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Le JD News met Charles Alloncle en Une cette semaine

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Transcription
00:00Vous avez interviewé Charles Laloncle, le député UDR qui a été rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel
00:06public.
00:06Il fait la une du JD News, votre magazine.
00:10Voilà, le rapport interdit.
00:12Alors ça, c'est quand même fou, c'est-à-dire qu'il y a eu énormément de travail.
00:16On va voir le nombre d'heures, d'auditions, énormément de travail pour ce rapport.
00:23Et il y a un risque qu'il ne paraisse jamais.
00:25Vous avez entendu Laurence Ferrari interroger Maude Bréjot qui disait
00:28« Je ne sais pas s'il faut qu'il soit publié ou pas ».
00:32C'est fou, ça pose un problème démocratique.
00:34C'est en tout cas ce que dénonce Charles Laloncle dans cette interview du JD News.
00:37Charles Laloncle, il faut bien comprendre que son rapport, il l'a fait après une commission d'enquête
00:40qui a été quand même la commission d'enquête sans doute la plus suivie après la commission d'enquête sur
00:44Alexandre Benalla en 2018.
00:46Il a fait en effet 70 auditions, quasiment 230 personnes entendues,
00:51dont les patrons évidemment du service public de l'audiovisuel, les grands actionnaires.
00:55Et donc il a fait des révélations, on va y revenir.
00:57Mais avant tout cela, il y a un rapport, rapport qui sera donc soumis au vote des députés le 27
01:02avril.
01:02Ils n'auront que trois jours pour le découvrir sur des créneaux.
01:05Ils ne pourront pas, ce sera dans une salle dédiée à l'Assemblée nationale,
01:08ils ne pourront pas prendre de photos, ils ne pourront pas évidemment le sortir.
01:11Pourquoi ? Parce que si ce rapport n'est pas voté, eh bien il disparaît.
01:15Et s'il n'y a pas seulement le rapport qui disparaît, c'est aussi les auditions.
01:18C'est-à-dire que si vous voulez par exemple revoir l'audition de Mme Ernotte, si le rapport n
01:22'est pas voté,
01:23eh bien cette audition, elle disparaît complètement.
01:26Elle disparaît du site de l'Assemblée nationale, on n'a même plus le droit de la partager.
01:29Donc c'est pour ça que ça provoquerait une sorte de séisme démocratique, un trouble démocratique,
01:34parce que c'est une des commissions d'enquête qui a le plus intéressé les Français.
01:38Si l'on en croit les suivis sur le site de l'Assemblée nationale,
01:43si l'on en croit même la popularité du rapporteur, Charles Aloncle,
01:46il était complètement inconnu avant cette commission d'enquête,
01:48et aujourd'hui c'est un personnage identifié pour les Français.
01:51Voilà, 70 auditions, c'est ce que je disais, 70 auditions, 230 personnes auditionnées et 200 heures d'audition.
02:00On va regarder les principales révélations, notamment les indemnités de départ très élevées chez France Télévisions,
02:04des sociétés de production qui pratiquent la surfacturation,
02:06des cumuls de fonctions problématiques, on va rentrer dans le détail,
02:10ou encore des dépenses difficilement justifiables.
02:13Conflit d'intérêt entre dirigeants audiovisuels, publics et sociétés de production.
02:17Concrètement, on parle de qui ?
02:18Voilà, il y a le cas le plus parlant, c'est le cas Nathalie Darigrand,
02:21qui est ancienne directrice de France 5,
02:24qui à l'époque a attribué un certain nombre de contrats,
02:27notamment à la société de production Together Media.
02:29Jusque-là, pour l'instant, ça n'apparaît rien.
02:31Elle travaille chez France Télévisions,
02:33et elle achète chez Together Media,
02:36des émissions.
02:37Ah oui, mais c'est là que la suite est intéressante,
02:39c'est quand Mme Darigrand, elle part de France Télévisions,
02:43elle part avec une belle indemnité,
02:45quelques milliers d'euros, 400 000 euros.
02:47Et quelques mois après, elle va où, Mme Darigrand ?
