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Dans la musique baroque, des instruments accompagnaient souvent des solistes sans s'arrêter. C'est ce qu'on appelle la "basse continue". Clément Rochefort vous dit tout sur cet accompagnement que l'on retrouve encore aujourd'hui dans le jazz et les musiques improvisées. Démonstration avec la mezzo-soprano Léontine Maridat-Zimmerlin et le claveciniste Alessio Zanfardino.

Retrouvez "Générations France Musique, le live" par Clément Rochefort sur France Musique : https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/generations-france-musique-le-live

#bassecontinue #baroque #musique #clavecin

Catégorie

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Musique
Transcription
00:01Ce que vous entendez au clavecin qui accompagne la chanteuse, c'est ce qu'on appelle la basse continue.
00:07Une petite révolution dans l'histoire de la musique.
00:09Mais qu'est-ce que c'est exactement ?
00:15Pour le comprendre, remontons au début du XVIIe siècle.
00:18Avant, à la Renaissance, la musique était pensée comme un ensemble de voix d'égale importance
00:24dont l'entrelacement générait l'harmonie.
00:31Puis, au début de l'ère baroque, la musique a évolué, pensée désormais comme une voix soliste
00:37posée sur un socle harmonique vertical constitué d'accords.
00:41C'est la monodie accompagnée.
00:46Pour accompagner cette voix soliste, on recourt au continuo, composé souvent d'un instrument harmonique,
00:53c'est-à-dire capable de jouer plusieurs notes à la fois, comme le clavecin, l'orbe, le lutte ou
00:57le théorbe,
00:57et d'un instrument mélodique, comme la basse de viol ou le violoncelle, chargé de doubler la ligne de basse.
01:05Ce continuo a pour mission de construire, sous la voix du soliste, un accompagnement ininterrompu,
01:11une basse sans arrêt, d'où son nom de basse continue.
01:19Le continuiste, ici le claveciniste, a donc sous les yeux une ligne de basse et la partie soliste aiguë.
01:25C'est à lui de remplir les parties intermédiaires de l'accompagnement, d'improviser des accords qui sonnent bien.
01:32Ce remplissage harmonique, c'est ce qu'on appelle réaliser la basse continue.
01:36Il y avait bien sûr un ensemble de règles et une culture harmonique propre à chaque pays, à chaque époque.
01:42Mais globalement, toute la beauté et la grande liberté de la musique baroque
01:46tient au fait que les musiciens improvisent cet accompagnement.
01:49Car si la nature des accords à jouer est plus ou moins codifiée,
01:52le talent du continuiste se mesure à sa manière de ménager des effets rythmiques,
01:58d'imitation, d'ornementation, à sa façon de jouer les accords, en arpège ou pas, etc.
02:04Quand on doit accompagner un chanteur, un instrument,
02:08on a normalement sur la partition seulement une basse.
02:12Et à partir de cette basse, on doit accompagner, on doit réaliser, créer, inventer un accompagnement.
02:19Voici la basse.
02:25On commence à construire un accompagnement,
02:28donc tout d'abord on essaye de trouver les harmonies qui vont avec la basse.
02:42Pour rendre le jeu au clavecin plus expressif,
02:47pour faire dialoguer la basse avec la main droite,
02:50on rajoute, c'est ce qu'on appelle du contrepoint,
02:53des chants, des mélodies avec la basse.
03:07Et voici le résultat final.
03:20Aujourd'hui, si la basse continue a disparu dans la littérature classique,
03:24où désormais toutes les notes sont écrites,
03:27elle demeure dans le jazz et les musiques improvisées.
03:30Les musiciens se réfèrent, comme à l'époque baroque,
03:32à des grilles d'accords sur lesquelles ils improvisent en toute liberté.
03:35Comme quoi, Baroque is not dead.

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