Skip to playerSkip to main content
#thescarletpimpernel #janeeyre #theborgias
Dreams of a Father: A horrific tragedy strikes wealthy socialite Sir Dombey, one that will forever alter his life. Starring: Christophe Malavoy, Déborah François, Lola Giovannetti, Karina Marimon, Danny Martinez.
Transcript
00:00:26Sous-titrage MFP.
00:00:30Musique douce
00:01:07Musique douce
00:01:10Musique douce
00:01:12Musique douce
00:01:20Musique douce
00:01:25Musique douce
00:01:30Musique douce
00:01:33Musique douce
00:01:37Musique douce
00:01:42Musique douce
00:01:53Musique douce
00:02:00Donbé et fils
00:02:01Donbé et fils
00:02:02Ces trois mots exprimaient l'unique idée de la vie de monsieur Donbé.
00:02:06La terre était faite pour Donbé et fils pour qu'ils y fassent du commerce.
00:02:09Les fleuves et les mers existaient pour porter leur navire, le soleil et la lune pour les éclairer.
00:02:16Donbé et fils.
00:02:17Les étoiles et les étoiles et les étoiles et les étoiles et les étoiles et les étoiles et les étoiles
00:02:18et les étoiles et les étoiles et les planètes assuraient la pérennité d'un système dont ils étaient le centre.
00:02:22Donbé et fils.
00:02:23Monsieur Donbé s'était élevé comme son père avant lui, du rang de fils au rang de Donbé.
00:02:29Et pendant près de vingt ans, il avait été le seul représentant de la maison.
00:02:33Car Monsieur Donbé avait subi une contrariété, une seule, mais d'importance.
00:02:37Voilà dix ans qu'il était marié et jusqu'à ce jour, il n'avait pas eu d'enfant.
00:02:42Enfin, pas d'enfant qui valut la peine qu'on en parle.
00:02:48Florence, tu peux aller voir ton frère si tu en as envie.
00:02:51Mais ne t'approche pas toi.
00:02:58Ma chérie.
00:03:00Maman.
00:03:03On peut voir ma merveille ?
00:03:08Mon cher Charles, c'est un vrai Donbé.
00:03:12Un vrai Donbé.
00:03:15Excuse-moi, mais c'est un Donbé si parfait.
00:03:19Je n'ai jamais rien vu de pareil de toute ma vie.
00:03:23Accompagne-moi, veux-tu ?
00:03:24Il faut absolument que j'amène quelque chose, sinon je sens que je vais me trouver mal.
00:03:29Et Cécile, comment vas-y, Cécile ?
00:03:33Notre chère amie a absolument tenu à venir.
00:03:36Elle ne pouvait pas rater un tel événement, tu imagines ?
00:03:40Et regarde à quoi elle a pensé.
00:03:41N'est-ce pas adorable ?
00:03:43Vous m'excuserez d'avoir pris une telle liberté ?
00:03:45Si j'avais pu prévoir, c'est bienvenue au petit Donbé que j'aurais eu plus de plaisir à écrire.
00:03:54Et Mme Donbé ?
00:03:55Ce n'est rien du tout.
00:03:57Rien du tout.
00:03:58Elle est très fatiguée, bien sûr, mais c'est un passage.
00:04:01Il faut qu'elle fasse un effort pour se reprendre, c'est tout.
00:04:03Et je suis sûre qu'elle le fera.
00:04:08Ma chère amie, vous devriez aller déposer votre présent dans la chambre de notre ange chéri.
00:04:15Vous allez voir, c'est un authentique chérubin.
00:04:20Vraiment, cette chère Lucresse est admirable de dévou.
00:04:23Tu n'es pas d'accord ?
00:04:24Effectivement, elle est très aimable.
00:04:26C'est une personne rare.
00:04:28Dès qu'il s'agit de notre famille, elle est toujours prête à se mettre en quatre.
00:04:34J'ai pensé que, peut-être, il y aurait une manière de montrer à notre cher ami que nous avons
00:04:40remarqué son amabilité.
00:04:41Et comment donc ?
00:04:42Eh bien, je sais que d'habitude, on choisit pour parrain des gens importants, pour les relations, l'influence.
00:04:49Je ne vois pas en quoi mon fils a besoin de rien de semblable.
00:04:51Ah, c'est tout à fait évident.
00:04:53Et c'est justement pour cette raison que je me suis dit que, peut-être, tu pourrais permettre à Lucresse
00:05:00de...
00:05:00Louise ne va pas t'imaginer.
00:05:01Ah, non, non, non, mais mon cher Charles, c'est évident, mais ne me fais pas dire ce que je
00:05:05n'ai pas dit.
00:05:05Louise, ce que je veux dire...
00:05:06Non, Charles, je n'ai jamais imaginé une chose pareille.
00:05:08Enfin, Louise...
00:05:09Charles, je te dis que je n'y ai pas pensé.
00:05:12Et je te le redirai, même si ça devait être mes dernières paroles.
00:05:15Louise, ce que je veux dire, c'est qu'en la circonstance, il y aurait beaucoup de personnes qui pourraient
00:05:19avoir des droits supérieurs à celui de ton ami.
00:05:21Mais justement, je...
00:05:22Mais ma situation me permet de dédaigner le genre d'appui qu'on recherche d'habitude pour ses enfants.
00:05:26De plus, je ne souhaite pas qu'on vienne s'interposer entre mon fils et moi.
00:05:30Je préfère de beaucoup reconnaître l'obligence d'une personne méritante comme ton ami, qu'il soit fait comme tu
00:05:35le désires.
00:05:37Excusez-moi, il faudrait...
00:05:39Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ?
00:05:40C'est votre...
00:05:42Monsieur, madame est au plus mal.
00:05:47Mon cher Charles, ne va pas croire cela.
00:05:49Si tu as la moindre confiance en mon expérience, tu peux être sûre qu'il suffit d'un effort de
00:05:54la part de Cécile.
00:05:55Et cet effort, il faut qu'on l'encourage.
00:05:57Et peut-être même qu'on l'oblige à le faire.
00:06:01Vous ne pensez pas que...
00:06:06Ma chère Cécile.
00:06:15Ma chère Cécile.
00:06:17Monsieur Dombey est là pour vous voir.
00:06:21Vous n'avez rien à lui dire ?
00:06:23Oui.
00:06:26On va mettre au lit votre petit garçon.
00:06:29Votre bébé, Cécile.
00:06:31C'est tout juste si vous l'avez vu.
00:06:36On ne peut pas l'emmener avant que vous ne vous soyez réveillé un peu.
00:06:52Qu'est-ce que vous dites, Cécile ? Je n'entends pas.
00:06:56Allons, allons, voyons, ma chère Cécile.
00:06:59Je vais être obligée de me fâcher si vous n'y mettez pas du vôtre.
00:07:02Il faut que vous fassiez un effort.
00:07:05C'est peut-être un effort très grand et très pénible,
00:07:08que vous n'avez pas envie de faire.
00:07:10Mais nous vivons dans un monde d'efforts, Cécile.
00:07:13Et nous ne devons jamais céder.
00:07:15À nous, à nous.
00:07:17Essayez.
00:07:18Ou sans cela, il me faudra vous gronder.
00:07:25Espèce de larpie.
00:07:27Et devant la petite, en plus.
00:07:28Un effort.
00:07:30Un seigneur dû, un effort.
00:07:32Parce que toi, dans ta vie, à part dire du mal des autres,
00:07:33t'as déjà fait un effort, peut-être.
00:07:54Maman !
00:08:07Sous-titrage Société Radio-Canada
00:08:08Sous-titrage Société Radio-Canada
00:08:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:08:58Dire de M.Dombé qu'il ne fut pas affecté par la mort de sa femme
00:09:02serait être injuste envers lui.
00:09:05Il regrettait Cécile.
00:09:08Mais c'était un regret calme,
00:09:10presque professionnel.
00:09:13Un regret d'homme bien élevé
00:09:15et maître de soi.
00:09:31Parole,
00:09:32et goûte baptisto,
00:09:35in nobine patris,
00:09:37et fili,
00:09:39et spiritus sancti.
00:09:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:09:52Sous-titrage Société Radio-Canada
00:10:02Sous-titrage Société Radio-Canada
00:10:24Il n'est pas comme les autres, votre bébé.
00:10:27Bien sûr qu'il n'est pas comme les autres.
00:10:28C'est un Donbais.
00:10:30Certainement, et c'est un magnifique enfant.
00:10:33Le fils de la maison Donbais attendait.
