- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:0118h02, 55e jour de guerre, toujours marqué par l'incertitude sur les pourparlers entre Iran et les Etats-Unis.
00:09Donald Trump juge possible que les discussions avec l'Iran reprennent dans les prochains jours,
00:14mais il ne fixe plus de date limite pour recevoir une proposition de l'Iran.
00:19En attendant, le détroit d'Hormuz reste paralysé et le bras de fer se poursuit avec une bataille des images
00:25et une bataille navale.
00:27Les images notamment de ce petit navire iranien qui vient attaquer en quelque sorte un gros cargo civil pour en
00:37prendre le contrôle.
00:38Mais c'est Igor Saheri qui est à Abu Dhabi qui va nous en dire plus.
00:41Bonsoir Igor. Des images assez spectaculaires, on a l'impression d'assister à un film.
00:48Oui absolument, tous les ingrédients en tout cas pour marquer les esprits.
00:52Oui, souvenez-vous hier matin, effectivement, il y a deux navires, deux gros porte-conteneurs de l'un des armateurs
00:58les plus importants au monde, la MSC,
01:01ont traversé ce détroit d'Hormuz après avoir eu l'autorisation d'après les commandants de bord.
01:06Ils étaient chargés de marchandises aussi diverses que variées, sauf qu'en arrivant dans les eaux iraniennes dans le golfe
01:12d'Omane,
01:13ils ont été stoppés net par des tirs, par des tirs depuis une vedette sur laquelle se trouvait la marine
01:20des guerrins de la Révolution.
01:22Ces deux navires ont été saisis par le régime, par ces soldats des guerrins de la Révolution.
01:29Et effectivement, aujourd'hui, on a pu découvrir une vidéo, une vidéo clairement de propagande,
01:35qui a sans doute été filmée après avoir saisi ce navire.
01:39Et on voit effectivement l'une de ces vedettes de cette flotte moustique dont on parle depuis maintenant quelques jours,
01:46avec des hommes encagoulés, armés de fusils d'assaut, grimpant à bord avec l'aide d'une échelle et rentrant
01:53dans le bateau.
01:54On ne voit pas l'équipage, mais en tout cas, on constate que la bataille de la communication est bien
01:59là.
01:59Elle est bien là pour répondre aussi à Donald Trump, qui dit que le détroit d'Hormuz est sous contrôle
02:04américain.
02:05Eh bien, clairement, factuellement, ce n'est pas le cas.
02:07Et la communication iranienne est là pour le prouver.
02:11On sait que l'un des bateaux, désormais, a pris la direction du port iranien de Bandar Abbas.
02:15L'autre est toujours immobilisé près des côtes iraniennes, mais un petit peu plus au sud du golfe d'Omane.
02:21Mais on voit clairement qu'il y a une bataille d'images pour déterminer qui est le plus fort dans
02:27ce détroit d'Hormuz.
02:28– Merci, Igor Saïry. Emmanuel Chalard nous a rejoint, bonsoir.
02:32– Bonsoir.
02:32– Vous êtes secrétaire général de la Fédération des officiers de la marine marchande.
02:35Si on se met un instant, on va laisser les images parce qu'elles sont assez incroyables.
02:39Si on se met un instant dans la peau de l'équipage, tout d'un coup,
02:43qui voit arriver quand même des hommes déterminés, armés, cagoulés, qui font joue,
02:49ça doit être quand même particulièrement effrayant à vivre.
02:53– Les marins ont connu cette situation dans les actes de piraterie,
02:56où il y avait des prises d'assaut de navires avec envahissement de la passerelle,
03:00qui ont donné d'ailleurs un certain nombre de mesures dont des forces armées présentes
03:04ou des forces spéciales présentes à bord, de me réquisitionner par des armateurs.
03:07– Là, pour vous, c'est un acte de piraterie pour vous ?
03:09– Là, en fait, on ne sait pas quelle est la véracité de ces images,
03:13on ne sait même pas s'ils sont montés à bord.
03:14Toujours est-il qu'effectivement…
03:15– En tout cas, regardez, on a l'impression qu'ils montent à bord.
