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  • il y a 18 minutes
Gabriel Attal, ancien Premier ministre, était l'invité de BFMTV ce dimanche 3 mai

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00:00Alors c'est maintenant Alain Dehamel qui va nous rejoindre pour son rendez-vous comme chaque dimanche face à Dehamel.
00:07Alain Dehamel qui va débattre ce soir avec un ancien ministre de l'éducation qui a également été Premier ministre.
00:13Henri Guénaud, Jean-Luc Chulanski, je vous chasse pas mais je vous salue.
00:17Non mais vous pouvez poursuivre cette discussion évidemment.
00:20Qui va débattre donc avec l'ancien Premier ministre Gabriel Attal qui nous rejoint à présent.
00:25Je vous laisse saluer également Henri Guénaud. Monsieur Attal, soyez le bienvenu sur ce plateau.
00:31On a 45 minutes ensemble.
00:34Je vais mieux vous connaître, mais pas encore déclarer vous.
00:37Je n'ai pas fait de déclaration de candidature, non.
00:40Mais c'est comme Jean-Luc Mélenchon, c'est imminent.
00:42C'est pas une décision qu'on prend comme ça à la légère, c'est une décision qu'on mûrit.
00:47Et je me déplace beaucoup en ce moment en contact des Français.
00:49J'échange avec eux et quand j'aurai une annonce à faire, je le ferai.
00:52Bon, on a compris que ce ne sera pas ce soir.
00:54Vous publiez également En Hommes Libres, on va en parler tout à l'heure,
00:57sur votre parcours politique, sur votre vie privée aussi, Gabriel Attal.
01:01Alain Demel, vous souhaitiez recevoir Gabriel Attal, pourquoi ?
01:05Oui, j'aime recevoir les gens de talent évidemment, autrement ça n'a pas grand intérêt,
01:12qui ont des idées à peu près cohérentes et qui sont de préférence autonomes.
01:20Voilà. Ça écarte beaucoup de gens.
01:23Oui. Est-ce que vous avez, puisque c'est sans doute un reproche qui va être fait,
01:27ou une attaque qui va être faite à Gabriel Attal pendant la campagne,
01:29le sentiment d'avoir face à vous Alain, je ne vais pas dire un bébé Macron,
01:33mais un clone d'Emmanuel Macron.
01:34Est-ce que c'est compliqué de faire campagne aujourd'hui,
01:37vu l'impopularité d'Emmanuel Macron, quand on a été sans Premier ministre ?
01:41D'abord, Gabriel Attal ne l'a pas été tellement longtemps, si je m'en rappelle bien.
01:46Ensuite, ils sont assez différents l'un de l'autre en réalité.
01:52Ils partagent beaucoup d'idées, évidemment, et en économie, et sur la société,
01:58et souvent, pas toujours, en matière internationale.
02:04Mais Emmanuel Macron, c'est quelqu'un qui est sorti de la sphère économique
02:07pour faire de la politique, et Gabriel Attal, c'est quelqu'un qui est sorti
02:10de la sphère politique pour apprendre le pouvoir.
02:13Ce n'est pas du tout la même trajectoire, ce n'est pas du tout la même expérience,
02:18et donc, je dirais que ce sont de faux jumeaux.
02:21De faux jumeaux. Vous acceptez de cette expression, faux jumeaux, avec Emmanuel Macron ?
02:24Vous êtes fâché avec lui aujourd'hui. Je crois que vous ne vous parlez plus du tout.
02:27Non, mais d'abord, moi, j'ai du respect et de la reconnaissance
02:29pour le président de la République. Ensuite, effectivement, sur le fond,
02:33je crois à l'Europe, lui aussi. Je crois à la liberté d'entreprendre, lui aussi.
02:39Sur des questions de société, je pense évidemment qu'on se rejoint.
02:42Je pense qu'on a aussi des différences sur le fond.
02:44Je considère que les questions d'autorité, de sécurité,
02:47de maîtrise de notre politique migratoire sont centrales,
02:51au moins aussi importantes que les questions économiques.
02:54Et puis ensuite, c'est vrai qu'on n'a pas le même parcours.
02:56Moi, j'ai commencé en étant élu local dans ma commune, il y a 12 ans,
02:58conseiller municipal. Et puis, j'ai ensuite été élu député.
03:02Et grâce au président de la République, j'ai pu exercer des fonctions gouvernementales.
03:06Vous avez dit il y a quelques jours, Gabriel Attal,
03:08« Je pense savoir comment présider la France »,
03:10cette phrase qui a fait la une du point.
03:13Alain Demel, est-ce que vous estimez que Gabriel Attal,
03:16là, je voudrais qu'on parle d'abord de la situation internationale,
03:18a aujourd'hui les épaules, l'expérience, par exemple,
03:22pour tenir tête à Donald Trump s'il le faut ?
03:24– Je crois que personne au monde ne peut tenir tête à Donald Trump,
03:28et en particulier, pas Donald Trump.
03:30C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui ne se contrôle pas tout le temps
03:33et qui est évidemment imprévisible.
03:35Ça ne veut pas dire qu'il soit disloqué,
03:37mais ça veut dire qu'il n'est pas gérable par un tiers.
03:41Et je crois que c'est ce qui se produit.
03:42Je crois qu'il n'est même pas gérable par son propre gouvernement.
03:46Donc, est-ce que Gabriel Attal trouverait le moyen de l'apprivoiser,
03:51puis de l'influencer ?
03:54Je ne sais pas très bien qui y est parvenu.
03:56En tout cas, personne aux États-Unis, pour l'instant.
03:59– Gabriel Attal, si Donald Trump vous avait appelé,
04:01ce qu'il n'a pas fait d'ailleurs, pour vous dire,
04:02« je vais déclencher ce qu'il n'a pas fait avec Emmanuel Macron »,
04:04la guerre contre l'Iran, vous lui diriez quoi ?
04:08Vous feriez quoi ?
04:08– D'abord, Trump ou pas Trump, ce qu'il faut,
04:11c'est évidemment faire respecter la France et l'Europe
04:14et peser en France et en Europe dans le rapport international.
04:18Avant Donald Trump, il y avait Joe Biden.
04:21Les Américains, évidemment, n'avaient pas la même ligne internationale
04:24qu'avec Donald Trump aujourd'hui.
04:25Mais enfin, ils avaient déjà pris un tournant quasi protectionniste
04:28avec des mesures pour attirer tous les capitaux aux États-Unis,
04:32pour faire parfois de la concurrence même déloyale avec nos entreprises.
04:36Et donc, j'ai envie de dire, Trump ou pas Trump,
04:38il faut de toute façon, et c'est la priorité absolue,
04:41réarmer la France, réarmer l'Europe pour être capable de peser
04:43et d'affirmer nos valeurs et nos choix,
04:45et surtout de défendre nos intérêts.
04:46C'est ça la principale question.
04:48Comment défendre les intérêts de la France dans un monde
04:50qui est de plus en plus bouleversé ?
04:51– Mais en ce qui concerne la France, pour défendre ses intérêts,
04:53il faut qu'elle-même soit assez forte,
04:56notamment sur le plan économique.
04:57Et pour que l'Europe se défende, il faudrait que l'Europe,
05:01alors je suis complètement d'accord sur le fond,
05:02il faudrait que l'Europe se défende et la France aussi.
05:04mais encore faudrait-il que l'Europe ait l'habitude de résister,
05:09ait l'habitude de s'affirmer,
05:11ait l'habitude de ne pas peur de se différencier.
05:13Et de ce point de vue,
05:15moi qui suis l'Europe depuis ses débuts,
05:18je trouve que dans les dernières années,
05:20elle s'efface de plus en plus,
05:23aussi bien par rapport à Trump
05:25que dans nombre de conflits internationaux.
05:28– Mais c'est même l'habitude inverse
05:30qui a été prise depuis très longtemps.
05:31– Mais la bonne nouvelle de tout ça,
05:33c'est que si cette habitude a été prise,
05:34c'est parce qu'il y a eu des choix politiques.
05:36C'est des choix politiques ces dernières décennies
05:38qui ont conduit l'Europe à sous-traiter sa défense aux États-Unis,
05:42son industrie à la Chine,
05:43et son énergie aux pays du Golfe et à la Russie.
05:46Et donc moi, ce que je crois,
05:47c'est que dès lors que c'est des choix politiques
05:49des gouvernements européens de ces dernières décennies
05:51qui ont conduit à cette situation,
05:52c'est des choix politiques des gouvernements européens d'aujourd'hui
05:55qui peuvent changer cette situation,
05:57qui peuvent décider,
05:58parce qu'on est 450 millions de consommateurs,
06:00parce qu'on a des atouts extraordinaires
06:02qui peuvent décider d'inverser la vapeur.
06:03– Mais il faudrait que les gouvernements européens
06:06arrivent à découvrir l'existence de l'Europe,
06:08ce qui n'est pas tous les matins le cas.
06:10– Moi, je reviens d'une tournée européenne.
06:12J'ai vu cinq chefs d'État et de gouvernement.
06:14Je vais continuer à me déplacer.
06:16J'étais en Espagne avec Pedro Sanchez,
06:17en Grèce avec le Premier ministre Mitsotakis,
06:19aux Pays-Bas avec le Premier ministre Yéten,
06:22et en Estonie avec le Premier ministre Miral.
06:23– Quand on cite tous les premiers ministres
06:24qu'on vient de rencontrer,
06:25c'est qu'on est candidé à quelque chose ?
06:26– Non, c'est qu'on se préoccupe
06:27de l'avenir de l'Europe d'abord,
06:29mais moi, ce que je vois,
06:30c'est qu'il y a une prise de conscience.
06:31Il y a une prise de conscience partout.
06:33– Ceux que vous venez de nommer
06:35ne sont pas ceux des gouvernements
06:37qui sont les plus difficiles à mettre en mouvement.
06:40– C'est pour ça que je vais continuer
06:40à me déplacer, comme je l'ai dit,
06:41mais ce que je vois,
06:42c'est qu'il y a largement une prise de conscience
06:44dans les opinions publiques
06:45et aussi dans les gouvernements.
06:46Ce que je vois ensuite,
06:47c'est que les solutions,
06:48elles sont assez bien identifiées finalement.
06:50Vous avez un certain nombre de rapports
06:52qui ont été émis,
06:52le rapport Draghi, le rapport l'État,
06:54qu'on a largement commenté dans les médias.
06:56Ce qui pêche,
06:57c'est toujours la rapidité d'exécution.
06:59Soit parce qu'on a des procédures
07:00qui sont trop longues,
07:01soit parce qu'effectivement,
07:02sur certains sujets,
07:03on n'arrive pas à mettre tout le monde d'accord.
