00:00On va passer à notre rubrique le génie du made in France.
00:02Depuis le début de la guerre en Iran, regardez, vous voyez s'afficher sur ces écrans ces cartes.
00:07Elles suivent en temps réel 300 000 d'avires dans le monde entier.
00:10Et surtout, elles vont nous indiquer en temps réel, eh bien, quels sont les bateaux qui passent le détroit d
00:18'Hormuz.
00:18Le monde entier a ses yeux rivés sur ces cartes et c'est une start-up française.
00:22Bonsoir, monsieur Antoine Pillet, bonsoir.
00:25Vous êtes directeur des partenariats de Kepler, une start-up française.
00:29Et Arnaud Montebourg a voulu vous remettre la médaille du made in France.
00:32La médaille ? On ne met pas des médailles.
00:34Ah si, on met des médailles.
00:35On vous fait un compliment.
00:38Je l'accepte avec plaisir.
00:39Il y a en France des ressources extraordinaires.
00:41Des gens qui travaillent, qui inventent, qui créent.
00:44C'est un pays très créatif.
00:45Et c'est notre force.
00:46On ne sait pas garder nos créations.
00:48Quand on regarde toutes les inventions dans l'histoire de la technologie
00:53depuis que la première évolution industrielle nous a transformé nos vies et nos sociétés,
00:58eh bien, on voit que la France et les ingénieurs français ont quand même été les premiers révolutionnaires.
01:04Donc, vous faites partie de cette génération de réinventeurs digitaux capables d'utiliser l'image satellite,
01:12de les comprimer et de regarder et de, finalement, faire vivre la plaque France.
01:18C'est ce qui nous intéresse.
01:20Made in France.
01:21D'ailleurs, on va vous interroger là-dessus.
01:22Alors, racontez-nous comment ça fonctionne, évidemment,
01:25puisque, effectivement, Bloomberg, les gouvernements, l'OPEP vous appellent
01:29pour savoir quels bateaux sont passés par le détroit d'Ormousse.
01:31Comment est-ce que vous avez eu cette idée, M. Pillet, avec vos ingénieurs, évidemment ?
01:36Et comment est-ce que fonctionnent ces marines en temps réel ?
01:40Alors, Kepler a été fondé par deux ingénieurs français en 2014.
01:45Et donc, ce que fait Kepler, c'est le suivi maritime de la flotte marchande.
01:52Donc, c'est à peu près 55 000 bateaux.
01:54Et donc, dans ces matières premières...
01:57Sur toute la planète, voilà.
01:58On n'a pas de restrictions régionales.
02:00On a un réseau de ce qu'on appelle l'AIS.
02:03C'est vraiment l'acronyme le plus important chez nous,
02:06qui est Automated Identification System.
02:09C'est le transpondeur sur le bateau qui va émettre sa position.
02:13Et donc, Kepler possède un réseau d'environ 7 000 antennes,
02:16qui sont des antennes terrestres,
02:18plus un réseau satellitaire d'environ une cinquantaine de satellites,
02:21qui va permettre de suivre en temps réel le déplacement de ces bateaux.
02:24Vous louez des sillons sur les satellites des faisceaux ?
02:26Les satellites ne nous appartiennent pas,
02:27mais on a ce qu'on appelle le payload,
02:29qui est en fait une des applications de ces satellites
02:32qu'on utilise pour détecter la position des bateaux.
02:34Voilà.
02:35Et la chose intéressante, c'est que 90% du commerce mondial
02:38transite un moment par bateau.
02:40C'est même 95% si on regarde les matières premières.
02:43Donc, à partir du moment où on sait où sont les bateaux en temps réel,
02:46on va pouvoir faire une analyse très fine
02:48et vraiment live des déplacements de marchandises.
02:52Et ce qui est intéressant, c'est que les images qu'on voit là
02:54sont en direct, effectivement, en temps réel.
02:57Vous cartographiez les flux de plus de 40 matières premières,
03:00c'est-à-dire le pétrole, les gaz, les engrais, les métaux.
