00:00Toute régression en termes de liberté, surtout la liberté de la presse, est toujours un mauvais signe pour un pays
00:07qui a connu le bon spectaculaire en 2024 et 2025.
00:13Nous pensons au niveau de l'OPAM, l'Organisation patronne des médias, et en tant que journaliste, que cette mauvaise
00:19alerte va permettre aux autorités de se ressaisir en mettant en place, bien sûr avec l'aide des professionnels des
00:27médias, des mécanismes favorables à une presse non seulement libre, mais aussi économiquement viable.
00:34Il y a du tout ici que le diagnostic de RSF se concentre sur des observes sexuelles dont l'héritage
00:41précède la transition, mais que les autorités actuelles peinent à démanteler.
00:46Nous avons par exemple un régulateur sous influence, l'AC, la Haute Autorité de la Communication, un climat d'intimidation
00:53persistant.
00:54C'est que malgré la dépénisation des délits de presse, des convocations des journalistes par les services de sécurité sur
01:00la base du code pénal continu,
01:02On peut citer des événements comme l'interpellation, il y a plusieurs mois, du directeur de publication de GMT par
01:10les services de sécurité, illustre cet environnement intimidant.
01:14Mais nous avons également l'accès aux sources. Les médias, sinon plusieurs journalistes aujourd'hui, peinent à accéder aux sources
01:21officielles, ce qui entrave un peu à leur travail.
01:24On va dire que le Gabon recule de deux places, en passant de la 41e à la 43e place au
01:32niveau mondial.
01:34Lorsque on regarde la réaction, ou encore le point de vue de Reporters sans frontières,
01:39qui parle de la persistance de l'intimidation par des convocations basées sur le code pénal,
01:46que sur le code de la communication. Effectivement, Reporters sans frontières a raison sur ce point-là,
01:58parce qu'on ne peut pas interpréder un journaliste n'importe comment, n'importe quand.
02:07Je pense qu'il y a une procédure qui devrait d'abord amener la personne à saisir la haute autorité
02:18de la communication au niveau du Gabon,
02:20qui en retour, la haute autorité de la communication, va convoquer leur journaliste incriminé,
02:27et la haute autorité va écouter les deux parties.
02:31Dans la personne qui se retrouve lésée, l'auteur de l'article, donc la personne incriminée.
02:39À l'issue de cela, si maintenant il est avéré que le journaliste a tort,
02:46je pense que jusque-là, la haute autorité de la communication, pour conduire des conseils,
02:53on pourra demander aux journalistes de faire une autre réponse,
02:58ou tout simplement de demander pardon à la personne incriminée que de conduire ce dernier
03:08dans un commission-là où il faudra d'abord une à deux semaines,
03:11ou encore directement au tribunal de premier instant, c'est l'Église Bouvine,
03:18et puis par en fait se retrouver au niveau de la prison centrale.
03:21Il n'y a pas de grosse analyse ou bien de recherche particulière à faire quant au climat actuel.
03:31Il se trouve simplement qu'il y a eu une euphorie dès le 30 août,
03:35cette euphorie a son essoufflement, c'est simplement ce qu'il faut constater,
03:40et que partant, les vieux démons sont en train de reconquérir leur espace.
03:45C'est ça la réalité. La réalité c'est qu'on est aujourd'hui dans le temps où les hommes
03:52politiques
03:53estiment qu'il est mieux de les laisser faire sans contradiction.
03:59C'est ça la réalité aussi.
04:01Et tout cela entraîne nécessairement un climat tel que celui que nous connaissons actuellement.
04:07Des lois qui sont prises à l'emporte-pièce, sans réflexion,
04:12des textes qui sont pris. C'est pour ça que je disais dans la première question
04:16qu'aujourd'hui il faut interroger le législateur
04:19et qu'on sorte un peu des contradictions qui sont entretenues.
04:28La contradiction entretenue c'est que le 30 août a été une aube,
04:32était censé ouvrir une aube nouvelle.
04:34Ce qui ne semble plus être le cas de la vie de plusieurs observateurs.
04:40Et nous n'étions pas là quand Reporters sans frontières a fait ses analyses.
04:44Et donc ce qui est en train de se produire au Gabon,
04:47c'est-à-dire qu'on a progressé, on a fait des bons sur le domaine de la liberté de
04:52la presse,
04:52même si on reste encore dans le top 50,
04:54mais on a commencé à amorcer une descente,
05:01pas aux enfers je ne dirais pas,
05:03mais un recul qui va s'accentuer si les choses ne s'améliorent pas.
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