00:00On sent de plus en plus ces derniers jours une fracture entre d'un côté les partisans d'une négociation,
00:05on en parlait hier, Abbas Arachi, le ministre des Affaires étrangères,
00:08de l'autre les défenseurs d'une ligne dure contre les Etats-Unis, évidemment, les gardiens de la Révolution.
00:14Écoutez ce message, c'est très intéressant, écoutez ce message qui émane de la marine des gardiens de la Révolution
00:18et qui n'hésite pas à s'en prendre à ceux qui ont permis la réouverture, donc c'était hier,
00:24du Détroit,
00:25sans le citer notamment à Abbas Arachi. Écoutez.
00:30Ici la marine iranienne. Le Détroit d'Hormuz reste fermé.
00:36Nous l'ouvrirons sur ordre de notre guide, Liman Ramenei, et non sur les tweets d'un imbécile.
00:44Toute tentative de franchissement du Détroit doit être autorisée par la marine iranienne.
00:51Tout navire lié à nos ennemis sera pris pour cible s'il tente de passer.
00:57C'est vrai qu'il y a un front qui s'ouvre contre Abbas Arachi et vous nous disiez que
01:00vous aviez recensé beaucoup, beaucoup de tweets.
01:01Des centaines, des centaines de la part des imams, de la part des ayatollahs, de la part des gardiens de
01:09la Révolution islamique,
01:10de la part des BCG, de la part des individus tout simple qui soutiennent le régime.
01:15Autrement dit, il y a une vraie fracture.
01:18Mais depuis toujours cette fracture existait.
01:20Vous avez une tendance nationaliste.
01:21C'est encore amplifié depuis quelques jours.
01:23Oui absolument, absolument.
01:24Vous avez une tendance nationaliste au sein du régime qui considère que leur guerre n'est pas à Gaza,
01:30que leur guerre n'est pas au Liban et que leur guerre c'est à l'intérieur de l'Iran.
01:34Cette base nationaliste se réfère à la persanité, à l'iranité.
01:39Et ils vont absolument se débarrasser du programme atomique, du programme balistique,
01:44à condition que les Américains lèvent la main sur toutes les sanctions contre la République islamique d'Iran,
01:50en deux, à condition que les Américains donnent la garantie à la survie du régime.
01:55Mais par contre, face à cette tendance nationaliste,
01:58vous avez les ultra-radicalisés qui ont la main lourde sur le régime.
02:02Et donc, pour simplifier les choses, vous avez le gouvernement dirigé par les nationalistes,
02:09vous avez l'État qui est dirigé par les ultra-radicaux.
02:13Donc, c'est le gouvernement contre l'État.
02:15– Est-ce que ces factions qui ont toujours existé, Ulysse,
02:17elles ne se sont pas encore aggravées depuis la mort de Ramélie ?
02:22Finalement, il n'y a plus personne qui cite la fin de la partie.
02:24Il y avait quelqu'un qui arbitrait et qui avait le dernier mot.
02:26– Oui, vous avez raison, il y avait un arbitre suprême.
02:29C'était le guide, et le guide a été éliminé le 28 juillet dernier.
02:33Et son fils, visiblement, a été grillément blessé, il n'a pas pris la place.
02:37Et donc, effectivement, ça laisse…
02:39– On ne l'a pas vu d'ailleurs, depuis très longtemps.
02:41– Il a fait deux communiqués, il en a fait un aujourd'hui,
02:44en disant globalement que l'Iran ne cèdera pas.
02:46Mais on ne l'a encore pas vu, pas de photos…
02:49– Ce sont des communiqués qui sont lus, donc on peut tout envisager,
02:52ce n'est pas lui qui les lit.
02:52– C'est une communication qui traduit son état de faiblesse ou d'incapacité, tout simplement.
02:59Donc, il n'est pas en position de diriger l'Iran, ça c'est la première chose,
03:03ou d'incarner l'équilibre qui se fait entre les différentes factions, justement.
