- il y a 3 jours
Cette semaine, Camille Sénéclauze est invitée sur le plateau de La victoire est en elles. Avec Virginie Massé, cette championne de para triathlon revient sur son parcours, sa maladie et ses combats. Dans la dernière partie de l'émission, Julie Caron - rédactrice en chef de auféminin - nous présente une sacrée championne !
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SportTranscription
00:16Bonjour, bienvenue dans la Victoire est en aile, l'émission consacrée au sport féminin.
00:21Aujourd'hui, je reçois une paratriathlète dont sa carrière vient tout juste de commencer,
00:26mais qui a déjà un palmarès assez impressionnant, vous allez voir.
00:29Elle a une détermination sans faille, je suis sûre qu'elle va vous inspirer
00:33et qu'elle va même peut-être vous convaincre de vous mettre au triathlon ou au paratriathlon.
00:37J'ai la chance d'accueillir Camille Sénéclos.
00:39Salut Camille.
00:40Salut.
00:41Merci beaucoup d'être avec moi aujourd'hui, bienvenue dans la Victoire est en aile.
00:45Alors, on va commencer cette interview en remettant un petit peu les choses dans son contexte
00:50pour que ceux qui te découvrent sachent ce qui t'est arrivé.
00:53Tu fais donc du paratriathlon, mais tu n'as pas toujours fait ce sport.
00:59Tu as d'abord pratiqué du sport en tant que valide.
01:01Explique-nous.
01:03Oui, en effet, du coup, j'ai grandi en tant que valide puisque j'ai une sclérose en plaques
01:09qui a été diagnostiquée en 2020.
01:12Donc, j'avais 21 ans, bientôt 22 ans.
01:15Donc, j'ai eu une enfance et une adolescence plutôt classique.
01:20Après, j'ai toujours fait énormément de sport.
01:22Je faisais de la gym pendant très longtemps.
01:25Beaucoup de sport en extérieur aussi.
01:28Pas mal de ski, de randonnée.
01:32En fait, on était tout le temps dehors parce qu'on n'avait pas trop le droit de rester à
01:35l'intérieur.
01:36Mais du coup, ça a développé un peu cet amour pour le sport et pour le fait d'être dehors.
01:43Et le triathlon, c'est un sport qui se pratique principalement dehors.
01:47Donc, ça a réuni tout ça.
01:50Tu en faisais déjà en tant que valide ?
01:52En fait, non, je n'ai quasiment jamais fait du triathlon en tant que valide.
01:56C'est ça qui est marrant.
01:58C'est que après, moi, quand j'étais étudiante, je courais beaucoup.
02:02Je faisais de l'athlétisme et j'ai fait une école de commerce.
02:08Et cette école de commerce organise tous les ans un triathlon à La Baule.
02:12Et donc, ma première année, quand je suis rentrée dans cette école,
02:16je me suis mise au défi de faire le triathlon.
02:18C'était vraiment un défi un peu hasardeux.
02:21Et je me suis dit, bon, bah, go ! Je sais déjà courir.
02:26Nager, ça ne doit pas être trop compliqué.
02:28Et je vais trouver un vélo sur le bon coin.
02:30Ça s'est vraiment passé comme ça.
02:33Et j'ai fait mon premier triathlon.
02:35J'ai adoré ça.
02:36Vraiment, je suis littéralement tombée amoureuse de ce sport instantanément.
02:41Et j'ai eu mon diagnostic de sclérose en plaques deux mois après ça.
02:47Donc, au moment où je fais mon premier triathlon,
02:49j'ai déjà mes premiers symptômes de sclérose en plaques.
02:51On va en parler tout à l'heure.
02:53Mais je ne sais pas encore que c'est ça.
02:55Et du coup, en fait, finalement, le triathlon,
03:00je me suis mise à fond dedans au moment où je l'ai découvert.
03:04Mais ça correspondait au moment où j'ai découvert ma maladie.
03:07Donc, finalement, je n'ai quasiment jamais fait de triathlon valide.
03:10Et qu'est-ce qui t'a plu dans le triathlon ?
03:13Moi, ça a été tout de suite d'avoir trois disciplines différentes.
03:18En fait, la variété de ce sport, le fait de jamais s'ennuyer.
03:24Moi, je m'ennuie hyper vite.
03:25Enfin, je peux être vite lassée des choses.
03:29C'est un petit défaut chez moi.
03:31Mais du coup, le triathlon, ça correspond tout à fait à ça,
03:34puisqu'on ne s'ennuie jamais, que ce soit pendant la compétition ou pendant l'entraînement.
03:37On a toujours des marges d'amélioration différentes.
03:42Et c'est ça qui est génial.
03:44C'est qu'il y a plein de choses à faire, plein de choses à découvrir.
03:48J'ai l'impression que c'est infini.
03:49C'est ça qui me plaît dans le triathlon.
03:51Tu le disais, du coup, on t'a annoncé que tu avais une clérose en plaques.
03:55Quels ont été les premiers symptômes ?
03:57Comment est-ce que tu as su que tu avais ça ?