03:17Alors, c'est vrai que c'est très bien fait, parce que le caméraman les a précédés,
03:20parce qu'on a des images…
03:21– Oui, ça peut être des images d'entraînement avant,
03:23parce que ça paraît curieux d'avoir un navire sans conteneur à bord,
03:26vu le prix que coûte ce genre de bateau.
03:28Mais ceci étant, soutien total aux équipages qui étaient présents samedi
03:33et qui ont tenté de passer le détroit d'Ormousse sur des bateaux français,
03:37qui ont été victimes de tirs, de semonces,
03:42puisqu'on n'a pas de preuve que les intérêts français étaient directement visés,
03:46avec des navires qui avaient une autorisation pour passer,
03:50qui ont été obligés de faire demi-tour,
03:52avec effectivement sous le feu, assez nourris, des forces iraniennes.
03:57Donc ça change complètement en fait la donne,
03:59ça change complètement l'état d'esprit de l'ensemble des marins
04:01qui sont sur zone et qui ont vu ces images.
04:02– Justement, ces marins, comment ils vivent la situation ?
04:06– En fait, c'est des hauts et des bas,
04:09qui dépendent en fait des tweets de Donald Trump,
04:11et on s'aperçoit que les États qui gèrent normalement le respect du droit de la mer,
04:18celui aussi de ne pas envahir son voisin sans autorisation,
04:22sans mandat de l'ONU,
04:24qui voient donc ce droit complètement bafoué
04:26et leurs espoirs de traverser le détroit d'Ormousse,
04:29qui est la meilleure manière et la manière la plus safe de partir de cette situation,
04:35s'éloignent de plus en plus au fur et à mesure des déclarations des uns et des autres.
04:38– Et ceux qui restent donc depuis maintenant plusieurs semaines dans ce détroit,
04:42en attendant qu'ils puissent passer,
04:44on fait quoi dans ce cas-là sur le bateau ?
04:46Comment on vit cette situation ?
04:48– Ils sont là principalement par solidarité vis-à-vis de leurs camarades,
04:52puisqu'ils les ont relevés, étant volontaires pour venir à bord de ces navires.
04:55– Oui, les autres ont été relevés.
04:56– Parce qu'il faut se rendre compte que ces navires, c'est des emplois,
04:59c'est des emplois de marins français,
05:00on n'a déjà plus beaucoup de bateaux sous le pavillon français,
05:03donc ils sont là par solidarité pour relever leurs collègues
05:06qui ont connu les trois semaines de conflit,
05:08et dès qu'ils ont pu débarquer pour ceux qui n'étaient pas volontaires,
05:12l'ont fait et sont remplacés par des collègues volontaires,
05:14plus ou moins expérimentés sur ce genre de conflit,
05:18mais la situation étant inédite.
05:21Et avec ces hauts et ces bas dont on parlait,
05:23et maintenant ces marins qui sont pris pour cible,
05:27c'est pas gagné d'avoir un nom en face de son nom
05:29pour être relevé à bord de ces navires.
05:31C'est ça le principal problème.
05:34– Trouver des volontaires, ça va être compliqué là.
05:35– Ça va devenir extrêmement compliqué,
05:37il va falloir prendre des mesures,
05:38mais encore une fois, les États souverains de l'ONU
05:42doivent prendre la main et mettre de côté Donald Trump,
05:45le renvoyer dans sa salle de balle,
05:46et prendre la main sur les négociations avec l'Iran et avec Israël.
05:50– Oui, alors ça, ça va être compliqué.
05:52Mais est-ce que c'est un acte de piratrie ça ?
05:54– Alors oui, si les images sont vraies…
05:56– Si les images sont vraies, c'est clairement un acte de piraterie,
05:59puisque on est sur un navire,
06:01qui n'est même pas un navire d'un billigérant,
06:03puisque MSC est une compagnie suisse,
06:05c'est un navire immatriculé au Libéria.
06:08Mais je voudrais réagir sur ce qu'a dit le précédent intervenant,
06:11puisque le sort des marins, c'est une tragédie.