02:50Eh bien, elle va à Together Media.
02:52Et donc, là aussi, c'est-à-dire qu'il y a une nouvelle directrice à France 5,
02:56il y a Mme Darigrand qui est à Together Media,
02:58et les contrats de Together Media,
02:59ils augmentent, ils montent, donc ça fait toujours plus d'argent.
03:02Et ça pose la question de l'externalisation,
03:04parce que vous savez, le budget de l'audiovisuel public,
03:06c'est 4 milliards d'euros.
03:07Et dans ces 4 milliards, il y en a 1 milliard
03:09qui sont sujets à l'externalisation.
03:11C'est-à-dire qu'il y a 14 000 employés
03:13au sein du service public, de l'audiovisuel,
03:15mais ce n'est pas assez, donc il faut externaliser.
03:18Donc ça va avec des sociétés,
03:19par exemple France 5.
03:2080% des émissions de France 5
03:23sont produites par deux sociétés de production,
03:25Together Media et Media One,
03:27qui sont des sociétés de production
03:30dont les actionnaires sont plutôt engagés à gauche,
03:32M. Niel, M. Pigasse,
03:34qui d'ailleurs ont été très véhéments
03:36avec leurs rapporteurs lors de leur audition.
03:37Donc voilà, tout ça, c'est extrêmement intéressant.
03:39C'est des cas extrêmement concrets.
03:41On pourrait aussi parler des allers-retours
03:42entre le privé et le public,
03:43avec Taguie Scandilis, par exemple,
03:45qui passe entre Banijay et l'audiovisuel public.
03:48C'est-à-dire qu'un coup, il travaille dans l'audiovisuel public,
03:51un coup, il retourne chez Banijay.
03:52Donc ça montre une sorte de conflit d'intérêts
03:54qui est quand même assez soupçonneux.
03:56Bon, sur les cumuls de postes,
03:58Arnaud N. Gatcha a touché 100 000 euros net par an
04:00à un poste de direction de France Télévisions.
04:02Bon, c'est un salaire de directeur.
04:05Bon, voilà.
04:06Mais il était en même temps dans l'équipe d'Anne Hidalgo.
04:09Oui.
04:10C'est-à-dire qu'il y a un des deux métiers,
04:12une des deux missions qu'il effectuait mal.
04:14Ou alors il effectuait très bien les deux,
04:15mais le problème, c'est que lors de son audition,
04:17on n'a pas très bien compris ce qu'il faisait à la mairie de Paris
04:20et ce qu'il faisait également à France Télévisions.
04:22C'est-à-dire qu'il avait des salaires qui sont des gros salaires,
04:25des salaires à six chiffres de manière annuelle.
04:27Il était directeur des opérations spéciales extérieures.
04:30À la mairie de Paris, il était chargé de l'international.
04:32Donc à un moment donné, on ne comprend pas très bien.
04:34Il y a une sorte de flou.
04:35Et c'est finalement ce qu'a révélé cette commission d'enquête.
04:37C'est un système qui est à la fois extrêmement coûteux
04:39avec des salaires mirobolants.
04:40Je vous rappelle qu'il y a quasiment une dizaine de personnes
04:42qui sont mieux payées que le président de la République
04:45au sein de l'audiovisuel, qu'il y a cinq ultra-prévilégiés
04:48qui sont payés plus de 300 000 euros de manière annuelle,
04:50notamment le cas de Mme Ernotte,
04:52qu'il y a des dépenses somptuaires qui sont absolument dingues.
04:54On se souvient des frais de cocktail et frais de bouche
04:56pendant le Covid-19, alors qu'on pourrait considérer
04:58que les gens étaient chez eux,
05:00qu'il y a des dépenses de taxi qui ont été absolument dingues ici.
05:04Mais d'ailleurs, la première résultante de cette commission d'enquête,
05:06c'est que Mme Ernotte et M. Sidbon Gomez,
05:08le directeur des programmes, ont annoncé
05:09qu'ils allaient baisser les frais de taxi et les frais de bouche.
05:11Donc c'est intéressant quand même de voir
05:13qu'elle a des conséquences.
