- il y a 11 heures
Le président du comité stratégique des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Europe 1, c'est Michel-Édouard Leclerc.
00:04Bonjour à vous.
00:05Bonjour.
00:05Bienvenue dans nos studios.
00:06Alors que le cessez-le-feu expire dans deux jours, Michel-Édouard Leclerc, la crise se poursuit.
00:10Faute d'accord entre Téhéran et Washington, Trump se dit prêt à reprendre la guerre.
00:13Le détroit d'Hormuz est toujours bloqué, ce qui plombe le pouvoir d'achat des Français en cette période de
00:19vacances scolaires.
00:20Alors, le prix du baril est à nouveau en hausse.
00:22On ne va pas se livrer à des prévisions parce qu'elles sont toujours aventureuses.
00:25Et puis moi, je me suis planté plusieurs fois.
00:27Vous vous êtes planté, mais c'est normal parce que les courses sont tellement volatiles.
00:30Néanmoins, la grande tendance que vous voyez pour les prochaines semaines, c'est que ça ne va pas baisser de
00:33si tôt, Michel-Édouard Leclerc ?
00:34Non, ça ne baissera pas de si tôt.
00:35Et si ça baisse, ce que je souhaite, c'est que ce soit du sérieux.
00:41Parce que pour le moment, c'est du yo-yo.
00:45C'est impossible aujourd'hui, même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur, d'avoir un plan d
00:52'achat.
00:52Vous vous rendez compte, il y a des volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine.
00:59Sur un litre.
01:00Sur un litre.
01:01Et alors, pour la plupart de ceux qui nous écoutent, on parle d'un litre d'essence.
01:07Mais en fait, c'est un litre de pétrole dont on fait à la fois du gasoil, du kérosène et
01:12tout ça.
01:13Il y a des marchés secondaires.
01:14Et sur ces marchés secondaires, ça flotte aussi.
01:17Et après, il faut acheter du dollar.
01:19Et donc, il y a des risques sur le dollar.
01:20Et après, il faut acheter de l'assurance.
01:22Et donc, les gens qui travaillent sur ces marchés, là, ils deviennent fous.
01:26Et donc, ce que vous nous dites, Michel-Edouard Culler, c'est qu'on ne retrouvera pas les prix d
01:29'avant cette guerre en Irak.
01:31Je ne sens pas le truc, là.
01:32Non, on va rester à tel niveau ?
01:34Pendant un bon moment, entre tout ce qu'ils ont détruit, les bateaux bloqués, etc.
01:39Alors, je sais que ça se reconstruit vite.
01:40Il y a aussi des états pétroliers qui se sont fait plein de fric.
01:44Parce que pour le coût d'une raffinée détruite, le cours couvre facilement refaire les travaux.
01:53Mais en même temps, ça ne va pas se faire en deux mois.
01:56Donc, on a au moins six mois, peut-être jusqu'à l'hiver prochain, de crise énergétique devant nous.
02:02Ce qui est catastrophique pour le pouvoir d'achat des Français.
02:04On va en parler dans un instant.
02:06Le Premier ministre vous a proposé un encadrement du prix des marges des distributeurs.
02:11Qu'est-ce que vous lui dites ? Pourquoi vous ne lui dites pas question ?
02:14On lui dit surtout que ce n'est pas ça qui fera baisser les prix.
02:17Vous ne faites pas de marge sur le prix des Français ?
02:21La première préoccupation des Français, c'est le pouvoir d'achat.
02:23Donc, il faut répondre à cette demande de pouvoir d'achat.
02:26De manière sérieuse.
02:27Ça fait sur quatre ans, les consommateurs français ont été tapés au portefeuille jusqu'à 25% sur les produits
02:33de biens de grande consommation.
02:35Et quelquefois, jusqu'à 30 et 40%, rappelez-vous, pendant les guerres en Ukraine, sur le prix des pâtes, sur
02:39le prix de l'huile de tournesol.
02:41Plein de gens leur ont menti, nous ont menti.