06:15Vous avez évoqué des relèves d'équipage,
06:18je suppose que c'est peut-être pour les navires français,
06:21ou pour les navigants français,
06:23mais il y a 20 000 marins qui sont coincés à bord du laitroi d'Ormuse,
06:27donc principalement des marins indiens, des marins philippins,
06:31et je ne pense pas qu'ils soient relevés.
06:33– Ils ne sont pas relevés eux.
06:33– Et ils vivent, et il y en a maintenant qui commencent à parler,
06:37passent leur journée sous les missiles,
06:38avec le risque effectivement qu'on leur tire dessus.
06:41Et l'ONU s'est saisi de la situation.
06:44Il y a un organisme à l'ONU qui s'appelle l'Organisation maritime internationale,
06:48et ils ont demandé l'ouverture d'un corridor humanitaire,
06:51pour qu'on puisse au moins faire passer les marins,
06:53ça a été refusé par l'Iran.
06:56Donc ces marins, c'est les victimes collatérales
07:00d'une guerre pour laquelle ils n'ont rien demandé,
07:02et ça va être très compliqué à gérer,
07:04ne serait-ce que pour les équipages dans les mois à venir.
07:06– Jérôme Paysrandi,
07:08soyons bien sûr prudents avec ces images de propagande,
07:10mais si effectivement ces images sont vraies,
07:13donc une fois que les Iraniens montent à bord,
07:16que font-ils de l'équipage,
07:19et que font-ils du bateau ?
07:20Il est où maintenant ce bateau ?
07:21– En fait, c'est la question,
07:23quand on regarde les données en sources ouvertes,
07:26notamment style marine trafic,
07:28donc il y a un bateau qui serait toujours au mouillage,
07:32en fait environ,
07:33alors je ne vais pas parler en nautique,
07:35mais en kilomètres,
07:36environ une vingtaine de kilomètres du rivage iranien,
07:40et un autre qui irait vers le port de Bandar Abbas,
07:42qui est à la fois un port militaire
07:44et un port de commerce iranien,
07:46donc au sommet du Détroit.
07:48– La problématique, c'est que l'équipage,
07:51c'est un équipage marine marchande,
07:53alors évidemment,
07:55et en fonction de l'identité,
07:58ils sont plus ou moins protégés,
08:00et normalement, cet équipage,
08:02s'il arrive à terre,
08:03il doit pouvoir être rapatrié,
08:06sans aucune condition dans leur pays,
08:10quel que soit le…
08:11– Il ne peut pas être prisonnier,
08:12il ne peut pas être détruit prisonnier.
08:12– En aucun cas,
08:13et le risque,
08:15c'est qu'il soit pris, entre guillemets,
08:17comme otage,
08:17ça, c'est vraiment le problème.
08:20Avec aussi le fait,
08:21et notamment, on a parlé,
08:23c'est un bateau qui appartient
08:24à la première armateur mondiale,
08:26c'est que c'est aussi un outil de travail,
08:28et qu'un bateau comme ça,
08:31il nécessite un minimum
08:33de maintien en condition,
08:34c'est-à-dire que vous ne pouvez pas,
08:35en quelque sorte,
08:36jeter l'encre et puis dire,
08:39je m'en vais,
08:40et puis on va le laisser,
08:41entre guillemets,
08:41pourrir là-dessus.
08:42Donc, il va falloir voir
08:44quelle va être l'attitude
08:45des autorités iraniennes,
08:47mais en tout état de cause,
08:48les marins doivent pouvoir
08:50regagner,
08:51donc,
08:51ce ne sont pas des marins militaires,
08:53marins militaires,
08:54dans le cas du droit de la guerre,
08:56ils seraient considérés
08:57comme prisonniers de guerre.
08:58Ils doivent pouvoir regagner
08:59leur pays,
09:00dans les plus brefs délais,
09:02si le bateau est,
09:04entre guillemets,
09:04confisqué.
09:05– Alors, on va vous montrer,
09:05David Corona,
09:06vous allez réagir,
09:07parce qu'on est vraiment
09:07dans une bataille de communication,
09:09une bataille navale,
09:10une bataille de communication,
09:11avec ces autres images.