03:59Les premiers symptômes, c'était plutôt léger, mais c'est assez classique.
04:05Enfin, en fait, on m'a dit que j'étais un peu en cas d'école de la clérose en
04:09plaques,
04:09parce que c'était très facile de me diagnostiquer.
04:11Parce que déjà, ça touche plus les femmes que les hommes.
04:14Généralement, ça se diagnostique plutôt au début de la vingtaine.
04:17Donc vraiment, j'étais pile poil dans le cadre du truc.
04:22Moi, ça a commencé par pas mal de fourmillements dans les membres inférieurs
04:26qui ont ensuite migré un peu vers les mains.
04:29J'étais extrêmement fatiguée, mais je mettais un peu ça sur le dos
04:33de mon mode de vie à l'époque d'étudiante en école de commerce,
04:37qui n'est pas le mode de vie le plus simple du monde.
04:41Et puis voilà, je n'y ai pas trop prêté attention au début.
04:47Et en fait, après, c'est revenu, ça s'est amplifié.
04:50J'ai commencé à avoir du mal à marcher.
04:52Un jour, je me suis levée, je ne pouvais plus aller faire mes courses,
04:55parce que je n'arrivais pas à marcher pour aller au Carrefour City au bout de ma rue.
05:00Donc là, ça a commencé à être compliqué.
05:03Et mon diagnostic, il s'est fait très rapidement parce que dès le début de mes symptômes,
05:08on m'a dit, tu devrais quand même aller faire une IRM au cas où.
05:12Et en fait, sur l'IRM, ça se voyait tout de suite.
05:14Et ensuite, j'ai fait les autres examens.
05:16J'ai été hospitalisée très rapidement.
05:18Donc pour le coup, j'ai eu de la chance là-dessus
05:20parce qu'il y a des personnes qui peuvent avoir une errance de diagnostic longue.
05:25Et moi, je n'ai pas du tout eu ça.
05:26Donc, j'ai eu de la chance.
05:28Et donc, j'ai été prise en charge tout de suite.
05:30Après, mon premier traitement n'a pas marché parce que j'ai refait des grosses poussées après,
05:33où la poussée qui était vraiment très invalidante, où je n'arrivais pas à marcher, pas à parler.
05:38Je passais beaucoup de temps à l'hôpital, etc.
05:41Et puis, j'ai eu un nouveau traitement qui a mieux marché.
05:46C'est des traitements qui stabilisent l'évolution de la maladie
05:49parce que ça reste une maladie incurable.
05:51On ne guérit pas de la scloreuse en plaques, mais par contre,
05:53on peut ralentir l'évolution de la maladie avec des traitements qui sont immunosuppresseurs.
05:58Est-ce que c'est une maladie héréditaire ?
05:59Pourquoi, toi, tu l'as eue ?
06:01C'est un peu du hasard.
06:02C'est la malchance.
06:05Mais il y a des terrains héréditaires.
06:07On remarque qu'il y a des terrains héréditaires.
06:09On peut avoir un terrain qui facilite l'apparition de la maladie.
06:14Mais globalement, c'est assez aléatoire.
06:16Et toi, tu parlais de malchance d'avoir eu cette maladie-là.
06:20Mais est-ce que finalement, ce n'est pas une chance pour toi
06:21puisque aujourd'hui, tu as quand même cette carrière ?
06:23Ça t'a ouvert un peu les portes du haut niveau ?
06:26C'est vrai que je me dis que si je n'avais pas été malade,
06:30je n'aurais jamais osé faire tout ça.
06:33C'est ça qui est paradoxal.
06:36Moi, j'ai toujours été passionnée de sport.
06:38J'ai toujours eu une espèce de passion, de limite geek pour les Jeux.
06:41Hyperactive aussi, non ?
06:42Pour les mêmes, juste pour les Jeux, pour le sport de haut niveau,
06:45les Jeux Olympiques, ça m'a toujours fascinée.
06:47Quand j'étais étiste, je me rappelle, je regardais ça avec des étoiles dans les yeux
06:51sans trop vraiment savoir pourquoi.
06:55Et je me rappelle justement regarder les Jeux de Tokyo
06:58quand j'étais hospitalisée et me dire, mais c'est incroyable
07:02et d'avoir toutes les émotions de ça.
07:05Et je me rappelle m'être dit, les Jeux de Paris, j'y serais,
07:09mais je ne conscientisais pas le fait que j'y serais en tant qu'athlète,
07:13mais j'avais une espèce d'intuition où je me disais, j'y serais.
07:16Je ne sais pas si je serais dans les tribunes ou si je bosserais pour l'organisation
07:19ou si je serais bénévole ou peut-être athlète,
07:23mais athlète, je pense que c'était à la fin de la liste.
07:25Mais j'avais ce truc de les Jeux de Paris, c'est sûr que je serais là-bas.
07:31Et du coup, les choses...
07:34Oui, tu as réussi à être, on va en parler,
07:37mais ce qui est fou, c'est qu'on t'annonce quand même une nouvelle un peu compliquée.
