Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Lors de l'émission Punchline le 15/04/2026, Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël, était invité sur le plateau. Il a évoqué la relation entre Israël et la France : «On arrive au bout du bout de la relation de sécurité entre la France et Israël». 

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Non, ce qui arrive là est la suite logique d'une très lente dégradation,
00:06lente mais réelle, quasiment depuis le 7 octobre.
00:09Et là, on arrive au bout du bout de la relation de sécurité entre Israël et la France.
00:15C'est fini, il n'y a plus rien.
00:17Il n'y a plus d'échanges militaires, ni de coopération.
00:20Il n'y a même plus d'échanges de renseignements.
00:21Même sur le renseignement ?
00:22Même pour le renseignement, il n'y a plus rien.
00:24Et donc, c'est une vraie nouvelle étape de la relation.
00:31On récolte ce qu'on a semé, monsieur l'ambassadeur ?
00:33Oui, je suis désolé de le dire, mais quand le président de la République démarre
00:40avec l'interdiction des entreprises israéliennes à Eurosatori, puis au Bourget,
00:47puis restreint les ventes d'armes à Israël,
00:50puis dit qu'il faudrait bien regarder la relation entre l'Union européenne et Israël,
00:58puis finit par empêcher, alors bon, il y a eu un malentendu,
01:02mais il n'empêche que, le survol d'un avion américain avec des armes pour Israël au-dessus de la
01:10France.
01:11Si vous rajoutez à ça deux choses, la politique générale,
01:14la reconnaissance de la Palestine sans condition,
01:17et puis peut-être aussi et surtout l'affaire libanaise,
01:21parce que l'affaire libanaise, c'est quand même un cafouillage au niveau de la position française
01:26qui est absolument redoutable.
01:28Expliquez-nous, en quoi c'est un cafouillage ?
01:30Parce que la position française porte en elle-même sa propre contradiction.
01:35Vous avez le président de la République qui dit
01:39« Il faut aider le gouvernement libanais à désarmer le Hezbollah ».
01:46Tout le monde dit « Très bien, comment on fait ? »
01:49Et le président dit « Ah ben, nous, on va envoyer des camions et faire de la formation ».
01:56Les Israéliens disent « Mais vous êtes gentils,
01:58mais ce n'est pas ça qui va empêcher le Hezbollah de nous bombarder.
02:01Donc, qu'est-ce que vous faites concrètement ? »
02:03Et rien.
02:05Donc, les Israéliens disent « Dans ces conditions, on va le faire nous-mêmes ».
02:09Et là, la France leur dit « Ah ben, surtout pas, ne rentrez pas au sud-Liban pour désarmer le
02:13Hezbollah,
02:14mais aidez le gouvernement libanais ».
02:17Alors là, on est arrivé à peu près à ce qu'on pouvait faire de pire,
02:21c'est-à-dire la diplomatie de l'impuissance affichée.
02:25On en est là.
02:26La conséquence de ça, c'est qu'Israël a dégagé la France
02:31et c'est assez douloureux, je dois dire, personnellement,
02:36mais il n'empêche que c'est comme ça.
02:38Je n'en suis ni surpris ni étonné, je le déplore,
02:43mais c'est réellement la conséquence d'une attitude française
02:47qui, dans cette histoire, n'a aucune portée réelle.
02:53C'est-à-dire que diplomatie, du verbe et on va dire qu'on accompagne,
03:00qu'on fait une conférence, qu'on fait ceci, qu'on fait cela.
03:02Mais la réalité, c'est que pour désarmer le Hezbollah,
03:06la France ne fait rien et n'a rien fait.
03:08Et de façon générale, dans la guerre et la paix,
03:12quand il s'agit du hard power, c'est-à-dire quand les armes parlent,
03:15la France est désormais totalement absente du Proche-Orient.
03:23Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations