00:00Le réveil 100% local, ici matin.
00:04L'actu chez nous, c'est la mobilisation contre le projet de carte scolaire en Côte d'Or.
00:08Un rassemblement est prévu à 14h30 devant le rectorat de Dijon ce mardi,
00:12à l'appel d'une intersyndicale qui s'inquiète de la disparition des moyens pour l'école.
00:17Cette carte scolaire prévoit 68 fermetures de classes et 24 ouvertures en 2026.
00:22Il y aura aussi 33 suppressions de postes.
00:25Le projet a été présenté hier aux syndicats qui ont voté contre.
00:28A l'image de votre invité, Anne-Laure Labalette, le secrétaire de l'UNSA Éducation 21.
00:32Bonjour Yvan Mellet.
00:33Bonjour.
00:34Pourquoi ce projet de carte scolaire fait l'unanimité contre lui ?
00:38On est vraiment en face d'un choix d'une cure d'austérité, d'un choix politique clair.
00:44Pour nous, c'est vraiment celui de faire passer la logique comptable
00:47avant la qualité de l'enseignement et les conditions de travail.
00:52On a vraiment en face de nous une administration qui n'a pas beaucoup de moyens,
00:57c'est le cas de le dire, et qui est sur les freins.
01:01Justement, l'argument qui est avancé par le DAZEN, le directeur académique,
01:05c'est encore et toujours la baisse programmée du nombre d'élèves à la rentrée prochaine dans le premier degré.
01:10Vous êtes quand même d'accord pour dire que ça, c'est une réalité ?
01:13Il y a de moins en moins de gamins dans nos écoles.
01:15Tout à fait.
01:16Il y a une vraie baisse démographique.
01:18On ne peut pas le nier.
01:19C'est clair.
01:20Après, au niveau des chiffres, on peut aussi se dire que la baisse est la même que l'année dernière,
01:24quasiment.
01:2561 élèves de différence.
01:27Sauf qu'on a 33 postes en moins.
01:28L'année dernière, c'était 16.
01:30Donc on peut quand même se dire que mathématiquement, l'arithmétique n'est pas vraiment adaptée.
01:36Est-ce que vous vous contestez ?
01:37En fait, c'est l'approche qui consiste, depuis des années, à faire des économies à tout va, à tout
01:43va, à toi,
01:43et on n'arrête jamais, en fait.
01:44C'est exactement ça.
01:45En fait, c'est aussi l'occasion, cette baisse démographique, ce serait l'occasion de stabiliser un peu l'édifice.
01:49Parce qu'on a un édifice qui, peu à peu, perd des briques.
01:54Et nous, ce qu'on voudrait, c'est profiter de cette baisse démographique, c'est vrai, qui existe,
02:00pour justement stabiliser et éviter de mettre en tension le fonctionnement des écoles.
02:05Alors, ce que le rectorat veut faire, lui, c'est des économies, quitte à bidouiller, si on peut dire, un
02:11petit peu.
02:12Et c'est ça que vous lui reprochez.
02:13Exactement. La bidouille, elle est la moins facile à comprendre.
02:16C'est quoi, par exemple, la bidouille ?
02:17La bidouille, c'est, par exemple, le glissement des grandes sections en CP.
02:20Une grande section de maternelle, en maternelle, pour beaucoup de gens, c'est ça.
02:25Et puis, les CP, c'est à l'école élémentaire.
02:27En fait, aujourd'hui, depuis maintenant quelques années, une tendance à faire glisser les grandes sections en CP,
02:33ce qui évite, des fois, des ouvertures, ou ce qui peut même provoquer, souvent, des fermetures.
02:39Et on est vraiment sur une quantité qui n'est pas négligeable.
02:44Vous, ce que vous dites, en fait, c'est, d'accord, la démographie baisse, il y a de moins en
02:49moins d'enfants,
02:49mais justement, peut-être, profitons-en pour donner un petit appel d'air dans les classes,
02:54peut-être pouvoir avoir plus de temps à consacrer aux élèves qui sont en difficulté, aux élèves qui sont un
03:00peu agités.
03:00Ça, c'est votre quotidien aussi.
03:01Bien sûr, parce que l'école, elle a changé.
03:03Aujourd'hui, on n'est pas face à la même école qui a 20 ans.
03:06On a une pédagogie qui est devenue bien plus différenciée et elle est obligatoire,
03:11avec des élèves qui, justement, ont des problèmes de dys, des problèmes de TDA, TDA.
03:17Dys, dyslexie, dyspraxie, dysfasie.
03:19C'est notre quotidien aujourd'hui, tout ça.
03:20Et puis, aussi, une problématique aussi de comportement dans les écoles,
03:23que l'on voit, parce que moi, je suis aussi représentant à la formation Santé Sécurité au Travail,
03:28avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de signalements sur la violence, en fait, dans le premier degré,
03:32avec des élèves qui font des crises, et c'est particulièrement compliqué.
03:35Et puis, surtout aussi, il y a des niveaux où on sait que le CP, c'est un niveau d
03:40'apprentissage important pour les enfants,
03:42la maternelle, grande section aussi.
03:44Et c'est vrai que le fait de...
03:45Ce que vous dites, c'est que si on les regroupe, c'est pas forcément une bonne idée.
03:49C'est extrêmement compliqué aussi, même au niveau pédagogique,
03:52parce que les enseignants ne sont pas forcément formés pour ça.
03:54Et puis, les installations, et puis aussi les locaux,
03:56parce qu'il faut bien voir que dans les communes, les locaux ne sont pas adaptés non plus.
03:59On ne peut pas pousser les murs.
04:00Bien sûr.
04:01Forcément.
04:01Alors, cette carte scolaire, c'est un projet qui doit être à nouveau soumis au vote des syndicats enseignants
04:06la semaine prochaine, avant la validation aux alentours du 20 avril, c'est bien ça.
04:10Vous avez peu d'espoir que ça bouge, vous pensez que ça peut encore bouger ?
04:14À vrai dire, nous, on incite aussi les parents, les écoles à se manifester pour des demandes d'audience, ça
04:19c'est sûr.
04:20Le projet va être, en fait, revu mardi prochain, parce qu'il y a un repli, vu que tous les
04:26syndicats ont voté contre.
04:27Le repli, c'est l'occasion quand même de remettre la carte sur la table, c'est le cas de
04:30le dire,
04:31mais on sait très bien que ça sera marginal, que ça sera à la marge.
04:35Le conseil que vous donnez, en fait, c'est ça, aux parents, aux maires des communes concernés,
04:38à qui on dit on va vous supprimer une classe, il faut demander audience au DAZEN pour aller défendre son
04:42vote de gras, en fait.
04:43Parce qu'hier, il y avait du monde devant la DAZEN, c'est pas un hasard, il y a un
04:46gros mécontentement,
04:47et il faut vraiment que les communes et que les écoles fassent remonter ce mécontentement.
04:53Et cette mobilisation aussi, cet après-midi, à partir de 14h30, devant le rectorat de Dijon.
04:57Tout à fait.
04:58Eh bien, merci beaucoup, Yvan Meulay, d'avoir été avec nous ce matin.
05:01Vous êtes secrétaire du syndicat enseignant UNESA Éducation 21.
05:04On rappelle que vous prévoyez aussi une journée collège mort demain mercredi.
05:08On en reparlera, bien évidemment, sur ICI Bourgogne.
05:10Une belle journée à vous.
05:11Merci.
05:13Ici Bourgogne.
Commentaires