00:11:08Les sentiments de M. Donbais envers sa fille, depuis qu'elle était née, avaient été simplement négatifs.
00:11:16Il n'avait même pas conçu d'aversion pour elle.
00:11:19Cela n'en valait pas la peine.
00:11:30Qu'était-ce qu'une fille pour Donbais et fils ?
00:11:34Dans le capital que constituait la raison sociale et la réputation de la maison,
00:11:38une enfant de cette espèce n'était qu'une pièce de monnaie, impossible à écouler.
00:11:43Un faux garçon.
00:11:44Et voilà tout.
00:11:56Tout de même, ça serait mieux si les enfants pouvaient jouer ensemble.
00:11:58C'est contraire aux instructions de M. Donbais.
00:12:01Peut-être que si il m'en parlait.
00:12:03Mais c'est incroyable.
00:12:03Ça fait seulement huit mois que c'est dans la maison et ça se permet de donner son avis sur
00:12:07tout.
00:12:08Si vous saviez le peu de cas qu'on fait des filles dans cette maison, vous n'auriez pas proféré
00:12:11une idée aussi stupide.
00:12:13Je ne suis même pas sûre que s'il croisait sa fille dans la rue, il la reconnaîtrait.
00:12:15Je ne suis même pas sûre qu'il sait qu'elle existe.
00:12:17D'accord, d'accord. Pas la peine de vous mettre en colère comme ça.
00:12:20Oui, c'est facile de rester maîtresse de soi, de parler calmement quand on fait cap votre enfant comme d
00:12:25'un prince.
00:12:26Chargez-vous donc de l'éducation de M. Paul et moi, je m'occuperai de Mademoiselle Flo, comme je l
00:12:30'ai toujours fait.
00:12:35Comment on va mon fils ?
00:12:37Mais, c'est que...
00:12:39C'est que quoi ? Est-ce qu'il se porte bien ?
00:12:42Parfaitement, monsieur.
00:12:50Il y en a l'air.
00:12:53J'espère que vous avez tout ce qu'il faut.
00:12:55Oh oui, tout ce qu'il faut.
00:12:57On peut dire ça comme ça.
00:13:01À mon avis, pour rendre les enfants gays et éveillés, rien ne vaut d'en avoir d'autres pour jouer
00:13:06avec.
00:13:23Suzanne, si vous croyez vraiment qu'une compagnie serait bonne pour l'enfant, pourquoi ne joue-t-il pas avec
00:13:27Mlle Florence ?
00:13:29Ah mais oui, vous avez raison, monsieur.
00:13:32Il n'y aurait rien de mieux que la présence de Mlle Florence.
00:13:35Alors dites qu'on permet à Mlle Florence d'être avec Paul le temps qu'elle voudra.
00:13:39Que les enfants soient ensemble le temps qu'il faudra.
00:13:47Coucou !
00:13:49Coucou !
00:13:51Coucou !
00:13:54Coucou !
00:13:59Coucou !
00:14:01Bouh !
00:14:03Bouh !
00:14:06Bouh !
00:14:09Est-ce que vous savez où est Paul ?
00:14:11Dans le petit salon, monsieur.
00:14:34Je vais remettre de l'ordre, je vous prie.
00:14:38Vous porterez M. Paul dans sa chambre.
00:14:42M. Dombey ne savait pas à quel point sa fille l'aimait.
00:14:47Elle était très jeune et n'ayant plus de mère, elle n'avait pas appris à lui exprimer l'amour
00:14:51qu'elle lui portait.
00:14:58Florence se disait qu'à force de persévérance, elle arriverait à trouver le chemin qui conduirait au cœur de son
00:15:03père.
00:15:06C'était l'unique but de sa vie.
00:15:27Monsieur !
00:15:32Bonjour monsieur, excusez-moi de vous déranger, mais est-ce que vous pouvez me dire où est-ce que vous
00:15:37avez acheté votre chapeau ?
00:15:39Qu'est-ce que tu fais dans la rue à cette heure-ci, ma petite ?
00:15:44Tu sais quelle heure il est ?
00:15:50Mlle Florence !
00:15:52Florence !
00:15:55Mlle Florence !
00:15:58Mlle Florence !
00:16:01Mlle Florence !
00:16:02Mlle Florence !
00:16:02Mlle Florence !
00:16:02Mlle Florence !
00:16:03Mlle Florence !
00:16:04Il a trop manqué d'histoires !
00:16:05Mlle Florence !
00:16:06C'est une catastrophe !
00:16:08Mlle Florence !
00:16:09Oui, c'est très regrettable, même si je reste persuadé que Mlle Dombey n'a pas pu aller bien loin.
00:16:14Mlle Florence !
00:16:14Regardez !
00:16:16Regardez ce que j'ai trouvé. Sous son lit !
00:16:19Et si on appelait la police?
00:16:20Mlle Florence !
00:16:21Mlle Florence !
00:16:22Mlle Florence !
00:16:22Pour que toute la ville soit au courant.
00:16:25Alors là, la vraiment oui, ce serait une catastrophe.
00:16:27Mlle Florence !
00:16:28Qu'est-ce qui se passe ?
00:16:31C'est mademoiselle, monsieur. Elle est disparue.
00:16:34Eh bien, retrouvez-la. Une petite fille de 7 ans...
00:16:37Ça ne disparaît pas comme ça.
00:17:06Hé, cherche quelque chose ?
00:17:11Oui, s'il vous plaît. Je cherche une boutique où on vend des chapeaux.
00:17:15La demoiselle dit qu'elle veut acheter un chapeau. Vous savez pas où vous verrez ça ?
00:17:19Moi, je vois bien une boutique où on peut m'acheter des tas de galures.
00:17:22C'est pas très loin d'ici. Et là où ça coince, c'est qu'ils vont pas t'en
00:17:26vendre.
00:17:27Pourquoi ?
00:17:29T'es trop petite.
00:17:31Je peux quand même essayer, j'ai de l'argent.
00:17:37Euh, ils s'en foutent. Ils ont pas le droit de vendre des gamins.
00:17:41A la rigueur, avec Irma, ça pourrait peut-être passer.
00:17:43S'il vous plaît.
00:17:44Ça collera pas non plus. C'est un magasin de tout ce qu'il y a de plus classe.
00:17:49Fabien, comme elle, Irma, elle franchit même pas le seuil.
00:17:52Bon. Il y a peut-être une solution.
00:17:55Il faut que je sois d'accord.
00:18:24C'est une solution.
00:18:44Et là, j'allais mettre...
00:19:08Il ne faut pas pleurer, mademoiselle.
00:19:10On va s'occuper de vous.
00:19:24Comment vous appelez-vous, mademoiselle ?
00:19:26Florence Dombay.
00:19:29Mademoiselle Dombay, si vous voulez bien me suivre.
00:19:37Vous n'avez plus rien à craindre.
00:19:40Vous êtes sous ma protection, mademoiselle.
00:19:47Tout le personnel de notre théâtre est heureux de vous accueillir, mademoiselle Dombay.
00:19:58Les illustres acteurs de cette grande maison sont tous ravis de venir saluer mademoiselle Dombay.
00:20:07Sachez, je ne sais pas, que je dépose ma rapière à vos pieds et que je jure de vous défendre
00:20:13contre vilains et brigands.
00:20:21Fois de Robert le dire, si je n'ai pas devant moi la plus jolie des sirènes que la mère
00:20:24a porté, je veux bien être pendu à la grande vergue.
00:20:28Et je vous échangerais bien contre les trois vaches de mon état.
00:20:33Bien que ça me déchirait de cœur de me séparer de la roussette.
00:20:39Enfin un sourire.
00:20:45Pas plus tard que février, mars au maximum, en tout cas avant le printemps, ils vont revenir en masse.
00:20:53Tu peux me faire confiance, je connais mon public.
00:20:5740 ans d'expérience, ça vaut quelque chose.
00:21:00Quelle expérience ?
00:21:02Ah, parlons-en de ton expérience.
00:21:06L'expérience de 40 ans de naufrage.
00:21:09Est-ce que ça fait un bon marin ?
00:21:15Mademoiselle Dombay nous fait l'honneur de nous rendre visite.
00:21:19Ah, ben c'est parfait.
00:21:20On allait justement passer à table.
00:21:31Vous avez raison, mademoiselle, d'être étonnée.
00:21:33Est-ce que vous savez que le trône sur lequel vous êtes assise a appartenu successivement à Isabelle la catholique,
00:21:42Marie de Médicis et Élisabeth d'Angleterre ?