07:05Moi, ce que je crois,
07:05c'est que l'avenir de l'Europe,
07:06pour qu'elle soit puissance,
07:07c'est une Europe des géométries variables.
07:09On assume que certains pays
07:11avancent davantage ensemble
07:13sur certains sujets
07:14et que les autres ont qu'à les rejoindre
07:16ensuite avec une force d'attraction.
07:17– C'est quelque chose,
07:18c'est une idée qui circule
07:19depuis très longtemps,
07:22au moins depuis 50 ans en tout cas,
07:24– Ce qui a circulé longtemps,
07:25pardon, je ne veux pas vous interrompre,
07:26mais c'est l'idée d'un noyau dur européen.
07:28– Non, non, non, non,
07:28– Moi, ce que je crois,
07:29c'est qu'il faut…
07:30– Non, non, non, pas seulement ça.
07:31L'idée de cercles différents
07:33selon les sujets, etc.,
07:35c'est intellectuellement séduisant,
07:37c'est pratiquement très difficile à gérer.
07:39– Moi, je crois que c'est possible.
07:40Vous avez aujourd'hui un certain nombre de pays,
07:42par exemple, qui disent
07:42l'union des marchés de capitaux
07:43pour mieux financer notre économie,
07:45nos entreprises,
07:45on veut le faire.
07:46– Oui, et les Allemands ?
07:47– Les Allemands ne le souhaitent pas,
07:49mais on le fait sans les Allemands.
07:50La préférence européenne
07:51en matière de marché public,
07:53on a aujourd'hui, vous regardez,
07:54aux États-Unis, en Chine, au Canada,
07:55ils réservent leur marché public
07:57à leurs entreprises.
07:58– Justement.
07:58– Nous, on est ouverts à tout le monde.
07:59– Mais je trouve que vous avez
08:01tout à fait raison en théorie
08:03et je crains que je n'ai un peu raison en pratique.
08:05– Gabriel Attabjou ?
08:05– Si je croyais que c'était impossible,
08:07je ferais autre chose de ma vie
08:08que de la politique.
08:09Moi, j'ai passé mon temps
08:10dans mes fonctions
08:10à entendre des gens me dire
08:11« c'est pas possible,
08:12on ne peut pas le faire ».
08:13Je le raconte d'ailleurs dans le livre
08:14sur des sujets
08:15qui sont des sujets importants
08:16pour les Français.
08:16J'avais toujours des gens
08:17en face de moi
08:18qui me disaient
08:18« c'est pas possible ».
08:19D'autres ont voulu le faire,
08:20ils ne l'ont pas fait,
08:21notre administration
08:22ne nous permet pas de le faire,
08:23les règles ne nous permettent pas de le faire.
08:24Bon, c'est possible en fait.
08:26Vous avez une volonté politique.
08:27– Je voudrais vous entendre
08:28sur des propos
08:29que vous avez prononcés
08:30au moment de l'enlèvement
08:31de Nicolas Maduro
08:32par l'armée américaine
08:34qui ont suscité
08:36un peu d'incompréhension,
08:37y compris dans votre famille politique.
08:38Vous avez refusé
08:39de condamner l'opération américaine,
08:40vous avez aussi refusé
08:41de condamner
08:42l'attaque américaine
08:44contre l'Iran.
08:45Est-ce que ça veut dire
08:45que votre loi aujourd'hui,
08:47votre vision du monde,
08:48c'est la loi du plus fort
08:49où on peut aller enlever
08:51un président,
08:52même si c'est un dictateur,
08:53sans que ça vous fasse hurler ?
08:54– Non, moi ma loi
08:55c'est la force au service du droit.
08:57– Pas le droit au service de la force.
08:58– Ceux qui condamnent
08:59en permanence
09:01les atteintes au droit international
09:02en expliquant que c'est terrible
09:03de ne pas respecter
09:04le droit international
09:05mais qui ont en même temps
09:06une espèce d'aveu de faiblesse
09:07parce qu'on est incapable
09:08de faire quoi que ce soit
09:09pour le faire respecter,
09:10je pense finissent par affaiblir
09:11ces mêmes principes
09:12du droit international
09:13qu'ils sont censés défendre.
09:14– Mais ça s'appelle
09:15la loi du plus fort ?
09:16– Non, je ne crois pas.
09:16Ça s'appelle des règles.
09:18Moi je crois aux règles internationales.
09:19Je pense que c'est nécessaire
09:20pour réguler les relations internationales,
09:22pour prévenir les conflits.
09:23Mais je pense que si on veut
09:25être capable de faire respecter
09:26ces règles et de défendre nos valeurs,
09:27il faut qu'on ait la force
09:28et la puissance suffisantes
09:30pour les imposer.
09:31Or aujourd'hui,
09:32ça n'est pas le cas.
09:32– Mais quand il y a une décision
09:34de Trump,
09:35ça peut être de Poutine,
09:36ça peut être de bien d'autres,
09:38évidemment,
09:39pour commencer des Iraniens,
09:40etc.
09:41C'est quand même utile
09:42de marquer le coup.
09:43– Bien sûr.
09:45Personne n'a dit,
09:45en tout cas pas moi,
09:46que ça respectait
09:47le droit international
09:48d'enlever un président…
09:49– Vous ne l'avez pas fait.
09:50Vous n'avez pas dit
09:51je suis indigné
09:51parce que c'est passé…
09:52– Mais qu'est-ce que ça change
09:53de s'indigner en permanence
09:55et de dire
09:55c'est pas normal
09:56de ne pas respecter
09:56le droit international
09:57sans être capable ?
09:58Ça permet surtout,
10:00et souvent à un certain nombre de gens,
10:01de ne pas regarder
10:02la vraie question.
10:03Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
10:04vous avez des puissances
10:04qui peuvent se permettre
10:05de violer le droit international
10:06sans aucune conséquence ?
10:08Parce qu'on n'est pas capable
10:08de faire respecter nos règles,
10:09parce qu'on n'est pas assez puissant
10:11pour cela.
10:11– C'est vrai,
10:12c'est le cœur de la question
10:13c'est la puissance.
10:14– Aujourd'hui est de trop.
10:16Je dis ce que vous venez de dire,
10:17c'est vrai ?
10:18En tout cas,
10:19je crois que c'est vrai.
10:20Mais le aujourd'hui
10:21dont vous parliez,
10:22je trouve que c'est de trop
10:23parce que j'ai toujours
10:25connu ça malheureusement.
10:26– Et moi,
10:26je suis d'une génération
10:27qui n'a pas connu
10:28la mondialisation heureuse,
10:30l'âge d'or du droit international,
10:32la chute du mur
10:32comme une promesse
10:33de fin de l'histoire.
10:34– Oui, oui,
10:35et qui sont des rêves.
10:36– Qui sont des rêves
10:36fin des années 90,
10:37début des années 2000,
10:38le sommet mondial de 2005.
10:41Moi, j'ai connu
10:42le 11 septembre
10:43l'annexion de la Crimée,
10:45la crise financière en 2008,
10:46un rapport,
10:47un monde de rapports de force
10:48et de brutalité.
10:49Donc, c'est vrai
10:50que c'est aussi dans ce monde-là
10:51que je m'en suis.
10:52– Je peux vous dire
10:52qu'il y a eu d'autres périodes
10:54pas si éloignées que ça
10:55sur le plan économique
10:57et politique
10:58où les tensions,
11:01les antagonismes
11:02et les menaces de guerre
11:03étaient drôlement proches.
11:05– Alain de Hamel…
11:06– Et à la fin de la guerre froide,
11:07beaucoup ont dit
11:08c'est la fin de l'histoire.
11:09– Oui.
11:09– Et beaucoup se sont trompés.
11:10– Et beaucoup se sont trompés.
11:11– Alain de Hamel,
11:12Gabriel Attal,
11:12je voudrais vous entendre
11:13sur le sujet économique
11:15du moment,
11:16c'est-à-dire
11:17la crise pétrolière,
11:18la crise des carburants
11:19avec ses profits
11:20très élevés
11:21annoncés cette semaine
11:21par le groupe français Total.
11:235 milliards d'euros
11:23de bénéfices
11:24au premier trimestre,
11:25bénéfices en hausse
11:26d'un peu plus de 50%
11:27sur un an,
11:28ça a donné lieu
11:29à un débat sur
11:30faut-il taxer
11:31les super profits.
11:33Sébastien Lecornu,
11:34le premier ministre,
11:35a dit attention
11:36au Total bashing,
11:37il dit aujourd'hui
11:39il faudrait peut-être
11:39un plafonnement
11:40des prix un peu plus généreux
11:41de la part de Total.
11:44Vous vous classez où
11:45l'un et l'autre
11:45dans ce débat ?
11:46Est-ce que vous dites
11:46pas touche à Total,
11:47c'est une pépite française,
11:49elle fait des bénéfices,
11:49tant mieux ?
11:50Ou est-ce que vous dites
11:50à un moment
11:51il va falloir demander
11:52à Patrick Pouyanné
11:53de donner un petit peu
11:54plus que le plafonnement ?
11:55Alain Deumel
11:56et Gabriel Attal.
11:57Écoutez,
11:59je suis pour un plafonnement
12:00parce qu'il y a des gens
12:01pour qui c'est un énorme problème
12:03et même un problème
12:04à peu près pas gérable.
12:07Est-ce qu'il faut l'étendre
12:08à la population tout entière ?
12:10Ça, on peut en discuter.
12:11En tout cas,
12:11ce qui est certain,
12:12c'est qu'il ne faut pas
12:14tergiverser.
12:14Quand vous dites
12:14un plafonnement
12:15chez Total et chez les autres ?
12:16Chez Total,
12:17c'est le cas.
12:18Oui, bien sûr,
12:19et chez les autres.
12:20Évidemment.
12:22Il faut que les choses
12:23soient équitables.
12:24Mais surtout,
12:24l'important est
12:25que ça puisse être
12:26mis en place,
12:28comme ça l'est déjà
12:29en partie,
12:30pour ceux
12:31qui n'en ont plus besoin
12:33et que pour les autres,
12:35on laisse le marché
12:36dans ses exubérances.
12:38Gabriel Attal,
12:38on plafonne,
12:39on taxe,
12:40on continue
12:40de les être ciblés
12:41ou on ne fait rien ?
12:42D'abord,
12:42Total est touché
12:43par une taxe exceptionnelle
12:44cette année
12:44comme toutes les grandes
12:45entreprises françaises
12:46pour la deuxième année
12:47consécutive.
12:48C'est une mesure
12:48que j'ai combattue
12:49dans les discussions budgétaires
12:51parce que je crois
12:51qu'à un moment
12:52où la compétition
12:53se joue plutôt
12:54avec des pays
12:55dans lesquels
12:55les entreprises
12:56voient leurs impôts baisser,
12:57ça ne me semblait pas
12:57être une bonne idée
12:58que de surtaxer
12:59les entreprises françaises.
