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  • il y a 4 mois
Interrogé sur la flambée des prix du carburant en France, le Premier ministre est revenu sur les difficultés liés aux différents conflits en Ukraine et en Iran. 

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Transcription
00:00Les sénatrices, sénateurs, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président Cannaire,
00:05je vais répondre et prendre peut-être un tout petit peu de temps pour être complet sur l'ensemble des
00:09aspects de votre question.
00:11Je reste persuadé que la situation, enfin nous savons tous, et c'est relayé sur l'ensemble des bancs ici,
00:16que la situation elle est très difficile évidemment pour nos concitoyens et nos concitoyens.
00:20Nous sommes tous connectés à nos territoires et évidemment plus la guerre, parce qu'on parle quand même d'une
00:25guerre,
00:26dure, plus les effets de cette guerre sont difficiles évidemment pour le portefeuille des Françaises et des Français
00:31et d'ailleurs pour l'ensemble de notre économie, sans détacher, dommage que le président du Sénat a fait au
00:36début de cette séance pour nos soldats morts au Liban.
00:39Et donc quand même, ce n'est pas pour se dissocier de votre propos, mais je pense qu'il ne
00:43faut pas qu'on cache aux effets des Françaises et des Français
00:45des effets des deux guerres que nous connaissons, l'Ukraine d'une part qui continue, dont on parle trop peu,
00:50et du Moyen-Orient d'autre part.
00:52La deuxième des choses, c'est que c'est une crise des prix, c'est une crise d'une inflation
00:56importée,
00:57ce n'est pas une crise, pour l'instant, des capacités de production au Moyen-Orient, c'est donc une
01:03crise de la circulation maritime.
01:05Qu'est-ce qu'on est en train de payer en ce moment ? De toutes les évidences, c'est
01:08le fait que les négociations entre les belligérants s'enlisent, patinent.
01:12Et ça se sent tout de suite évidemment sur le cours des marchés.
01:15Je voulais juste quand même commencer par là, parce que je pense que les Françaises et les Français sont plein
01:19de bon sens,
01:20c'est un peuple politique, c'est un peuple qui regarde aussi la géopolitique, et qui voit bien que les
01:23dérèglements du monde s'imposent à nous,
01:25et que malheureusement nous payons nos dépendances en matière d'hydrocarbures.
01:28Et à la rigueur, si vous me considérez comme étant responsable de quelque chose depuis 9 ans,
01:33avec regret, je le dis, c'est que nous ne soyons pas allés beaucoup plus vite pour sortir d'un
01:36certain nombre de cette dépendance,
01:37et donc il ne faudra pas reproduire les mêmes erreurs.
01:40Deuxième aspect de votre question, et au fond ça monte au débat public,
01:44et merci d'avoir pris la tonalité rigoureuse qu'on vous connaît pour me poser cette question,
01:48c'est à qui profite la crise ?
01:50Et la question, elle est posée.
01:52Qui profite de tout ce qui se passe ?
01:54La première des choses déjà, c'est l'État.
01:58Et vous le voyez bien, l'extrême droite introduit de plus en plus l'idée au fond que le grand
02:01gagnant de cette crise serait l'État.
02:03Alors présenter l'État comme si c'était une entreprise comme les autres,
02:06c'est pas une entreprise.
02:08Présenter l'État comme s'il ne nous appartenait pas à tous,
02:10c'est quand même d'un point de vue républicain un tout petit peu curieux.
02:12Mais enfin, le débat est là, et la suspicion au fond s'installe en se disant,
02:17à chaque fois qu'on va à la pompe, lentement mais sûrement, on remplirait les caisses de l'État.
02:22On sait qu'il y a deux types de taxes.
02:24Une taxe évidemment sur les volumes, l'Axis,
02:27et une taxe sur le prix en tant que tel, la TVA.
02:31Et donc, je profite de votre question pour déjà donner cette clarification devant la représentation nationale,
02:35parce que des chiffres surréalistes circulent ici ou là.
02:38Le fameux surplus, que d'aucuns qualifieraient de « cagnotte », je mets des guillemets sur cette affaire,
02:45du début de cette guerre, fin février, début mars, au 20 avril, il y a quelques jours,
02:51le surplus est de 170 millions d'euros de fiscalité.
02:55Et donc, ce que je vous propose, non pas pour protéger le gouvernement,
02:59nous sommes de passage, mais l'État, parce que pour le coup, vous l'avez incarné comme ministre,
03:02d'autres, après nous, l'incarneront, ayant aussi quand même cette humilité,
03:06ce que je vais faire, c'est que chaque euro de fiscalité,
03:09de surplus de fiscalité, prélevé pour les Français à la pompe,
03:14vont être affectés au mécanisme d'aide directe que nous mettons en place.