00:21:45Ah, ne l'écoutez pas, mademoiselle.
00:21:48Mais monsieur oublie de vous dire combien de fois il a essayé de le vendre, ce fameux trône, pour se
00:21:53payer un repas convenable.
00:21:55Mais malgré la liste impressionnante des propriétaires, personne ne l'a jamais acheté.
00:22:02Ah, par contre, ça, mademoiselle, c'est du vrai argent.
00:22:09Qu'est-ce qu'il y a ?
00:22:10Est-ce qu'il est possible de prévenir mon père ?
00:22:14Je suis sûre qu'il est très inquiet.
00:22:16Mais bien sûr. Et où est-ce qu'il habite, monsieur, votre père ?
00:22:19Chez nous, une grande maison, avenue des Saules.
00:22:24Avenue des Saules ?
00:22:26Oui, une grande maison, avec des arbres en cours.
00:22:32Juste à côté du covent des soeurs Bistines.
00:22:38S'il vous plaît, c'est parce qu'on m'a pris mes vêtements.
00:22:41Non. Ce n'est pas les miens que je porte.
00:22:45Je suis Florence Tombaie.
00:22:47J'habite à l'Union des Saules.
00:22:49Avec mon papa et Paul, c'est mon petit frère.
00:22:53Je suis un soeur unique.
00:22:54Et c'est la vérité.
00:22:59S'il vous plaît, c'est parce que j'ai bu le chapeau de papa.
00:23:05Vous comprenez ?
00:23:07Mon magasin, il n'a pas voulu me laisser entrer.
00:23:10Parce que je suis trop petite.
00:23:12J'ai rencontré des amis.
00:23:14Ils ont voulu m'aider.
00:23:15Mais ils ont dû se perdre aussi.
00:23:18Et mon papa est sans nouvelles de moi.
00:23:20Et oui, la première chose à faire, c'est de rassurer votre père.
00:23:24Oui, c'est évident.
00:23:25Ah mais, notre moussaillon va se faire un plaisir d'aller le trouver.
00:23:30Aveni des Saules, c'est comme si c'était fait.
00:23:33Et voilà.
00:23:35Votre père aura de vos nouvelles avant même que vous ayez fini de dîner.
00:23:40Allez, allez.
00:23:55Vous désirez ?
00:23:57Excusez-moi, je dois faire erreur.
00:23:59Vous venez pour Florence ? Vous avez des nouvelles ?
00:24:01Oui, elle va très bien. Elle est au théâtre.
00:24:04Quoi ?
00:24:04Enfin, à la maison, je veux dire.
00:24:06C'est vrai ?
00:24:08Vous l'avez retrouvée, elle va bien.
00:24:12Vous venez, allez.
00:24:16Elle est retrouvée !
00:24:18Florence est retrouvée !
00:24:20Elle est retrouvée !
00:24:26C'est grâce à son homme.
00:24:28Je ne sais pas, elle ne va pas tout ce qu'il y a.
00:24:33Monsieur !
00:24:35Monsieur, mademoiselle est retrouvée.
00:24:37Je vous l'avais bien dit, Louise, que nous finirions obligatoirement par la retrouver.
00:24:41C'est grâce à ce garçon, monsieur.
00:24:46C'est donc vous qui avez retrouvé ma fille ?
00:24:48Je ne l'ai pas exactement retrouvée.
00:24:50On peut plutôt dire que j'ai été mise sur son chemin.
00:24:53Comment ça, vous avez été mise sur son chemin ?
00:24:55Où est-elle en ce moment ? Essayez d'être claire et cohérent.
00:24:58Bien, monsieur.
00:25:00C'est-à-dire que...
00:25:02Elle est chez moi avec mes oncles.
00:25:03Elle dîne au théâtre.
00:25:05Enfin, c'est un théâtre, mais il n'y a plus de spectacle.
00:25:08Mais sinon, elle va vraiment très bien.
00:25:10Enfin, elle s'est fait attaquer par des gamins
00:25:12qui lui ont volé ses vêtements, mais...
00:25:14rien de grave.
00:25:17Venez, jeune homme.
00:25:28Vous avez bien agi, mon garçon,
00:25:29et vous serez récompensé pour ça.
00:25:31Ah, mais non.
00:25:33Moi, je ne suis pas venu chercher une récompense.
00:25:34Ah non, ne faites pas l'enfant
00:25:35et ne gâchez pas un beau geste par un comportement déplacé.
00:25:39Cartier, veillez à ce que ce jeune homme
00:25:40reçoive ce qu'il mérite.
00:25:49Je dirais que ce qui caractérise monsieur Dombé
00:25:52en toute occasion, c'est son sens de l'équité.
00:25:54Vous avez été le messager d'une très bonne nouvelle
00:25:56et il tient à rétribuer votre action
00:25:58à la hauteur de son mérite.
00:25:59Grâce à vous, mademoiselle Florence va rentrer chez elle
00:26:01et cette désagréable parenthèse sera enfin refermée.
00:26:06Est-ce que vous comprenez ?
00:26:08Je n'ai pas besoin de préciser que pour vous,
00:26:09un aussi extraordinaire concours de circonstances
00:26:11ne peut avoir d'autres conséquences
00:26:13que d'obtenir cette récompense.
00:26:16C'est pourquoi monsieur Dombé insiste
00:26:18pour qu'il vous soit payé votre dû
00:26:20et que les comptes soient définitivement clos.
00:26:29Laissez-moi faire.
00:26:31Je vais arranger ça ?
00:26:40Non, c'est clair que cet enfant
00:26:44dépasse une petite mendiante.
00:26:47Regarde ses mains.
00:26:48Regarde ses petits pieds.
00:26:51Ils n'ont sûrement pas à repenter les routes.
00:26:55Et puis cette façon de parler, c'est pas du français.
00:26:58Mais si, c'est marrant, c'est du bon français.
00:27:02Non, non, non.
00:27:03Elle a un accent, tu l'as entendu comme moi.
00:27:06C'est une étrangère.
00:27:08Elle ne connaît pas la ville,
00:27:10elle vient à peine d'arriver.
00:27:12Elle débarque à peine d'un bateau.
00:27:14Et vu son déguisement,
00:27:17il est évident qu'elle a cherché à s'enfuir.
00:27:19Pourquoi, qu'est-ce que tu vas chercher, alors ?
00:27:22Simplement, que cet enfant
00:27:24est la fille d'un personnage important
00:27:27dont le bateau a été attaqué par des pirates.
00:27:30Mais arrête de délirer une minute, s'il te plaît.
00:27:32Sois un peu logique pour une fois.
00:27:34Bon, d'accord.
00:27:36Elle s'exprime incroyablement bien
00:27:38pour une petite fille.
00:27:40Mais tu as vu aussi
00:27:41qu'elle a une imagination débordante
00:27:44et ses cheveux.
00:27:45Tu as vu ses boucles ?
00:27:46C'est l'art d'un grand perruquier, crois-moi.
00:27:50Tu vois pas ce que ça signifie ?
00:27:53Non, non, je ne vois pas.
00:27:55Sans l'ombre d'un doute,
00:27:57tu as devant toi la fille
00:27:58d'une grande comédienne.
00:28:00À mon avis,
00:28:02la fille cachée d'un homme d'état
00:28:04est une audiva de premier plan.
00:28:06Peut-être même
00:28:08on l'a abandonnée.
00:28:11Laisse-moi te dire
00:28:13à quel point tu fais fausse route.
00:28:17Tu as vu cette petite chaîne d'or ?
00:28:21Crois-tu vraiment
00:28:22qu'une enfant abandonnée
00:28:23se baladerait avec ça autour du cou ?
00:28:28C'est une princesse perdue.
00:28:31Et c'est notre Arthur
00:28:32qui l'a retrouvée.
00:28:34Dans les cours étrangères.
00:28:35Il n'est pas rare
00:28:37qu'en récompense
00:28:38de tels exploits,
00:28:40on offre la main
00:28:41de la princesse
00:28:42aux héros.
00:28:44Un mariage ?
00:28:46Eh.
00:28:47Quand même.
00:28:49C'est presque un bébé.
00:28:51Mais quand Arthur aura 25 ans,
00:28:53elle en aura presque 16.
00:28:55C'est pile la bonne différence.
00:28:58Qu'est-ce que c'est que ça ?
00:29:22Bonsoir, monsieur.
00:29:23Elle dort.
00:29:25Tu peux aller la réveiller,
00:29:26s'il te plaît,
00:29:26je te rejoins.
00:29:31C'est de la part de monsieur Dombey.
