00:00Fatimata, elle n'est pas représentée par le journalisme d'aucune façon.
00:03C'est-à-dire qu'elle habite à Grigny, où elle habite dans un coin fermé.
00:07Et les journalistes ne sont là que quand il y a des violences urbaines
00:10ou des choses un peu mafieuses.
00:13Et les soucis journalistiques, c'est des soucis bourgeois.
00:15Pour servir un monde bourgeois, c'est-à-dire un monde éduqué, cultivé,
00:20capable de lire la presse.
00:21Moi, je parle d'une jeunesse qui ne lit pas la presse.
00:23Je parle d'une jeunesse qui demanderait de s'intéresser au journalisme,
00:26mais le journalisme ne fait aucune passerelle.
00:28On met un peu pour les quotas quelques personnes avec un taux de mélanine élevé
00:32pour se dire on est bien.
00:33Et on sait que c'est comme ça que ça se passe.
00:34Mais les jeunes ne se sentent pas du tout représentés.
00:36Parce que la France, ce n'est pas ça.
00:38À un moment, il va falloir que le journalisme s'interroge
00:40sur pourquoi on va à Grigny que quand ça flambe.
00:42Et qui va y aller ?
00:43C'est justement des jeunes habitants dans ces quartiers
00:46qui vont essayer de faire ce travail-là.
00:48Et les journalistes ont déserté cette case.
00:50À part le Bondyblog, à part des tentatives comme ça
00:53qui sont épisodiques, noyées dans la masse
00:55de ceux qui comptent pour des bourgeois bon teint, blanc de peau
00:59et préoccupés surtout de la stabilité du monde
01:02en fonction de leur investissement.
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