02:43On s'est fait avoir.
02:44Et vous ne leur avez pas menti ?
02:46Non, au contraire, on s'est bien battus.
02:48Et c'est comme ça, d'ailleurs, que cette rivalité saine, sportive, entre Leclerc, Intermarché, Carrefour, Système-U, a maintenu
02:56le couvercle de l'inflation.
02:58Mais maintenant, là, on ne va pas recommencer ça.
03:01Donc, il ne faut pas que les pouvoirs publics se trompent de cible.
03:04Ils ont besoin des distributeurs, OK, pour mettre un couvercle sur la cocotte minute.
03:10Mais ce n'est pas en bloquant les prix, ce n'est pas en bloquant les marges, ce n'est
03:13pas en désignant les distributeurs qu'on va faire descendre le prix du pétrole.
03:17Il faut prendre, là, une disposition nationale qui soit plus importante.
03:20On va en parler.
03:20Est-ce que vous allez à Bercy ?
03:21Je crois que Bercy reçoit les distributeurs du Carbeiro.
03:24Vous y serez, Michel Edouard ?
03:24Non, il y a des représentants syndicaux des distributeurs et des pétroliers qui se retrouvent.
03:29Votre proposition, c'est donc la suppression des certificats d'économie d'énergie.
03:34C'est une éco-taxe, en réalité, pour financer notamment ma prime Rénov'.
03:39Et ça amènerait quelle baisse des prix exactement ?
03:42Et est-ce que ce n'est pas sacrifié, encore une fois, l'écologie au nom du pouvoir d'achat
03:46?
03:46Alors, il y a plusieurs solutions qui ont été proposées, parce qu'à peu près toute la classe politique se
03:51rend compte de gauche à droite et du centre.
03:55qui existe quand même.
03:56Tout le monde se rend compte quand même que si ça dure, ça va aussi plomber la consommation, ça va
04:01plomber la croissance.
04:03Et il y aura d'ailleurs encore moins de rentrées de TVA et ça va déséquilibrer encore plus les finances
04:08publiques.
04:09Donc, en fait, l'idée aujourd'hui, c'est de diminuer le prix de l'essence de l'ordre de
04:1615, 17 centimes.
04:1717 centimes.
04:17On peut le faire.
04:18Tout de suite, là, demain.
04:20On peut le faire dès demain.
04:23Ça ne s'appelle pas une taxe.
04:24C'est une contribution écologique qu'il y a dans le prix des carburants, en plus des taxes.
04:28On vend des taxes, déjà beaucoup.
04:31Et cette taxe, c'est une taxe qui sert à financer la transition énergétique.
04:37Je suis pour la transition énergétique.
04:39C'est programmé pour 2050.
04:42Tous les mois ou tous les ans, cette taxe est révisée.
04:46Là, en début d'année, elle a été augmentée.
04:48Et nous proposons, nous, Leclerc, de suspendre, mois par mois, provisoirement, cette surtaxe, c'est 15 ou 17 centimes du
04:58litre,
04:58de manière à apaiser la charge sur les consommateurs et sans remettre en cause du tout sa finalité,
05:06sans faire du trumpisme, sans revenir en arrière sur l'écologie.
05:11Nous pensons que ça permettrait de diminuer l'anxiété des consommateurs qui, notamment, ont besoin de leur bagnole en province
05:19pour aller au bureau.
05:22Il faut savoir aujourd'hui que la ponction, pour les voitures qui ont du gasoil,
05:26la ponction correspond presque, aujourd'hui, à la valeur d'un caddie dans un supermarché.
05:30Donc, la ponction mensuelle arrive à ça.
05:33Donc, aujourd'hui, moi, je pense qu'il faut une mesure beaucoup plus radicale que celle d'encadrer les marges.
05:40Et que vous dit le gouvernement quand vous proposez cette suppression de la taxe ?
05:44Alors, pour le moment, le gouvernement ne répond pas trop.
