00:00T'imagines perdre le contrôle de ton GPS, tes communications coupées, ton réseau électrique à genoux.
00:06Ce n'est pas de la science-fiction, c'est la conséquence directe de perdre la maîtrise du ciel.
00:11Et c'est exactement ce que le Rafale F5 est conçu à empêcher.
00:15Mais voilà la réalité que personne ne veut dire franchement.
00:18Le programme le plus ambitieux de la version de combat française repose aujourd'hui sur un moteur dont le budget
00:24n'est pas bouclé,
00:25après que les Émirats Arabes Unis ont claqué la porte fin 2025.
00:293,5 milliards d'euros partis en fumée.
00:33La France se retrouve seule face à une facture de 5 milliards encore à sécuriser.
00:38Alors on fait quoi ? On plie ? On improvisie ?
00:41Non, on avance.
00:43Parce que la souveraineté, ça ne se négocie pas à la découpe.
00:46Mais ça se finance. Et là, la question est brûlante.
00:49Le Rafale F5, c'est quoi concrètement ?
00:52Ce n'est pas une simple mise à jour logicielle.
00:54La DGA l'appelle elle-même une « rénovation à mi-vie » et le terme étant de ça de
00:59la réalité.
01:00Maître d'ouvrage, la Direction Générale de l'Armement.
01:03Maître d'œuvre industrielle, Dassault Aviation, Thalès, Safran.
01:07Les premiers contrats de développement ont été notifiés en octobre 2024.
01:12Entrée en service opérationnel ciblé, 2033.
01:16Le standard F5 succède au F4.
01:19Lui-même déjà un bon capacitaire majeur avec l'intégration du radar AESA RBE2-AA, du missile Météor et du
01:26pod Talios.
01:28Le F5 va encore plus loin.
01:30Nouveau radar AESA de génération supérieure, nouveau système de guerre électronique Spectra renforcé, nouveau capteur optronique et une connectivité qui
01:39transforme l'appareil en nœud nerveux d'un réseau.
01:41On ne parle plus d'un chasseur, on parle d'un système de systèmes capables de coordonner en temps réel
01:47avions, drones et satellites.
01:49Le cœur du concept F5, c'est le combat collaboratif homme-machine.
01:53Le Rafale F5 embarquera la capacité de piloter un drone de combat furtif depuis son propre cockpit.
02:00Ce drone, dont les contrats de développement ont été notifiés simultanément à Dassault, Thalès et Safran, sera chargé des missions
02:07les plus dangereuses.
02:08Entrée en premier, suppression des défenses aériennes ennemies SEAD, combat RR et frappe air-sol dans des environnements ultra contestés.
02:17L'équation est limpide.
02:18Un Rafale F5 vaut entre 90 et 100 millions d'euros à l'unité.
02:23Un drone collaboratif de ce type visera moins de 15 millions.
02:27Tu envoies plusieurs drones saturer et aveugler les systèmes sol-air adverses, type S-400 ou HQ-9, et le
02:33Rafale engage ensuite dans un couloir propre.
02:36L'attrition change de camp.
02:38Le pic absolu du programme, c'est l'intégration de l'ASN-4G.
02:42Ce missile hypersonique nucléaire développé par MBDA avec le soutien de l'ONERA remplacera l'ASMPA actuellement en service.
02:50Vitesse supérieure à Mach 7, soit plus de 8500 km heure.
02:55Résultat, une interception quasi impossible pour n'importe quel système de défense existant ou projeté.
03:02Emmanuel Macron a officialisé le déploiement depuis la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur en mars 2025.
03:08Horizon opérationnel 2035.
03:11Le Rafale F5 sera le premier vecteur à l'emporter.
03:13Ce n'est pas juste un nouvel armement, c'est un changement de génération doctrinale pour la composante aéroportée de
03:20la dissuasion nucléaire française.
03:21La force aérienne stratégique change de visage.
03:24Côté export, l'Inde est le seul pays à avoir déjà envisagé le F5 dans son contrat.