03:03Concrètement, comment est-ce que vous arrivez à savoir
03:05quel bateau contient quoi ?
03:06Alors là, c'est vraiment la valeur ajoutée de Kepler,
03:08c'est savoir où est le bateau, c'est très bien,
03:11mais il faut savoir ce qui est chargé par ce bateau.
03:13Donc, pour ça, on a un réseau de partenariats
03:16avec des ports, avec des entreprises d'inspection,
03:18avec des brokers de marchandises
03:21qui vont nous dire ce qui est chargé sur un bateau.
03:23Par exemple, quand un vraquier,
03:24donc qui va transporter des matières solides part,
03:27il peut transporter du charbon,
03:28il peut transporter du minerai fer,
03:29il peut transporter des céréales.
03:31Et ça, on ne le sait pas en voyant juste le bateau.
03:34Donc, en fait, nos sources vont nous dire
03:35« Ok, là, il a chargé 40 000 tonnes de blé, par exemple. »
03:39Avec un code couleur, Arnaud,
03:40vous arrivez à comprendre cette carte,
03:42effectivement, ces petits points rouges, verts, roses.
03:44Essayez de les décrypter avec nous.
03:46Alors, est-ce qu'il y a du gaz ou du pétrole ?
03:47Vous n'avez pas la même couleur ?
03:48Là, on est dans le golfe Persique.
03:50Il y a du gaz et du pétrole, il n'y en a pas.
03:51Mais pourquoi il y a du vert et du rouge ?
03:54Alors, le vert, c'est les bateaux
03:56qui transportent des cargaisons solides.
03:59Donc, soit du conteneur, soit des cargos.
04:02Le rouge, c'est les tanqueurs.
04:03Donc, en fait, c'est ce qu'on appelle le vrac liquide.
04:05Ça peut être différents types de pétrole,
04:07de la gasoline, du kérosène, du diesel,
04:09du pétrole brut, etc.
04:11Et donc là, ce qui est intéressant, en fait,
04:13on a à peu près 3 000 bateaux de la flotte marchande
04:15qui sont bloqués par le détroit d'Ormousse
04:17dans le golfe Persique.
04:19Et ce qu'on va analyser, en fait,
04:20c'est quels bateaux transitent en ce moment
04:22par le détroit d'Ormousse.
04:23On a à peu près 500 bateaux qui sont passés
04:26depuis le 28 février, donc le début de la crise.
04:28Alors que d'habitude, c'était plutôt
04:30entre 8 000 et 9 000 sur la même période de temps.
04:32Et donc, on va essayer d'analyser finement
04:34quel type de bateau est passé,
04:36quel type de bateau n'est pas passé.
04:37C'est fait arrêter soit par les Iraniens,
04:39soit par les Américains.
04:40Et ça va nous donner un aperçu très fin
04:45de ce flux de matières premières
04:47et les répercussions sur les pays importateurs.
04:49Comment vous avez financé l'installation
04:50de vos antennes ?
04:517 000 antennes, vous avez dit terrestres.
04:537 000 antennes terrestres.
04:53Comment vous avez fait ?
04:55Alors en fait, ça s'est fait de manière
04:57assez smart.
05:00Smart, vous voulez dire en français moderne ?
05:02Oui, intelligente, oui, tout à fait.
05:04Et en fait, ce sont des partenariats
05:06qu'on a avec, par exemple,
05:07ça peut être soit des individus,
05:08comme vous et moi,
05:08si vous avez une maison au bord de la mer,
05:10ce qui est mon cas.
05:11On vous envoie une antenne
05:13et vous l'installez chez vous.
05:15Et comme ça, vous pouvez capter
05:15tout le trafic qui est en face de votre maison.
05:19Et ça capte jusqu'à 30 000 ou 40 000 nautiques,
05:21ce qui correspond à peu près à 60 kilomètres.
05:24Et contre ça, en fait,
05:27on donne accès à nos données gratuitement
05:29aux personnes avec qui on travaille.
05:32Merci.
05:32Merci.
05:32Merci.
Commentaires