05:48Il y a les écologistes qui entendent dans l'idée que ça va être anti-écologique.
05:52Moi, je leur dis non.
05:53Je leur dis qu'on n'est pas anti-écologique.
05:56C'est juste un moment à passer.
05:57D'ailleurs, Jean Covici, le patron du Shift Project, dit qu'effectivement, il faut aller vers l'écologie,
06:04mais avec l'adhésion des consommateurs, avec l'adhésion des Français.
06:07Si on donne l'impression que c'est une contrainte, que c'est un prix à payer trop fort, ils
06:14n'iront pas.
06:14Moi, je pense que c'est la bonne idée.
06:16Diminuer de 17 centimes, 15 à 17 centimes le litre d'essence, là, provisoirement.
06:21On regarde les comptes tous les mois.
06:24On essaye de passer tous en dessous des 2 euros.
06:27Ça, plus la concurrence entre distributeurs, ça devrait le faire.
06:30Qui se gave aujourd'hui, Michel-Édouard Leclerc ?
06:33Vous dites que ce n'est pas les distributeurs, évidemment, ce n'est pas vous.
06:36Est-ce que ce sont les raffineurs ? Est-ce que c'est l'État ?
06:38Est-ce que ce sont des traders qui spéculent sur les marchés ?
06:40C'est ce qui nous dérange dans l'attitude gouvernementale de Serge Papin, de M. Lescure.
06:47Que vous connaissez bien, Serge Papin, qui était dans la grande distribution.
06:50Je l'ai apprécié comme concurrent.
06:52Donc là, il a changé complètement ?
06:54Il y a quelque chose quand même d'assez hypocrite à venir contrôler les marges des magasins qu'il a
07:00dirigés
07:01pour pouvoir constater qu'il n'y a qu'un centime de profit ou deux centimes de profit
07:05et qu'à l'échelle de la crise mondiale que nous vivons,
07:08se mettre en scène avec des télés derrière pour dire je viens contrôler le prix à la pompe,
07:12c'est quand même un petit peu léger.
07:13Et alors, vous voyez bien, même il y aurait un pompiste, un garagiste pompiste
07:19dans l'entrée d'une vallée de Savoie qui prendrait trois centimes ou quatre centimes,
07:23ce n'est pas ça qui ferait redescendre le prix du pétrole.
07:25Alors, ce n'est pas la hauteur.
07:27Ceux qui font des profits aujourd'hui, et il y a beaucoup de profits sur le dos des consommateurs,
07:31ces profits, ce sont les États pétroliers eux-mêmes, leurs filiales pétrolières,
07:36les brokers, les traders, les revendeurs, les raffineurs aussi gagnent beaucoup d'argent.
07:43Certains raffineurs gagnent beaucoup d'argent.
07:45Et donc, ce n'est pas normal que le consommateur final se tape encore au portefeuille,
07:50soit tapé au portefeuille pour payer si cher.
07:52Et l'État aussi, qui engrange évidemment des hausses de TVA,
07:56ces 270 millions d'euros dont on parle,
07:58est-ce qu'il faut les réinjecter d'une façon ou d'une autre dans l'économie ?
08:01Je pense que le surplus de TVA que l'État engrange,
08:06mais je pense que ça, c'est assez acquis,
08:09soit destiné aux professions qui en ont besoin.
08:12C'est-à-dire que là, on ne distribue pas tout azimut.
08:15Je crois que plus personne n'ose trop dire tout en même temps.
08:19On nous dit qu'en Espagne, en Allemagne, en Grèce, en Italie,
08:25on rouvre toute la planche à billets.
08:26Ce n'est pas vrai.
08:27D'abord, ils le font quand nous, on l'a fait.
08:29Et Mélanie voit ce que ça lui coûte aujourd'hui.
08:33Non, mettre le surplus de TVA pour aider les infirmières,
08:38les aides à domicile, les gros transporteurs,
08:40les gros rouleurs, comme on dit, les agriculteurs,
08:44tous ceux qui ont besoin d'engins avec de l'énergie et sur les chantiers,
08:48ça, c'est une priorité pour faire tourner l'économie.