05:14Samuel Etienne, le sympathique présentateur
05:16de Questions pour un champion,
05:18il était salarié de France Télévisions,
05:20on lui fait rompre son contrat.
05:23Il demande lui-même à rompre son contrat.
05:24Il demande à rompre son contrat,
05:26donc il a une indemnité de fin de contrat,
05:28indemnité de licenciement,
05:29qui se compte en centaines de milliers d'euros.
05:31Oui, au moins en dizaines de milliers d'euros.
05:33Au moins en dizaines de milliers d'euros.
05:35Ce qu'il faut aussi savoir, c'est que le système opaque,
05:37ça rentre aussi dans le fait que personne ne veut donner son salaire,
05:40alors que pour le coup, les agents,
05:41les journalistes du service public
05:42sont aussi des agents un petit peu de service public.
05:44Et ensuite, ils le reprennent.
05:46Oui.
05:46Donc en fait, on a le sentiment dans une boîte normale,
05:49on se dit, mais attends, si tu veux partir, pars.
05:52Mais là, ou alors, on se fait licencier,
05:54et effectivement, il y a une fin de contrat,
05:55on applique la règle.
05:57Mais là, on le reprend après.
05:58Donc on a l'impression que,
05:59comme c'est de l'argent public,
06:01on le jette par la fenêtre.
06:02Parce que Samuel Elthéne, il est extrêmement procédurier,
06:05donc c'est extrêmement simple.
06:06Il était salarié de l'audiovisuel public,
06:07on a décidé d'en partir pour faire la même chose,
06:10notamment sur l'audiovisuel public,
06:12et lancé sa chaîne Twitch,
06:13qui est une chaîne où on regarde des lives,
06:14sauf qu'il a demandé un financement de qui ?
06:16De l'audiovisuel public.
06:17Donc c'est-à-dire que c'est une personne qui part,
06:19qui continue à faire notamment
06:20question pour un champion,
06:21tout un tas d'émissions,
06:22avec sa propre société.
06:24Donc il est externalisé là aussi.
06:26Et ensuite, il obtient un financement
06:28de l'audiovisuel public pour sa chaîne Twitch,
06:30où là, pour le coup,
06:31il revendique par exemple
06:32une absence totale de neutralité
06:33et de partialité,
06:35puisqu'il refuse par exemple
06:36d'inviter les membres du Rassemblement National.
06:38Donc on voit très bien que c'est un autre sujet aussi.
06:40Mais ce qui est fou,
06:41c'est qu'il le demande.
06:43Évidemment, il peut le demander,
06:44mais c'est France Télévisions qui l'accepte,
06:47sachant que ça va coûter
06:47des dizaines de milliers d'euros au minimum.
06:51Et qu'il l'accepte, pourquoi ?
06:52Parce que bon, c'est de l'argent public,
06:54donc en fait, on s'en fiche.
06:55C'est le contribuable qui paiera.
06:56Absolument.
06:57Il y a une opacité totale sur les comptes.
06:59Et d'ailleurs, on en veut pour preuve
07:01que depuis 2017,
07:02le déficit cumulé de France Télévisions
07:03et du service public,
07:04c'est plus de 80 millions d'euros.
07:06Sur l'année 2025,
07:08c'est quasiment 40 millions d'euros.
07:09Et finalement, ils se disent
07:10bon, c'est pas grave,
07:11il y a un déficit.
07:12L'État va faire le petit chèque
07:13de 40 millions d'euros chaque année.
07:14Et puis, les chiens seront bien gardés.
07:16Donc voilà, c'est quand même
07:17un système extrêmement opaque,
07:19extrêmement coûteux
07:20et surtout un système
07:21complètement ingouvernable
07:22avec des chefs complètement partout
07:24et personne qui ne dirige rien
07:25sauf les syndicats.
07:26Interview de Charles Alloncle
07:28réalisé par Jules Torres à lire
07:29dans le JD News
07:31qui sort aujourd'hui.
07:32Merci beaucoup, Jules,
07:33d'être venu ce matin.
07:33Sous-titrage Société Radio-Canada
07:35...
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