00:01Ne cherchez pas une nuit d'hôtel à Dijon cette semaine, ça risque d'être très compliqué.
00:06Pourquoi ? Parce que 4000 militants sont attendus jusqu'à vendredi pour le congrès national du syndicat Force Ouvrière.
00:13Ce n'est pas tous les jours que la Cité des Ducs accueille un tel événement.
00:15Il se trouve en plus que le secrétaire national du syndicat est un Dijonais de naissance.
00:20Et il est votre invité ce matin, Anne-Laure.
00:22Bonjour Frédéric Souillot.
00:23Bonjour.
00:24Si ce congrès a lieu à Dijon, vous y êtes forcément pour quelque chose, non ?
00:28Oui, je pense, mais venir au centre de la Terre et de l'Univers, à Dijon où je suis né,
00:33et où j'habite encore, dans le canton de Sœurs, c'est toujours une superbe idée.
00:38Oui, vous avez encore des attaches de la famille ici dans le coin Côte d'Or.
00:40Bien sûr, ma maman qui nous écoute d'ailleurs ce matin.
00:44Alors, ce congrès, c'est un rendez-vous majeur pour Force Ouvrière.
00:47C'est le moment de faire le bilan de votre mandat, de celui de votre équipe.
00:51Vous avez été élu en juin 2022.
00:53Qu'est-ce que vous retenez sur les quatre années qui viennent de passer ?
00:56Je retiens que l'instabilité politique que l'on connaît depuis juin 2022,
01:03au moins au niveau des organisations syndicales, nous, on a montré de la stabilité.
01:07On a fait une vraie bagarre sur la réforme des retraites pendant des mois et des mois.
01:12Et politiquement, on a tenu les choses.
01:15On a signé des accords nationaux interprofessionnels,
01:18notamment sur retraite progressive, l'emploi des seniors.
01:22Et on continue de travailler, redonner la place qui est à la négociation collective.
01:26C'est ce que je dis en permanence aux premiers ministres que je rencontre.
01:29Et je rencontre beaucoup depuis 2022.
01:31Est-ce qu'il y a toujours autant de monde qui milite dans les syndicats, aujourd'hui ?
01:36Écoutez, de décembre 2022 à décembre 2025, puisqu'on a dû arrêter les comptes,
01:41on a fait plus de 57 000 adhérents.
01:43On a redonné de la visibilité et de la lisibilité aux organisations syndicales,
01:48avec la bagarre sur la réforme des retraites.
01:50Et ces adhérents, ils ont tendance à avoir toujours à peu près le même âge,
01:54à rajeunir un peu ? Quel profil ?
01:56Écoutez, en 2022, la moyenne d'âge de notre confédération était 49 ans.
02:02Et en 2026, la moyenne d'âge est 44 ans.
02:05Donc on a des jeunes qui viennent, qui nous rejoignent,
02:08de toutes catégories socioprofessionnelles.
02:11Et puis, on a plus de femmes que d'hommes dans mon organisation.
02:15Ça n'était jamais arrivé.
02:1752% de femmes dans nos adhérentes et 48% d'hommes.
02:21Ça veut dire que pour les gens, aujourd'hui,
02:24voter lors des élections professionnelles, qui élisent les syndicats,
02:27ça a encore un véritable sens.
02:28Parce qu'on sait que quand il faut voter aujourd'hui, ça peut être un peu compliqué.
02:31On l'a vu lors des derniers municipales.
02:32Contrairement aux élections politiques,
02:34la moyenne nationale pour les élections professionnelles publiques
02:37et privées, plus de 58%.
02:39Si on ne prend que le privé pour les instances représentatives du personnel,
02:43on est à 72% de votes.
02:47Ce qui n'a pas été le cas pour les élections municipales
02:49qu'on vient de vivre récemment.