07:41Et au final, tu es quand même sur ton lit d'hôpital, tu regardes les Jeux
07:44et tu es quand même à passer le step d'après à te dire, j'y serais.
07:47C'est fou ce mental.
07:50En fait, sur le coup, je pense que c'était limite pas une question.
07:55J'étais sur mon lit d'hôpital, etc.
07:57Mais dans ma thèse, ce n'était pas
07:58« Ah oui, mais tu vas rester comme ça toute ta vie ».
08:02Je pense qu'il y avait une petite part de déni quand même.
08:05Mais il y avait un truc où je me disais
08:06« Il faut que je recours, il faut que je refasse un triathlon. »
08:11Limite, vitale, c'est vraiment en moi.
08:13C'est le seul truc qui m'anime.
08:15C'est le seul truc qui me rend heureuse.
08:18Et en fait, limite, le fait d'avoir justement cette maladie,
08:20ça m'a fait prendre conscience.
08:21Ça m'a fait avoir un déclic de me dire
08:23« Oui, mais en fait, si c'est le seul truc qui te rend heureuse,
08:25il faut que tu le fasses tous les jours. »
08:26Parce que si ça se trouve, demain, ta poussée, elle va être encore plus grosse.
08:30Si ça se trouve, tu ne vas pas réussir à vraiment t'en remettre.
08:32Tu ne vas pas réussir à remarcher.
08:34Si ça se trouve, demain, tu peux perdre beaucoup plus de fonctions qu'aujourd'hui.
08:38En fait, c'est une maladie où on vit un peu avec une épée de Damoclès au-dessus de la
08:42tête.
08:42On ne sait jamais ce qui va se passer.
08:44Et du coup, je me suis dit « Mais du coup, là, il faut juste que je fasse ce que
08:46j'ai envie de faire dans la vie. »
08:48Et ce que j'ai envie de faire, c'est du sport.
08:50Si possible, à haut niveau, j'y vais à fond.
08:53Et au début, il n'y a pas beaucoup de monde qui m'ont suivi.
08:56Mais les personnes qui m'ont suivi, elles ont dit « Ok, vas-y, on te suit à fond aussi.
09:00»
09:00Et puis finalement, ça a fonctionné.
09:03Et je pense que le fait d'y croire à 100% et de ne pas me poser de questions,
09:06c'est ce qui a fait que ça a marché.
09:09C'est fou ce mental que tu as franchement.
09:10Et c'est un truc qu'on retient là.
09:13C'est vraiment ce mental-là.
09:15Aujourd'hui, quels sont tes symptômes de la maladie ?
09:19Comment est-ce que tu les ressens ?
09:22Alors du coup, les symptômes, c'est globalement la fatigue chronique.
09:26C'est vraiment le symptôme pour moi qui est le plus handicapant parce que c'est celui qui est le
09:30plus invisible.
09:33Tout le monde est fatigué.
09:34Tout le monde sait ce que c'est la fatigue.
09:35Tout le monde ressent la fatigue.
09:36Mais la fatigue chronique, c'est vraiment un step au-dessus.
09:40Moi, j'aime bien comparer ça à le fait de se réveiller le matin et de voir que son téléphone
09:45n'a pas chargé
09:46et qu'on doit faire toute la journée avec 10% de batterie.
09:48D'accord.
09:49Et voilà, c'est exactement ça que je ressens quand je me réveille et que je n'ai absolument pas
09:54d'énergie
09:54ou quand ça peut arriver aussi au milieu de la journée, tout va bien.
09:58Et puis d'un coup, un énorme coup de barre, je ne peux plus rien faire.
10:01Donc ça, c'est assez handicapant.
10:04Et après, mes autres symptômes sont surtout des séquelles de mes poussées qui sont…
10:09C'est quoi une poussée ?
10:10Oui, c'est vrai que je n'ai pas à expliquer.
10:14En fait, la sclérose en blague, c'est une maladie qui est neurodégénérative et elle évolue par poussée.
10:18Donc c'est en gros des crises où la maladie est dans une phase inflammatoire beaucoup plus élevée.
10:24Et là, on développe des nouveaux symptômes pendant ces crises.
10:28Donc ça peut être n'importe quel symptôme selon où sont situées les lésions dans le cerveau ou dans la
10:32moelle épinière.
10:34C'est une maladie aussi qui est auto-immune.
10:36Donc en fait, le principe, c'est que le système s'attaque lui-même.
10:39Les globules blancs, au lieu d'attaquer que les virus, comme on leur demande…
10:43Juste ce qu'on leur demande de faire, en fait, ils attaquent aussi les neurones.
10:47Donc du coup, ça peut vraiment toucher toutes les fonctions du corps quasiment.
10:52C'est pour ça que c'est très différent d'une personne à une autre aussi, selon comment évolue la
10:59maladie,
11:00où sont placées les lésions, combien il y a de lésions, etc.
11:03C'est très dur avec les symptômes invisibles.
11:05Voilà.
11:05Et après, une fois que la poussée est traitée, on peut récupérer un petit peu,
11:12mais on ne récupère pas forcément tout ce qu'on a perdu.
