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  • il y a 2 heures
Dans son édito du 04/05/2026, Thomas Bonnet revient sur le weekend festif. 

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Transcription
00:00On va parler de ce qui s'est passé ce week-end et des fêtes en général.
00:04Ce n'est pas une chronique festive, c'est une chronique politique, un édito politique.
00:07Avec vous Thomas Bonnet, le week-end a été marqué par la présence de plusieurs milliers de personnes
00:11sur un terrain militaire pour une free party, donc à Bourges.
00:14Dans le même temps, des banquets sont soit interdits, soit pointés du doigt plus précisément,
00:19par certains politiques.
00:21Thomas Bonnet, vous vous arrêtez sur ce deux poids deux mesures.
00:24Oui, la fête en France en 2026, c'est décidément deux salles, deux ambiances.
00:27D'un côté, une free party, une rave party, en clair, sur un terrain militaire et dangereux,
00:32puisqu'on y a retrouvé deux obus, des milliers de jeunes agglutinés devant des enceintes
00:37à consommer toutes les substances inimaginables en toute illégalité.
00:40Et puis de l'autre, des banquets, plutôt à l'ambiance franchouillarde, dira-t-on,
00:45où on est moins techno que Joe Dassin ou Michel Delpech.
00:48Ce parallèle est intéressant pour ce qu'il nous dit de la jeunesse française.
00:51De tout temps, il y a eu plusieurs types de fêtards et une lecture sociologique de la façon de s
00:55'amuser.
00:55Mais jamais l'antagonisme n'était apparu de manière si éclatante sur nos écrans.
00:59Le paradoxe dans tout cela, c'est que l'une des festivités est plus ciblée que l'autre.
01:04Et n'allez pas croire que la question de la légalité soit le facteur déterminant,
01:07puisqu'en l'occurrence, les banquets organisés par le canon français sont visés par les critiques,
01:12peut-être même davantage que les tuffeurs de cette rave party.
01:16Pourtant, le ministre de l'Intérieur s'est rendu sur place hier.
01:18Oui, trois jours après l'arrivée des fêtards près de Bourges,
01:21c'était un vrai test pour le ministre de l'Intérieur, local de l'étape,
01:24et dont le lieu de naissance n'est sans doute pas pour rien dans le choix des organisateurs de cette
01:27free party,
01:28car il ne s'agit pas d'un simple hasard si des milliers de jeunes ont convergé à cet endroit
01:32précis.
01:32D'une part, c'était imaginé comme un pied de nez pour Laurent Nunez,
01:36mais aussi un message politique antimilitariste, d'où le choix d'un terrain utilisé par l'armée.
01:41Laurent Nunez défendra ses prochains jours au Parlement,
01:42un texte visant justement à durcir l'arsenal législatif contre les organisateurs de rave party.
01:48Aujourd'hui, notre droit est trop mou pour dissuader de tels événements.
01:52De la même manière, on pourra à l'avenir interroger les méthodes du renseignement
01:54qui arrivent encore à se faire berner par les messageries codées des tuffeurs.
01:58Le ministre de l'Intérieur a aussi battu en brèche la description qui était faite dans certains médias de cette
02:03free party.
02:04Non, il ne s'agit pas de gentils fêtards, mais de réels militants politiques
02:08dont certains ont été particulièrement hostiles aux forces de l'ordre.
02:11À la détermination du ministre s'oppose la bienveillance d'une partie de la gauche
02:15comme Manon Brie ou Sandrine Rousseau qui disaient hier qu'il ne fallait pas criminaliser la fête.
02:20C'est pourtant les mêmes élus insoumis qui sont en guerre contre les banquets dont je vous parlais un peu
02:24plus tôt.
02:25Justement, un de ces banquets a d'ailleurs été annulé à Quimper.
02:28Oui, sur décision de la maire socialiste de la ville craignant, je la cite, des troubles à l'ordre public.
02:33Il faut dire que des élus de gauche et une partie des médias se donnent du mal
02:36pour tenter de dénicher le moindre geste problématique dans ces banquets.
02:40Et quand il n'existe pas, soit on l'invente via un arrêt sur image.
02:43Et si ça ne fonctionne toujours pas pour disqualifier l'événement,
02:46alors on sort la botte secrète en invoquant Pierre-Edouard Sterrin
02:49qui a investi dans le canon français il y a quelques temps.
02:51Son nom, associé aux élogieux qualificatifs d'ultra-conservateur, d'extrême droite, voire pire, de catholique,
02:57suffisent généralement à convaincre les ignorants de la nature dangereuse du banquet.
03:01Dans le même genre, Marion Maréchal a été épinglée par un élu pour un chant entonné
03:04lors d'un autre banquet à Don Rémy.
03:06Cette fois, Jérémy Patrie-Lettus, qui fut le président de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public,
03:11a décidé visiblement d'être plus royaliste que le roi
03:14en dénonçant les paroles d'un chant marin qu'il avait pris pour de la nostalgie royaliste.
03:19C'est très symptomatique de l'époque où le passé est forcément suspect,
03:23où les traditions sont forcément un peu louches.
03:25Même la fête n'échappe pas à cette bataille culturelle
03:28qui dépasse de loin l'opposition entre les banquets et les free parties.
03:31C'est en fait un peu de la conception de l'identité de la France dont il était question ce
03:34week-end.
03:35Merci beaucoup Thomas Bonnet.
03:36Sous-titrage Société Radio-Canada
03:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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