00:29:33Il aime tout ce qui touche aux arts.
00:29:37Et c'est un honneur pour lui
00:29:38de vous remettre
00:29:39cette petite contribution.
00:29:44Merci, madame.
00:29:46Ah, bravo.
00:29:47Bravo, mademoiselle.
00:29:49Disparaître comme ça,
00:29:50sans prévenir ?
00:29:51Je suis peut-être
00:29:52la dernière roue du carrosse
00:29:53dans cette maison,
00:29:53mais vous auriez pu me prévenir
00:29:54de votre expédition.
00:29:56Je suis furieuse.
00:29:57Furieuse.
00:29:58Encore un coup comme ça
00:29:58et je rends mon tablier.
00:30:00Oh là là.
00:30:01Oh là là.
00:30:02Puis regardez
00:30:03dans quel état
00:30:03vous vous êtes mise.
00:30:05Oh, quelle horreur.
00:30:06Bon, retirez-moi tout ça.
00:30:44J'ai vu comme
00:30:44ils ont été gentils, Suzanne.
00:30:49Ils m'ont sauvé la vie.
00:30:53J'ai promis
00:30:54de revenir les voir souvent.
00:31:00Quand est-ce
00:31:01qu'on pourra revenir ?
00:31:02Écoutez, je crois pas
00:31:02que ça ferait très plaisir
00:31:03à votre père.
00:31:05Pourquoi ?
00:31:06Parce que...
00:31:07Parce que ça lui rappellerait
00:31:08de mauvais souvenirs.
00:31:10Vous n'avez pas l'air
00:31:11de vous rendre compte
00:31:11que vous lui avez fait
00:31:12beaucoup de peine.
00:31:14Votre disparition,
00:31:15là, ça l'a tout retourné.
00:31:17Alors ça veut dire
00:31:18que je ne pourrais pas
00:31:19tenir ma promesse ?
00:31:22Bon, si vous leur avez promis,
00:31:24vous les verrez.
00:31:25C'est pas la peine
00:31:26d'en parler à votre père.
00:31:27Tu veux dire
00:31:27qu'on va mentir à papa ?
00:31:29Mais...
00:31:29Qui vous parle de lui mentir ?
00:31:32On a bien le droit
00:31:33de sortir, non ?
00:31:34Si votre père vous demande
00:31:35si vous avez revu vos amis.
00:31:36Vous lui direz la vérité,
00:31:38mais...
00:31:38S'il vous demande rien,
00:31:40à quoi bon l'inquiéter encore
00:31:41avec toutes ces histoires ?
00:31:53Les années ont passées.
00:31:55La petite Florence a grandi,
00:31:57mais elle a tenu parole.
00:32:01Elle n'a jamais eu à mentir,
00:32:03car comme l'avait prévu Suzanne,
00:32:05son père ne lui a jamais
00:32:06posé de questions.
00:32:11Malgré cela, Florence ne pouvait
00:32:13s'empêcher de se sentir coupable.
00:32:15C'était pourtant
00:32:16le seul écart
00:32:16qu'elle se permettait.
00:32:19Le plus clair de son temps,
00:32:20elle le passait
00:32:21auprès de son frère Paul.
00:32:24Il faut dire que malgré
00:32:25tous les soins
00:32:26et toute la vigilance
00:32:27dont il avait fait l'objet,
00:32:29Paul n'était pas
00:32:29un enfant bien portant.
00:32:33Et pendant longtemps,
00:32:35il parut uniquement occupé
00:32:36à guetter l'occasion
00:32:37de leur glisser entre les mains
00:32:39pour aller rejoindre
00:32:40la mère qui l'avait perdue.
00:32:47Redresse le dos,
00:32:49bien droit.
00:32:50Et les coudes,
00:32:51tu les mets bien
00:32:52dans l'angle droit.
00:32:54Tu décolles bien
00:32:55les doigts des touches.
00:32:56Oui, très bien,
00:32:57comme des pattes de moineau.
00:33:06Je peux arrêter maintenant.
00:33:08Je commence à avoir
00:33:09des crampes dans les doigts.
00:33:17Il est à peine nécessaire
00:33:18de faire remarquer
00:33:19qu'aucun soupçon
00:33:20des ennuis de santé
00:33:21de son fils
00:33:21n'était jamais venu
00:33:23à la connaissance
00:33:23de M. Dombay.
00:33:27Cela n'était pas surprenant
00:33:28puisque personne dans la maison,
00:33:30pas même sa sœur Louise,
00:33:32n'avait jamais osé suggérer
00:33:33à M. Dombay
00:33:34qu'il y avait peut-être
00:33:35quelques raisons
00:33:35d'être inquiet
00:33:36au sujet du petit Paul.
00:33:42Par instant,
00:33:43Paul était suffisamment
00:33:44enfant et joueur.
00:33:46Son caractère
00:33:47n'était nullement morose.
00:33:54Mais à d'autres moments,
00:33:55il avait une façon étrange,
00:33:58vieillotte et pensive
00:33:59de rester assis à méditer.
00:34:07Paul ressemblait alors
00:34:09à l'un de ces petits êtres
00:34:10de contes de fées
00:34:11qui, âgés de 150 ou de 200 ans,
00:34:14sont les remplaçants fantastiques
00:34:16des enfants auxquels
00:34:18on les a substitués.
00:34:22Papa ?
00:34:24C'est quoi l'argent ?
00:34:28Eh bien,
00:34:30comment dire ?
00:34:31Tout d'abord,
00:34:32tout d'abord,
00:34:33il faut que tu compagnes
00:34:34que le mot argent,
00:34:34c'est un terme général
00:34:35qu'on emploie
00:34:36pour parler de choses différentes.
00:34:38Comme
00:34:40les pièces de monnaie,
00:34:41les billets,
00:34:42l'or.
00:34:43Oui.
00:34:45D'accord.
00:34:46Mais qu'est-ce qu'on peut faire
00:34:47avec l'argent ?
00:34:51Avec l'argent ?
00:34:54Avec l'argent,
00:34:55on peut faire n'importe quoi.
00:34:56Alors si l'argent
00:34:57peut faire n'importe quoi,
00:34:59pourquoi est-ce qu'il n'a pas
00:35:00sauvé maman ?
00:35:02Est-ce que l'argent
00:35:03est méchant ?
00:35:06Paul,
00:35:07l'argent est très puissant.
00:35:11Hélas,
00:35:11il ne veut pas conserver
00:35:12en vie les gens
00:35:14pour qui l'heure
00:35:15de mourir est venu.
00:35:16Il n'empêche
00:35:18l'argent en celui
00:35:19qui le possède,
00:35:21respecté,
00:35:22craint et honoré.
00:35:25Et souvent,
00:35:25il permet d'écarter
00:35:26la mort pendant longtemps.
00:35:27Il permet d'avoir
00:35:29les meilleurs médecins,
00:35:30d'avoir les meilleurs soins.
00:35:32Il permet
00:35:34enfin bref,
00:35:36il peut faire tout
00:35:37ce qui peut être fait.
00:35:38Donc,
00:35:39l'argent ne peut pas
00:35:41me rendre
00:35:41plus fort et mieux portant ?
00:35:43Mais tu l'es,
00:35:45fort et bien portant,
00:35:47non ?
00:35:47Oh,
00:35:49Florence,
00:35:49elle est plus rente
00:35:50que moi.
00:35:51Mais je le vois bien
00:35:52que je ne suis pas
00:35:53aussi bien portant
00:35:54qu'elle.
00:35:55Moi,
00:35:56je n'arrive pas
00:35:57à jouer longtemps
00:35:58sur me fatiguer.
00:36:00Et puis,
00:36:01parfois,
00:36:02je suis tellement
00:36:03fatiguée,
00:36:05tellement fatiguée
00:36:06que j'en ai mal
00:36:07aux os.
00:36:09Bien sûr
00:36:10que tu es fatiguée.
00:36:11C'est le soir.
00:36:14Tous les petits
00:36:15sont fatigués
00:36:15le soir.
00:36:18Ça les fait bien dormir.
00:36:19Ce n'est pas
00:36:20seulement le soir,
00:36:22même le jour.
00:36:27est temps de vous coucher,
00:36:28monsieur Paul.
00:36:29Où est Florence ?
00:36:30Je ne sais pas.
00:36:31Je veux que ce soit
00:36:32Florence qui me couche.
00:36:34Mais,
00:36:34monsieur Paul.
00:36:36Allez la chercher
00:36:36tout de suite.