11:16Donc du coup, c'est ça qu'on appelle les séquelles.
11:18Et moi, les séquelles, je perds beaucoup de force du côté droit de mon corps.
11:23J'ai beaucoup de spasticité, donc je peux avoir des mouvements incontrôlables, des bras, des jambes, surtout au niveau des
11:31jambes, des tremblements.
11:34Ça peut être aussi une perte de sensibilité dans les doigts, dans les pieds.
11:38Et c'est des symptômes qui sont toujours un peu là, mais plus la fatigue est présente, plus ils sont
11:44amplifiés.
11:47Et donc, tout ce que tu nous décris là, ça ne t'a toujours pas empêché d'arrêter le sport,
11:51bien au contraire.
11:53Et tu décides de te faire classifier pour pouvoir, du coup, intégrer l'équipe de France de paratriathlon.
12:02Est-ce qu'il faut absolument être classifiée pour pouvoir faire du parasport ?
12:06Oui.
12:07Oui.
12:08Alors après, je crois qu'il y a certaines courses, on va dire, locales qui, je pense, sont un peu
12:13plus flexibles.
12:13Mais par contre, pour faire du parasport au niveau national, international et être dans les classements, il faut être classifié,
12:21oui.
12:22Et donc toi, tu vas le faire en 2022, c'est ça ? C'est ta sœur un peu qui
12:25te pousse à le faire ?
12:26Et donc, quelle est ta classification aujourd'hui et comment ça se passe ?
12:30Alors, oui, c'est vrai parce qu'en 2022, en fait, juste après mon diagnostic, les deux années qui ont
12:38été suivies,
12:38j'ai enchaîné beaucoup de phases de je suis à l'hôpital, je m'entraîne, je suis à l'hôpital,
12:42je m'entraîne, c'était un peu décousu.
12:43Et surtout, les triathlons que je faisais, je prenais le départ en tant que valide.
12:48Et en fait, plus le temps a passé, plus je sentais la différence et plus je me disais, mais en
12:52fait, moi, je m'entraîne comme une dingue
12:53et je fais le même chrono que quelqu'un qui s'entraîne à peine.
12:57Et mon côté compétitrice était hyper frustrée.
13:02Et du coup, c'est vrai que c'est ma sœur qui m'a dit que le paratriathlon, ça existe.
13:08Si ça se trouve, tu peux te faire classifier.
13:10Et pour moi, c'est vrai que j'avais vraiment l'image que beaucoup de valides ont que le parasport,
13:14c'est soit que les faisais roulants, soit que les amputés.
13:17Enfin que moi, je ne peux pas en tant que personne avec tous mes membres faire partie de ce truc.
13:24Et en fait, elle m'a dit, mais si, on va appeler, on va demander.
13:29Et elle l'a appelé pour moi et ils m'ont dit, bah si, si, il faut qu'elle vienne
13:33se faire classifier, on verra.
13:35Et du coup, j'y suis allée, je me suis fait classifier.
13:37Du coup, je suis PTS4.
13:38Qu'est-ce que ça veut dire ?
13:40Donc en triathlon, il y a en gros trois grandes catégories.
13:43Les personnes qui sont en fauteuil, les personnes qui sont malvoyantes ou non-voyantes qui courent en tandem
13:48et les debout. Donc PTSS, c'est pour standing.
13:53Et dans cette catégorie de debout, ça va de PTS2 à PTS5.
13:58PTS2, c'est les handicaps les plus lourds.
14:01Donc par exemple, l'amputé fémoral.
14:03Et PTS5, c'est les handicaps les plus légers.
14:05Donc par exemple, les personnes à qui il manque peut-être une main.
14:08Et moi, je suis PTS4, donc je suis, on va dire, au milieu de tout ça.
14:12Et dans cette catégorie, on retrouve pas mal de handicaps neuro, justement.
14:16Donc il y a d'autres personnes qui ont des handicaps invisibles, comme moi, qui sont en PTS4
14:23et qui ont des handicaps neurologiques.
14:26Mais par contre, il y a très, très peu de sclérose en plaques.
14:29D'accord. Oui, tout le monde n'a pas de sclérose en plaques dans ta catégorie.
14:31Non, non, non.
14:32Moi, je suis par exemple dans la même catégorie que Alexis Anquincan, qui a une prothèse
14:37qui n'a pas du tout le même handicap que moi.
14:39Et donc du coup, toi, fin 2022, tu vas participer à une journée de détection avec la Fédération française de
14:45triathlon.
14:46On va très vite te parler d'équipe de France.
14:48Est-ce que tu peux nous dire un peu en quoi consiste le paratriathlon en équipe de France ?
14:53Les distances, comment est-ce que ça se passe ?
14:56Donc le paratriathlon, les distances, c'est 750 mètres de natation, 20 kilomètres de vélo et 5 kilomètres de course
15:02à pied.
15:03Et toutes nos courses sont sur ce format, que ça soit sur le circuit international ou aux Jeux, championnat du
15:09monde, etc.