13:00Je ferme cette parenthèse.
13:01La deuxième chose,
13:02c'est que je crois
13:03qu'il y a un plafonnement
13:04qui a été annoncé,
13:06qu'il faut évidemment
13:06le poursuivre,
13:07qu'il faudrait trouver
13:08un plafonnement
13:09sur le diesel
13:10puisqu'aujourd'hui...
13:11Il est un peu plus élevé
13:12chez Total,
13:1310 centimes de plus.
13:14Je ne crois pas
13:14qu'il y ait de plafonnement
13:15même si j'ai compris
13:15que pour les week-ends,
13:16les ponts du mois de mai,
13:17il y aurait une mesure...
13:18Les deux restent plafonnés,
13:19le 100 ponts 1,99 €,
13:21le diesel 2,09 €
13:23avec une petite ristourne en plus
13:24pour les ponts du mois de mai.
13:25J'ai fait ma séquence
13:26pour Total.
13:26Pour les ponts,
13:26il y a une ristourne supplémentaire.
13:27C'est ça.
13:27Il faudrait baisser un peu
13:29le plafond.
13:30Voilà.
13:30Maintenant,
13:31il y a la solution
13:32de long terme.
13:33On en parlait
13:34il y a un instant
13:34indirectement.
13:35La solution de long terme,
13:36c'est qu'on aimerait
13:37moins dépendre
13:38des fluctuations du prix
13:39du baril du pétrole
13:40en raison des conflits internationaux.
13:41Et pour ça,
13:42sur le long terme,
13:44c'est le nucléaire,
13:45c'est les renouvelables,
13:46c'est augmenter
13:46notre production d'électricité
13:48et c'est avoir des modes
13:49de déplacement et de vie
13:51qui sont plus électrifiés.
13:52Maintenant,
13:53vous dites ça
13:53à des Français
13:54qui aujourd'hui
13:54n'arrivent pas à remplir
13:56le plein de leurs voitures
13:57et ne peuvent pas changer
13:59de voiture
13:59et passer à une électrique.
14:00Ils vous disent
14:00à juste titre
14:01que vous vivez
14:02sur une autre planète.
14:02Et donc,
14:03vous leur dites quoi ?
14:03Entre eux dans 10 ans
14:05où on sera tous en électrique
14:06peut-être
14:06et aujourd'hui,
14:07dans l'intervalle...
14:08Est-ce que vous auriez fait
14:09les choses, vous,
14:10à Matignon,
14:10comme Sébastien Lecornu ou pas ?
14:12Dans l'intervalle,
14:12donc il y a les mesures
14:13qu'on peut prendre
14:13via les distributeurs
14:15pour plafonner
14:15et ensuite,
14:16il y a des aides ponctuelles
14:17ciblées qui peuvent être
14:18mises en place
14:19pour ceux qui doivent
14:21utiliser leur voiture
14:21pour aller travailler
14:22et sont mis en difficulté
14:23par l'augmentation
14:24du prix de l'essence.
14:25Je donne un exemple.
14:26Une infirmière libérale
14:27en zone rurale,
14:28elle a besoin de sa voiture,
14:29elle fait des tournées
14:30toute la journée,
14:30ça lui coûte très cher,
14:32évidemment qu'il faut
14:33qu'elle puisse être aidée.
14:33Ça, ça s'appelle
14:34le dispositif Gros Rouleurs
14:35et c'est mis en place
14:35depuis aujourd'hui.
14:36Donc il y a ce dispositif
14:37qui a été annoncé
14:38par le gouvernement,
14:39c'est une possibilité,
14:40moi je serais passé
14:41par un autre moyen,
14:43mais l'important,
14:44c'est qu'il y ait une mesure
14:44ciblée pour ces personnes,
14:46pour nos pêcheurs
14:47et nos agriculteurs également
14:48qui ont besoin
14:49de l'essence
14:50pour leur activité.
14:51L'important,
14:52c'est que ce soit ciblé
14:52temporaire.
14:53Temporaire parce que,
14:54je le dis aussi,
14:55vous avez des Français,
14:56ils regardent ça,
14:56ils se disent,
14:57moi je suis toujours
14:58au-dessus des seuils.
14:59En fait,
14:59il y a des aides
15:00qui sont mises en place,
15:00à chaque fois,
15:02ça tombe,
15:03je suis juste au-dessus.
15:04Et donc,
15:04il ne faut pas non plus
15:04alimenter une forme
15:05de rancœur et de frustration.
15:07C'est pour ça que c'est important
15:07que les aides soient ciblées
15:08et temporaires
15:09pendant que la crise est là.
15:10Alain Dommel.
15:11Et ce serait bien
15:12s'il y avait
15:13un comportement européen
15:16homogène
15:17s'adressant
15:17aux principaux pays
15:18qui continuent
15:19à être producteurs.
15:21Oui.
15:21Ce serait imaginable,
15:23ce serait souhaitable,
15:24mais ce n'est pas le cas.
15:26Non, bien sûr,
15:26et de la même manière
15:27qu'on a un marché européen
15:29de l'électricité,
15:30il faudrait qu'il y ait
15:31une plus grande coordination
15:32sur ces sujets-là,
15:33bien sûr.
15:34Il y a des réformes
15:34du marché européen
15:35de l'électricité
15:35qui sont en cours,
15:37mais bien sûr
15:38qu'on doit avoir
15:38plus de coordination européenne.
15:39Mais encore une fois,
15:40c'est aussi par l'Europe
15:42qu'on arrivera
15:42à être plus indépendants
15:43et à moins dépendre
15:44de ces fluctuations internationales
15:46qui sont liées à des conflits.
15:47Mais je note,
15:47puisque l'une des questions
15:48peut-être de la campagne présidentielle
15:50va être de savoir
15:50ce qu'est le atalisme,
15:52si ça existe,
15:53que vous auriez fait
15:54à peu près la même chose
15:55que ce que fait votre succès
15:57se faire aujourd'hui.
15:57Oui, je n'ai pas de reproche
15:58à faire.
15:58Non, non, ce n'est pas un reproche
15:59d'être d'accord
16:00avec quelqu'un de succès.
16:01Sur ces mesures, encore une fois,
16:02moi, j'aurais utilisé
16:04le barème des indemnités kilométriques
16:05qui est une déduction fiscale
16:07pour les gens qui travaillent
16:08et qui doivent utiliser
16:08leur voiture.
16:09Plutôt que le chèque de 50 euros.
16:10Plutôt qu'un chèque.
16:11Mais encore une fois,
16:12on arrive assez vite
16:12dans des débats techniques,
16:14même si ça permettait, je pense,
16:15de toucher un peu plus de monde
16:16et d'avoir une aide
16:17qui était proportionnelle
16:19à l'utilisation
16:20que vous avez de votre voiture.
16:21Disons qu'en gros,
16:21vous avez des idées convergentes
16:23et des styles opposés.
16:24Ce n'est pas une question de style
16:25sur une mesure comme celle-là,
16:27mais probablement,
16:27on est tous différents,
16:28Alain Duhamel.
16:29Ça, ça se voit.
16:30Gabriel Attal,
16:31la bataille du 1er mai,
16:32vous avez mis,
16:33si vous me passez l'expression,
16:34un bazar assez incroyable.
16:36Je vais tenter de résumer
16:37ce qui s'est passé en France
16:38sur l'ouverture
16:39de certains commerces le dimanche.
16:40Vous aviez déposé
16:41une proposition de loi
16:43il y a quelques semaines
16:43qui finalement n'a pas été adoptée
16:46ni même votée.
16:47C'est le gouvernement
16:48qui a reculé.
16:49Mais finalement,
16:49le gouvernement a dit
16:50aux boulangers et aux fleuristes
16:52vous pouvez ouvrir
16:53le 1er mai
16:54même si légalement
16:56ce n'est pas légal.
16:58Certains l'ont fait.
16:59Certains ont eu la visite
17:01et se sont fait verbaliser.
17:02Et le Premier ministre,
17:03Sébastien Lecornu,
17:03a même appelé
17:04un boulanger menacé
17:06d'être verbalisé
17:07parce qu'il a ouvert
17:07en écoutant
17:08ce même Sébastien Lecornu
17:09pour lui dire
17:10rassurez-vous,
17:11on va tout faire
17:11pour que finalement
17:12il n'y ait pas d'amende
17:14à la fin.
17:15Ce qui fait dire à la gauche,
17:16Alain Duhamel,
17:17que le Premier ministre,
17:18Sébastien Lecornu,
17:19s'est comporté
17:20comme un voyou,
17:21c'est-à-dire en contournant
17:22le droit
17:23puisqu'effectivement
17:24la loi de Gabriel Attal
17:25n'a pas été adoptée
17:26et techniquement parlant,
17:28légalement parlant,
17:28les commerces
17:29n'avaient pas le droit
17:29d'ouvrir ce jour-là.
17:30Écoutez, je trouve
17:31que la gauche
17:31a parfaitement le droit
17:32de s'émouvoir
17:33et qu'elle a tort
17:34d'employer des expressions
17:35de ce genre
17:35qui n'apportent vraiment
17:36rien au débat politique.
17:38Vous auriez vous aussi
17:39appelé ce boulanger
17:40pour lui dire
17:41je vous soutiens.
17:41Je l'ai appelé,
17:42je lui ai laissé un message.
17:43Vous l'avez appelé vous aussi ?
17:44Il a eu des messages
17:45toute la journée ce monsieur.
17:47Attendez, d'abord
17:47le bazar,
17:48vous avez évoqué ce bazar,
17:49ça fait des années
17:50qu'il dure sur ce sujet.
17:51Ça fait des années
17:52que vous avez des boulangers,
17:53des fleuristes
17:53qui ouvrent le 1er mai
17:54et qui se prennent des amendes
17:56750 euros par salarié.
17:57C'est juste des gens
17:58qui demandent
17:58à pouvoir travailler
17:59et des salariés
17:59qui sont volontaires
18:00pour travailler
18:01parce qu'ils gagnent double
18:02et qu'ils ont un jour de repos
18:03à un autre moment
18:04dans l'année
18:05pour compenser.
18:06Et donc, la loi
18:06qu'on a défendue
18:07avec les députés
18:08de mon groupe,
18:08elle visait justement
18:09à mettre fin au bazar.
18:11Vous l'avez rappelé,
18:12le gouvernement a décidé
18:12de retirer ce texte,
18:14j'ai déploré ce choix
18:15et donc effectivement,
18:16ce 1er mai,
18:17il y a eu une forme de flou
18:18puisque la loi
18:19n'avait pas changé
18:20et en même temps,
18:21le gouvernement avait dit
18:22aux boulangers et aux fleuristes
18:23vous pouvez ouvrir
18:24oubliant les bouchers
18:25et je vais avoir
18:26un mot pour eux
18:26parce que les bouchers
18:27évidemment aussi
18:27souhaitaient pouvoir ouvrir
18:29en ce 1er mai.