09:12Alors là, on est dans le golfe,
09:13on est dans l'océan Andien,
09:15ce sont des images
09:15de l'armée américaine,
09:16cette fois-ci,
09:17et on y voit,
09:18donc,
09:18des Américains
09:21qui vont sur un pétrolier,
09:23débarquent en hélicoptère
09:25pour vérifier
09:26d'où vient ce pétrolier.
09:27Ça serait d'ailleurs
09:28un bateau fantôme,
09:29comme on les appelle,
09:30c'est ça, Jérôme ?
09:31– A priori,
09:33il n'aurait pas de pavillon,
09:35même de complaisance.
09:36Donc là,
09:36c'est une infraction
09:38aux droits maritimes.
09:40– Il avait,
09:40oui, tout à fait,
09:41il avait un faux pavillon.
09:42– Un faux pavillon.
09:43Donc là,
09:44est-ce que les Américains
09:45respectent le droit maritime ?
09:46– Tout à fait.
09:46Un navire sans pavillon,
09:48c'est un navire pirate.
09:50Et il faisait croire
09:51qu'il avait un pavillon
09:52du Botswana.
09:53Le Botswana,
09:54c'est un pays d'Afrique
09:55qui n'a même pas d'accès
09:56à la mer.
09:57Et en fait,
09:57il n'y a même pas
09:58de registre botswanais.
10:00– Il ne faut pas d'effort,
10:01en plus,
10:02de prendre pour un pays
10:03qui a accès à la mer.
10:03– Il y a 17 navires.
10:05C'est un peu
10:06comme si,
10:07pour échapper
10:08au PV de circulation,
10:09vous mettiez sur votre voiture
10:11une plaque d'immatriculation
10:12d'un pays
10:12qui n'existe pas.
10:13C'est un peu
10:14la même idée
10:15qu'il y a derrière.
10:15– On peut imaginer
10:16que c'est un bateau iranien,
10:18en fait.
10:19– Oui,
10:19c'est un bateau iranien.
10:20– Oui, c'est ça.
10:21– Il est plein.
10:22– Plein de pétrole ?
10:25– Ce pétrolier va devenir quoi, là ?
10:30– Alors, ce pétrolier
10:32va subir ce qui s'est passé
10:34pour d'autres pétroliers
10:35que les pétroliers vénézuéliens.
10:36Il va être ramené
10:38par les États-Unis
10:39dans un port sûr
10:41pour les Américains,
10:42soit une base,
10:42soit aux États-Unis.
10:43Et la cargaison
10:46et le navire
10:47vont être saisis
10:48et l'équipage
10:49va faire l'objet
10:49de poursuites judiciaires.
10:50– David Corona,
10:51donc on voit des images
10:52il y a une bataille
10:53de communication,
10:54une démonstration de force.
10:56Chacun veut montrer
10:56qu'il contrôle la situation
10:58côté américain,
10:59côté iranien.
11:01– Oui,
11:01je me pose une question
11:02sur le devenir
11:04de ces deux navires
11:05parce qu'effectivement
11:06c'est de la piraterie,
11:07je suis d'accord avec vous.
11:07– Pour le premier cas,
11:09pour le deuxième,
11:09c'est le…
11:10– Je mets un léger bémol
11:11à la piraterie
11:11dans son idéologie.
11:13La piraterie,
11:13c'est quand même
11:14piller un navire,
11:16récupérer ce qu'on peut
11:17commercialiser ou voler.
11:18C'est ce qui se passait
11:19pendant longtemps
11:19en mer de Somalie.
11:21C'est pour cette raison
11:22qu'à un moment donné,
11:22il y a eu énormément
11:23de mercenaires
11:24et puis des boîtes privées
11:24avec des contracteurs armés
11:26de différentes forces spéciales
11:28du monde
11:28qui étaient armés
11:29et payés une fortune
11:30pour traverser
11:31certaines marres
11:32et pour tirer à vue
11:33en cas d'attaque
11:34parce que les gens
11:35auraient tué les gens
11:36qui étaient à bord du navire,
11:38détourné le navire,
11:38pillé le navire
11:39et vendu le contenu.