15:10On a toujours cette distance-là, qui est la distance sprint.
15:15Et les valides, eux, ils ont cette distance-là, mais ils ont aussi ce qu'on appelle la distance olympique,
15:20qui est le double des distances.
15:23Et donc voilà, c'est la seule, on va dire, petite différence.
15:26Et l'autre différence, il y a quand même une autre différence, c'est qu'on n'a pas le
15:30droit au drafting sur le vélo.
15:32C'est quoi le drafting ?
15:33C'est le fait de rouler en peloton.
15:35Ah oui.
15:36Donc là, chez les valides, on le voit parce qu'ils ont le droit de le faire.
15:40Nous, on n'a pas le droit.
15:41Pourquoi ?
15:42Je pense que c'est plus technique.
15:46Pour la sécurité ?
15:47Oui, voilà.
15:47C'est parce que je pense qu'il y a des gens qui ont des adaptations sur leur vélo, des
15:50prothèses, etc.
15:51Et que s'il y a un accident, ça peut faire plus mal.
15:53Enfin, je ne m'avance pas trop, mais je crois que c'est pour ça.
15:57Et du coup, nous, on a des vélos qui sont différents parce qu'on a des vélos de contre la
16:00montre qu'on retrouve plus sur les triathlons longue distance.
16:02On a le même type de vélo, en fait.
16:04Et donc là, l'effort se gère complètement différemment parce que peut-être que notre position à la sortie de
16:08l'eau va être un peu moins importante.
16:10Par contre, sur le vélo, notre effort, il est vraiment individuel.
16:15On ne peut pas être dans la route quelqu'un ou quoi.
16:18Donc, ce n'est pas la même gestion de l'effort.
16:22Et du coup, c'est ça un peu la différence avec le triathlon olympique.
16:26Alors, pour avoir ce niveau-là, combien d'entraînement tu fais à peu près par semaine ?
16:30Et comment est-ce que tu adaptes ton niveau ?
16:32Parce qu'on va parler de ton palmarès juste après.
16:34Mais avant, il faudrait que les gens comprennent bien que tu travailles aussi à côté.
16:40Est-ce que tu peux nous expliquer ton quotidien, le nombre d'entraînements que tu fais,
16:43comment tu répartis ça sur tes semaines, tes journées ?
16:45Alors maintenant, je ne travaille plus.
16:47J'ai un contrat avec mon employeur qui me permet d'être détachée quasiment à 100%
16:51et de me consacrer à l'entraînement.
16:53Et heureusement parce que les semaines sont assez chargées.
16:58En fait, ça va vraiment dépendre de où on est dans le cycle.
17:00Mais les grosses semaines peuvent aller jusqu'à 30 heures,
17:05mais les plus petites peuvent aller de 15 à 20 heures.
17:07Ça va vraiment dépendre.
17:08Mais ça reste quand même très chronophage comme sport.
17:12Donc, on y passe une bonne partie de la semaine,
17:16sans compter la récupération, tout ce qu'il y a à côté.
17:21Donc, moi, je fais ça quasiment à temps plein, en fait.
17:25Enfin, même pas quasiment, je fais ça à temps plein.
17:28Et j'ai la chance d'avoir un employeur qui me libère pour pouvoir faire mon intervention.
17:35Te consacrer pleinement à ta attention.
17:36En fait, j'ai essayé de le faire, mais c'est impossible.
17:39En plus, rajouter à ça la fatigue chronique, c'est un défi complètement impossible.
17:47Donc, je l'ai dit, en 2024, là, tu réalises ton rêve.
17:50Tu vas participer au jeu Para, à la maison, avec ta famille, ton public.
17:55Malheureusement, tu termines quatrième.
17:57Quels souvenirs tu retiens de cette expérience ?
17:59Est-ce que tu as les boules de cette quatrième place ?
18:01Est-ce que cette bonne augure pour les Jeux de 2028, comment est-ce que tu l'as vécu ?
18:06Alors, pour moi, ce n'était absolument pas une déception, la quatrième place.
18:10Et je me rappelle d'ailleurs, c'est la première question qu'on m'a posée en zone mix juste
18:13après.
18:14Tu n'étais pas trop déçue, alors que j'étais en train de pleurer de jour.
18:18Mais non, ce n'était pas du tout une déception parce que l'année 2024, elle a été assez difficile
18:25pour moi
18:26parce que j'ai galéré à me qualifier pour les Jeux, parce que j'étais nouvelle sur le circuit.
18:31Oui, parce que c'était ta première année.
18:32C'était ma deuxième année sur le circuit.
18:35Et donc, il fallait que j'accumule quand même beaucoup de points pour pouvoir me qualifier.
18:39Donc, je me suis qualifiée un peu de justesse.
18:40Ensuite, pendant l'été, je me suis fait renverser par un scooter pendant que j'étais à l'entraînement.
18:46Donc, j'ai eu un ligament rompu dans l'épaule.
18:52Donc, je n'ai pas pu nager pendant un bon moment.
18:54Donc, la prépa, elle a été un peu compliquée.