18:30Donc maintenant,
18:30il faut que la loi
18:31soit clarifiée
18:32d'ici au 1er mai 2027
18:34et surtout,
18:35je pense qu'il faut
18:36que ça fasse émerger
18:37un débat
18:37qui est pour moi plus large
18:38parce qu'à travers
18:39cette question du 1er mai,
18:40c'est un débat plus large
18:41qu'on doit avoir
18:41sur le droit du travail,
18:43sur la liberté de travailler
18:44et où dans certaines situations,
18:47le droit du travail
18:48s'oppose au droit au travail.
18:50Il y a des Français
18:50qui souhaitent pouvoir
18:51travailler davantage
18:52pour améliorer
18:52leur rémunération.
18:53Vous avez aujourd'hui
18:54des règles
18:54qui les empêchent de le faire.
18:56Moi, je souhaite
18:56qu'on puisse revoir ces règles
18:58pour qu'ils puissent
18:59travailler plus
19:00s'ils en ont envie.
19:00C'est un bon sujet
19:01pour l'élection présidentielle.
19:03Ça dit quoi du atalisme ?
19:07Non, vous n'aimez pas
19:08l'expression, je crois.
19:09Moi, je ne me suis jamais...
19:10Enfin, je n'ai jamais aimé
19:11qu'on se définisse
19:12par rapport à des noms
19:13de personnes.
19:14Je préfère me définir
19:14par des noms.
19:14Il y a eu le macronisme,
19:15le chiracisme.
19:16Alors, puisque vous me posez
19:17la question quand même,
19:18sur ce point très précis,
19:20ça ressemble tout à fait
19:21à ce que Nicolas Sarkozy
19:23essayait de faire.
19:25Ben oui.
19:26Ce n'est pas une honte,
19:27mais c'est une réalité.
19:28Vous assumez le côté Sarkozy ?
19:29Moi, j'assume de défendre
19:30le travail.
19:30C'est vrai que Nicolas Sarkozy
19:31l'a fait.
19:32Ben oui.
19:35Pour une fois, il ne s'agit pas
19:36de prendre des mesures
19:37pour pénaliser qui que ce soit.
19:38C'est des mesures de liberté
19:39pour des gens qui souhaitent
19:40travailler davantage.
19:41Je vous donne un autre exemple.
19:42Vous avez aujourd'hui
19:43un plafond annuel,
19:44220 heures supplémentaires maximum.
19:46Vous ne pouvez pas aller au-dessus
19:47quand vous êtes salarié.
19:48Pourquoi est-ce qu'on interdit
19:50à des salariés
19:50de faire davantage
19:51d'heures supplémentaires
19:52pour être mieux rémunérés
19:53s'ils le souhaitent ?
19:54Moi, c'est tout ça
19:55que je veux revoir.
19:56Et je pense qu'on doit
19:57avoir une approche
19:58totalement globale.
19:59Il faudrait écrire
20:00un nouveau code du travail,
20:01une espèce de constitution du travail.
20:02Ça, il faudrait le réduire.
20:03Mais je pense qu'on n'en est même plus
20:05à le réduire à l'individu.
20:06Non, mais c'est...
20:06Je pense qu'il faut mettre
20:07les partenaires sociaux
20:08autour de la table.
20:08C'est devenu un beau teint quand même.
20:09Oui, il faut mettre
20:10les partenaires sociaux
20:11autour de la table
20:11avec les forces politiques
20:13et créer une forme
20:14de constitution du travail
20:15avec les grands principes
20:16en matière de sécurité
20:17et de protection.
20:18Et tout le reste,
20:18vous le renvoyez à la discussion
20:20dans les branches
20:21et dans les entreprises.
20:22Donc, vous réduisez de moitié
20:23le code du travail ?
20:24Quel est l'objectif ?
20:25C'est 22 000 pages aujourd'hui ?
20:27C'est plus que ça.
20:28C'est plus que ça.
20:29Je pense qu'il faut
20:29des grands principes.
20:31Ça fait les 9-10e.
20:32Et ensuite, faisons confiance
20:35aux syndicats et aux patronats
20:36pour discuter ensemble,
20:37branche par branche,
20:38entreprise par entreprise.
20:39C'est ce que j'appelle
20:39mieux partager le pouvoir en France.
20:41Il y a trop de choses
20:42qui sont décidées ou discutées
20:44à Paris, à l'Assemblée nationale
20:45ou au gouvernement.
20:46C'est quand même pas normal
20:47qu'il y ait un psychodrame
20:48à l'Assemblée nationale
20:49pendant des semaines
20:50sur la question de savoir
20:51si les boulangers et les fleuristes
20:52peuvent travailler le 1er mai.
20:53Vous vous rendez compte
20:54de tous les sujets
20:55dont on parle dans le monde ?
20:56Ça, ça devrait pouvoir être tranché,
20:57décidé par les partenaires sociaux
20:59eux-mêmes, branche par branche.
21:00C'est tout simplement
21:01ce que je propose.
21:01Ce créneau du travailler plus
21:03pour ceux qui veulent,
21:04Alain Dommel,
21:04est-ce que vous pensez
21:05que ce sera l'un des thèmes
21:06de la présidentielle ?
21:07Je pense que la question
21:08de la durée du travail,
21:09oui, ça sera un des thèmes,
21:10certainement.
21:11Et les conditions
21:12dans lesquelles ça peut se passer
21:13puisque c'est au fond ça.
21:15C'est si on accepte
21:18la possibilité
21:20à l'initiative de salariés
21:21de pouvoir travailler plus,
21:24il faut savoir
21:24quelles sont leurs garanties réelles,
21:26quelle est leur autonomie réelle
21:27de décision,
21:28quels sont leurs avantages réels.
21:29Mais que ce soit
21:30un thème intéressant,
21:31oui, oui, oui.
21:32Et c'est vrai que globalement
21:34en France,
21:35on travaille beaucoup,
21:37mais que dans pas mal de secteurs,
21:40ça serait très bien
21:40qu'on travaille encore plus.
21:42Vous touchez aux jours fériés ?
21:43Non, moi,
21:44quand François Bayrou
21:45a proposé de supprimer
21:46deux jours fériés
21:47sans rémunération supplémentaire,
21:49donc là, c'était
21:49travailler plus
21:50sans gagner plus,
21:52je n'y suis opposé.
21:53Moi, je suis pour que
21:54les Français qui le souhaitent
21:55puissent travailler davantage
21:56et être mieux rémunérés pour ça.
21:57Et ensuite,
21:58je suis pour qu'il y ait
21:59davantage de Français
22:00qui travaillent.
22:01Il y a beaucoup
22:02de comparaisons
22:03qui sont faites
22:04entre la France
22:04et les autres pays européens
22:06sur la quantité de travail.
22:07Mais quand vous regardez,
22:08les Français qui travaillent
22:09en France
22:10ne travaillent pas
22:11beaucoup moins
22:11que chez nos voisins européens.
22:12c'est globalement
22:13beaucoup plus tard.
22:15C'est-à-dire qu'ils commencent
22:16plus tard
22:17et qu'ils finissent plus tôt.
22:18Oui, c'est ça.
22:19Donc, la quantité de travail
22:20globale,
22:21mais ce n'est pas
22:21le nombre d'heures
22:22que font les gens
22:22qui travaillent en France
22:23aujourd'hui.
22:24C'est important de le dire
22:25parce que parfois,
22:25on a l'impression
22:26qu'il y a des espèces
22:26d'injonctions
22:26sur les Français
22:27qui bossent,
22:28qui sont objectivement
22:28déjà fatigués,
22:29à leur dire
22:30vous devez travailler
22:30encore plus.
22:31Il faut déjà
22:31qu'on soit plus nombreux
22:32à travailler.
22:33C'est pour ça
22:33que je défends
22:34la réforme
22:34de l'assurance-chômage
22:35qu'on avait préparée
22:36avec mon gouvernement
22:37qui a été interrompue
22:38par la dissolution.
22:39Je défends la réforme
22:40que j'avais portée
22:41pour généraliser
22:41les 15 heures d'activité
22:43en face du RSA
22:44pour remettre le pied
22:45à l'étrier
22:45à des Français
22:46pour qu'ils puissent
22:47retrouver le chemin
22:48du travail.
22:48C'est ça pour moi
22:49la priorité.
22:49Mais il y a une grande question
22:50qui est l'âge
22:52auquel on commence
22:53effectivement à travailler.
22:55Et là,
22:55de ce point de vue,
22:56en France,
22:57on commence à travailler
22:58réellement plus tard
22:59que dans les pays comparables
23:00et c'est un handicap.
23:01Oui, c'est pour ça
23:02qu'on doit repenser aussi
23:03notre orientation,
23:06l'enseignement supérieur.
23:07Il faut assumer
23:07de démassifier
23:08l'enseignement supérieur
23:09en partie,
23:10de développer
23:10un certain nombre
23:10de filières
23:11dont on sait...
23:12Ça veut dire quoi
23:13de démassifier ?
23:14J'ai mis une interview
23:15en disant
23:15que certaines études
23:16sont trop longues.
23:17Oui.
23:18Il y a eu
23:19le tournant chevènement
23:20quand même,
23:21ministre de l'Éducation nationale
23:22considérant qu'il y avait
23:24non seulement
23:25une aptitude
23:26qui était tout à fait bien
23:27en théorie,
23:28mais aussi la nécessité
23:29que beaucoup plus de gens
23:30soient aillés à l'université
23:32plus longtemps
23:33alors que, par exemple,
23:34on avait encore
23:35des efforts gigantesques
23:36à faire
23:36dans ce qui marche très bien
23:38que sont les IUT.
23:39Mais vous allez aller voir
23:40les jeunes,
23:40Gabriel Attal,
23:41en leur disant
23:41faites moins d'études ?
23:42Non, pas du tout.
23:42Moi, je veux que les jeunes,
23:44d'abord,
23:44on leur donne l'horizon
23:45de tous les possibles
23:46quand ils sont à l'école
23:47et encore aujourd'hui,
23:48même si on a fait des choses
23:49pour changer ça,
23:50il y a encore
23:51une trop grande fracture
23:52entre l'éducation nationale,
23:53l'école
23:53et le monde économique
23:55et l'entreprise.
23:55Moi, je veux que les jeunes,
23:56ils puissent tout découvrir
23:57pendant qu'ils sont à l'école
23:59et je veux qu'ensuite,
24:00on soit transparent avec eux
24:01sur les débouchés
24:02en matière d'emploi,
24:03filière par filière
24:04pour qu'on puisse avoir
24:05des jeunes
24:05qui, évidemment,
24:06s'orientent vers des filières
24:07dans lesquelles
24:08ils savent qu'ils auront
24:09des débouchés
24:09en matière d'emploi
24:10et en matière
24:10de bonne rémunération ensuite.
