00:00Alors, parlons aussi de l'autre guerre. Il y a la guerre en Iran et puis il y a la
00:03guerre aussi au Liban avec un cessez-le-feu fragile.
00:06Je propose d'écouter ce que disait tout à l'heure Emmanuel Macron qui est en déplacement à Chypre et
00:10qui réaffirme le soutien de la France au Liban.
00:14Nous œuvrons tous pour que d'abord le cessez-le-feu soit prolongé et pour que nous puissions véritablement bâtir
00:22la condition d'une paix durable
00:23qui respecte la souveraineté du Liban, son intégrité territoriale et qui désarme durablement le Hezbollah.
00:30A ce titre, je veux ici confirmer que la France se tient prêtre au moment où le Liban en jugera
00:36opportun d'organiser une conférence de soutien et de mobilisation de tous.
00:40Nous organiserons cette conférence qui aura tout à la fois vocation à soutenir les forces armées libanaises et à aider
00:45à la reconstruction du sud Liban, lesquelles sont indissociables.
00:49Voilà, sachant qu'aujourd'hui un hommage national a été rendu à Florian Montorio, le soldat français tué au Liban,
00:55le premier, puisqu'il y en a deux, et l'hommage avait lieu aujourd'hui même.
01:00On a d'ailleurs, les autorités françaises pointent du doigt la responsabilité du Hezbollah.
01:06Ce soutien, alors Emmanuel Macron parle d'une conférence de soutien pour le Liban.
01:10Est-ce que vous demandez à la France d'être beaucoup plus impliquée, notamment peut-être aussi dans le désarmement
01:15du Hezbollah ?
01:18D'abord, il parle de prolonger le cessez-le-feu.
01:21Vous savez déjà, c'est une très bonne idée de prolonger le cessez-le-feu, mais ce n'est pas
01:23assez.
01:24Nous, ok, il y a un cessez-le-feu qui est assez fragile, mais l'objectif c'est de trouver
01:27une paix durable, une solution pérenne.
01:30Parce qu'on passe de cessez-le-feu en cessez-le-feu en cessez-le-feu, et ça ne nous
01:33mène nulle part.
01:34Ça ne fait que retarder l'éventualité d'une nouvelle guerre.
01:37Maintenant, est-ce qu'on demande à la France d'être plus présente ?
01:39Oui, d'accord. La France peut effectivement être présente. Ce n'est pas inscrit pour personne.
01:44Les relations entre le Liban et la France sont assez spéciaux depuis toujours.
01:47Maintenant, si la France veut intervenir, il faut qu'elle prenne également en compte les intérêts des Libanais et des
01:52Libanais eux-mêmes.
01:53Pas que ses intérêts à elle ou la stabilité.
01:56La France cherche généralement dans la région la stabilité, que ce soit au Liban ou plus globalement dans la région.
02:02Mais une stabilité pure ne sert à rien non plus. On ne veut pas au Liban d'une stabilité avec
02:07un Hezbollah sous stéroïde.
02:09Ça fait plusieurs années que la France, par exemple, discute directement avec le Hezbollah, avec des représentants du Hezbollah,
02:15parfois en co-circuitant l'État lui-même.
02:19Quelle que soit la raison de ça, évidemment, ça ne convient pas aux Libanais.
02:23Il faut laisser l'État libanais régler la question et aider l'État libanais à le faire.
02:27Il faut donner la force à l'État libanais d'agir.
02:29Il faut que lui-même puisse trouver des solutions et que lui-même aille potentiellement demander aux États mondiaux,
02:36à la France notamment, de l'aide. Pour elle, pas pour d'autres raisons.
02:40Oui, dans l'immédiat, l'enjeu, c'est de prolonger le cessez-le-feu quand même.
02:43Parce qu'il a été prévu pour durer dix jours.
02:46On sait que c'est compliqué dans le sud du pays où il y a toujours des affrontements entre le
02:50Hezbollah et l'armée israélienne.
02:52Et donc le gouvernement libanais réclame une prolongation de trois semaines à un mois.
02:56Ça, c'est très important.
02:57Sur l'avenir de la Finule, c'est aussi très important.
02:59Oui, la Finule, en 2027, c'est terminé.
03:01En 2026, fin d'année.
03:03Fin 2026.
03:04Donc en 2027, il faut trouver une solution.
03:05Oui, sauf que c'est une force qui dépend des Nations Unies et d'un vote, d'une décision du
03:10Conseil de sécurité des Nations Unies.
03:13Et donc au mois de juin, c'est-à-dire dans très peu de temps, les patrons de la Finule
03:18doivent proposer une nouvelle formule, un nouveau mandat pour une nouvelle force internationale qui remplacerait la force actuelle.
03:26Et donc c'est ça en fait quand le président de la République dit nous allons organiser une nouvelle conférence
03:29internationale.
03:30C'est quelle serait la mission de la nouvelle force ?
03:33Alors évidemment, soutien de l'armée libanaise, mais pas seulement.
03:37C'est-à-dire participer aussi à solidifier l'État libanais, en faire un État capable de maintenir l'État
03:43de droit dans le pays, ce qui n'est pas le cas.
03:45L'aider à faire appliquer les décisions qu'il a prises.
03:48Et ça, il faut le rappeler, c'est vrai que l'Iran connaît des crises et des guerres civiles depuis
03:52des décennies.
03:53Le Liban.
03:53Mais pour la première fois cette année, le Liban, l'État libanais, a pris des décisions qui interdisent toute force
04:00armée hors de l'armée libanaise régulière.
04:03Ça vise le Hezbollah.