18:56Donc, quand je prends le départ des Jeux le 2 septembre 2024,
19:00moi, je suis juste déjà hyper contente d'être là, hyper reconnaissante d'être là.
19:03Et je me dis, en fait, là, c'est limite...
19:05Enfin, j'ai envie d'y aller et de faire tout ce que je peux.
19:07Mais en fait, dans ma tête, c'est aussi limite que du bonus
19:10parce que là, j'ai tellement galéré pour en arriver là
19:13que là, j'ai envie de profiter à fond de la course.
19:15Et ça m'a libérée, en fait.
19:17Et j'ai fait une course au-dessus du niveau que j'espérais.
19:21Et parce que moi, on m'attendait plutôt...
19:23Ouais, je pense...
19:25À la 6e, 7e place.
19:26Et la 4e place, on ne m'attendait pas du tout là.
19:29Et finalement, voilà, j'ai fait un peu la surprise.
19:31Et même moi, j'étais surprise.
19:33Donc, c'était... Non, c'était incroyable.
19:36Et oui, vraiment, après, ça a débloqué un truc en moi
19:38de me dire, maintenant, c'est bon.
19:40J'ai trouvé ma voie.
19:41Et puis, ça a tellement bien débloqué que je te laisse nous dire
19:43ton palmarès ensuite en championnat d'Europe et championnat du monde.
19:46Oui, du coup, l'année d'après, je suis devenue championne d'Europe
19:50et championne du monde et championne de France aussi, du coup.
19:53Rien que ça.
19:54Finalement, après 3 ans sur le circuit...
19:56Une belle année.
19:57Ouais, ouais, ouais.
19:59On peut dire que oui, c'est une belle année.
20:00Et donc, maintenant, j'imagine que tu as dans le viseur les Jeux de 2028.
20:05Mais avant ça, il y a cette saison-là, 2026.
20:06Quels sont tes objectifs ?
20:08Bah, du coup, l'objectif, ça va être de conserver mes titres Europe et monde.
20:13Parce que nous, les championnats, c'est tous les ans.
20:15Du coup, on garde notre titre qu'un an.
20:17Oui, parce que chez les Valides, c'est une année les championnats d'Europe,
20:19une année les championnats du monde.
20:20Non, eux aussi, c'est tous les ans.
20:22Mais il y a d'autres sports où ce n'est pas pareil.
20:25Mais eux, le championnat du monde, c'est un petit peu différent.
20:28C'est-à-dire que toutes les courses du circuit comptent
20:30et c'est le résultat final.
20:31C'est l'addition de toutes les courses, enfin des 3 meilleures courses.
20:35Alors que nous, c'est vraiment une course.
20:38Les championnats du monde, c'est en one shot.
20:40C'est la course des championnats du monde qui donne le titre.
20:43Et donc ça, du coup, c'est tous les ans.
20:45Donc l'objectif, ça va être de conserver mon titre.
20:47Je vais un petit peu moins courir cette année
20:50pour justement me concentrer sur l'entraînement,
20:51sur vraiment progresser à l'entraînement,
20:53trouver des nouveaux leviers de progression à l'entraînement.
20:59Et voilà.
21:00Pour l'instant, ça va être ça.
21:02Parce qu'après, on va arriver en 2027
21:03et ça va être déjà la période de qualification
21:05qui va commencer pour Los Angeles.
21:07Est-ce que toi, du coup, c'est le bon augure pour toi à Los Angeles,
21:09est-ce que tu as envoyé un petit message à tes concurrentes
21:11en disant « Coucou, moi, je veux cette place de championne olympique, paralympique ? »
21:17Oui, alors moi, c'est clairement…
21:19Enfin, je reviendrai pas à Los Angeles pour faire quatrième.
21:23Mon objectif, c'est clairement de faire un podium
21:25et la plus belle médaille possible.
21:27Je m'entraîne tous les jours pour ça.
21:30Après, on sait qu'en triathlon, comme dans beaucoup de sports,
21:32il peut se passer tout et n'importe quoi,
21:35que ça soit pendant la saison, que ça soit pendant une course.
21:38Voilà, on peut crever le jour des Jeux.
21:41Et du coup, la course, elle est finie,
21:43alors que ça n'a rien à voir avec notre niveau physique.
21:46C'est ça aussi qui me plaît dans le sport de haut niveau,
21:49c'est que c'est tellement plein de rebondissements,
21:50on ne sait jamais gagner d'avance.
21:53Et du coup, c'est ça qui fait que la flamme, elle est toujours là
21:56et qu'on a envie de s'entraîner et de repousser les limites tout le temps.
21:58Et puis avec ton entraîneur Cyril, qu'est-ce qu'il t'apporte, lui, au quotidien ?
22:02Bah, de l'entraînement.
22:04Oui, fatalement !
22:05C'est déjà pas mal.
22:08Non, c'est quelqu'un qui a énormément d'expérience,
22:10que ça soit dans le triathlon ou dans le paratriathlon,
22:13qui connaît très bien la discipline.