24:11On va parler de votre livre
24:12dans un instant,
24:13Gabriel Attal.
24:13On parlait du 1er mai
24:15il y a deux minutes.
24:16Je voudrais juste montrer
24:17aux téléspectateurs
24:17de BFMTV
24:18un petit échange
24:19qu'il y a eu
24:19sur les réseaux sociaux
24:20entre vous
24:21et la France insumise
24:22au sujet du 1er mai.
24:24C'est vous qui écrivez
24:25à Jean-Luc Mélenchon
24:26le 1er mai
24:27en disant
24:27le micro dans lequel
24:28vous parlez,
24:28la scène sur laquelle
24:29vous vous tenez,
24:29l'organisation du meeting
24:30depuis lequel vous vous exprimez,
24:32les caméras qui vous diffusent
24:33ont été installées
24:33par des travailleurs
24:34qui travaillent le 1er mai.
24:36Vous êtes-vous assuré
24:37qu'ils sont bien payés
24:38double aujourd'hui ?
24:39Je crois que c'est
24:39Mathilde Panot,
24:40la chef de file
24:41des députés LFI
24:42qui s'est chargée
24:43de vous répondre.
24:44Ce sont des militants
24:45politiques bénévoles.
24:47Oui, ça reste à prouver.
24:47Elle vous a mis
24:48un petit taquet là quand même, non ?
24:49Ça reste à prouver, je crois.
24:50Non, mais c'est parce que
24:51Jean-Luc Mélenchon
24:51m'avait interpellé.
24:52Avouez qu'elle vous a eu.
24:53Vous pouvez reconnaître
24:53que vous vous êtes un peu, non ?
24:54Je vous l'épreuve.
24:56Jean-Luc Mélenchon
24:56m'avait interpellé
24:57depuis la scène
24:57et je lui ai répondu
24:58« En fait, pour que vous puissiez
24:59organiser cet événement aujourd'hui,
25:00il y a des gens qui ont travaillé.
25:01Quand bien même, Marc Fauvel,
25:03les gens qui ont installé
25:04cette scène et le micro
25:05sont des bénévoles,
25:07plutôt des entreprises
25:08pour avoir organisé
25:08et organisé des meetings politiques,
25:10je peux vous dire
25:10que c'est plutôt
25:10des entreprises
25:11et des professionnels.
25:12Quand bien même,
25:13ce serait le cas,
25:13il me semble que le meeting
25:14était diffusé par des caméras,
25:16de la presse,
25:17des médias.
25:18Et là, ce ne sont pas des bénévoles,
25:19mais des gens qui ont travaillé
25:20en ce premier mai.
25:20Vous ne pouvez pas tenir aux Insoumis,
25:22c'est de votre faute
25:23si les journalistes
25:23travaillent le premier mai.
25:24C'est aussi, Marc Fauvel,
25:25pour mettre en avant
25:26une forme d'hypocrisie
25:26qu'on voit aujourd'hui
25:27à la France Insoumise
25:28sur beaucoup de sujets
25:29et notamment sur celui-là.
25:30Vous publiez donc,
25:31voilà, pour cette mise au point
25:32« En homme libre »
25:33aux éditions de l'Observatoire.
25:34C'est un livre
25:35à la fois politique
25:36et personnel
25:36que vous avez lu,
25:37évidemment, Alain Duhamel.
25:39Je dis personnel
25:40parce qu'on apprend des choses
25:40sur votre père,
25:41sur son décès
25:42quand vous aviez 26 ans,
25:44sur ses addictions
25:45aux jeux,
25:46à la drogue notamment.
25:47On apprend aussi des choses
25:48sur votre couple
25:49avec Stéphane Séjourné.
25:50Vous racontez
25:52les méandres
25:52de votre vie de couple
25:53avec M. Séjourné.
25:55Votre rupture
25:56avec Emmanuel Macron
25:57au moment de la dissolution.
25:59Alain Duhamel,
26:00qu'est-ce que vous en avez retenu ?
26:02Est-ce que c'est un bon livre ?
26:03Est-ce qu'on apprend des choses
26:04sur un homme
26:05qui brillera sans doute
26:06bientôt l'Élysée ?
26:07Alors, d'abord dans la forme...
26:09Il y a beaucoup de questions.
26:09Oui.
26:10D'abord, dans la forme,
26:11c'est un livre
26:12qui donne le sentiment
26:13d'avoir été écrit
26:14par son auteur,
26:14ce qui est assez rare
26:15en politique.
26:17Ensuite,
26:18c'est un livre
26:18qui est, à mes yeux,
26:21plus un autoportrait
26:22qu'une autobiographie.
26:24Et ce qui est piquant
26:26et différent,
26:26c'est qu'en général,
26:28quand on en est
26:29à faire quelque chose
26:31qui comporte
26:32une part d'autoportrait,
26:34ce sont plutôt
26:35des hommes politiques
26:36de 75 ans
26:37qui s'y mettent.
26:38Et là, ça m'a amusé
26:39mais intéressé
26:40de voir que
26:41c'était le cas
26:42de quelqu'un
26:42qui me paraît
26:43monstrueusement jeune.
26:47C'est jeune,
26:4737 ans,
26:48pour faire son autoportrait.
26:49Non, mais c'est un livre
26:51dans lequel je raconte
26:52comment je me suis
26:52construit et engagé
26:53en politique.
26:55Je raconte,
26:56c'est la plus grande partie
26:56de ce livre,
26:57mon action au gouvernement,
26:59dans les différents ministères,
27:00jusqu'à Matignon.
27:01Je raconte cet épisode
27:02de la dissolution,
27:03effectivement,
27:03puisque une des questions
27:05que me posent le plus
27:06les Français
27:06quand je me déplace
27:07aujourd'hui,
27:09c'est autour
27:09de cette dissolution.
27:10Ils me disent
27:10mais comment,
27:12on ne comprend pas
27:12pourquoi est-ce qu'il y a eu
27:13ce choix-là,
27:14comment ça s'est fait,
27:15comment c'est possible
27:15que vous n'ayez pas
27:16été au courant.
27:17Effectivement,
27:18dans ce livre,
27:19je raconte ce que les Français
27:19ne voient jamais dans les médias,
27:20c'est-à-dire ce qu'il y a
27:21derrière les portes,
27:22dans les coulisses,
27:23dans les réunions
27:23qui ont mené à ce choix.
27:24Et puis, je donne
27:25un certain nombre
27:25de perspectives.
27:26Et vous racontez
27:26sur la dissolution
27:27qu'Emmanuel Macron
27:28vous a un peu menti.
27:29Je raconte les choses
27:30cliniquement et factuellement.
27:31C'est-à-dire que je dis
27:33quasiment heure par heure
27:34ce qui s'est passé
27:34dans les jours
27:35et les semaines
27:35qui ont précédé.
27:36Et ensuite,
27:37c'est à chaque lecteur
27:37de se faire sa propre opinion.
27:39Quand on a lu,
27:41on se dit mensonge
27:42par omission.
27:43C'est à chaque lecteur
27:44de se faire son opinion,
27:45mais en tout cas,
27:45chacun peut se la faire.
27:46C'est-à-dire,
27:46pardon, je vais décrypter,
27:47vous allez voir Emmanuel Macron,
27:49vous lui dites,
27:49j'ai entendu dire que
27:50tu ou vous,
27:52que vous alliez dissous
27:54de l'Assemblée nationale
27:54et il vous répond
27:57ce que vous prenez
27:58pour un « f »
27:58qui veut dire n'importe quoi.
27:59Il y a ça
28:00et puis un certain nombre
28:01de réunions d'échanges
28:02qui ont eu lieu
28:02dans les jours,
28:03les semaines précédentes.
28:05Mais voilà,
28:05c'est à chacun
28:06de se faire son avis
28:07sur la question.
28:07Et puis,
28:08il y a une partie
28:09plus prospective
28:10où je dis
28:11un certain nombre de choses
28:12que je crois nécessaires
28:12pour le pays
28:13et pour l'Europe
28:14pour les années à venir.
28:15Je ne sais pas
28:16si le terme autoportrait
28:17est le bon.
28:17Peut-être que
28:18dans ce récit
28:19de ce que j'ai eu à faire
28:20et de ce que je veux faire,
28:21on voit un certain nombre
28:22de traits de caractère
28:23et de personnalité.
28:24On les voit.
28:25On les voit.
28:26Alain Dommel,
28:27il y a quelques semaines
28:28les photos de Jordan Bardella
28:29et de sa compagne
28:29à la une de Paris Match.
28:30Là, il y a Gabriel Attal
28:31qui nous raconte
28:33son enfance,
28:34des drames aussi,
28:36sa vie privée,
28:37également le fait
28:38que vous êtes homosexuel.
28:39Vous le racontez
28:40dans ce livre,
28:40Gabriel Attal.
28:41Est-ce qu'il faut
28:42en passer par là aujourd'hui ?
28:43Est-ce qu'il y a forcément
28:43à un moment
28:44d'un parcours politique,
28:45un moment où il faut
28:47ouvrir grand la porte
28:47sur sa vie privée ?
28:49C'est un problème vieux
28:50comme la vie politique.
28:52Mais ce qui est vrai,
28:53c'est qu'aujourd'hui,
28:54la pression des médias
28:55en général
28:56est monstrueusement
28:58plus forte
28:59qu'elle n'existait
29:00il y a une génération
29:00et a fortiori auparavant.
29:02Évidemment.
29:03Donc aujourd'hui,
29:04bon, ben voilà,
29:06il y a les médias,
29:08il y a les réseaux sociaux,
29:10il y a les portables,
29:12il y a les gens,
29:12on ne peut pas mettre
29:13le nez dehors
29:13sans qu'il y ait
29:14quelqu'un de photographie,
29:15etc.
29:16Donc ça ne se passe pas
29:17comme ça se passait avant.
29:19Est-ce que c'est pire ?
29:20Je ne suis pas sûr
29:21que ce soit pire
29:22au bout du compte.
29:23Parce qu'avant,
29:24on disait beaucoup de choses
29:27invérifiables
29:27sous le menton.
29:28Le manteau.
29:30Aujourd'hui,
29:31on dit
29:32et on montre
29:33beaucoup de choses
29:34qui sont plus vérifiables,
29:35qui ne sont pas toujours
29:36très généreuses
29:37ni bien intentionnées.
29:40mais est-ce que ça n'est pas
29:41une forme de démocratie
29:43en progrès, peut-être ?
29:44Pourquoi raconter
29:45votre vie privée ?