08:51Après, moi, ce dont je parle, c'est plus large,
08:54un public de consommateurs,
08:55avant de passer à la voiture électrique dont nous serons les promoteurs,
08:59nous voulons alléger la facture du consommateur
09:01pour que la croissance tienne.
09:03Elle est en train de dévisser, là.
09:04Bercy révise à la baisse ses prévisions de croissance.
09:07Ça veut dire aussi une inflation qui va remonter en flèche,
09:10Michel Douai-Leclerc ?
09:10Une croissance qui baisse.
09:12C'est la consommation qui fait la croissance aujourd'hui.
09:14Vous avez vu que sur le commerce extérieur, on n'est pas très bon.
09:17Et donc, ça veut dire qu'il y aura moins de rentrées d'argent
09:20dans les caisses de l'État aussi, s'il y a moins de consommation.
09:23Donc, on voit bien qu'il y a un intérêt objectif aujourd'hui
09:27à ce que professionnels et distributeurs fassent des efforts,
09:31leurs meilleurs efforts, pour aider les consommateurs.
09:33Je vous rappelle que c'est la première demande politique dans tous les sondages.
09:37Bien sûr, le pouvoir d'achat.
09:38C'est vraiment la priorité.
09:40Et donc là, très clairement, il faut non seulement aider les consommateurs,
09:46aider les professionnels touchés, les secteurs touchés,
09:49mais il faut, dans le même temps, un plan de croissance pour l'économie française
09:52qu'on ne voit pas trop venir.
09:54Or, aujourd'hui, il y a des demandes, il y a des besoins.
09:56Et c'est là-dessus qu'il faut jouer.
09:58Alors, quelles sont vos propositions en matière de croissance ?
10:00Qu'est-ce qu'il faut faire ?
10:01Aujourd'hui, par exemple, on a 100 millions de touristes
10:04qui ont visité la France en 2025.
10:07C'est le record du monde.
10:09On continue à râler, les restaurateurs...
10:10On n'a plus d'industrie, mais on a des touristes, oui.
10:12Oui, mais c'est normal.
10:13On est dans un secteur des services.
10:16Les Américains, d'ailleurs, n'exportent pas beaucoup de produits,
10:18mais sont leaders dans l'exportation des services,
10:22notamment les services Internet, les GAFAM ou les GAMAF.
10:24Je ne sais plus comment on les appelle maintenant,
10:26puisque Facebook s'appelle Meta, il faut changer le F en M.
10:30Il faut savoir retenir ces consommateurs-là.
10:32Notre-Dame, dont vous parlez si bien sur CNews,
10:35Notre-Dame est devenue le bâtiment au monde le plus visité.
10:39Donc, vous n'allez pas me faire croire qu'avec 100 millions de touristes...
10:41Donc, on est une usine à touristes et pas une usine à fabriquer des produits.
10:45Il faut savoir adapter des menus, savoir qu'est-ce qu'on leur vend, etc.
10:48De la même manière, on a un déficit de logements sociaux de 2 millions de logements.
10:54Créons un fonds, appelons les riches.
10:57Un fonds souverain ?
10:58Un fonds souverain.
11:00Il y a un tel taux d'épargne en France,
11:03presque plus fort que l'Italie, je crois qu'on est à 19% d'épargne.
11:08Proposons aux Français d'investir dans le logement, mettons les actionnaires de ces logements.
11:14Mais bien sûr, il faudrait qu'il y ait la confiance, il faudrait que ces Français aient confiance en l
11:18'État.
11:18Ils n'ont pas confiance en l'État.
11:20Ou de l'intérêt fiscal.
11:21Pour leur confier leur bas de laine.
11:22Aujourd'hui, il y avait Art Paris, dernièrement, il y a les grandes foires d'art.
11:27Les acheteurs d'art ont le droit de défiscaliser de l'achat d'art pour soutenir l'art français et
11:31l'art culture française.