22:17Et du coup, je lui fais extrêmement confiance là-dessus.
22:20Pour le coup, moi, j'ai beaucoup moins d'expérience.
22:22Oui, tu sens qu'il peut t'apporter quelque chose pour passer des steps ?
22:24Oui, j'ai toujours des questions à lui poser.
22:28Il y a plein de moments où je m'inquiète un peu
22:31et je sens que lui, là, ce recul que moi, je n'ai pas,
22:34de dire oui, mais c'est normal si tu es fatigué à ce moment-là ou à ce moment-là.
22:38C'est normal si cette année, ça se passe comme ça.
22:40Le but, c'est d'être performant à un moment T.
22:45Et oui, oui.
22:46Et du coup, je lui fais confiance sur le fait qu'il arrive à structurer une saison,
22:51même une Olympiade.
22:52Et pour moi, il n'y a pas de sujet là-dessus.
22:56Je pense que ça marche très bien.
22:59Donc, pour l'instant, en tout cas.
23:01Oui, on espère que ça continuera.
23:03Il n'y a pas de raison.
23:03Et en risque de ton entraîneur,
23:05comment est-ce que ton entourage à toi vit cette aventure à tes côtés ?
23:11Ils me soutiennent énormément.
23:14Je pense que c'est essentiel d'avoir un entourage qui les soutient.
23:18Parce que moi, je pense qu'il y a des moments où j'aurais été bien moins bien.
23:22Enfin, bien moins bien, je ne sais pas si c'est ça.
23:25Mais s'ils n'avaient pas été là, j'ai une famille qui est à fond derrière moi.
23:32Mes parents me soutiennent beaucoup.
23:34Ça n'a pas été facile au début parce qu'ils avaient quand même une fille
23:36qui était en école de commerce, consultante.
23:40Ils n'avaient pas du tout compris que ça n'allait pas être ça, ma vie.
23:44Et du coup, quand je leur ai dit,
23:45« Non, mais en fait, là, je blague tout et je fais du tri-retlon. »
23:47Ils m'ont dit, « Oula ! »
23:49En plus, l'annonce de ta maladie, je pense qu'aussi pour eux, ça a quand même réussi à gérer.
23:53Et puis du coup, ils étaient un peu rassurés que j'ai une sorte de stabilité.
23:56Et puis là, c'était un peu le saut dans l'inconnu.
23:58Et finalement, ils ont fini par me suivre assez rapidement et me dire,
24:02« Ok, quand ils ont vu que je faisais des résultats et que ce n'était vraiment pas pour rigoler,
24:06ils ont dit, « Bah oui, on te suit. Ma sœur, elle me suit énormément.
24:10On est extrêmement proche. »
24:12Elle doit être contente de t'avoir dit d'aller te faire classifier.
24:15Oui, je pense.
24:17Après, les proches, c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup.
24:20Mais ça peut être très difficile pour eux aussi parce que déjà,
24:23c'est une vie qui est extrêmement particulière.
24:26Moi, je vois mon copain.
24:28Il est tout le temps là pour moi.
24:31Il m'accompagne à mes entraînements.
24:33Il m'accompagne parfois à des compètes.
24:35Et c'est une vie qui n'est pas la même que tout le monde.
24:38On ne peut pas partir en week-end sur un coup de tête.
24:40On ne peut pas se dire, « Ce soir, on va au resto et on rentre à je ne sais
24:44pas quelle heure. »
24:45Parce qu'il y a un entraînement le lendemain matin.
24:47Moi, tu es impliqué, mais tout le monde est impliqué dans le projet.
24:50Sinon, ça ne fonctionne pas.
24:51En tout cas, moi, c'est vrai que c'est comme ça que je le vois.
24:54Et c'est hyper important d'avoir des proches qui sont là à 100%
24:58parce que ce qu'ils nous apportent, c'est…
25:00Ils font le travail de l'ombre, c'est eux.
25:02C'est vrai.
25:03Camille, tu es une grande sportive.
25:05Tu es inspirante.
25:06On en est persuadé.
25:07On le voit très bien.
25:08Et tu es aussi une sacrée championne.
25:10Et c'est justement le nom de la rubrique que l'on va évoquer maintenant avec Julie Caron.
25:21Salut Julie.
25:22Bonjour Virginie.
25:23Enchantée Camille.
25:24Alors, tu viens nous parler aujourd'hui d'une histoire incroyable sur une femme qui a fait le sport.
25:29Raconte-nous, qui est cette femme ?
25:30Alors oui, évidemment, à votre présence aujourd'hui, Camille, je vais évoquer une paratriathlète.
25:35Et en plus de ça, aujourd'hui, il s'agit d'une française.
25:38Donc, vous la connaissez peut-être.
25:39C'est Gladys Lemoussu.
25:41Alors, Gladys, elle, elle est née avec une agénésie de l'avant-bras-gauche.
25:45Donc, c'est-à-dire que son membre n'est pas totalement formé à la naissance.
25:49Mais au final, elle a grandi sans vraiment se préoccuper de cette malformation.