02:51Parlons du débat qui a lieu en ce moment
02:54autour du travail le 1er mai,
02:55où il est envisagé que les salariés de certains métiers,
02:57comme les fleuristes, les boulangers, pour ne citer que,
02:59pourraient travailler.
03:00Est-ce que vous pensez que vous,
03:01c'est grâce à la menace, entre guillemets, syndicale,
03:05que le gouvernement recule sur le travail le 1er mai ?
03:08Écoutez, déjà, moi j'ai expliqué au Premier ministre et au ministre du Travail,
03:12quel que soit le parti qui ait posé ça à l'Assemblée nationale,
03:16est-ce que c'est la priorité du jour
03:18de reparler du 1er mai ou de supprimer un jour férié ?
03:22Et le 1er mai n'est pas un jour férié comme les autres.
03:25140 ans cette année,
03:27ce n'est pas la fête du travail le 1er mai,
03:30c'est la journée internationale de lutte pour les travailleurs.
03:34Eh bien, on a discuté,
03:36on y a passé le week-end dernier,
03:38et pour le coup,
03:41Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail,
03:43a dit, redonnons la place à la négociation collective
03:45sur le 1er mai.
03:47Dans la loi, il y avait aussi les pâtisseries et les confiseries,
03:49mais ils ont déjà des accords de dérogation
03:51sur la base du volontariat,
03:53avec rémunération,
03:55récupération et tout cela.
03:57Moi, je viens de l'industrie.
03:58Dans l'industrie, on avait déjà une dérogation,
04:00on connaissait notre planning le 1er janvier,
04:02mais on n'arrêtait pas les industries pour le 1er mai.
04:05Force de l'ordre, santé, sécurité,
04:07tout le monde travaille le 1er mai,
04:09il y a des dérogations.
04:10Maintenant, il faut négocier les compensations.
04:13A contrario, sur certains autres dossiers,
04:15vous êtes un petit peu plus impuissant,
04:16exemple, la carte scolaire en Côte d'Or,
04:18elle sera présentée demain par le DAZEN.
04:21Chaque année, on a un peu l'impression que les syndicats,
04:22ils sont là juste pour sauver
04:25quelques meubles, quelques postes,
04:26mais ce n'est pas encore très concluant.
04:28Ce qu'on aimerait, c'est qu'on ait un ministre
04:30de l'éducation nationale qui reste plus de 6 mois.
04:33Alors, on nous parle de la démographie,
04:34c'est vrai que c'est une science exacte,
04:36mais l'aménagement du territoire.
04:39Moi, je viens d'un canton
04:41où, en 2002,
04:42on a réussi à faire réouvrir une école.
04:44Eh bien, chaque année, on a la même bagarre,
04:47la même discussion,
04:48on ferme telle classe ou on ferme telle autre.
04:50Mais la cohésion de la République,
04:52c'est l'éducation nationale au plus près des citoyens.
04:54En quelques secondes, Frédéric Souillot,
04:56l'autre moment important de cette semaine,
04:57votre réélection au poste de secrétaire général de force ouvrière.
05:00Il ne fait pas de doute, vous êtes le seul candidat.
05:02Votre gros dossier dans les 3-4 ans à venir.
05:06Parler de modèle productif à 20 ans,
05:08comment est-ce qu'on arrive à se projeter ?
05:10Comment est-ce qu'on parle de services publics au plus près ?
05:13Mais surtout, d'un modèle productif.
05:15Faisons comme dans les années 70,
05:17reparlons modèle productif,
05:18protection sociale collective.
05:20C'est ça, notre sujet pour les 4 prochaines années.
05:22Merci beaucoup, Frédéric Souillot,
05:24d'avoir été notre invité ce matin,
05:25secrétaire général du syndicat force ouvrière,
05:28qui tient son congrès national à Dijon toute cette semaine.
05:31On vous souhaite une bonne journée.
05:32Merci à vous.
05:34Ici Bourgogne, premier sur l'actu locale en Bourgogne.
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