11:33Faisons la même chose pour le social.
11:35Donnons à tous les Français la possibilité d'avoir un actif avec une rentabilité différée pour les plus riches.
11:43Ils le feront, c'est intéressant.
11:45Mais créons ces fonds.
11:46Les Norvégiens l'ont fait.
11:47Beaucoup de pays étrangers n'ont pas ce blocage idéologique.
11:51Créons des fonds qui permettent aux Français d'investir dans l'économie de croissance.
11:55Quand bien même, ce n'est pas rentable à court terme, ce sera rentable à moyen terme.
11:59On voit que vous esquissez un programme, Michel-Édouard Leclerc.
12:02Un corps amour de l'inflation qui va impacter et qui impacte déjà les produits de première nécessité.
12:06Est-ce qu'il ne faut pas faire un effort là-dessus et bloquer ces produits de première nécessité ?
12:10Non, il ne faut pas bloquer.
12:12Il y a une bonne concurrence aujourd'hui.
12:14C'est très sain.
12:16Aujourd'hui, la concurrence sur les prix de grande consommation à laquelle se livrent
12:21les intermarchés, les Systèmes U et bien sûr les Leclerc, même Carrefour aussi de temps en temps.
12:27On est les meilleurs en Europe, je peux vous dire.
12:29On a des Mercurial, je nous compare.
12:31On a des partenaires en Italie avec Copitalia, avec le groupe Revé Allemagne.
12:36On voit bien, on est les meilleurs marchés sur le marché français.
12:40Alors qu'on a des conditions d'exercice de notre métier, des conditions juridiques qui sont très encadrées.
12:44Et donc aujourd'hui, je pense que nous sommes le meilleur rempart contre l'inflation.
12:49C'est vraiment très, très important.
12:50Mais le prix du caddie augmente, vous nous l'avez dit.
12:52Et les Français qui partent en vacances font abstention à tout, mangent parfois qu'une seule fois par jour.
12:57Le prix du caddie, là, dans les semaines qui viennent, n'augmente pas.
13:01Je voudrais insister, il y a eu des négociations jusqu'à fin février, des négociations qui ramènent toutes les grandes
13:10sociétés à la table des discussions de prix.
13:13Normalement, les prévisions d'inflation sont inférieures à 1%.
13:16Donc les prix n'augmenteront pas.
13:18C'est ce que vous nous dites, Michel, dans Leclerc, ce matin.
13:20Et chez Leclerc, si on fait des moyennes, vous pouvez trouver des prix qui augmentent à cause d'une mauvaise
13:24météo, là.
13:25Mais si on fait des moyennes, les prix ne devraient pas augmenter.
13:29Par contre, si la crise énergétique vient taper tous nos fournisseurs, ligne par ligne, sur leur comptabilité,
13:36il y aura une inflation du double à la fin ou du triple.
13:39C'est là où les pouvoirs publics doivent être avec nous, les remparts de cette inflation.
13:44Ils doivent aider les entreprises, mais pas aujourd'hui, c'est nous qui allons...
13:50Un mot sur, juste encore en parlant d'énergie, sur l'électrification de l'économie que souhaite Sébastien Lecornu pour
13:572030.
13:58Est-ce que c'est la solution, encore une fois ? Parce que là, c'est du long terme.
14:00Là, les Français, ils ont des problèmes de très court terme, de demain à remplir leur moteur.
14:04Nous, nous sommes partis sur le court terme.
14:06On est sur un plan Leclerc 2035.
14:09On n'a pas de modèle économique.
14:12Le législateur n'est pas clair pour savoir si l'électricité qu'on aura produite nous-mêmes, on sera capable
14:17de la revendre.
14:17C'est vrai pour des particuliers qui mettent des panneaux solaires sur leur toit.
14:20C'est vrai pour les panneaux solaires qu'on met sur nos magasins.
14:23On ne va pas produire en même temps qu'on en a besoin.