00:36:44Souviens-toi
00:36:46de ce rêve
00:36:50de l'oiseau.
00:36:53Nan,
00:36:55l'oiseau dort.
00:36:58Souviens-toi.
00:37:07Souviens-toi
00:37:10de ce rêve
00:37:13de l'oiseau.
00:37:16Nan,
00:37:18l'oiseau dort.
00:37:22J'aimerais que vous me parliez
00:37:24sans détour.
00:37:27c'est à propos
00:37:27de Paul.
00:37:30Comment dire ?
00:37:34Je trouve
00:37:34qu'il n'est pas
00:37:35en aussi bonne santé
00:37:35qu'on pourrait le souhaiter.
00:37:38Et j'aimerais avoir
00:37:39votre avis
00:37:40sans réserve.
00:37:44Eh bien,
00:37:47je crois que tu te fais
00:37:48du souci pour rien.
00:37:50Paul est un garçon
00:37:51remarquable.
00:37:53C'est juste
00:37:54qu'il est très en avance
00:37:55pour son âge.
00:37:56Un peu comme si
00:37:56son esprit
00:37:57était trop grand
00:37:58pour son corps.
00:37:59C'est vrai
00:38:00qu'il est étonnant.
00:38:02Il a une façon
00:38:03de parler
00:38:03vraiment
00:38:06surprenante
00:38:07pour un enfant.
00:38:08Justement.
00:38:10J'aimerais bien savoir
00:38:11qui l'entretient
00:38:12de certains sujets.
00:38:14Pas plus tard qu'hier,
00:38:16il m'a parlé
00:38:17de ses os,
00:38:18comme il dit.
00:38:19De ses os.
00:38:21Enfin,
00:38:21c'était pas un squelette
00:38:23vivant tout de même.
00:38:23Oh,
00:38:24mon Dieu,
00:38:25non.
00:38:25Il s'en faut.
00:38:28Paul a peut-être
00:38:29une faiblesse passagère
00:38:30de constitution.
00:38:32Et ce ne serait pas
00:38:33le premier enfant
00:38:34de son âge
00:38:35à perdre
00:38:38temporairement
00:38:38l'usage
00:38:40de ses...
00:38:42De ses...
00:38:43De ses...
00:38:44Membres inférieurs.
00:38:47Voilà.
00:38:47De ses membres inférieurs.
00:38:49Comment ça ?
00:38:50Il n'y a pas
00:38:50lieu de s'inquiéter.
00:38:52J'en ai discuté
00:38:53avec notre médecin
00:38:54de famille.
00:38:55Évidemment,
00:38:56il m'a sorti
00:38:56l'éternel couplet
00:38:57sur les bienfaits
00:38:58de l'ère de la mère
00:38:59et tout ce qui s'ensuit.
00:39:01L'ère de la mère ?
00:39:02Non, mais n'écoute pas
00:39:02ces bêtises, Charles.
00:39:05C'est aussi
00:39:05ce qu'on avait recommandé
00:39:06à mes deux garçons
00:39:07lorsqu'ils avaient
00:39:08le même âge que Paul.
00:39:10Et à quoi ça leur a servi ?
00:39:13Est-ce que ça leur a
00:39:13seulement fait du bien ?
00:39:18L'ère de la mère.
00:39:23Tu sais comment sont les gens ?
00:39:25Ils veulent suivre la mode.
00:39:27On leur dit
00:39:28qu'il y a à Trouville,
00:39:29un établissement
00:39:30qui forme l'élite de l'élite.
00:39:33Même les enfants
00:39:34de la noblesse
00:39:35se bousculent
00:39:35pour y avoir une place.
00:39:41Tu entends bien ma voix, là ?
00:39:43Oui, et moi,
00:39:43tu m'entends ?
00:39:45C'est pas la peine de crier.
00:39:47Tu peux parler normalement ?
00:39:49Mademoiselle,
00:39:50préparez-vous
00:39:50à faire vos bagages
00:39:51ou partez à la mer.
00:39:52Moi ?
00:39:53Pourquoi ?
00:39:54La petite souris.
00:39:55La petite souris.
00:39:56Qu'est-ce que c'est
00:39:57que cette histoire ?
00:39:58C'est une histoire
00:39:58de votre tante
00:40:00et de sa très chère amie.
00:40:02De la dentelle.
00:40:03Elles sont en train
00:40:04d'enfoncer dans le crâne
00:40:04de votre père
00:40:05qu'il faut envoyer Paul
00:40:06dans une espèce de pension
00:40:07au bord de je sais quel océan.
00:40:09Une pension ?
00:40:09Soi-disant pour le remettre sur pied
00:40:11et en faire un grand savant.
00:40:13Elles ne voudront jamais
00:40:14que je l'accompagne ?
00:40:15De quelle couleur ?
00:40:16Ça veut dire
00:40:16que je ne vais plus voir Paul.
00:40:19Et à quoi je sers, moi, alors ?
00:40:20Qu'est-ce qu'il se passe, Florence ?
00:40:21Mais qu'est-ce que tu veux faire ?
00:40:23Je vais rester des mois
00:40:24sans le voir.
00:40:25Mais faites-moi confiance.
00:40:26Je suis peut-être pas
00:40:27un puits de science,
00:40:28mais je ne suis pas non plus
00:40:28tombée de la dernière pluie.
00:40:31Alors quoi ?
00:40:32Tu joues ou tu ne joues plus ?
00:40:33Je joue, mon chéri.
00:40:35Je joue, excuse-moi.
00:40:38Je joue, mon chéri.
00:40:41Je joue.
00:41:10Bonjour Madame.
00:41:11Je suis Monsieur Dombay et voici mon fils Paul.
00:41:15Monsieur Imbert nous attend, je suppose.
00:41:17Oui Monsieur.
00:41:19Si vous voulez me suivre.
00:41:40J'ai cru comprendre qu'avec votre fils nous étions en terrain vierge.
00:41:46Oui, mis à part quelques rudiments appris à la maison, on peut dire que Paul a tout à apprendre.
00:41:51Et il est très désiré de se mettre à étudier.
00:41:56Pardonnez-moi.
00:42:01Ah, maintenant je te vois mon petit ami. Comment est-ce que tu te sens ?
00:42:04Bien Monsieur.
00:42:05Alors mon petit ami, est-ce que tu veux qu'on fasse de toi un homme ?
00:42:12Tu entends Paul ?
00:42:15J'aimerais mieux être un enfant.
00:42:17Vraiment et pourquoi ?
00:42:29Qu'est-ce que ça veut dire Paul ?
00:42:34Je ne comprends pas cette réponse.
00:42:37Ce n'est rien, ce n'est rien.
00:42:39Nous substituerons rapidement de nouvelles occupations et de nouvelles impressions qui chasseront ces nuages, Monsieur Dombay.
00:42:45Vous souhaitez donc que notre petit ami acquière tout ce qu'on peut acquérir, s'il vous plaît.
00:42:50C'est bien ça.
00:42:51Nous communiquerons à notre petit ami une grande variété de connaissances.
00:42:55Et nous lui ferons faire, je vous le dis, de rapides progrès.
00:42:58Virgile, Ovid, Terence, Cicéron.
00:43:03Il sera ici en excellente compagnie.
00:43:10L'établissement du docteur Humbert était une vaste serre dont le but était de forcer tous les élèves à fleurir
00:43:16avant l'heure.
00:43:17On produisait des petits pois mentaux avant la Noël et des asperges intellectuelles toute l'année.
00:43:23Les plus ingrates pousses d'enfants fournissaient toutes les espèces de légumes grecs et latins dans les expositions les plus
00:43:31classiales.
00:43:32Madame Pipla, préparez quelques livres pour notre nouvel ami.
00:43:37Le système du docteur Humbert était fort plaisant et ingénieux.
00:43:42Mais le forçage avait ses inconvénients habituels.
00:43:48Les fruits précoces n'avaient pas bon goût et ne se gardaient pas.
00:43:53Votre chambre est au premier étage et votre nom sur la porte.
00:44:00C'est parti.
00:44:03C'est parti.
00:44:13C'est parti.
00:44:16C'est parti.
00:44:19C'est parti.
00:44:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:45:08C'est parti.
00:45:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:45:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:02Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:11Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:18Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:48C'est parti.
00:46:51Sous-titrage Société Radio-Canada
00:46:55Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:16Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:37Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:41Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:42Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:44Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:45Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:51Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:53Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:54Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:55Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:57Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:57Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:58Sous-titrage Société Radio-Canada
00:48:59Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:01Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:49:07Elle s'appelle Diogène.