03:19Comme ça, on met derrière nous l'idée délétère pour la République,
03:23que l'État serait en train de profiter de la crise.
03:26C'est une très mauvaise chose pour le pacte social.
03:28Le deuxième public, ce sont évidemment les raffineurs.
03:32Nous en avons un en France, complet, dans lequel, vous ne l'avez pas fait,
03:36mais je le dis, je n'aime pas beaucoup non plus dans le débat public
03:39ou sur les réseaux sociaux, le total bashing,
03:41parce que c'est une entreprise française qui emploie des Français.
03:46Elle marque aussi une part des intérêts stratégiques du pays
03:48et donc ne nous tirons pas une balle dans le pied.
03:51Pour autant, il y a un débat qu'il faut objectiver.
03:53S'il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d'une redistribution
03:58qui pourrait être à due proportion ou pas exceptionnelle.
04:02Ça, c'est un débat politique qui est, me semble-t-il, assez noble.
04:05Il y a deux manières de le prendre.
04:08Réflexe français un peu pavlovien, fiscalité.
04:11Il y a des cadres de référence.
04:13Le gouvernement Fillon l'avait fait en 2008.
04:15Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault l'avait fait.
04:17Gauche-droite.
04:18Il y a des cadres de référence dans le passé qui permettent de le faire.
04:22Après, si on est pragmatique,
04:23quand on voit ce que Total Energy a fait sur le plafonnement des prix à la pompe
04:26pendant quelques jours,
04:28on le voit bien que ça, pour le coup, c'est immédiat pour les Françaises et les Français.
04:32Donc, il faut bien que Total Energy se positionne d'une manière ou d'une autre
04:35sur une manière de redistribuer
04:36et potentiellement de la manière la plus efficace qu'il soit
04:39et de la manière la plus rapide,
04:40en tout cas dans sa politique commerciale.
04:42Je mets ça là, mais la porte-parole du gouvernement,
04:44ministre délégué à l'énergie, l'a dit tout à l'heure,
04:46nous ne fermons aucune porte.
04:48Je refuse le Total Bashing,
04:49tant que la redistribution est un débat, de toute façon,
04:52que je préfère avoir de manière franche avec vous
04:54plutôt que de le subir plus tard à l'automne
04:56dans un mouvement fiscal
04:58qui ne serait pas complètement maîtrisé.
05:01Ensuite, il y a la question de la grande distribution.
05:03Bon, on ne va pas en parler pendant des heures,
05:06marge brute, marge nette,
05:08tout le monde a pris la parole sur le sujet.
05:11Je ne quitte pas ma ligne.
05:12C'est quand ça augmente sur les cours,
05:14ça augmente vite à la pompe.
05:16Quand ça diminue dans une crise de volatilité des prix
05:19sur les cours, ça doit vite diminuer à la pompe.
05:22Je ne sais pas dans quelle langue il faut que je le dise,
05:23mais je pense que c'est comme ça qu'il faut le faire.
05:25Et moi, j'ai toute confiance dans les agents de la DGCCRF
05:27pour le faire.
05:28Et je vais vous dire,
05:29j'ai toute confiance aussi dans la grande distribution
05:30parce que tout sauf une enseigne
05:33a communiqué ces données à la DGCCRF
05:35sous le contrôle du ministre Lescure
05:37et du ministre Papin ces derniers jours.
05:39Donc moi, la seule chose que je demande,
05:41c'est de la transparence
05:41pour justement ne pas venir anéantir la confiance.
05:45Ensuite, on a les aides.
05:47Pardon d'être long,
05:47mais je pense qu'il faut être précis sur ce sujet
05:48parce que c'est une crise qui est grave.
05:51Elle est grave et elle va durer.
05:53Donc il faut la prendre, à mon avis,
05:55avec beaucoup de sang-froid,
05:56en tout cas c'est ce que j'essaie de faire,
05:58et beaucoup de sérieux,
05:59sachant qu'on n'en aura personne.
06:00Déjà, je pense qu'il ne faut pas balayer
06:01d'un revers de main les aides sectorielles.
06:03Je vois bien aussi le commentaire.
06:05Déjà, il ne faut pas les balayer d'un revers de main
06:06parce qu'elles ont été demandées
06:07par les filières concernées
06:08et négociées avec elles.
06:10Ce qui a été fait pour le bâtiment
06:11a été fait avec la CAPEB
06:13et la Fédération française du bâtiment.
06:14Ce qui a été fait pour les pêcheurs
06:15a été vu avec les organisations professionnelles
06:18de la pêche.
06:18Ce qui a été fait pour les agriculteurs
06:19a été fait avec les trois organisations
06:21professionnelles agricoles.
06:22Ne balayons pas ça d'un revers de main.