11:40Là, c'est une guerre
11:41de communication.
11:42Ces navires vont être
11:43mis de côté
11:44ou arraisonnés
11:45ou stockés
11:47dans un port
11:48où on va leur demander
11:49de faire demi-tour.
11:50Mais ce que je trouve
11:51intéressant dans ce que
11:52vous avez dit,
11:52c'est qu'on a quand même
11:53des milliers de marins
11:54et moi, je me demande
11:55au 55e jour,
11:57à un moment donné,
11:58jusqu'à combien de temps
11:59est-ce qu'ils peuvent
12:00survivre, manger
12:01en termes d'eau potable ?
12:02Les Français ont été ravitaillés,
12:03ils ont été...
12:05Et quelles sont les conditions
12:06de ravitaillement
12:06de ces marins
12:07qui sont coincés
12:08depuis 55 jours ?
12:10Donc, l'organisation
12:12maritime internationale
12:13a fait des déclarations.
12:14Des fois, on dit en Afrique,
12:16tu chantes bien
12:16mais tu chantes pas fort.
12:17Le résultat des courses,
12:19c'est que pendant...
12:21Encore, ces marins
12:22sont toujours bloqués,
12:23sont en manquant...
12:24Il y a eu un appel
12:25aux États,
12:26parce que l'OMI
12:27ne peut faire que ça,
12:28il y a eu un appel aux États
12:29pour porter assistance
12:30aux marins sur zone.
12:32Donc, ils ont demandé
12:33quelque part aux Iraniens
12:34de ravitailler les marins
12:36qui tirent dessus.
12:38Donc, vous voyez bien
12:39que quelque part,
12:40on se mord un petit peu
12:41la queue sur cette affaire.
12:42les pays du Golfe
12:44sont très prudents
12:45et ne parlent pas beaucoup
12:47sur leur propre capacité
12:49de ravitaillement
12:50aux produits frais
12:50chez eux.
12:51Puisqu'ils sont complètement coupés
12:54en termes de ravitaillement
12:55de produits frais,
12:56qu'ils sont ravitillés
12:57par camion
12:57à partir du port
12:58en mer rouge.
12:59Donc, ça prend deux semaines
13:00de plus.
13:00Donc, ça crée forcément
13:02un problème déjà pour eux.
13:03Donc, on peut supposer
13:04qu'il y a des problèmes
13:04de ravitaillement
13:05y compris sur le Golfe.
13:06Je voulais juste
13:06donner une précision.
13:08Vous avez raison,
13:0977% de la flotte mondiale
13:12est détenue
13:13par des États
13:14de complaisance,
13:14c'est-à-dire des États
13:15qui ne font que donner
13:16des papiers à des navires.
13:18C'est le Libéria
13:19et quelque part,
13:20encore une fois,
13:21on se remord la queue.
13:22Pourquoi ?
13:22C'est les États-Unis
13:23qui les ont mis en place
13:24après la Seconde Guerre mondiale.
13:26Donc, on a un vrai problème
13:28d'application du droit.
13:29La dernière chose
13:30sur le sort des marins,
13:31le Golfe est une zone
13:32de non-droit social,
13:34fiscal.
13:37L'Iran,
13:37les États-Unis
13:38et Israël
13:40n'ont pas ratifié
13:40la convention de Montégobé.
13:43Ils sont quand même
13:44obligés de respecter
13:44le droit maritime.
13:45Ils sont obligés
13:46de le respecter,
13:46vous avez raison.
13:47Même s'ils n'ont pas
13:47ratifié une convention.
13:49Après,
13:50tous ces actes
13:50ne seront jamais jugés
13:51parce qu'ils ont une période
13:52de guerre.
13:53C'est là où,
13:54effectivement,
13:54sur les 20 000 marins,
13:57ceux qui ont de la chance
13:58d'être sur des gros bateaux
13:59où il y a de l'espace,
14:01des installations
14:03pour désaliniser
14:03l'eau de mer,
14:05où il y a des chambres froides
14:06importantes
14:07et qui appartiennent
14:08à des compagnies
14:09dites redommées,
14:12ça va à peu près,
14:13il y a eu des relèves.