29:46Est-ce que vous avez hésité
29:47à le faire
29:47ou est-ce que vous dites
29:48qu'il y a un moment,
29:48il faut tout balancer ?
29:49D'abord,
29:50quand vous n'en parlez pas
29:50vous-même,
29:51d'autres en parlent
29:51à votre place.
29:53Combien il y a eu
29:54d'articles,
29:55de portraits dans la presse
29:56où on parlait
29:56de ma vie privée,
29:57de mon couple ?
29:58Pardon,
29:58vous auriez pu dire
29:59je suis homosexuel,
30:00c'est ma vie,
30:01ça me regarde,
30:01sans nous raconter,
30:03pas dans le détail,
30:04mais le fait
30:05que vous avez rompu
30:06avec Stéphane Séjourné,
30:07que vous vous êtes ensuite
30:07remis avec lui.
30:08En quoi ça,
30:09ça intéresse les Français ?
30:10D'abord,
30:11il y a des personnes
30:11qui souhaitent savoir
30:13comment est-ce que je vis,
30:14avec qui je vis.
30:16On a été en couple ensemble.
30:17Ensuite,
30:17quand j'ai été nommé
30:18Premier ministre,
30:19qu'il était dans mon gouvernement,
30:20les médias eux-mêmes
30:20ont demandé
30:21si on était en couple
30:23ensemble encore.
30:24On a répondu que non.
30:25Aujourd'hui,
30:25on est en couple ensemble.
30:26Donc, je le dis.
30:27Voilà, encore une fois,
30:28les questions en général
30:28viennent avant tout
30:29de la presse
30:30plus que d'une volonté
30:31de communiquer.
30:32Et ensuite,
30:35c'est d'abord à montrer
30:36comment est-ce qu'un certain
30:37nombre de choses
30:37que j'ai traversées
30:38ont nourri aussi
30:39mon engagement politique.
30:40Quand je raconte
30:42les difficultés
30:43qu'a eues ma mère
30:43après le divorce
30:45avec mes parents,
30:46ma mère qui n'avait jamais travaillé,
30:47qui a dû se construire seule,
30:49ça fait écho aussi
30:50à un combat que je veux mener
30:51sur les mères célibataires,
30:52les mamans solos
30:53qui sont plusieurs millions
30:54en France aujourd'hui.
30:55Et je vais vous dire même
30:56sur la question de l'homosexualité,
30:58Marc Fauvel,
30:58j'en ai parlé très peu
30:59par le passé.
31:00J'en ai parlé
31:01dans ma déclaration
31:02de politique générale
31:03quand j'étais Premier ministre.
31:05Vous n'imaginez pas
31:05le nombre de messages
31:06que j'ai reçus
31:07de Français,
31:08de jeunes ou de moins jeunes,
31:10gays,
31:10qui m'ont dit
31:11« Vous ne pouvez pas imaginer
31:12à quel point ça m'a aidé
31:13pour assumer
31:14auprès de mes parents,
31:15assumer dans mon cercle professionnel,
31:16dans mon cercle amical. »
31:17Et donc, quelque part,
31:18je pense que c'est aussi
31:19un moyen de faire progresser
31:20les mentalités.
31:21Vous pensez qu'il y a encore
31:22aujourd'hui dans la classe politique
31:23des personnes homosexuelles
31:24qui n'osent pas le dire ?
31:25Non, c'est pas ce que je dis.
31:26Non, non,
31:26c'est une question que je vous pose.
31:27Probablement,
31:28j'en sais rien.
31:28Mais moi, ce que je dis simplement,
31:29c'est que le fait d'en parler,
31:31j'ai pu le mesurer
31:31et je le mesure
31:32à chaque fois que j'en parle,
31:33je reçois des messages.
31:34Vous avez des personnes
31:35parce que c'est encore difficile
31:36aujourd'hui en France,
31:37dans un certain nombre de milieux,
31:38dans un certain nombre d'endroits,
31:39de s'assumer et de le vivre.
31:40Et vous avez des personnes
31:41qui vous disent
31:42« Ça m'a aidé,
31:43j'ai pu en parler à mes parents,
31:44j'ai pu en parler autour de moi
31:45parce que, quelque part,
31:46le fait d'avoir
31:46une personnalité politique
31:48de premier plan qui en parle,
31:50ça fait changer,
31:51ça fait progresser les mentalités. »
31:55Alain Demel,
31:56aujourd'hui sont prêts
31:57à élire un président
31:58ou une présidente homosexuelle
31:59ou est-ce que ça restera
32:00à un moment
32:02un obstacle dans une campagne ?
32:03Alors, ça restera
32:04un sujet de controverse
32:06dans la campagne,
32:07certainement.
32:08Encore aujourd'hui ?
32:08Même de polémique,
32:09bien sûr,
32:09parce qu'il y a des partis
32:10qui s'y prépareraient,
32:12se précipiteraient même,
32:14ça je crois.
32:15Est-ce que ça empêcherait
32:16le résultat d'être positif ?
32:19Pas forcément du tout.
32:20Au contraire,
32:21ça peut tout à fait
32:22susciter d'autres réactions
32:23en sens inverse.
32:25Autrement dit,
32:25si votre question c'est
32:27est-ce qu'on peut être homosexuel
32:29et aspirer à tous les postes de pouvoir,
32:32y compris le premier d'entre eux ?
32:33Ma réponse, c'est oui.
32:35Vous n'avez pas de doute là-dessus,
32:36Gabriel Attal.
32:37Ce ne sera pas un moment
32:38un argument
32:39qui pourrait vous attendre
32:40à des attaques là-dessus
32:41pendant la campagne ?
32:42Moi, j'ai déjà des attaques
32:44quotidiennement.
32:44Je reçois des messages
32:46d'injures homophobes
32:47sur les réseaux sociaux
32:48ou par courrier,
32:48mais je crois que ça ne reflète pas
32:50du tout la majorité des Français.
32:51Moi, je pense qu'on est un pays
32:52qui est beaucoup plus ouvert,
32:54beaucoup plus tolérant
32:54qu'on veut bien le croire.
32:55C'est pour ça que j'en avais parlé
32:57dans ma déclaration de politique générale.
32:58J'avais dit,
32:59il y a à peu près dix ans,
33:00on se déchirait sur...
33:01La France se déchirait
33:02sur le mariage pour tous
33:03et aujourd'hui,
33:04un Premier ministre
33:06assume ouvertement
33:07son homosexualité
33:08sans que ça pose
33:08le moindre problème.
33:09Donc, voilà.
33:10Moi, je crois que les Français
33:11sont beaucoup plus ouverts
33:12qu'une minorité haineuse
33:14qui ne les résume pas.
33:15Est-ce que vous avez envoyé
33:16votre livre à Emmanuel Macron
33:17interrogé il y a quelques jours ?
33:18Il a dit,
33:18je ne l'ai pas reçu,
33:19mais bien sûr,
33:19je le lirai s'il me l'envoie.
33:20Je lui ai envoyé,
33:21bien sûr.
33:22Récemment ?
33:23Je lui ai envoyé
33:23le jour de la sortie.
33:25Le 23 ?
33:25Avant la sortie.
33:26Pourtant,
33:26quelques jours après,
33:27il a dit qu'il ne l'avait pas eu.
33:28Si, si,
33:28c'était juste avant.
33:29Il y avait une dédicace ?
33:30Bien sûr,
33:31il y avait un petit mot.
33:31Vous vous reparlez depuis ?
33:33Je n'ai pas eu d'échange
33:34avec le Président récemment, non.
33:36Depuis la dissolution ?
33:38Je crois que notre dernier entretien
33:41date du mois de novembre 2024.
33:43Ah oui, quand même ?
33:44C'est en tête à tête.
33:48Après,
33:48il y avait l'ensemble
33:49des chefs de parti
33:49qui étaient invités.
33:50Vous dirigez le groupe Renaissance
33:52et vous ne parlez pas au Président ?
33:53Marc Fauvel,
33:54encore une fois,
33:55il est Président de la République.
33:57Mais vous êtes sa majorité ?
33:58Comment ?
33:59Vous êtes sa majorité ?
34:00Aujourd'hui,
34:00il n'y a plus vraiment de majorité.
34:01Aujourd'hui,
34:01il n'y a plus vraiment de majorité.
34:03Vous avez un attelage
34:04qui permet à un gouvernement
34:05de tenir.
34:07Voilà,
34:07maintenant,
34:07encore une fois,
34:08j'ai du respect
34:09et de la reconnaissance
34:10pour le Président de la République.
34:11Du respect parce que
34:13c'est le Président de la République.
34:15Vous n'avez jamais entendu
34:15remettre en cause
34:16sa légitimité ?
34:17Vous avez dit
34:18que je ne le comprends plus.
34:18Je n'ai jamais appelé
34:19à sa démission,
34:20par exemple,
34:21parce que je considère
34:22que c'est le Président,
34:22c'est la clé de vous
34:24de nos institutions
34:25et de la reconnaissance
34:26parce que je n'aurais pas pu
34:27servir mon pays
34:28dans les plus hautes fonctions
34:29si le Président de la République
34:30ne m'avait pas permis
34:31de le faire.
34:32Alain Dommel,
34:33est-ce que c'est un livre
34:33pour vous pour couper le cordon
34:35avec Emmanuel Macron ?
34:36Je ne crois pas
34:37que ce soit fait pour ça
34:38parce qu'il me semble
34:39que le cordon
34:40était déjà coupé.
34:42Auprès des Français peut-être ?
34:43Oui, sûrement.
34:45Non, ce qui m'a frappé,
34:47c'est l'exposition
34:50d'une personne
34:52qui veut montrer
34:55qui il est.
34:56Et je répète,
34:57ce qui n'est pas banal,
34:58c'est de le faire,
35:01quand je dis aussi jeune,
35:03néanmoins jeune,
35:05alors que c'est le genre de choses
35:07qui étaient faites
35:08de façon beaucoup plus indirecte,
35:11donc forcément
35:12moins intéressante aussi.
35:13mais à la fin de sa vie.
35:15Je pense que Gabriel Attal
35:16est assez loin
35:17de la fin de sa vie
35:18et qu'il le fait.
35:19Et qu'il est robre.
35:21Non, mais c'est vrai
35:22qu'à travers ce que je dis
35:23de mon action
35:24au ministère
35:25de l'Éducation nationale
35:25en tant que Premier ministre,
35:27en tant que ministre à Bercy,
35:29porte-parole du gouvernement,
35:30secrétaire d'État
35:31à la Genèse,
35:32je dis aussi
35:32de ce en quoi je crois
35:33et de qui je suis.
35:34Et c'est vrai
35:35que je parle aussi
35:36d'autres questions
35:37de comment je me suis construit
35:38politiquement,
35:39de ce en quoi je crois.
