaires parce qu'ils ont leur cours.
17:40Ils savent qu'ils ne sont pas enfermés 20h sur 24.
17:42Ils vont être enfermés un peu moins.
17:44Ils vont avoir leurs activités.
17:45Ils vont se dire que la détention, c'est qu'une étape.
17:47Et puis, ils vont ressortir meilleurs.
17:49Oui, c'est complètement ça.
17:50Moi, je suis complètement dans ce que tu viens de dire.
17:52J'ai repris toutes mes études en détention.
17:54Ça donne du sens à sa peine.
17:55Ça empêche l'oisiveté.
17:57On fait des efforts de réinsertion qui vont être reconnus par l'application des peines sur le monde et en
18:01aménagement.
18:01C'est le combo gagnant quand on arrive à avoir ça.
18:03Mais c'est vrai que la demande, ça peut être très long.
18:06Parce qu'en fait, toutes les détentions sont sous-effectifs, mais dans tout.
18:10Que ce soit les surveillants, que ce soit les médecins, que ce soit les infirmiers, que ce soit les professeurs.
18:13Donc, effectivement, ça peut être un parcours d'un ou deux ans avant même d'avoir le premier cours.
18:18Oui, et du coup, parfois, ta peine, elle est trop courte par rapport à la liste d'attente.
18:22Qu'est-ce que tu as fabriqué ici ?
18:24Je les ai rangés dans le lendemain des numéros qu'il y a sur les étiquettes.
18:28Et si le premier chiffre, il change, on change d'étagère.
18:32Vous étiez classé par ordre alphabétique ?
18:34Oui, je sais, mais c'était compliqué de lire le titre.
18:37Parce qu'ils ne sont pas toujours dans le bon sens.
18:39Et on perd beaucoup de temps.
18:41Parce que tu es pressé, toi.
18:42La lecture, c'est quelque chose d'extrêmement important, vraiment, déjà dans la vie de tous les jours.
18:46En prison, les bibliothèques sont souvent...
18:49Ce n'est pas une bibliothèque comme dehors.
18:50Il y a quelques bouquins et tout ça.
18:52D'ailleurs, c'est aussi l'occasion de responsabiliser un détenu en le mettant en bibliothécaire, par exemple.
18:56Et puis, il y a aussi tous les programmes dédiés réellement à la réinsertion.
18:59Donc, des programmes qui vont chercher sur le développement personnel, la gestion des émotions,
19:03la préparation à la sortie.
19:04Enfin, toutes ces choses-là sont mises en oeuvre aussi par des intervenants extérieurs.
19:19Il est tard.
19:21Bon, il n'y a pas de lit.
19:23Ils ont carrément retiré le lit.
19:26Tu dors par terre, quoi.
19:31Ouais, il faut tout payer.
19:34Oh, encore pire.
19:38Bon, ben là, a priori, c'est un détenu qui a été envoyé au Mithar, Manu Militari.
19:42Et Mithar, elle n'est pas comme la France.
19:44Ça, ça se voit que c'est à l'étranger.
19:46Il n'y a pas de lit.
19:47Chez nous, c'est plutôt, on va dire, une garde à vue plus plus.
19:50Ça ressemble beaucoup à la garde à vue.
19:52Là, une cellule de Mithar comme ça, ça ressemble plus à de la torture qu'autre chose.
19:55Parce qu'il ne peut même pas se reposer, s'allonger.
19:58Il n'y a rien.
19:59Bon, j'ai vécu des moments difficiles avec le personnel.
20:02Notamment dans le Mithar.
20:03On n'a pas vraiment envie d'y aller.
20:05Donc, du coup, on essaie de le faire comprendre au personnel.
20:08Et eux, il faut qu'ils nous amènent.
20:09Donc, parfois, ça peut être un peu sportif, voire musclé, voire encore pire.
20:13Là, le Mithar, il manque juste le lit.
20:17Sinon, c'est un peu ça.
20:19Tout est scellé au sol.
20:20Il y a une trappe, effectivement, pour passage de menottes.
20:23Là, c'est une mise en prévention.
20:24À mon avis, il y a dû se passer quelque chose en détention.
20:26Ça en arrive aux mains.
20:27Et donc, généralement, on est effectivement en triangulation.
20:30Donc, ensuite, pour la partie lit,
20:34ce n'est pas parce qu'il se tait qu'on lui donne le lit.
20:37Normalement, c'est un minimum vital.
20:38Donc, c'est déjà à l'intérieur.
20:39C'est juste que tout est scellé.
20:41Et la cellule est plus petite qu'une standard.
20:44Donc, le Mithar, ça n'est jamais rien de bon.
20:58Ça a été vite, la fouille.
21:19Ça, ça doit être le meilleur moment, non ?
21:20Carrément.
21:21C'est la porte.
21:25Bonne chance, à l'heure.
21:27Bonne journée.
21:28Ce n'est pas toujours la même phrase qu'on dit.
21:31À bientôt.
21:32Oui, c'est ça.
21:35Parfois, à lundi.
21:36Oui.
21:37Là, on sent une sortie sèche.
21:38Il n'y a pas.
21:39Il ne faut qu'un bar.
21:49Il préfère sa femme que ses copains.
21:51C'est bien.
21:54Ça va ?
21:57Oui.