03:10C'est le problème de l'Iran, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
03:13on a très incontestablement des gens qui veulent négocier avec les États-Unis,
03:16c'est ce qu'appellent Trump les nouveaux dirigeants,
03:19qui sont plus des businessmen de son point de vue,
03:21donc avec lesquels on peut discuter, que des religieux.
03:24Mais il y a une opposition, et donc, Araqchi, vous savez,
03:27n'est pas le seul à être vilipendé par le régime.
03:31Il y a eu aussi un ancien ministre, Zarif, qui avait fait un plan de paix,
03:37qui était extrêmement…
03:38– Le grand négociateur iranien, quand même.
03:40– Celui qui avait négocié pendant des années.
03:42Eh bien, lui aussi a été « assassiné » virtuellement sur les réseaux sociaux.
03:46Il n'a pas été attaqué physiquement,
03:48mais enfin, on a considéré que ce n'était pas à lui d'intervenir.
03:52Donc, il y a cette bagarre interne qui, effectivement, est plutôt préoccupante.
03:57Vous savez, vous avez parlé tout à l'heure du message de l'Instagram,
04:02le sénateur républicain.
04:04– Le va-t'en-guerre.
04:05– Le va-t'en-guerre, mais dans une interview à Fox News,
04:10qu'est-ce qu'a dit l'Instagram ?
04:11Il a dit « Trump lui-même a décroché son téléphone
04:13et il a parlé avec des dirigeants iraniennels. »
04:16On ne sait pas à qui.
04:17Mais l'Instagram a dit « Trump s'est tellement fâché qu'il en a perdu sa voix.
04:21Tellement il était en colère contre les arguments qui lui étaient opposés. »
04:26Donc, c'est dire la difficulté.
04:28Alors, si en plus, il y a des querelles de régime à l'intérieur…
04:31– Avec qui on discute alors ?
04:33– Eh bien, je pense que la discussion, c'était le président du Parlement iranien.
04:38– Oui, exactement.
04:38– Plutôt le gouvernement.
04:40– Qui lui-même est un ancien gardien de l'évolution,
04:42qui a fait la guerre Iran-Irak,
04:44qui a été meurtrière à un million de morts.
04:46Et donc, il y a cette ligne dure en Iran qu'on ne peut pas écarter.
04:50C'est la ligne du martyr.
04:52C'est la ligne qui pousse à aller jusqu'au bout
04:54et quitte à refaire la guerre à nouveau.
04:56Donc, c'est effectivement extrêmement difficile.
04:59On est dans deux logiques complètement différentes.
05:02et ça explique sans doute pourquoi on n'a pas encore d'annonce sur le deuxième round potentiel de négociation.
05:09Alors, comme tout à l'heure, ça a été dit, il y a l'écume des vagues.
05:13Et puis, en fond, il y a quand même des choses qui se disent, qui se passent.
05:18Il faut être patient.
05:19Et peut-être que d'ici lundi, on aura un résultat.
05:22Je peux ajouter juste un élément.
05:24Ce qui donne un peu d'espoir dans tout ça,
05:26c'est que, c'est vrai, on n'a pas une personnalité qui tranche,
05:30c'est-à-dire un guide suprême comme Ali Khamney,
05:33mais on a quand même ce qu'on appelle le Conseil suprême de la sécurité
05:38dans lequel il y a 17 personnalités,
05:42y compris Khali Bhaf, y compris le président de la République,
05:45un représentant du guide suprême,
05:47le chef des passes d'Alan,
05:49le ministre de la Défense, etc.
05:51Et c'est normalement dans ce Conseil suprême de la sécurité
05:57que les dirigeants prennent la décision.
06:01Autrement dit, Abbas Arashi ne peut jamais aller à Pichahot,
06:04ou à Islamabad, sans avoir l'aval du Conseil de sécurité.
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