35:41et c'était important
35:42pour moi
35:42de me livrer
35:44et d'échanger
35:44avec les Français
35:45sur tous ces sujets.
35:46Et vous savez,
35:47je me déplace beaucoup
35:47pour des dédicaces.
35:49J'étais mardi à 18h
35:50à Bordeaux
35:51à la librairie Molla.
35:53Bien connu.
35:54J'échange avec...
35:55Et c'est très intéressant
35:55parce qu'il commence
35:56à y avoir des Français
35:57qui viennent en ayant
35:57déjà lu le livre.
35:58En général,
35:59au début,
35:59ils viennent pour l'acheter.
36:00Et c'est très intéressant
36:01parce que vous avez des gens
36:03qui viennent me parler
36:03d'éducation
36:04parce que j'en parle
36:04beaucoup dans le livre.
36:05Vous avez des gens
36:05qui viennent me parler
36:06d'agriculture
36:06parce que j'en parle aussi
36:07beaucoup dans le livre.
36:08Vous avez des gens,
36:08effectivement,
36:09qui viennent me parler
36:10de ce que je raconte
36:11de moi,
36:11de mon enfance.
36:12Vous avez des gens
36:13qui viennent me parler
36:14de la dissolution.
36:14Voilà.
36:15C'est aussi un levier
36:16pour des échanges différents
36:18avec les Français.
36:18Alors, vous dites
36:19qu'il y a beaucoup de Français
36:19qui viennent aux séances
36:20de dédicaces.
36:21Nos confrères du Parisien
36:22ont noté
36:22qu'il y avait aussi
36:23beaucoup de Chinois.
36:24Oui, j'ai vu ça.
36:25Et là, il y a un vrai mystère.
36:26Il paraît que vous êtes...
36:27Il y a une attalmania
36:28sur certains réseaux sociaux chinois.
36:31Vous pouvez nous expliquer ?
36:32Ben non,
36:37mais les réseaux sociaux
36:38n'ont pas de frontières.
36:40Donc, j'imagine que...
36:41Il y a un algorithme
36:41qui favorise Gabriel Attal
36:43en Chine.
36:43Je ne pense pas, non.
36:44Mais vous avez, effectivement,
36:46des vidéos,
36:46des photos
36:47qui sont partagées.
36:48Mais moi, ce qui m'importe,
36:49ce n'est pas d'être populaire
36:51en dehors de France,
36:51c'est de convaincre les Français.
36:52Oui, mais ce n'est pas la Chine
36:53qui va voter,
36:53c'est ce que j'allais vous dire.
36:54Vous les voyez ?
36:55Il y a beaucoup de Chinois
36:55qui viennent à vos dédicaces,
36:56effectivement, de touristes.
36:57En fait, c'est vos confrères eux-mêmes
36:59qui couvraient la dédicace,
37:06les contenus sur les réseaux sociaux.
37:08En tout cas,
37:09quand on lit ce livre,
37:10s'il y a une chose
37:12qu'on ne se demande pas vraiment,
37:14c'est si c'est le livre
37:15d'un candidat ou non,
37:16parce que c'est le livre
37:17d'un candidat.
37:18Il paraît, je crois,
37:19qu'il y a une réunion demain
37:20chez Renaissance
37:20qui pourrait peut-être
37:22faire avancer les choses
37:22ou en tout cas,
37:23on aura l'occasion
37:24d'en reparler.
37:25On ne sait pas
37:26qui, Gabriel Attal,
37:27représentera les couleurs
37:28du Rassemblement national
37:28à la présidentielle,
37:29Jordan Bardella
37:30ou Marine Le Pen.
37:31La décision de justice
37:32est attendue le 7 juillet prochain.
37:34En attendant,
37:35Jordan Bardella,
37:36s'est adressée à vous
37:37ainsi qu'aux autres
37:39anciens premiers ministres
37:40d'Emmanuel Macron.
37:40C'était dans son discours
37:41du 1er mai.
37:43La question que je pose,
37:44et elle est très sérieuse
37:45à M. Attal,
37:46comme à M. Philippe
37:47et à M. Rotaillot,
37:48qu'avez-vous fait de la France ?
37:49Ils ont été au pouvoir
37:51depuis 10 ans.
37:52Comment peuvent-ils
37:53incarner la rupture ?
37:54Comment peuvent-ils
37:55incarner le renouveau ?
37:57Comment peuvent-ils
37:57comprendre les Français
37:58quand ils ont été
37:59si sourds
38:00aux douleurs de notre pays ?
38:02Venir aujourd'hui
38:03devant les Français,
38:04essayer d'être
38:05plus blancs que blancs,
38:06nous expliquer ce qu'ils
38:07vont faire demain,
38:08alors qu'ils ont mis
38:08notre pays dans une situation
38:09de déclin sans précédent.
38:12Mais ces gens-là
38:12devraient se couvrir de honte,
38:14s'habiller en noir
38:14et demander pardon aux Français.
38:16Ces gens-là devraient
38:17se couvrir de honte.
38:18C'était mercredi dernier.
38:19Il n'est jamais excessif
38:20Jordan Bardella
38:21quand il s'exprime,
38:21c'est ça qui est bien.
38:23Écoutez, d'abord,
38:24le fait d'avoir été aux responsabilités,
38:25ça vous apprend aussi
38:26un certain nombre de choses.
38:27Est-ce que tout a été réussi ?
38:28Bien sûr que non.
38:29Est-ce qu'il y a des erreurs
38:30qui ont été faites ?
38:31Bien sûr que oui.
38:32Et c'est aussi ce qui vous permet
38:33d'avoir une forme d'expérience
38:35sur la gestion de l'État,
38:37des politiques publiques,
38:38pour ensuite pouvoir changer
38:39les choses.
38:40Et ensuite,
38:41pouvoir prendre toutes les déclarations
38:42de Jordan Bardella
38:43ou de Marine Le Pen
38:43ces dernières années.
38:44On pourrait leur faire
38:45exactement la même critique
38:46sur le fait qu'ils se sont plantés
38:47à peu près sur tout.
38:48C'est-à-dire ?
38:49Je rappelle que, par exemple,
38:50en 2022,
38:51au moment du déclenchement
38:52de la guerre en Ukraine,
38:53ils plaidaient pour une alliance
38:54militaire avec la Russie.
38:55Ils se seraient retrouvés
38:56en situation,
38:56s'ils avaient été élus,
38:57de devoir aller aider la Russie
38:59à attaquer l'Ukraine
38:59plutôt que l'Ukraine
39:00à résister à la Russie.
39:01Je rappelle que sur le nucléaire,
39:03ils nous ont expliqué
39:03pendant des années
39:04qu'il fallait arrêter
39:05le nucléaire en France.
39:06Aujourd'hui,
39:07ils font des reproches
39:08sur le sujet aux différents...
39:09Emmanuel Macron a changé
39:10aussi un peu de sujet.
39:11C'est ce que je vous dis,
39:12Marc Fauvel,
39:12c'est que tout n'est pas blanc,
39:14tout n'est pas noir
39:15dans un parcours
39:16et dans une action.
39:17Il peut y avoir des erreurs.
39:18L'important,
39:19c'est de les reconnaître
39:19et surtout d'en tirer
39:20des enseignements pour l'avenir.
39:21Alain Domel,
39:22qui, entre Jordan Bardella
39:23et Marine Le Pen,
39:23serait le plus difficile
39:24à battre pour un candidat
39:26du centre,
39:27de la droite ou de la gauche ?
39:27Jordan Bardella.
39:29Le plus difficile,
39:29Jordan Bardella ?
39:30Oui.
39:30Pourquoi ?
39:31Il n'a pas de passif.
39:33Il n'a pas le même nom.
39:35Le nom Le Pen,
39:36c'est comme des noms illustres
39:39dans l'histoire.
39:40Donc,
39:41quand on l'est,
39:42on l'est.
39:42Lui,
39:43il ne l'est pas.
39:44Il a les mêmes idées,
39:46mais il n'a pas le même nom.
39:47Et d'autre part,
39:48il a l'avantage
39:49de sa jeunesse,
39:51qui est de l'inexpérience,
39:53qui est sans formation
39:55autre que strictement politique.
39:58Bon,
39:59c'est intéressant d'ailleurs
40:00que Gabriel Attal
40:03et Jordan Bardella...
40:0567 ans à eux deux.
40:07Oui.
40:08Soit des politiques
40:09pures,
40:09entre guillemets,
40:10c'est-à-dire
40:11ces temps
40:12dont la vocation politique
40:14a été
40:16instantanée
40:17à l'âge adulte
40:18et même sans doute
40:19un peu antérieure.
40:21Pour le reste,
40:23moi,
40:23j'avais déjà dit,
40:24d'ailleurs,
40:24ça avait fait l'objet
40:25d'une petite polémique
40:26il y a au moins deux ans,
40:28que ça serait
40:29le tandem
40:30qui s'affroncerait.
40:31J'avais même dit
40:31comme il y a eu
40:32Fabius Juppé,
40:33il y aura
40:34Bardella à Attal.
40:35Et ça avait fait
40:36une polémique.
40:37Mais je crois
40:37qu'il y aura
40:38Bardella à Attal
40:39et je pense
40:39qu'il y aura
40:40Bardella à Attal
40:41au-delà
40:42de cette élection
40:43présidentielle.
40:43Vous vous préparez
40:44à ça ?
40:45Moi,
40:46j'ai débattu
40:46à de nombreuses reprises
40:47avec Jordan Bardella
40:49au moment
40:50de l'élection
40:50présidentielle
40:51de 2022,
40:52déjà,
40:53au moment
40:53des élections
40:54européennes
40:54et au moment
40:55des élections
40:55législatives
40:56qui ont suivi
40:56la dissolution.
40:58Donc voilà,
40:58j'ai une forme
40:59d'habitude
40:59maintenant
41:00à débattre
41:00avec lui.
41:01Et je retiens
41:02notamment
41:03des élections
41:04législatives
41:04et de la dissolution
41:05qu'une campagne,
41:07des débats,
41:08ça peut aussi inverser
41:09quelque chose
41:09qui est vu
41:09comme une forme
41:10de fatalité
41:11inéluctable.
41:11Souvenez-vous
41:12au lendemain
41:12de la dissolution,
41:14on écoutait
41:14les commentaires,
41:15on regardait
41:15les sondages,
41:16Jordan Bardella
41:17était déjà
41:17Premier ministre,
41:18le Rassemblement
41:19national avait
41:19déjà une majorité.
41:20On a fait
41:21une vraie campagne.
41:21Je me suis déplacé
41:22dans 60 circonscriptions,
41:23j'ai débattu
41:24cinq fois avec lui
41:25sur le plateau
41:25de télévision,
41:26à la fin,
41:26il a eu moins
41:27de députés
41:27que nous
41:28à l'issue
41:33à l'issue
41:34des élections.