04:04Donc pour arriver dans ce processus où on désarme le Hezbollah, il faut qu'il y ait effectivement un nouveau
04:10mandat d'une nouvelle force.
04:11Et là, il y a un nouvel acteur.
04:12C'est-à-dire que là, on voit bien que la France était en première ligne, mais avec une dizaine
04:17de pays, dont l'Indonésie, l'Italie, etc. dans la finitule.
04:20Mais là, c'est le retour des Américains.
04:21C'est-à-dire qu'en fait, celui qui va imposer la poursuite du cessez-le-feu, c'est Donald
04:25Trump.
04:26Donald Trump qui a demandé à Israël d'arrêter de bombarder.
04:29Exactement.
04:29Qui a tordu le bras Netanyahou, qui ne le souhaitait pas.
04:32Et qui continue de bombarder.
04:34Et les opérations ne sont pas terminées.
04:36Il y a toujours des frappes de drones, etc.
04:37Donc, si vous voulez, ce qui est très important, c'est que Donald Trump, maintenant, est l'homme qui va
04:41pouvoir imposer ou pas un cessez-le-feu qui va se prolonger.
04:45Alors que des négociations directes ont lieu à Washington entre les Libanais et les Israéliens.
04:50Et l'objectif, c'est dans les prochaines semaines, une rencontre à la Maison-Blanche entre le Premier ministre israélien
04:56et le président du Liban.
04:57Ce qui serait un événement absolument...
04:58Vous y croyez à cette rencontre ?
05:00Pour l'instant, le président a refusé de rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
05:04Mais éventuellement, si une solution peut être trouvée, oui, nous, au Bloc national, nous sommes pour une solution pérenne.
05:09Et pour que l'État libanais négocie.
05:11Maintenant qu'il négocie en direct, ou que ce soit des intermédiaires qui sont nommés par l'État qui négocient,
05:16ça, pour moi, personnellement, c'est une subtilie.
05:18Il y a notamment un enjeu important.
05:21Ce sera à partir de la fin du mandat de la Finule, quelle que soit la force internationale qui sera
05:28là, c'est, par exemple, le transfert de certaines installations au profit des forces armées libanaises.
05:33Et ça, c'est extrêmement compliqué.
05:35Parce que ce n'est pas simplement faire un état des lieux puis donner les clés des locaux.
05:39C'est faire en sorte que les forces armées libanaises puissent se redéployer en sécurité et prendre en compte sur
05:47les postes qui sont actuellement par la Finule.
05:50Et donc, actuellement, il y a des processus de planification qui sont en cours pour pouvoir rentrer dans cette phase.
05:57Mais bon, pas avant 2027.
05:59– Et Donald Trump, en une phrase, a dit que les États-Unis étaient prêts à s'impliquer beaucoup plus
06:04dans la stabilisation du Liban.
06:06C'est un message un peu cryptique, mais dont la réalité reste à...
06:10– Non, non, pas cryptique.
06:11Il est clair que Trump a décidé de s'impliquer dans la crise libanaise en imposant un cessez-le-feu,
06:17d'une part, en organisant un sommet à la Maison-Blanche,
06:21qui rappelle, vous savez, ce fameux sommet entre Yasser Arafat, le palestinien, et le premier ministre israélien, Itzhak Rabin, qui
06:30a été assassiné depuis.
06:31Si Trump réussissait à organiser ce sommet, ça serait, je dirais, pour lui, une victoire considérable.
06:37– Alors, dans un instant...
06:38– Dans une modalité, c'est ça que je voulais...
06:40– Dans un instant, on va revenir sur l'effet marquant de la journée, notamment ce détroit d'Hormuz qui
06:45reste paralysé,
06:46mais on assiste à une bataille navale et surtout une bataille de communication.
06:49On vous remontera les images à la fois d'Iraniens interceptant un navire,
06:55et puis également d'Américains qui s'en prennent un cargo.
07:00Et on ira peut-être voir Igor Seheri, s'il est prêt, est-ce qu'il n'est prêt pas
07:03encore ?
07:04Igor Seheri qui sera en direct d'Abu Dhabi ?
07:05Montrons tout de suite les images, parce que ce sont vraiment des images assez spectaculaires,
07:09notamment les images venues d'Iran, des gardiens de la Révolution.
07:12Alors ça, ce n'est pas celles-là, ça c'est les images de l'armée américaine.
07:15Moi, je voudrais les autres, si c'est possible, parce que c'est peut-être celles qui sont les plus
07:18spectaculaires.
07:19On voit bien que les gardiens de la Révolution répondent par la communication à ce que peut dire Donald Trump.
07:25Regardez ce petit bateau iranien qui arrive avec à bord des Iraniens cagoulés, des soldats,
07:31et ils vont prendre d'assaut ce grand cargo, Jérôme Paysrandi.
07:35Oui, donc ils ont pris, alors, qui est vide, ce porte-container, vous voyez, il est très haut sur l
07:40'eau.
07:41Donc, il a été arrêté.
07:44A priori, les Iraniens avaient, parce que ça, ça manque dans la vidéo, bien sûr,
07:48ils ont tiré d'abord sur la passerelle, ce qui est vraiment un acte totalement inadmissible.
07:53Le capitaine, forcément, arrête son bateau, et donc prise de contrôle, vous voyez,
07:57via l'échelle de cordes qui a été mise en place, d'ailleurs, par l'équipage.
08:03Et puis, en fait, la vraie question qui se pose, c'est maintenant,
08:06quelle est le sort du bateau, quelle est le sort de l'équipage ?
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