00:49:09Il m'aime bien, oui.
00:49:12Pourquoi ?
00:49:13Pourquoi ? Comment ça, pourquoi ?
00:49:16Pourquoi est-ce que tu aimes ta sœur ?
00:49:18Parce qu'elle est très bonne.
00:49:20Il n'y a personne comme Florence.
00:49:22Eh bien, voilà, il n'y a personne comme moi non plus.
00:49:26Vraiment personne ?
00:49:27Non.
00:49:29Ça me fait plaisir.
00:49:31Ça, c'est une bonne chose.
00:49:47Est-ce que vous aimez les gilets ?
00:49:51Oui, monsieur.
00:49:52Merci.
00:49:55Moi aussi.
00:50:13Où est Florence ?
00:50:26Ah, les cartes, ça tombe bien.
00:50:29Je ne sais pas comment Paul va faire.
00:50:32On l'a dit, il doit avoir étudié la géographie de tout le bassin méditerranéen.
00:50:40Je ne parviens pas à situer le détroit de Messines.
00:50:45Vous savez, vous ?
00:50:47Je suis désolé, je ne sais même pas qui est Messines.
00:50:55Bon.
00:50:57Excusez-moi, mais je ne peux pas rester.
00:51:05Arthur ?
00:51:07Arthur, vous revenez bientôt.
00:51:16Comprenant que Paul risquait d'être proprement étouffé par la masse des connaissances qu'il devait incurgiter,
00:51:22Florence avait décidé de suivre ses pas dans les sentiers épineux du savoir.
00:51:29Attentive et attentionnée, elle était un merveilleux professeur pour l'enfant.
00:51:37Grâce à elle, tout ce qui était si dur devint facile,
00:51:41tout ce qui était si obscur devint simple et clair.
00:52:00Alors, qu'est-ce que vous faisiez ?
00:52:03Maintenant, on risque d'être en retard.
00:52:05Regarde tout ce que nous avons.
00:52:07Les Moralia de Plutarque,
00:52:09de la Providence,
00:52:10de Sénèque.
00:52:11Une œuvre complète de Ripi dans le grec ancien.
00:52:14C'est beau de comprendre.
00:52:16C'est beau aussi de ne pas comprendre.
00:52:19Je ne sais pas lequel est le plus beau des deux.
00:52:22Enfin,
00:52:23moi, il faudrait quand même qu'on m'explique
00:52:24en quoi un petit garçon de 7 ans a besoin de connaître le grec ancien.
00:52:29Mais qu'est-ce que vous faites, là ?
00:52:32Je ne veux pas continuer à fermer les yeux sur tout ce que vous faites pour moi.
00:52:35Je vous assure que ça n'est pas la peine.
00:52:37Si papa savait à quel point j'abuse de votre gentillesse,
00:52:40il serait furieux contre moi.
00:52:41Suzanne a raison.
00:52:43Vous avez de longues airs de route devant vous.
00:52:51Alors, c'est à votre tour de fermer les yeux.
00:52:55Fermez les yeux, s'il vous plaît.
00:53:14Notre neveu, Arthur, je te présente M. Dubreuil.
00:53:20Mais Salomon ne voulait pas t'en parler, mais on a un petit problème.
00:53:24Bon, c'est pas grave, à tout problème, il y a une solution.
00:53:28C'est juste un petit retard de paiement sur un emprunt légal.
00:53:32Un peu plus de 60 000 francs, c'est moi qui m'en occupe.
00:53:36Combien ?
00:53:37Ah oui, ça, c'est beaucoup d'argent.
00:53:39Mais rassure-toi, tout va s'arranger.
00:53:42M. Dubreuil vient de nous conseiller de voir certaines de nos connaissances et de leur en parler.
00:53:48Évidemment.
00:53:49Le nom de M. Dombey est à lui seul une garantie.
00:53:53Si vous dites qu'il est prêt à vous avancer la somme.
00:53:57M. Dombey ?
00:53:58Sa fille, que vous avez dû croiser, est comme notre propre enfant.
00:54:03C'est presque une affaire de famille.
00:54:06Nous sommes en quelque sorte des parents éloignés de M. Dombey.
00:54:10Non, éloignés, éloignés, pour l'instant.
00:54:13Non, non, non, mais il n'en est pas question.
00:54:14Il n'est pas question qu'on demande quoi que ce soit à M. Dombey.
00:54:17Et pourquoi pas ?
00:54:20Vous ne savez pas qui est M. Dombey.
00:54:23Moi, je l'ai rencontré.
00:54:24Je peux vous dire qu'en aucun cas, il n'accédera à une telle demande.
00:54:26Au contraire, c'est un grand amateur d'art.
00:54:28Il a déjà fait un don conséquent à notre terrain.
00:54:31Et Florence n'arrête pas de nous parler de sa grande générosité.
00:54:35C'est pas vrai, peut-être ?
00:54:37Non, non, non, non.
00:54:38C'est absolument impossible.
00:54:40En ce cas, je ne vois pas comment éviter la saisie.
00:54:44Hein ?
00:54:45La saisie.
00:54:48Il doit y avoir une autre solution.
00:54:51Il faut la trouver.
00:54:53Je suis sûr qu'il y a une autre solution.
00:55:00Il ne vaut peu que rien.
00:55:02Même s'il n'y a que des miettes.
00:55:04En voici quelques-unes.
00:55:05Ah, j'ai aussi une range de 1000 francs par an.
00:55:08Je suis prêt à la transférer.
00:55:11Imaginez-vous.
00:55:12Pour un simple retard de paiement,
00:55:15mon frère ici présent
00:55:16est sur le point de perdre tout son bien.
00:55:19Il est absolument désespéré.
00:55:22Mais qui sont ces messieurs ?
00:55:24Excusez-moi, mais nous n'avons pas très bien compris votre nom.
00:55:27Mais nous sommes les oncles d'Arthur.
00:55:29C'est ce jeune homme qui avait retrouvé
00:55:31mademoiselle Florence quand elle était petite.
00:55:34Je ne comprends rien à toutes ces histoires.
00:55:37C'est-à-dire qu'il ne faut rien à faire ici.
00:55:41Florence.
00:55:47Qu'est-ce que veulent ces messieurs, papa ?
00:55:51Ils veulent de l'argent.
00:55:56Messieurs.
00:56:01Vous disiez avoir besoin de...
00:56:0360 000 francs or.
00:56:04Ce prêt, monsieur Tombé,
00:56:07considérer notre dernier recours avant le désastre.
00:56:11Puis-je connaître la nature de cette dette ?
00:56:13Le seul tort de mon frère,
00:56:14c'est d'avoir fait confiance à un coquin.
00:56:16Un entrepreneur
00:56:18qui devait rénover notre théâtre.
00:56:20Il s'est enfui avec l'argent.
00:56:24Si tu avais de l'argent maintenant, Paul,
00:56:26je veux dire assez d'argent pour aider ces messieurs,
00:56:28qu'est-ce que tu prêts ?
00:56:29Je donnerais l'argent aux messieurs.
00:56:32Tu le leur prêterais.
00:56:33Très bien.
00:56:35Quand tu auras l'âge, tu sais,
00:56:37tu auras ta part de mon argent
00:56:39et nous nous en servirons ensemble.
00:56:42Tombé et fils ?
00:56:43Tombé et fils, exactement.
00:56:46Est-ce que tu voudrais commencer
00:56:47à être Tombé et fils maintenant
00:56:48et prêter cet argent ?
00:56:50S'il vous plaît, papa.
00:56:52Et Florence le voudrait aussi.
00:56:54Les filles n'ont rien à voir avec Tombé et fils.
00:56:56Toi, est-ce que tu le ferais ?
00:57:02Et papa ?
00:57:03Tu vois, Paul, comme l'argent est puissant
00:57:05et comme les gens souhaitent en avoir.
00:57:07Ces messieurs sont venus de loin pour en demander
00:57:08et toi, qui es un personnage très important,
00:57:11parce que tu en as,
00:57:13tu vas leur en donner.
00:57:15Vous recevrez ces messieurs au bureau dès demain
00:57:18et vous leur établirez un chèque au porteur.
00:57:20C'est infiniment aimable à vous, monsieur Tombé.
00:57:23Vos remerciements doivent aller à mon fils, Paul.
00:57:26Je lui ai expliqué la situation
00:57:27et il a décidé de vous aider.
00:57:29Merci, monsieur Paul.
00:57:31Maintenant, nous en avons assez entendu sur cette affaire.