41:35Le Rassemblement
41:35national a moins
41:36de députés
41:36que le bloc
41:37que nous représentons.
41:38Vous comptez
41:39les autres parties ?
41:40Le bloc
41:41avec lequel
41:41on a fait campagne
41:43Ensemble
41:43pour la République.
41:44Ensuite,
41:46la deuxième chose
41:46que je veux dire,
41:47c'est qu'il y a
41:48au fond une tenaille
41:49aujourd'hui
41:49entre le Rassemblement
41:50national
41:51et la France
41:51insoumise.
41:52Moi,
41:52je veux qu'on en sorte.
41:54Je veux que les Français
41:54ne soient pas condamnés
41:55à devoir choisir
41:56entre le Rassemblement
41:56national et la France
41:57insoumise
41:57au moment
41:58de l'élection
41:58présidentielle.
41:59Mais le moyen
42:00d'en sortir pour moi,
42:01c'est d'arrêter
42:02de parler en permanence
42:02de ces parties-là.
42:04D'arrêter de passer
42:05notre temps
42:05à nous définir
42:06comme contre les extrêmes,
42:07contre ces parties
42:08et de se remettre
42:08à parler d'un projet
42:10positif pour le pays.
42:11D'expliquer aux gens
42:12ce qu'on a envie de faire,
42:13pas qu'on a envie
42:14de battre un tel ou un tel.
42:15Et ça,
42:15je pense que c'est
42:16la plus grande
42:17révolution
42:17qu'on a à faire.
42:18Le problème pour vous,
42:19Gabriel Attal,
42:20c'est qu'il y a un seul candidat
42:20chez la France insoumise,
42:21sans doute Jean-Luc Mélenchon
42:22qui pourrait se déclarer
42:23dans les heures qui viennent,
42:23un seul candidat
42:25au Rassemblement national,
42:26ce sera Marine Le Pen
42:27au Jordan Bardella,
42:27alors qu'au centre,
42:28dans cet espace-là,
42:30vous êtes extrêmement nombreux.
42:31Il y a notamment
42:31un homme qui fait
42:32la course en tête aujourd'hui
42:33qui s'appelle
42:34Édouard Philippe.
42:35Est-ce qu'Alain De Hamel,
42:36Gabriel Attal,
42:37qui a aujourd'hui,
42:38selon les sondages,
42:39je sais,
42:39on est à un an de l'élection,
42:40mais une bonne dizaine
42:41de points de retard,
42:42peut rattraper Édouard Philippe
42:43dans cette course ?
42:44Ils sont plusieurs
42:45parce qu'il faut aussi
42:47citer par exemple
42:48Bruno Retailleau
42:50qui est dans le même camp.
42:51Il n'est pas dans
42:52la même famille.
42:53Il n'est pas dans la même famille.
42:55Je souligne,
42:56il n'est pas la même famille,
42:57mais c'est le même camp quand même.
42:58Bon,
42:59et qui est très différent.
43:00Il y en a d'autres
43:01qui ont des ambitions.
43:04Je pense que,
43:05de même que dans la gauche,
43:08non-insoumis,
43:09le problème sera de savoir
43:10s'ils parviendront ou pas
43:12à un ou une candidate unique.
43:15De même,
43:16dans ce bloc
43:17qui constitue la majorité,
43:20la question est de savoir
43:21s'il y aura un,
43:22deux ou trois candidats.
43:23et ça sera déterminant.
43:25C'est évident
43:25que s'il y a trois candidats,
43:27sauf s'il y en a un
43:28qui s'impose vraiment
43:30irrésistiblement.
43:30Ça existe dans les campagnes,
43:32ça existe.
43:33Mais ça n'est pas
43:35à qui non plus.
43:36Bon,
43:39il y a intérêt
43:40à ce qu'il n'y ait quand même
43:40pas trop de candidats
43:41de ce côté-là.
43:42Qu'est-ce que vous dites là-dessus,
43:43Gabriel Attal ?
43:43Que le meilleur gagne ?
43:46Ou primaire ?
43:47Ou on va se parler
43:48avec Édouard Philippe,
43:49avec Bruno Retailleau
43:50et vous verrez,
43:51à la fin,
43:51il n'en restera qu'un.
43:53Ce que je dis d'abord,
43:53c'est que si on veut empêcher
43:55cette tenaille
43:56et ce deuxième tour
43:56entre l'EFI et l'ERN,
43:58il faut qu'il y ait
43:58une vraie campagne.
44:00Parce qu'on a vu
44:00ce que c'était en 2022,
44:01une élection présidentielle
44:02sans campagne.
44:03Parce que le président
44:04s'est déclaré très tard,
44:06parce qu'il y avait
44:06la guerre en Ukraine,
44:07il n'y a pas eu
44:07de vrai débat
44:08à l'occasion
44:08de cette élection présidentielle.
44:10Ça crée de la frustration
44:11chez beaucoup d'électeurs.
44:13Ensuite,
44:13il n'y a pas
44:13de majorité absolue.
44:14Là, il faut
44:15une vraie campagne.
44:15Pour qu'il y ait
44:15une vraie campagne,
44:16c'est légitime
44:17qu'il y ait plusieurs candidats,
44:19y compris sur un même espace.
44:19Jusqu'au bout ?
44:20Y compris sur un même
44:21espace politique.
44:22Et ensuite,
44:22ce qu'il faut,
44:23c'est à l'approche
44:24de l'élection,
44:25s'il y a un vrai risque
44:26de second tour
44:27entre l'EFI et l'ERN,
44:28il faut qu'il y ait
44:29un rassemblement
44:29derrière celui ou celle
44:30qui est le plus à même
44:32de l'emporter
44:32dans un espace politique
44:33qui est cohérent.
44:34C'est important
44:34ce que vous dites là.
44:35Donc, si vous êtes
44:36mieux placé qu'Édouard Philippe,
44:37vous lui demanderez
44:38de se retirer.
44:39Si c'est l'inverse,
44:40c'est vous qui vous retirerez.
44:41Dans un premier temps,
44:42j'ai proposé qu'on mette
44:44en place ce qu'on appelait
44:45un comité de liaison,
44:46c'est-à-dire une instance
44:46dans laquelle vous avez...
44:48Ça s'appelle un téléphone,
44:49un comité de liaison.
44:50Non, mais c'est des réunions
44:51dans lesquelles vous avez
44:52un représentant d'Édouard Philippe,
44:53un représentant de mon parti
44:55qui se parle avec d'autres
44:56pour préparer
44:58ce rassemblement éventuel
44:59qui pourrait intervenir
45:00dans ces modalités.
45:01Et donc, il se voit,
45:02il y a des réunions
45:03qui ont lieu
45:06« Je ne serai pas celui
45:07qui fera perdre ma famille
45:08s'il le faut. »
45:09Je vais vous dire,
45:10personne ne voudra porter
45:11cette responsabilité-là.
45:13Personne.
45:14Et donc, l'enjeu, c'est
45:14comment est-ce qu'on organise
45:15les choses pour, encore une fois,
45:17être en situation de l'emporter.
45:19Mais pour l'emporter,
45:20je veux dire,
45:20ce n'est pas une question
45:21d'organisation arithmétique.
45:23C'est une question, avant tout,
45:24de projets dans lesquels
45:25vous devez susciter un espoir
45:27chez les Français
45:27à l'occasion de cette élection.
45:28Et ça, ça passe par une vraie campagne.
45:30Alain Dommel.
45:32La vraie campagne,
45:33elle commencera en septembre.
45:35Et le vrai moment
45:36de savoir s'il y aura
45:37un, deux ou trois candidats
45:39au sein de la majorité actuelle,
45:42je pense que ça sera en décembre.
45:45Et puis que, comme d'habitude,
45:46ça sera en février
45:47qu'on verra qui réellement
45:49a une chance de gagner.
45:51Ce que vous nous avez dit
45:52il y a quelques instants,
45:53Gabriel Attal,
45:53est-ce que c'est valable aussi
45:54pour Bruno Retailleau ?
45:55Aujourd'hui...
45:56S'il est mieux placé,
45:57vous vous retirerez,
45:58vous direz,
45:58c'est lui désormais notre candidat.
46:00Il y a un besoin
46:01de clarification de la ligne
46:02des Républicains aujourd'hui.
46:03Je le dis sincèrement,
46:04vous avez des personnalités
46:05chez les Républicains
46:06avec lesquelles je considère
46:08qu'on partage beaucoup de choses.
46:09Je pense évidemment
46:10à Xavier Bertrand,
46:12Valérie Pécresse,
46:13Jean-François Copé,
46:14même Gérard Larcher.
46:16Puis vous avez Bruno Retailleau,
46:17François-Xavier Bélani
46:18et d'autres
46:19qui sont aujourd'hui
46:19ceux qui tiennent la ligne
46:21des LR,
46:22avec lesquels,
46:22moi je le dis sincèrement,
46:24j'ai des différences
46:24qui sont des différences
46:25sur des principes,
46:26sur l'Europe,
46:27sur l'état de droit,
46:28sur l'écologie.
46:29J'ai des divergences
46:31avec eux
46:31qui sont des divergences
46:32majeures.
46:33Sur le rapport
46:34aux extrêmes aussi,
46:35à l'extrême droite notamment,
46:36on a pu voir
46:37à l'occasion
46:37des élections municipales
46:38qu'il y avait de leur part
46:39une impossibilité
46:40à appeler,
46:41à voter
46:42pour, par exemple,
46:43Christian Estrosi à Nice
46:44face à Eric Ciotti
46:45qui représentait
46:46le Rassemblement national.
46:47Donc ces sujets-là,
46:48ils ont besoin
46:48d'être clarifiés.
46:49Et donc,
46:50pour l'instant,
46:50la discussion,
46:50elle se fait
46:51avec les autres informations.
46:53La question est
46:54qui est,
46:54au sein de ce camp-là,
46:55au sens le plus large,
46:57un candidat
46:57qui s'impose
46:59progressivement.
47:00Mais pour ça,
47:00vous savez...
47:00Ce qui n'est pas
47:01toujours écrit.
47:02Non, c'est sûr
47:04que c'est même
47:04en général pas écrit
47:05à l'avance.
47:06Non, non, non, non,
47:07même à la fin.
47:07Oui, mais ensuite,
47:09encore une fois,
47:10je pense que
47:10ce candidat s'imposera
47:12par son projet,
47:13ses idées
47:13et l'espoir
47:14qu'il arrivera
47:14à faire naître
47:15chez les Français.
47:16Ce candidat s'imposera
47:17par son charisme.
47:18Ça va avec.
47:20Vous pourrez
47:21se rejoindre là-dessus.
47:22Merci.
47:23C'est tout.
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