14:25Mais je peux vous dire, on met des panneaux solaires partout aujourd'hui,
14:29alors même que les élus n'ont pas été capables de créer une filière française solaire.
14:35Aujourd'hui, on met des bornes électriques.
14:36De recharge.
14:37Oui.
14:38On en a déjà 4500 bornes électriques.
14:41Et en charge normale, en charge moyenne, on est aujourd'hui les moins chers.
14:46On se mène une concurrence là aussi entre Leclerc et Lidl, par exemple.
14:50On est aux alentours de 0,28, 0,29 le kilowattheure.
14:55La bataille se déplace du carburant vers l'électrique.
14:58Et en plus, on va donner des avantages aux consommateurs qui viendront charger sur le centre Leclerc.
15:05On va donner du ticket Leclerc, etc.
15:08On lance sur le marché, on est le premier loueur de voitures.
15:11On veut des voitures électriques.
15:136 euros la journée.
15:14On n'en a que 1500 aujourd'hui.
15:17Les Chinois sont prêts à nous passer plein de voitures, des genres BYD, pour remplir ce vide.
15:23Donc, je vais aller profiter des propos tenus par le Premier ministre
15:26pour aller avec le président exécutif de Leclerc, le retrouver,
15:30faire en sorte que les aides qu'il va donner aux particuliers,
15:33les bonifications pour acheter des voitures,
15:35il les donne aussi aux flottes d'entreprises pour que nous puissions prêter aux jeunes,
15:39louer aux jeunes des voitures à 6 euros par jour,
15:42moins de 200 euros par mois à l'électrique.
15:45Et rouler à l'électrique, c'est rouler trois fois moins cher qu'avec du gasoil, avec du carburant.
15:50Encore faut-il avoir les moyens de s'acheter la voiture électrique
15:52qui part encore à la partie de tous les portes de l'année.
15:54On peut la louer, t'es d'accord, mais c'est pas une solution de long terme.
15:57Un mot de politique, Michel-Édouard Leclerc.
15:59Est-ce que vous avez déjà déjeuné ou dîné avec Marine Le Pen ?
16:02On sait que Gendarme Bardella, aujourd'hui, déjeune pour la première fois
16:05avec le bureau du MEDEF.
16:06Est-ce que vous les avez déjà rencontrés ?
16:07Vous êtes prêts à les rencontrer ?
16:09D'abord, comme vous pouvez le voir, je ne déjeune pas, vous non plus apparemment.
16:15Je vois tous les hommes politiques élus, ne serait-ce que pour une raison très simple.
16:20Les centres Leclerc sont partout en France, dans toutes les municipalités.
16:23Et j'ai l'occasion de rencontrer tous les partis politiques.
16:26Donc, l'ERN, y compris ?
16:27Vous avez déjà rencontré Marine Le Pen, Jordan Bardella ?
16:29Il y en a qui sont malins et qui se mettent en scène.
16:31D'autres qui ne se le mettent pas.
16:33Mais je pense que c'est important.
16:35Toutes les formations politiques, vous voyez ?
16:37Y compris la France insoumise ?
16:39Oui, la France insoumise.
16:40J'ai rencontré Corbière, j'ai rencontré...
16:44Qui n'est plus tout à fait France insoumise.
16:46Mélenchon aussi, d'accord ?
16:46Oui, c'est vrai qu'il n'était plus France insoumise.
16:49Aurélie Trouvé aussi.
16:51Mais qu'est-ce que vous leur dites ?
16:52En fait, je veux les inciter à nous poser des questions sur l'état de l'économie.
16:56Parce que cette génération de politiques-là n'a jamais tenu une cantine,
17:00n'a jamais dirigé une entreprise.
17:02Ou très peu, très peu.
17:03Donc c'est important qu'ils connaissent les problèmes concrets de la politique.
17:07Et à l'inverse, il faut qu'on les écoute.
17:10Parce que les aspects macroéconomiques, on ne les ambitionne pas toujours à leur juste valeur.
17:14On a des revendications corporatistes.