25:52Elle a touché à de nombreux sports.
25:54Le tennis, l'escalade, elle a même été majorette.
25:58Mais c'est en natation qu'elle s'est distinguée très tôt.
26:01Il y a une phrase qu'elle a dite en interview et qui résume assez bien son mindset.
26:04C'est, à l'école, j'ai toujours voulu être la première en sport.
26:07Je devais prouver que j'étais autant, voire plus capable qu'un autre.
26:12Et donc, après cette détermination de championne très tôt, elle s'est vite mise au triathlon.
26:18Et elle y a découvert un sport très exigeant à son image.
26:22Et très vite, les résultats ont suivi.
26:24Elle est championne de France entre 2013 et 2015.
26:27Puis, en 2016, là, elle change de dimension.
26:30Elle va devenir vice-championne du monde à Rotterdam.
26:33Mais surtout, elle gagne le bronze européen et la troisième place.
26:38Donc, le bronze paralympique à Rio.
26:40C'est une médaille qui a marqué l'histoire puisque c'était l'entrée du triathlon aux Jeux paralympiques.
26:45Mais c'est surtout une année qui a permis son installation parmi les meilleures mondiales.
26:50La suite, ce n'est pas un exploit.
26:52C'est beaucoup de travail et beaucoup de continuité, surtout dans ses résultats.
26:55Puisqu'elle a à nouveau été championne de France en 2017 et 2018.
27:00Nouveau médaillé mondial en 2017.
27:03Beaucoup de podiums européens.
27:05Et puis aussi, à Tokyo en 2021, où elle fait une sixième place.
27:10Toujours présente, en fait, dans ce haut de classement en paratriathlon.
27:15Jusque 2022-2023, encore des médailles.
27:17Donc, comme une ligne de fond qui ne cède pas.
27:20Aujourd'hui, elle veut vraiment transmettre cette idée qu'un handicap, ça ne nous définit pas.
27:24Qu'il faut poursuivre ses rêves.
27:26Et donc, ce qui se joue chez elle, ce n'est pas cet éclat du moment.
27:30C'est sa durée, sa capacité à revenir, à ajuster et à rester au niveau
27:36dans une discipline où tout se joue en effet sur les détails.
27:39Merci Julie.
27:40Est-ce que tu peux nous dire, Camille, comment est-ce que l'évolution du paratriathlète
27:46depuis les JO de 2016 jusqu'à Paris en 2024 ?
27:50Comment est-ce que ça a évolué ?
27:52Je pense que ça a bien évolué.
27:55Et je pense que Gladys y a quand même contribué, même si elle vous dira que non.
28:00Mais sa médaille, ça a été, je crois, la première médaille du triathlon français.
28:05Donc, c'est quand même pas rien.
28:08Et c'est quelqu'un qui est extrêmement inspirant.
28:13Donc, je pense que déjà, elle y a fortement contribué.
28:16Et ensuite, globalement, le triathlon, je pense qu'il a été de plus en plus médiatisé.
28:21Donc, le paratriathlon aussi.
28:24Les Jeux de Paris, on a vraiment vu la différence parce qu'ils ont fait l'effort d'avoir une
28:30médiatisation
28:31qui était quasiment la même pour paralympique et olympique.
28:36Donc, ça, on l'a ressenti.
28:38Même dans les épreuves, c'était complet partout.
28:41C'était énorme.
28:43Après, je pense qu'il y a encore un énorme chemin à faire sur la médiatisation du parasport et du
28:49paratriathlon.
28:51La preuve, on a plein de grands champions.
28:53On a plein d'athlètes qui sont incroyables en équipe de France.
28:58Et on n'en entend pas forcément beaucoup parler.
29:01On a très peu de médiatisation sur les courses.
29:04Même sur nos championnats du monde, ils ne sont pas forcément retransmis alors que c'est une fois par an.
29:09C'est des choses comme ça qui méritent d'avoir une attention portée dessus.
29:16Mais je pense qu'heureusement, ça va dans le bon sens et on est de plus en plus médiatisés.
29:21Et c'est tant mieux pour la discipline.
29:24En tout cas, on veut que la prochaine médaillée para, ce soit toi.
29:28J'espère.
29:30Et j'espère que je ne serai pas la seule.
29:32Oui, j'espère aussi.
29:33Déjà toi, ce sera déjà super, bien sûr, pour tous les autres aussi.
29:36Mais petite préférence, là, quand même.
29:38Merci beaucoup, en tout cas, Camille, d'avoir été avec nous aujourd'hui.
29:42Merci, Julie.
29:43Cette émission touche à sa fin.
29:45Merci beaucoup de nous avoir suivis.
29:47Merci aux équipes techniques en régie.
29:49Anthony Drevet à l'édition.
29:51François Caudal, notre réalisateur.
29:53Alban Deberg au son.
29:55Et Sandrine David au maquillage.
29:57Rendez-vous d'ici quelques jours pour un prochain numéro de La Victoire est en elle.
30:01J'espère que cette émission vous a plu.
30:02Salut.
30:03Tiii!
30:05Générique
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