00:57:35Je crois qu'ils oublient quelque chose.
00:57:37Vraiment ?
00:57:37Oui, le monsieur a l'instrument à laisser sur la table.
00:57:41Messieurs !
00:57:42Messieurs !
00:57:46Messieurs !
00:57:47Voyez-vous l'obligeance d'emporter ça, je vous prie ?
00:57:49Vraiment ? Vous ne voulez pas...
00:57:51S'il vous plaît.
00:57:51Arrêtez-vous.
00:57:52C'est toujours bon.
00:58:11Décidément, tu ne seras jamais une dombée,
00:58:13ma pauvre Florence.
00:58:26Regarde, c'est donc qu'il n'y a pas qu'il a besoin, tu vois.
00:58:28Hein ? Allez.
00:58:33Allez !
00:58:39Alors, Édouard, on a retrouvé des amis.
00:58:42Permettez-moi de vous présenter
00:58:44l'oncle de ce chanapan, Joseph Sacotte,
00:58:47le commandant Joe S., un vieux soldat.
00:58:50Très honoré.
00:58:51Comment tapais-tu, mon garçon ?
00:58:53Paul Dombé.
00:58:54Ah ! C'est toi, le fameux petit bonhomme
00:58:56dont mon neveu me parle sans arrêt.
00:58:59Je suis rudement content de te rencontrer, enfin !
00:59:02Ah, j'avoue que j'envie le père d'un tel fils.
00:59:06Vous devez me trouver très enthousiaste,
00:59:08mais la vieille bête commandante que je suis
00:59:10n'a pas peur d'encourir la réprobation d'un homme comme M. Dombé,
00:59:14car c'est bien à M. Dombé que j'ai l'honneur de parler, n'est-ce pas ?
00:59:17Ah, votre enfant, M. Dombé,
00:59:21vivra dans l'histoire.
00:59:22Cet enfant-là n'est pas un enfant ordinaire.
00:59:24Ayez soin de lui, M. Dombé.
00:59:25Tenez, prenez ce jeune homme, par exemple.
00:59:27Je vais voir ici.
00:59:28Voilà, regardez bien.
00:59:29Vous voyez ?
00:59:30Eh bien, celui-là, il n'y a pas de doute possible.
00:59:32C'est un imbécile parfait.
00:59:34Vraiment ?
00:59:34Oui, un imbécile de naissance, oui.
00:59:38Je suppose que vous destinez votre fils
00:59:41à une grande école Saint-Cyr, peut-être ?
00:59:43Je n'ai pas encore décidé.
00:59:45C'est que mon fils est un peu fragile.
00:59:48Ah, oui, oui, oui.
00:59:49Oui, alors il vaut mieux oublier, oui, oui.
00:59:51Moi-même, j'ai fait une école militaire,
00:59:52et là-bas, seul les tueurs à cuire survivaient.
00:59:56Vous séjournez ici, M. Dombé ?
00:59:59Nous sommes au Royal Palace.
01:00:01Ah, très bien.
01:00:03Oui, d'habitude, Joseph Saccotte n'est pas du genre
01:00:06à faire des visites,
01:00:07mais le nom de Dombé n'est pas un nom ordinaire.
01:00:10Et j'aurais plaisir à passer vous voir prochainement.
01:00:14Au revoir, mon petit garçon.
01:00:16Au revoir, mademoiselle.
01:00:17Allez, hop !
01:00:19Je suis sûr qu'avant peu,
01:00:21les yeux de cette jeune fille tourmenteront
01:00:23les garçons au diable, hein ?
01:00:35Est-ce que ça va ?
01:00:38Oui, très bien, merci.
01:00:42Et...
01:00:43Comment ça va ?
01:00:45Tout va très bien.
01:00:49Et...
01:00:49À quoi est-ce que vous pensez ?
01:00:52Oh...
01:00:52À bien des choses.
01:00:55La nuit dernière,
01:00:57je me suis levée,
01:00:59et je me suis mise à la fenêtre.
01:01:01C'était une très belle nuit.
01:01:04Il y avait un bateau là-bas,
01:01:06en plein de la lumière de la lune.
01:01:10Oh, c'était peut-être des douaniers,
01:01:12ou alors des contrebandiers.
01:01:14Si vous te fiez mourir,
01:01:16est-ce que vous ne trouveriez pas préférable
01:01:19de mourir par une nuit de clair de lune,
01:01:22comme hier ?
01:01:24Le bateau avait une voile.
01:01:27La voile est partie au loin,
01:01:29et...
01:01:29avec le mouvement des vagues,
01:01:32mon reticule me faisait des signes.
01:01:35Comme si elle me demandait de la rejoindre.
01:01:38La voilà !
01:01:39La voilà !
01:01:39Regardez, là !
01:01:40C'est Florence, c'est ma soeur !
01:01:42Oh !
01:01:55Je voudrais savoir ce qu'elle dit.
01:01:58Qui ça ?
01:01:59La mer.
01:02:01Qu'est-ce qu'elle dit tout le temps ?
01:02:03C'est le bruit que font les vagues en roulant.
01:02:05Bien entendu, mais...
01:02:07je suis sûre qu'elles sont en train de dire quelque chose.
01:02:10Toujours la même chose.
01:02:29Si les progrès scolaires de Paul s'amélioraient au fil des semaines,
01:02:33il devenait tous les jours plus réservé et plus pensif.
01:02:39Son seul ami était monsieur Toupin,
01:02:41qu'il avait pris, sans que l'on sache pourquoi, sous sa protection.
01:02:44Pourtant, sous le toit du docteur Imbert, Paul était un objet d'intérêt général.
01:02:48Un petit jouet fragile qu'ils aimaient tous,
01:02:51et qu'aucun n'aurait songé à traiter durement.
01:02:54Mais il ne pouvait changer son étrange nature.
01:02:56Et donc, tous s'accordaient à dire de Dombey qu'il était définitivement vieillot.
01:03:03J'ai entre les mains l'analyse de votre travail,
01:03:06et je compte l'envoyer dès demain à votre père.
01:03:12Merci, monsieur.
01:03:13Est-ce que vous comprenez ce que je veux dire ?
01:03:16Non, monsieur.
01:03:17Dombey, si vous ne comprenez pas quelque chose,
01:03:19pourquoi est-ce que vous ne posez pas de questions ?
01:03:22Analyse du caractère de Paul Dombey.
01:03:25Vous voyez ce que je veux dire par analyse, Dombey.
01:03:28Non, monsieur.
01:03:30Selon ta site, il s'agit de la résolution d'un objet,
01:03:33qui soit des sens ou de l'esprit,
01:03:35en ses éléments primordiaux.
01:03:38À présent, vous savez ce que c'est que l'analyse, Dombey.
01:03:41Analyse du caractère de Paul Dombey, donc.
01:03:44Je trouve la disposition de Dombey excellente.
01:03:47Et on peut considérer que son penchant pour l'étude
01:03:49est en rapport avec ses dispositions.
01:03:53Si le chiffre 8 représente le maximum,
01:03:58les dites qualités chez Dombey seront cotées 6 ¾.
01:04:03Violence, 2.
01:04:06Égoïsme, 2.
01:04:08Bonne tenue mondaine, 4.
01:04:09En progrès avec le temps.
01:04:11Et maintenant, ce sur quoi je voudrais attirer votre attention, Dombey,
01:04:14c'est l'observation qui conclut cette analyse.
01:04:18D'une façon générale, on peut dire de Dombey
01:04:20que ses capacités, ses dispositions sont bonnes.
01:04:23Et qu'il a fait autant de progrès qu'on pouvait en attendre de lui,
01:04:26vu la situation.
01:04:29Mais ce qui est fort regrettable chez ce jeune homme,
01:04:31c'est la bizarrerie de son tempérament et de sa conduite.
01:04:35Et le fait que sans qu'il y ait ni dans l'un ni dans l'autre
01:04:38rien qui mérite une véritable réprobation,
01:04:41il est souvent très différent de ce que sont les autres jeunes gens
01:04:46de son âge et de sa condition sociale.
01:04:49Je vais envoyer cette analyse à votre père
01:04:52en même temps que l'invitation à la fête de fin d'année.
01:04:55Et j'espère que M. Dombey ne sera pas trop contrarié d'apprendre
01:04:58que son petit garçon a des problèmes de conduite et de caractère.
01:05:04C'est évidemment très pénible.
01:05:06Parce que par là-même, il nous est impossible de vous aimer
01:05:10autant que nous le souhaiterions.
01:05:13Je...
