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Dans la tradition des chansons grivoises, paillardes et gaillardes, les femmes n’ont jamais eu le beau rôle... Alors certaines interprètes se sont emparées de ce répertoire pour qu’il n’appartienne pas qu’aux hommes. Ecoutez les voix (et les textes) d'Yvette Guilbert, Colette Renard ou le trio Les Cop(I)nes.

Retrouvez Planète Ocora avec Aliette de Laleu sur Radio France : https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/planete-ocora/chansons-paillardes-revisitees-avec-le-trio-vocal-les-cop-i-nes-4135243

#aliettedelaleu #chansonfrancaise #ColetteRenard #YvetteGuilbert

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Dans la tradition des chansons grivoise, paillarde et gaillarde, les femmes n'ont jamais eu le beau rôle.
00:04Dans son boudoir la petite Charlotte, chaude du con, profitant de la vie.
00:10C'est pourquoi certaines interprètes se sont emparées de ce répertoire pour qu'il n'appartienne pas qu'aux hommes.
00:15Tendu sur son lit, branle, branle, branle, Charlotte, branle.
00:20L'origine des chansons paillardes est floue, puisque l'on est face à une tradition orale.
00:24Pour les textes, on en retrouve certains qui datent d'avant le 15e siècle, sans mélodie,
00:28parfois combinées dans des recueils.
00:43Les racines de ces chans reposent sur une critique du clergé et caricaturent la société pour mieux s'en moquer.
00:49Les chansons paillardes existent pour choquer et pour railler.
00:53Mais c'est aussi beaucoup de sérieux, notamment au niveau de l'écriture.
00:56Pour éviter les censures, les mots sont détournés de leur sens.
00:59On use et abuse des périphrases et des contre-pétries.
01:02Pour bien biaiser une robe, ma foi, il n'y en a pas deux, pas deux comme moi.
01:09Ces chansons sont aussi parfois politiques, comme nous n'irons plus au bois.
01:16Elle fait référence à la fermeture des maisons closes au 17e siècle pour éviter la propagation des maladies.
01:22A l'époque, on identifiait ces lieux grâce aux branches de lauriers accrochées au-dessus de la porte.
01:26Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés.
01:30La belle queue, voilà, la laisserons-nous danser.
01:34Pour entendre des chansons paillardes, il faut aller dans des milieux festifs ou étudiants
01:39et à partir du 19e siècle, dans des sociétés chantantes dont les femmes sont exclues.
01:43D'ailleurs, une très large majorité de ce répertoire est profondément sexiste.
01:47La digue du cul en revenant de Nantes, la digue du cul en revenant...
01:53Les femmes y sont moquées, agressées, violées, déconsidérées.
01:57Au tout début du 20e siècle, on entend pourtant certaines de ces chansons interprétées par des femmes.
02:01Yvette Guibert, par exemple, chante en 1918 « Ma grand-mère ».
02:05« Quoi maman ? Deux galants ensemble ? Mais chacun d'eux me trompe pas ! »
02:15Cette chanteuse, actrice et parolière se produit sur scène et s'amuse parfois à reprendre des chansons grivoises
02:20en tout sautant à la place de certains mots pour ne pas froisser les oreilles.
02:23« Combien je regrette mon bras si donnau, ma jambe bien faite et le temps perdu. »
02:28Parmi les interprètes féminines, on compte aussi Caroline Clerc, puis Annie Cordy, Marie-Paul Belle
02:33qui toutes les trois ont repris à leur manière la chanson « La biaiseuse ».
02:47Mais celle qui aura peut-être le plus contribué au répertoire grivois au cours du 20e siècle,
02:52c'est Colette Renard avec sa célèbre chanson « Les Nuits d'une demoiselle » reprise par de nombreux interprètes.
02:58« Que c'est bon d'être demoiselle, car ce soir, dans mon petit lit,
03:08quand l'étoile Vénus est un sel, quand doucement tombe la nuit,
03:16je me fais sucer la friandise, je me fais caresser le gardon,
03:21je me fais empeser la chemise, je me fais picorer le bonbon. »
03:25Sauf que pour pouvoir passer à la télévision et à la radio, et surtout éviter la censure,
03:30Colette Renard doit écrire une version édulcorée.
03:32« Je me fais retirer ma gourmette, je me fais baiser dans le cou,
03:39je me fais flipper la collerette, je me fais caresser les genoux. »
03:48Aujourd'hui, la chanson « Payard » continue de se renouveler,
03:50notamment grâce à des musiciennes qui s'approprient ce répertoire.
03:53Par exemple, le trio vocal « Les copines » reprennent et modernisent ces grands tubes coquins
03:58en changeant les paroles pour qu'elles sonnent aujourd'hui féministes.
04:01« Il faut savoir se passer des garçons, moi pour ma part je me fous bien des hommes
04:07et je me branle avec satisfaction. »
04:11« Le branle, branle, branle, Charlotte, branle, branle, ça fait du bien. »
04:17« Le branle, branle, branle, ma chanson... »
04:20« Je le rappelle nombre d' enforcements sur tous les genoux. »
04:20« Je vous dis, moi. »

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