03:29Le Defense Acquisition Council indien a approuvé en février 2026 l'acquisition de 114 Rafales supplémentaires pour 30 milliards d
03:37'euros en accord intergouvernemental.
03:39La structure prévue, 90 appareils fermes au standard F4 et une option sur 24 unités au standard F5 transformables sous
03:473 ans.
03:48L'Inde deviendrait ainsi le premier opérateur étranger du F5.
03:52Safran a accepté l'assemblage du moteur M88 en Inde dans le cadre de Make in India.
03:57Ce que Paris avait toujours refusé de céder, la pression commerciale l'a obtenu.
04:01Maintenant, parlons de ce qui fâche.
04:03Fin 2025, les Émirats Arabes Unis se retirent du schéma de cofinancement du Rafale F5.
04:08Selon la tribune, Abu Dhabi était prêt à injecter 3,5 milliards d'euros sur une facture totale estimée à
04:155 milliards encore à sécuriser.
04:17En échange, il voulait un accès au programme, une participation industrielle et des droits sur les développements futurs.
04:23Paris a dit non.
04:24Trop d'accès aux technologies souveraines.
04:26Résultat, la France doit financer seule et l'actualisation de la loi de programmation militaire présentée en Conseil des ministres
04:33le 8 avril 2026 l'entérine.
04:35La LPM actualisée couvre 413 milliards d'euros sur 2024-2030, soit 40% de plus que la précédente.
04:43Sur ce total, 11,7 milliards sont consacrés au programme Rafale, dont plus de 4 milliards fléchés vers le développement
04:49du standard F5.
04:51Mais nulle part il n'est fait mention d'un partenaire financier.
04:54Et nulle part le moteur du programme n'est budgété dans sa totalité.
04:57C'est là que l'honnêteté s'impose.
04:59Refuser l'argent émirien au nom de la souveraineté, c'est un choix défendable.
05:03Mais ce choix a un prix.
05:05Étalement des livraisons, retard sur le drone collaboratif dont le financement reste en suspens,
05:09et une prise de risque industriel réelle.
05:12Dassault sait gérer le risque, c'est son ADN historique.
05:15Mais dans un contexte où le budget défense est à 57,1 milliards d'euros hors pension pour 2026,
05:20avec des priorités qui se multiplient, l'arbitrage est brutal.
05:23Et pendant ce temps, le SCAF est en état de mort clinique institutionnelle.
05:28Le système de combat aérien futur, programme franco-germano-espagnol évalué à plusieurs dizaines de milliards d'euros,
05:35devait contractualiser sa phase 2 fin 2025.
05:38Début avril 2026, toujours rien.
05:40Éric Trapier, patron de Dassault Aviation, a lui-même tapé du poing sur la table début avril,
05:45annonçant deux ou trois semaines pour trouver un accord entre Français et Allemands.
05:49Deux à trois semaines.
05:50Pour un programme dont les études de concept initial ont débuté en 2019 avec un premier contrat de 65 millions
05:56d'euros,
05:57sept ans plus tard, on se donne encore deux ou trois semaines.
06:00Si ce n'est pas la définition d'une impasse, je ne sais pas ce que c'est.
06:03Les blocages sont structurels et connus.
06:06Partage des tâches industrielles, propriété intellectuelle, leadership technique entre Dassault et Airbus.
06:11L'Allemagne veut peser sur la conception d'un avion dont elle n'a aucune expertise nationale en avion de
06:16combat.
06:16La France veut garder la maîtrise d'œuvres globales sur un programme qui engage sa doctrine nucléaire.
06:22Ces deux positions sont incompatibles à court terme.
06:25Airbus a menacé à plusieurs reprises de développer une solution parallèle.
06:28Dassault n'a jamais cédé sur l'essentiel.
06:30Les clés du cockpit souverain ne se partagent pas avec un industriel dont le siège social est à Toulouse,
06:35mais dont les actionnaires sont à Berlin et Espagne.