22:02Bonne nuit.
22:05C'est pas un temps pour sortir, ça, hein ?
22:08Ça va ?
22:09Ça va ?
22:10Ça va ?
22:11Ça va ?
22:13Ça va ?
22:14Ça va ?
22:14Ça va ?
22:14Ça va ?
22:15Ça va ?
22:16Ça va ?
22:17Ça va ?
22:18Ça va ?
22:18Ça va ?
22:20Ça va ?
22:20Ça va ?
22:22Ça va ?
22:23Ça va ?
22:23Ça va ?
22:24Ça va ?
22:26Tu sais où tu vas habiter ?
22:28Non.
22:30Et si tu veux, viens à la maison.
22:31Je vais dormir avec le petit et je vais prendre en sa chambre.
22:34Non, je ne vais pas vous déranger.
22:35Tu ne nous déranges pas ?
22:37Non.
22:43C'est le meilleur moment pour une personne incarcérée.
22:45C'est le moment de la remise de fouilles.
22:47C'est les effets personnels qu'on avait en entrant, qu'on récupère.
22:50C'est un moment qu'on apprécie parce qu'on sait que là, tout de suite, on va être libérés.
22:55Mais il y a quand même un stress au cas où le greffe nous dit qu'il y a quelque
22:58chose qui tombe, qu'il y a une notification, quelque chose qui ferait qu'on resterait en détention.
23:02On voit aussi là, moi j'ai un peu une sensation de sortie sèche quelque part, avec un gars qui
23:07sort avec son petit caba et il ne sait pas où aller dormir apparemment.
23:11Il a ses potes qui viennent me chercher, donc il y a de la tentation, on revient avec des fréquentations.
23:15Bon apparemment, a priori il a cheminé durant sa peine et il a fait son choix en sortant. Il a
23:20fait le bon choix apparemment.
23:21C'est un moment très particulier, la sortie.
23:23Après, je pense que c'est le meilleur moment aussi pour un surveillant.
23:26Moi, ces moments-là, j'en ai déjà libéré beaucoup, vu qu'avec les extractions judiciaires, parfois on arrive au
23:33juge d'application des peines.
23:34Il nous dit, bon bah, monsieur est libéré, soit parce qu'il a été jugé plus tard et qu'il
23:38a déjà fini sa peine, ou parfois il a juste terminé sa détention.
23:41Là, effectivement, c'est une sortie sèche. On voit qu'il ne sait pas où aller.
23:44Normalement, il y a un programme qui est mis en place, il y a un conseiller d'instruction de probation
23:47qui arrive à avoir des logements d'attente.
23:51Des choses comme ça. Bon, après, en France, on n'est pas bon non plus dans les logements.
23:54Après, il y a aussi quelque chose qui a fait l'objet d'une étude, c'est-à-dire combien
23:59de temps il faut pour pouvoir dessiner les contours d'un projet de réinsertion réaliste et réalisable.
24:04Ça a été objectivé et il se trouve que c'est entre 7 et 9 mois.
24:07Combien de personnes sont incarcérées pour moins que ça et quel sens a l'incarcération dans ce cas-là, au
24:11final ?
24:12En tout cas, la sortie, elle est réaliste. On redonne la fouille, on appelle ça.
24:14Donc, c'est tous ces effets personnels qui sont interdits en détention et qu'on lui redonne en sortant.
24:19s'il avait de l'argent ou des clés de voiture.
24:22Puis là, ce qu'on se rend compte aussi, c'est que la première chose à laquelle on doit faire
24:26face quand on sort, c'est la tentation de récidive.
24:28C'est les deux voitures qu'il y a derrière lui, la Mercedes et un Porsche Cayenne.
24:33Du coup, cette tentation, elle était là, directe, à la sortie.
24:36C'est sûr que quand on n'a pas préparé, c'est difficile de dire non. Très, très difficile de
24:40dire non.
24:53Pour revenir sur un peu tout ce que vous venez de voir, qu'est-ce qui vous a semblé le
24:56plus réaliste ?
24:56Est-ce que vous avez une scène en particulier, une série, un film qui vous a marqué ici ?
24:59Le Prophète, pour moi, c'est le plus... Je ne l'ai jamais vu, donc moi, j'ai découvert et
25:03c'est quasiment copi conforme à ce qui se fait réellement.
25:06Le meilleur scène, c'est la première et la dernière de toute l'interview. C'est vraiment les plus réalistes
25:10pour voir.
25:11Un Prophète.
25:11Oui.
25:12Je pense que l'humain est tellement curieux que tous les films autour de ça, ça fonctionne bien parce que
25:17ça les nourrit sur leur curiosité, quoi.
25:19Et puis après, je crois aussi, les premiers qui en parlent et qui en parlent le plus, je pense, c
25:24'est quand même aux Etats-Unis.
25:25Et du coup, on a des références dans nos têtes où la prison, ça serait comme celle qu'il y
25:29a aux Etats-Unis.
25:30Alors qu'en fait, pas du tout. Mais c'est ce qui rend certainement aussi attractif la question carcérale.
25:35Ça arrive, Dorian. Merci beaucoup.
25:37Merci à vous pour l'invitation.
25:38Merci, j'étais ravie aussi.
25:39C'était sympa.
25:42Des avis constructifs.
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