14:14Il y avait aussi
14:14les bateaux
14:15qui étaient amarrés.
14:16Amarrés,
14:16c'est plus facile
14:17parce qu'il suffit
14:18de prendre une camionnette.
14:19Le problème se pose
14:20pour dire
14:21les petits cargos
14:22sous pavillons
14:23de complaisance
14:23avec des équipages.
14:26Ce type de bateau,
14:27vous avez environ
14:2825 membres d'équipage
14:29et vous pouvez avoir
14:3025 nationalités différentes.
14:32donc ils sont
14:35pour beaucoup
14:36laissés à leur sort
14:37au fin fond du golfe
14:38à Rimbaud-Persique.
14:39Alors pendant ce temps-là,
14:41c'est toujours
14:41l'incertitude
14:43concernant les pourparlers
14:44ou la reprise
14:45des pourparlers
14:45entre l'Iran
14:47et les Etats-Unis.
14:48On va aller à Washington
14:49retrouver Laurence Haïm.
14:50Bonsoir Laurence.
14:51Donald Trump
14:52qui joue toujours possible
14:53que les discussions reprennent.
14:54Mais alors il n'y a plus
14:55du tout de date limite
14:56pour recevoir
14:57une proposition de l'Iran.
14:58Une chose est sûre,
14:59c'est que le président américain
15:00a dit
15:00on ne rouvre pas
15:01le détroit d'Hormuz
15:02avant la reprise
15:03de ces pourparlers.
15:07Oui et on est dans,
15:08vous parliez
15:09il y a un instant
15:09de communication,
15:10on est vraiment
15:11dans cette communication
15:12où il n'y a absolument
15:12aucune information,
15:13aucune date n'est donnée
15:15pour la reprise
15:16des pourparlers,
15:17aucune date n'est non plus donnée
15:18pour un cessez-le-feu
15:20ou pour répondre
15:21à un plan de paix.
15:23C'est le silence absolu.
15:24Alors Donald Trump
15:24est derrière moi
15:25enfermé comme toujours
15:26pour ce qui s'appelle
15:27des réunions exécutives
15:28avec son équipe
15:29dans le bureau Oval
15:30lorsqu'on demande
15:31mais qui voit-il ?
15:32Eh bien on n'a pas de réponse,
15:34toujours pas de briefing
15:35au département d'État
15:36où demain il devrait y avoir
15:37normalement la reprise
15:39de négociations
15:40entre Israéliens
15:41et Libanais
15:41et Donald Trump
15:43qui regarde aussi
15:43les sondages sur lui
15:45parce que l'opinion publique
15:46américaine
15:47dans son ensemble
15:48selon la moyenne
15:49de tous les sondages
15:50qui a été effectué
15:51par nos confrères
15:52du New York Times
15:52désapprouve la guerre en Iran.
15:54Je vous rappelle
15:54encore et toujours
15:55que Donald Trump
15:56peut faire ce qu'il veut
15:57jusqu'au 29 avril
15:59c'est la loi aux Etats-Unis
16:01il a 60 jours
16:02pour faire ce qu'il veut
16:03avant d'aller devant le Congrès
16:04pour justifier
16:05la guerre en Iran.
16:07Merci Laurent
16:08c'est le 29 avril
16:09c'est dans 6 jours
16:10donc on imagine
16:12que s'il y a une reprise
16:13des pourparlers
16:13il faut que ça arrive
16:14assez vite
16:14peut-être ce week-end
16:16mais il y a toujours
16:17ce blocage
16:18David Corona
16:19c'est-à-dire que
16:19les Américains disent
16:21on maintient le blocus
16:23sur Hormuz
16:24tant qu'on ne rediscute pas
16:25mais les Américains disent
16:26non il faut lever le blocus
16:27pour rediscuter
16:29on s'en sort pas là.