17:16Et d'ailleurs, je fais de la critique du politique.
17:18Mais regardez les fédérations patronales.
17:20Au fond, leur discours est aussi très limitatif.
17:23Ils disent qu'il faut remettre la France au travail.
17:25Mais en même temps, ils disent que le travail coûte trop cher.
17:27Donc ce n'est pas très clair.
17:28Donc il faut discuter.
17:29Parce que là, on a un an pour faire un projet collectif.
17:32Absolument.
17:32Pour faire un projet qui embringue les gens sur une France pas déclassée.
17:36Les emballes, en tout cas.
17:37Le RN veut élaborer un grand projet d'ordonnance de simplification
17:40pour libérer l'économie française des entraves.
17:43Ça, vous dites banco ?
17:44Oui, la simplification, je dis banco.
17:47Après, je ne suis pas contre les normes.
17:49Je veux dire, pour avoir mis du moteur thermique,
17:52il a fallu mettre des normes.
17:54C'est-à-dire passer un permis de conduire,
17:56apprendre aux gens à conduire,
17:57à respecter un code de la route.
18:01Les constructeurs ont construit les moteurs thermiques
18:04avec certaines normalisations.
18:05Et ça a permis de créer un marché.
18:07Donc les normes, je ne suis pas contre.
18:08Les normes, c'est ce qui permet de faire un marché.
18:11Et là, le patronat doit...
18:13Vous voyez, quand il parle de Mercosur,
18:16il dit que l'Argentine ne respecte pas nos normes.
18:18Mais de l'autre côté, on dit moins de normes.
18:21Donc il faut, je pense, être plus concret.
18:25Vous voulez être concret, en tout cas ?
18:27Moi, je pense qu'il faut des normes simplifiées.
18:28Et vous avez une vision qu'on a esquissée ce matin
18:32à travers cette interview.
18:34Vous êtes parmi les personnalités préférées des Français,
18:36Michel-Edouard Leclerc.
18:37Pourquoi ne pas vous présenter, finalement ?
18:38Vous représentez ce chef d'entreprise
18:41qui connaît la réalité des Français,
18:42les préoccupations des Français.
18:44Pourquoi vous ne dites pas tout simplement
18:45« Oui, j'y vais, c'est l'heure, il faut se réveiller ? »
18:47Oui, je me laisse porter par...
18:49Ce n'est pas moi qui paye les sondages,
18:50donc je ne sais pas comment je me retrouve dans ces classements.
18:54Mais en tout cas, quitte à être crédité d'une certaine crédibilité,
18:58c'est sur des idées, c'est sur des pratiques.
19:00Je pense que je suis plus utile sur le terrain.
19:02Mais du coup, cette popularité me donne du crédit
19:06pour aller convaincre des hommes politiques
19:07dont vous parliez tout à l'heure,
19:08pour leur dire que ça marche.
19:09Parce qu'ils ont...
19:10Je pense que cette classe politique,
19:13ces élites françaises,
19:14ne sont pas assez proches du peuple,
19:18de nos landerneaux.
19:19Ils ne savent pas leur parler,
19:20ils ne savent pas donner de l'affect,
19:21ils ne savent pas donner de la reconnaissance
19:23au métier de l'artisanat,
19:25au métier du bâtiment.
19:26Mais pour vous, c'est toujours nous.
19:27Pour moi, cette popularité,
19:29c'est une manière de faire passer mes sujets.
19:30Mais pourquoi pas les vôtres ?
19:32Pourquoi pas vos idées ?
19:33Oui, peut-être.
19:34D'accord.
19:34Donc rendez-vous dans quelques mois, c'est ça ?
19:35Vous suivrez, vous irez vous présenter.
19:37Vous viendrez surtout nous l'annoncer
19:39sur CNews et sur Europe 1.
19:40Merci beaucoup, Michel-Edouard Leclerc,
19:41d'être venu ce matin dans la grande interview
19:43sur nos deux antennes.
19:44Et bonne journée à vous.
Commentaires