01:05:14Moi, j'aime tout le monde à la pension.
01:05:17Et je serais vraiment navrée qu'il y ait quelqu'un à qui je déplaise.
01:05:27Et voilà.
01:05:29J'en étais sûre.
01:05:32À quoi ça sert, on se travaille comme un forçant ?
01:05:34De toute façon, je suis nulle, c'est marqué là.
01:05:37Et en plus, je suis...
01:05:39Qu'est-ce que c'est que ça ?
01:05:45Oligofrène...
01:05:45Oh, moi aussi.
01:05:46Oh, moi aussi.
01:05:47Il y a 4 ans, j'avais ça dans mon analyse.
01:05:49Oligofrène est caractérisé.
01:05:50Oh, oui.
01:05:51On se vient vers le cœur.
01:05:53Oh, oui.
01:05:53On se vient vers le cœur.
01:05:55Oh, oui.
01:05:55On se vient vers le cœur.
01:05:56Ok.
01:05:57Ok.
01:06:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:06:41Je vais te remettre très rapidement.
01:06:43Est-ce que je pourrais participer au bal de fin d'année ?
01:06:46Mais oui, pourquoi pas ?
01:06:49On ne dit pas que tu pourras t'amuser et danser autant que tu le voudrais, mais...
01:06:53Si tu promets d'être raisonnable...
01:06:56C'est Florence qui va être contente.
01:07:00Surtout, ne lui parlez pas de tout ça.
01:07:11Il faut quelques semaines de repos.
01:07:13Moi, ce qui me préoccupe, c'est son nom de force vitale.
01:07:16Grande athée de Clems, mais trop vieux pour son âge.
01:07:34Monsieur et madame Dumouriez.
01:07:41Monsieur et madame de la Vallière.
01:07:51Est-ce que vous les voyez ?
01:07:54Non, pas encore.
01:07:57Monsieur et madame Beaumont.
01:07:59Dites, monsieur Dombey.
01:08:02Je les laisse ouverts ou je les ferme ?
01:08:05Moi, je les dis.
01:08:07Ouverts ou fermés ?
01:08:08Monsieur Dombey et sa famille.
01:08:14Non, pardon, pardon.
01:08:16Oh, bonjour, Jérémie.
01:08:17Oui, tiens, là.
01:08:20Monsieur et madame de la Rochefoucauld.
01:08:24Qu'est-ce que tu as, Flo ?
01:08:28Je suis tellement heureuse que tu reviennes enfin à la maison.
01:08:31Tu vas voir, je vais bien m'occuper de toi.
01:08:35Dis-moi, Flo, est-ce que tu trouves que je suis devenue trop vieux pour mon âge ?
01:08:40Pardon ?
01:08:43Je ne comprends pas.
01:08:44C'est ce qu'on dit de moi.
01:08:46Et je voudrais bien savoir ce que ça veut dire.
01:08:50Mademoiselle, s'il vous plaît, j'étais là le premier.
01:08:54Mademoiselle Bombay, si vous vouliez me faire l'honneur de m'accorder cette danse.
01:08:59C'est très aimable à vous, mais pour l'instant, je préférerais rester avec mon frère.
01:09:04Mais non, Flo.
01:09:06Vas-y, amuse-toi.
01:09:08Oh non, je t'assure.
01:09:10S'il te plaît, Flo.
01:09:35Ravissante, elle a une grâce, vraiment.
01:10:00Tout va bien, mon petit Paul ? Votre tête ne vous fait pas mal.
01:10:04Je suis fort obligée de votre attention, mais je vais très bien.
01:10:12Est-ce que tout se passe bien ? Vous ne vous sentez pas trop mal ?
01:10:15Oui, je me porte très bien.
01:10:18T'étais beau à voir, hein ?
01:10:19Oh, j'ai l'air terrible.
01:10:21Je devrais aller souffler du clairon quand vous avez perdu vos deux bras avec un boulet, hein ?
01:10:26Heureusement, le vieux jour était là.
01:10:29Oh, je lui ai flanqué le clairon dans la bouche, là.
01:10:45Florence fait un véritable triomphe, mon cher.
01:10:48Tout le monde n'a Dieu que pour elle.
01:10:55Elle pourrait d'ailleurs avoir un peu plus de retenue.
01:10:58Après tout, c'est la fête de l'école.
01:10:59Et ce sont les élèves qui devraient être au centre de tous les intérêts.
01:11:03Et alors, c'est bien ce qui se passe.
01:11:05Vous ne voyez pas à quel point les gens sont attentifs à Paul ?
01:11:09Vous avez parfaitement raison.
01:11:11Votre fils est un peu mieux entouré.
01:11:14Tout le monde a l'air de l'adorer.
01:11:25Tu as beaucoup dansé, non ?
01:11:27Tu ne peux pas te reposer un peu ?
01:11:29Si, papa.
01:11:42Mais quelle bombe de sagouin !
01:11:44Pour une fois que la pauvre petite a l'occasion de s'amuser !
01:11:47Eh ben non !
01:11:47Moi, je te ferai un grand sac, tiens, avec tous les lucresses, les chicots, les tombés, les compagnies.
01:11:52Puis je te jetterai tout ça à la mer, ça ne traînerait pas, tiens.
01:11:58Merci, mais je n'ai pas très faim.
01:12:00Oh, vraiment ? Vous êtes sûre ?
01:12:03Bravo, mademoiselle ! Vous dansez à merveille !
01:12:06Et encore ? Vous ne l'avez pas entendu chanter ?
01:12:09Oh, mais je meurs d'envie d'avoir ce plaisir !
01:12:11Oh, si vous pouviez nous accorder à tous cet honneur, mademoiselle !
01:12:15C'est que je... je n'ai pas l'habitude de chanter devant tant de gens.
01:12:19Allons, allons, ne soyez pas si timides !
01:12:22Monsieur Dombey !
01:12:25Ah !
01:12:26Flo, je t'en prie.
01:12:33Mesdames, messieurs, mademoiselle Dombey va chanter !
01:12:38Amen.
01:12:41Amen.
01:12:42Amen.
01:12:44Amen.
01:12:45Amen.
01:12:46Amen.
01:12:55Amen.
01:13:04Amen.
01:13:05Souviens-toi de ce rêve de l'oiseau, l'alain, l'oiseau d'or.
01:13:22Souviens-toi de ce rêve de l'oiseau, l'alain, l'oiseau d'or.
01:13:35Souviens-toi de l'oiseau que tu aimes, il se posera sur ton bras où le mien, l'oiseau d
01:13:51'or.
01:13:54Quand nous nous retrouverons là-bas, la pluie sera bien loin.
01:14:02Comme notre bel oiseau d'or, nous volerons là-haut dans les airs.
01:14:19Souviens-toi de ce rêve de l'oiseau, l'oiseau d'or.
01:15:04Qu'est-ce qu'il y a ?
01:15:06Je crois que je commence à être un peu fatiguée.
01:15:18Quelque chose ne va pas ?
01:15:19Tout va bien. Je crois qu'il est temps de rentrer. Paul commence à se sentir fatigué.
01:15:24Et voilà. Il a fait trop d'efforts, je l'avais bien dit. Trop d'efforts.
01:15:31Tout va bien.
01:15:32Sous-titrage Société Radio-Canada
01:16:11Sous-titrage Société Radio-Canada
01:16:32...
01:17:02...
01:17:06...
01:17:16...
01:17:18...
01:17:20...
01:17:21...
01:17:21...
01:17:30...
01:17:31...
01:17:38...
01:17:41...
01:17:42...
01:17:42...
01:17:43...
01:17:46...
01:17:46...
01:17:47...
01:17:49...
01:17:49...
01:17:51...
01:17:56...
01:17:59...
01:17:59...
01:17:59...
01:17:59...
01:18:00...
01:18:01...
01:18:02...
01:18:02...
01:18:07...
01:18:09...
01:18:09...
01:18:12...
01:18:14...
01:18:24...
01:18:25...
01:18:26...
01:18:27...
01:18:29...
01:18:40...
01:18:41...
01:18:42...
01:18:42...
01:18:42...
01:18:48...
01:18:51...
01:18:52...
01:18:54...
01:19:24...
01:19:26...
01:19:28...
01:19:58...
01:19:59...
01:20:01...
01:20:33...
01:20:38...
01:20:39...
01:20:43...
01:20:45...
01:20:45...
01:20:46...
01:20:47...
01:20:47...
01:20:48...
01:20:53...
01:21:55...
01:22:00...
01:22:01...
01:22:03...
Comments

Recommended