16:30Oui on est dans une double
16:32contrainte mortifère
16:33comme on l'appelle
16:33en négociation
16:34mais dans une situation
16:34de crise complexe
16:36l'idée c'est de refuser
16:37une négociation
16:38et de menacer
16:39de ne pas respecter
16:40le maintien
16:41ou la continuité
16:41d'une trêve
16:42sous couvert
16:43que le blocus
16:44et la fermeture
16:45en face du blocus
16:48soient levées
16:48et donc on demande
16:50une condition préalable
16:51aux négociations
16:52que la négociation
16:53est censée générer
16:54et en fait c'est comme
16:55si je vous disais
16:56pas de soucis
16:57moi je signerai la paix
16:58dès que la guerre
16:58sera terminée
16:59et en fait
17:00rentrer dans cette dynamique là
17:02avec l'impossibilité
17:04ou en tout cas
17:05ce qu'ont fait
17:06Trump et Vance
17:07en disant
17:07et pour moi
17:08c'est une grave erreur
17:09de négociation
17:10de dire ça
17:11c'est notre dernière offre
17:12c'est la finale
17:14et on ne bougera pas
17:15derrière ça
17:16et attendre
17:17que l'autre bouge
17:18si comme ça se passe
17:19depuis plusieurs séquences
17:20depuis le début
17:20l'Iran ne bouge pas
17:22ils vont devoir eux
17:23à un moment donné
17:24par usure
17:24ou par problématique
17:25devoir parler au bouger
17:27et vont perdre
17:27de facto
17:28le lead dans cette situation
17:30ou la position
17:31la plus contente
17:32mais il est peut-être
17:32l'un des problèmes
17:33c'est ce qui se passe
17:33à la tête de l'Iran
17:34et d'ailleurs
17:35Donald Trump
17:35l'a dit
17:36sur son réseau social
17:38il dit
17:38l'Iran a beaucoup de mal
17:39à identifier son dirigeant
17:41ils sont complètement perdus
17:42entre les radicaux
17:43qui ont perdu salement
17:45sur le champ de bataille
17:45et les modérés
17:46qui sont loin d'être modérés
17:47entre parenthèses
17:48mais gagnent en popularité
17:49ces luttes intestines
17:51sont dingues
17:51c'est peut-être ça le problème
17:52c'est que qui dirige l'Iran
17:54qui a envie
17:55à la tête de l'Iran
17:56d'aller négocier
17:57ou au contraire
17:58de rester sur une ligne dure
18:00et c'est compliqué
18:00parce qu'il faut avoir
18:02une position claire
18:03du côté de l'Iran
18:06mettre une forme
18:07de désorganisation
18:08au sein du régime iranien
18:11oui certes
18:12on pourrait voir
18:13sous cette lecture-là
18:15ce qui se passe en face
18:16et c'est une manière
18:17de décrédibiliser
18:18ou de prendre l'ascendant
18:19je pourrais aussi regarder
18:20le cas américain
18:21en me disant
18:22j'ai un président
18:22qui prend
18:23huit décisions à la minute
18:25une contraire à l'autre
18:26qui lance des ultimatums
18:28et qui lance des menaces
18:29sans les respecter
18:29et en les repoussant
18:30qui envoie quelqu'un négocier
18:32et puis qui lui dit
18:33tu ne négocieras pas
18:34et en fait
18:35je pourrais regarder
18:36le cas américain
18:37on voit que Donald Trump
18:38ces derniers mois
18:39Ulysse l'avait dit
18:40la dernière fois je crois
18:41a écarté une grande partie
18:43de ses généraux
18:44des plus anciens
18:45et des plus solides
18:45et je pourrais regarder
18:46le cas américain
18:47en me disant
18:48mais qui commande vraiment
18:49et de quelle manière
18:49en tout cas une chose est sûre
18:50c'est qu'il n'y a plus
18:51d'ultimatum
18:51plus de date limite
18:52à part peut-être
18:54effectivement
18:54comme l'a dit Laurence
18:55le 29 avril
18:56parce qu'ensuite
18:56Donald Trump devra
18:57rendre des comptes
18:59à ses parlementaires
19:00pour pouvoir continuer
19:00à faire la guerre