06:23On essaie de faire de notre mieux
06:25pour avoir des réponses
06:26qui soient les plus ciblées
06:27et dont le soutien à l'activité
06:28et la continuité de l'activité
06:30est la mère des batailles.
06:32Les pêcheurs sont les meilleurs exemples.
06:34Soit ils ont un intérêt à sortir en mer,
06:36soit ils n'ont plus intérêt à sortir en mer
06:37à cause du coup du GNR,
06:39ils ne sortent plus.
06:40Il n'y a plus de poissons
06:40et c'est toute une activité
06:41qui se casse la figure.
06:42Donc moi je suis très très ouvert
06:44à toute forme de dispositif
06:45dès lors qu'ils trouvent justement
06:47une efficacité.
06:47On a fait pareil pour les transporteurs.
06:50Le ministre Tabarro
06:51est en train de discuter avec les taxis,
06:53notre profession qui commence à connaître
06:55des difficultés.
06:56Ensuite on a une indemnité
06:58et ça répond au cœur de votre question
07:00sur les travailleurs grands rouleurs.
07:04urbains, rurbains, ruraux,
07:06de toute façon il y a autant
07:07de situations différentes
07:08que de concitoyens et de concitoyens
07:10que nous pouvons connaître.
07:11Cette première aide elle est sur la table.
07:12Désormais le ministre de l'Action
07:13et des Comptes Publics,
07:14David Amiel,
07:15avec la DGFIP,
07:16est en train d'accélérer
07:17l'activation du portail
07:19qui va permettre aux Françaises
07:20et aux Français
07:20de déposer leurs demandes.
07:22On a de la chance,
07:22on a un canal bien connu,
07:24impots.gouv.fr,
07:25il faut juste le sécuriser
07:27sur le terrain cyber,
07:28j'y reviendrai,
07:28parce que nous avons beaucoup
07:29d'attaques cyber,
07:30c'est aussi des effets
07:31de la géopolitique du moment,
07:32sur l'ensemble de nos structures.
07:34Mais il est clair
07:34qu'il faut aller vite
07:35parce que la trésorerie
07:36des Françaises et des Français
07:37ne résistera pas
07:38à une aide
07:39qui arrivera
07:40dans trop longtemps.
07:41On en a complètement conscience.
07:43Ensuite, monsieur le ministre,
07:44est-ce que nous allons continuer
07:45à développer,
07:47à créer
07:48et à adapter
07:49les mécanismes de soutien
07:51pour les Françaises et les Français
07:52qui en ont besoin ?
07:53La réponse est oui.
07:55Et c'est bien pour cela
07:55que j'ai refusé
07:56les demandes démagogiques,
07:58notamment venant du RN,
07:59de baisse de fiscalité
08:00à l'aveugle,
08:01baisse de TVA,
08:02sujet qu'on a fait
08:04dans le passé
08:04parce qu'on ne peut pas
08:05avoir des questions
08:05au gouvernement
08:06sur le déficit public
08:07et ne pas s'interroger
08:07sur ce pourquoi
08:08le déficit public
08:08est important.
08:10Les dispositifs
08:11qui ont été pris dans le passé,
08:12j'étais membre du gouvernement,
08:13je suis solidaire,
08:14mais enfin,
08:14ils expliquent le déficit
08:15d'aujourd'hui.
08:15On n'est pas obligé.
08:17Oui, ils étaient parfois
08:18demandés d'ailleurs aussi
08:18par ce côté de l'hémicycle.
08:19Il faut qu'on ait l'humilité
08:20de le reconnaître.
08:21Bon, c'est comme ça.
08:22Non, mais il faut tirer
08:23les conclusions.
08:24Et quand on voit
08:24que des pays voisins
08:25font la même chose
08:25que nous il y a quelques années,
08:27on peut aussi leur apporter
08:28notre contribution
08:28en regardant ce qu'est le déficit.
08:30Donc, j'essaie de faire
08:31du mieux que nous pouvons.
08:32On n'abandonnera personne.
08:34Il ne faut pas faire la leçon
08:34aux Françaises et aux Français.
08:35Ils font beaucoup d'efforts
08:36en ce moment.
08:37Et c'est bien pour ça
08:38qu'on va rester mobilisés
08:40pour elles, pour eux.
08:41Mais on ne peut pas cacher
08:42aux Françaises et aux Français
08:44les effets de cette guerre.
08:45Et la première des raisons,
08:47ça reste quand même
08:47la dépendance aux hydrocarbures,
08:49aux gaz et au pétrole.
08:51Il va bien falloir
08:52qu'on s'attaque à ce sujet
08:52de manière beaucoup plus solide
08:53et structurelle
08:54qu'on ne l'a fait dans le passé.
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