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  • il y a 7 minutes
Anne Savinel-Barras, présidente d'Amnesty International France, fustige les chefs d'État "avides de pouvoir" et "avides de profits", comme Donald Trump, Vladimir Poutine et Benyamin Nétanyahou. Elle dénonce aussi la "lâcheté incroyable" des pays qui laissent faire sans intervenir.

Retrouvez l'invitée de 6h20 sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-mardi-21-avril-2026-9546748

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News
Transcription
00:00France Inter
00:04Kevin Dufresch
00:07Le 5-7
00:08Il est 6h21 et nous vous les racontons chaque matin dans le 5-7 et dans tous nos rendez-vous
00:14d'information.
00:14Les guerres sont une part très importante de l'actualité, encore plus ces cinq dernières années.
00:20Alors que le Moyen-Orient est toujours sous haute tension, Amnesty International publie son rapport annuel.
00:27Bonjour Anne Savinelle Barra.
00:29Bonjour.
00:30Vous êtes présidente de l'ONG de défense des droits humains en France.
00:33Dans ce rapport, vous dénoncez des prédateurs Trump, Poutine, Netanyahou qualifiés de bruts et de pillards
00:41qui mettent en place, je cite, un ordre hostile aux droits fondamentaux.
00:45Est-ce qu'il reste des mots assez durs pour qualifier ce qu'il se passe au niveau mondial ?
00:51Je ne sais pas s'il y a des mots plus durs que ceux que nous en prononcés.
00:54Certainement, en tout cas pour nous, il est vraiment essentiel de dire à quel point ces dirigeants,
00:59et d'autres sont des dirigeants prédateurs qui veulent mettre en place une nouvelle ère faite de violence, de peur,
01:08d'instabilité.
01:10Ils font le choix de la domination économique.
01:14Ils sont avides de pouvoir, ils sont avides de profit.
01:18Et donc, ils veulent mettre en place un nouvel ordre, à la fois raciste, patriarcal, inégalitaire et surtout opposé à
01:26toute dissidence.
01:27Pourquoi parler de prédateurs pour deux ?
01:30J'ai cité, vous citez, Trump, Poutine, Netanyahou.
01:34Deux de ces trois-là sont démocratiquement élus.
01:37Tout de même, on parle de deux grandes démocraties, les Etats-Unis et Israël.
01:41Et Israël, c'est aussi là qu'est le basculement ?
01:43Ce ne sont plus seulement les dictatures qui sont prédatrices ?
01:47Tout à fait, tout à fait.
01:49Nous pouvons dire aussi que globalement, les pays démocratiques ne sont pas imperméables aujourd'hui
01:54aux tendances et aux mouvements anti-droit, anti-droit humain,
01:58qui veulent imposer cet ordre mondial que je viens d'évoquer.
02:02Et donc, nous dénonçons effectivement ces trois dirigeants.
02:06Il y en a d'autres à travers le monde, mais ces trois-là, parce que la conséquence
02:10de leurs actes aujourd'hui est absolument terrible.
02:12Du génocide encore en cours à Gaza, à l'Ukraine, où les populations civiles meurent
02:18encore sous les bombes, du Moyen-Orient qui s'embrase, de l'Iran, de l'Afghanistan,
02:24du Soudan, du Myanmar.
02:27Les exemples sont extrêmement nombreux de pays qui souffrent aujourd'hui de politiques
02:32menées par ces dirigeants.
02:34Vous parliez de ce nouvel ordre que ces dirigeants voudraient mettre en place.
02:41Je cite encore le rapport, qui dit que nous sommes dans un moment où tout peut basculer.
02:47On est dans une situation inédite, selon Amnesty International,
02:52depuis l'après-seconde guerre mondiale, sur justement l'ordre mondial, le droit international.
02:57Effectivement, nous disons que l'humanité est même menacée aujourd'hui parce que ces dirigeants
03:04veulent détruire le fondement même de nos droits humains, le fondement du droit international.
03:09Tout ce qui a été construit depuis 80 ans, après la Seconde Guerre mondiale, tout ce qui protège
03:14nos droits, la paix et la protection.
03:17Est-ce qu'il n'y a pas chez vous, Amnesty International, un sentiment d'impuissance par rapport à tout
03:25ça ?
03:26Parce que quand on lit votre rapport, effectivement, il est très lourd, il est très difficile.
03:30La situation semble tellement compliquée qu'on se dit, mais enfin, qu'est-ce qu'on peut faire par rapport
03:35à tout ça ?
03:36Tout d'abord, on peut dénoncer les États qui sont d'une lâcheté incroyable.
03:41Beaucoup de pays, notamment en Europe, adoptent un silence tout à fait complice.
03:46Ça aussi, c'est un mot fort. Vous parlez de lâcheté ?
03:48Tout à fait.
03:49C'est un qualificatif que vous attribuez à la France aussi ?
03:53La France n'est pas une exception. Comme d'autres pays européens, effectivement,
03:57la France ne dénonce pas les violations des droits humains et ne respecte pas non plus
04:01des décisions des instances multilatérales.
04:05Nous avons besoin d'États plus forts qu'ils ne le sont.
04:09Heureusement qu'aujourd'hui, des populations résistent à travers le monde.
04:14Nous avons de nombreux exemples à signaler.
04:17Citons la génération Z, la Gen Z au Bangladesh, au Maroc, au Népan,
04:23où cette génération a obtenu à la fois la chute du gouvernement et de nouvelles élections.
04:27Citons Minneapolis et encore beaucoup d'autres exemples où les populations résistent.
04:33elles peuvent résister, mais les États doivent résister avec nous.
04:36Il y a une réunion aujourd'hui des ministres des Affaires étrangères européens
04:40pour évoquer la potentielle remise en question des accords économiques entre l'Union européenne et Israël,
04:48justement en raison de la politique israélienne vis-à-vis de Gaza, vis-à-vis du Liban.
04:53Est-ce que ce sont des actes qui sont de nature à vous rassurer, en tout cas des perspectives qui
04:59peuvent vous rassurer ?
05:00Bien sûr, c'est un acte de résistance.
05:02Nous avons beaucoup de mal à comprendre pourquoi on n'a pas réagi plus tôt, justement, au regard de cet
05:08accord.
05:09Nous avons besoin d'États qui bougent, qui résistent, qui dénoncent les violations des droits humains.
05:16Le droit international n'est pas mort, il existe toujours.
05:20Et s'il est attaqué aujourd'hui, c'est parce qu'il dérange.
05:22C'est parce qu'il dérange ceux qui n'en tirent plus profit.
05:25Et donc, nous avons besoin d'interpeller les gouvernements.
05:29C'est d'ailleurs ce que nous avons fait cette nuit,
05:31où nous avons projeté sur trois monuments parisiens
05:34des mots très forts de ce que l'on attend des gouvernements.
05:38La justice, le courage et la protection.
05:42La justice, parce que gouverner, c'est agir avec la justice, ce n'est pas l'écraser.
05:50Le courage, parce qu'il faut en finir avec cette lâcheté.
05:54Aujourd'hui, gouverner, c'est avoir justement ce courage d'agir et non de se taire.
06:00Et la protection, parce que les personnes qui résistent,
06:02la société civile a besoin d'être protégée et non d'être écrasée comme elle l'est aujourd'hui.
06:09Le rapport d'Amnesty International est à retrouver sur votre site,
06:14bien sûr le site de l'ONG.
06:15Merci Anne-Savine Elbara d'avoir été l'invité de France Inter ce matin.
06:18Bonne journée.
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