06:38La vraie question politique que personne ne pose franchement,
06:41« Est-ce que le SCAF retarde la France ou est-ce que la France retarde le SCAF ? »
06:45Chaque année perdue en négociation est une année pendant laquelle le Rafale F5 se développe, s'exporte, se muscle.
06:51Si le SCAF tombe à l'eau de main, la France a un plan B crédible.
06:54L'Allemagne et l'Espagne, elles, n'ont rien. Zéro.
06:57Et ça, les négociateurs berlinois le savent parfaitement, même s'ils ne l'admettent jamais en public.
07:02Le retrait émirien est réalité révélateur d'un problème plus profond.
07:06La tentation de financer un programme 5G grâce à des partenaires 4G.
07:10Les EAU voulaient accéder à des technologies de rupture qu'ils ne sauront jamais ni développées seules,
07:15ni intégrées de manière autonome.
07:17La France a eu raison de refuser, mais elle aurait dû anticiper ce refus
07:21et sécuriser le financement national deux ans plus tôt.
07:24Ce n'est pas Dassault qui a failli, c'est l'arbitrage budgétaire gouvernemental qui a traîné.
07:28Alors, que doit faire la France maintenant ?
07:31La réponse est simple à énoncer, difficile à exécuter.
07:34Accélérer le financement national, point final.
07:36Les 4 milliards fléchés dans la LPM actualisée sont un début.
07:40Mais le programme nécessite une sécurisation complète, moteur inclus.
07:44L'export est le levier complémentaire.
07:46L'Inde à 30 milliards d'euros, si le contrat se signe en 2026-2027,
07:50change radicalement l'équation financière de Dassault
07:53et permet d'amortir une partie des coûts de développement F5.
07:56C'est le retour d'expérience appliqué à l'économie de programme.
07:59Sur le SCAF, la France doit fixer une date butoir non négociable.
08:03Si aucun accord n'est signé avant fin 2026, elle doit officialiser le pivot vers un programme national
08:10ou une coalition réduite avec l'Espagne uniquement, qui a montré plus de pragmatisme.
08:15Laisser le SCAF s'enliser encore deux ans revient à hypothéquer les deux programmes simultanément.
08:21Ce n'est pas acclétable.
08:22L'armée de l'air et de l'espace a d'ailleurs déjà anticipé ce risque
08:26et l'envisage de se procurer des drones de combat collaboratifs sans attendre le standard F5.
08:31C'est du pragmatisme opérationnel pur.
08:34On ne peut pas laisser les pilotes français entrer en premier dans des environnements contestés
08:38avec les outils d'hier pendant qu'on attend les outils de 2033.
08:42Le scénario idéal, SCAF mort, Rafale F5 financé en national,
08:47Drones collaboratifs livrés avant 2033, Contrat indien signé, ASN 4G opérationnel en 2035.
08:56Dans ce scénario, la France dispose du système d'armes aérien le plus complet d'Europe occidentale,
09:02autonome, exportable et nucléarisé de nouvelle génération.
09:05Ce n'est pas un rêve, c'est le chemin logique si Paris tient sa ligne.
09:10La France a construit sa crédibilité stratégique sur une règle simple,
09:13« Ne jamais dépendre de la volonté d'un autre État pour tirer ou ne pas tirer ».
09:18Le Rafale F5 et l'ASN 4G prolongent cette doctrine dans la décennie 2030.
09:24Le retrait émirienne n'est pas une catastrophe, c'est un test de cohérence.
09:28Soit Paris finance ce qu'il prétend vouloir, soit il admet que la souveraineté n'était qu'un discours.
09:34Le choix appartient aux décideurs.
09:36Vous, en commentaire, pensez-vous que le Rafale F5 peut réellement remplacer le SCAF à lui seul
09:42ou est-ce que l'Europe a encore besoin d'un programme commun pour exister militairement ?
09:47Les infos sont importantes, pas les images. Abonnez-vous.
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