19:01mais est-ce qu'on peut imaginer
19:03une reprise des négociations
19:04ce week-end
19:04on n'est pas Madame Irma
19:06donc c'est difficile
19:07non mais deux questions
19:08d'abord sur les Etats-Unis
19:09c'est vrai que la date
19:10du 29 avril
19:11c'est-à-dire les 60 jours
19:12depuis le début de l'opération
19:13c'est très important
19:14pour la constitution américaine
19:15parce que les 60 jours
19:17c'est là où le président
19:19doit dire
19:19s'il va effectivement
19:21se plier à la règle du Congrès
19:23ou pas
19:24qui exige
19:24qu'au bout de 60 jours
19:25le président des Etats-Unis
19:26finalement déclare la guerre
19:28ou pas
19:28il peut aussi prolonger
19:30ce délai de 30 jours
19:31donc on n'est pas au bout
19:32de nos peines
19:33mais ce qui est assez intéressant
19:34aujourd'hui
19:35c'est que Donald Trump
19:36devient un expert
19:36de la politique iranienne
19:38non mais
19:39il fait des messages
19:40j'espère
19:41non mais absolument incroyable
19:43où il parle justement
19:44de la politique intérieure
19:44en disant
19:45les Iraniens ont du mal
19:46à se déterminer
19:47les modérés
19:48ne sont pas si modérés
19:48que ça
19:49et donc
19:51il traduit en fait
19:52une réalité
19:53qui est importante
19:54en Iran
19:54c'est que
19:55en fait
19:55il y a une direction collective
19:57en Iran
19:58c'est une autre
20:00formule de gouvernement
20:00que les Etats-Unis
20:02ou la France
20:02direction collective
20:03et à l'intérieur
20:04il y a une bataille
20:05féroce
20:06entre ceux qui veulent
20:07une négociation
20:08et ceux qui n'en veulent pas
20:10et ceux qui veulent
20:10la négociation
20:11ont perdu
20:11à ce stade
20:12c'est pour ça
20:13qu'il n'y a pas
20:14une négociation
20:15comme c'était prévu
20:16qui sont ceux
20:17qui voulaient la négociation
20:18le ministre des Affaires étrangères
20:19le président
20:20de la République islamique
20:21ceux qui n'en voulaient pas
20:22les gardiens
20:23de la Révolution
20:24et ça traduit le fait
20:25qu'aujourd'hui
20:26après la mort
20:27du guide suprême
20:28qui était très respecté
20:29dans le système iranien
20:30et bien
20:31il n'y a plus de chef
20:32qui s'impose
20:33puisque le fils
20:36est déstabilisé
20:37bon certes
20:38il est lucide
20:39nous dit-on
20:39mais il n'a plus
20:40ni la prestance
20:41ni le poids
20:41qu'avait son père
20:42et donc
20:43qui a pris l'aval
20:44ce sont les généraux
20:45et en particulier
20:46les généraux
20:47qui commandent
20:47les gardiens de la Révolution
20:48notamment Ahmad Vaidi
20:49on faisait son portrait
20:50tout à l'heure
20:50le grand patron
20:51des gardiens
20:51des commandants
20:53il est commandant
20:54en chef
20:55des gardiens de la Révolution
20:55donc ce qui fait
20:56qu'aujourd'hui
20:57les durs
20:57de dur
20:58l'ont emporté
20:59sur ceux qui voulaient
21:00même en étant durs
21:01eux-mêmes
21:01une négociation
21:02pour disent-ils
21:03sauver l'économie iranienne
21:04on est donc
21:05dans cette situation
21:06de crise interne
21:07et tant qu'elle ne sera pas résolue
21:09et bien
21:09il n'y aura pas de négociation
21:10on en parlera ce soir
21:11sur BFM TV
21:12bien sûr
21:12notamment avec ce nouveau forum
21:14présenté par
21:15Maxime Switek
21:16Les Français face à la guerre
21:19à partir de 21h
21:20vous pouvez bien sûr
21:21participer
21:22à l'émission
21:23soirée spéciale
21:24présentée par Maxime
21:25Les Français face à la guerre
21:26un nouveau forum
21:27BFM TV
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