00:00Au lendemain de ce qui ressemble, on le verra ensemble, à un échec dans les négociations entre Américains et Iraniens
00:05au Pakistan.
00:05Et cette question, la guerre va-t-elle reprendre ? Va-t-elle s'intensifier ?
00:09Donald Trump a ordonné le blocus naval de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d
00:14'Harmouz.
00:15Une menace ridicule, répond ce soir l'Iran, tout en promettant d'entraîner ses ennemis dans un tourbillon mortel.
00:22Ce sont les mots utilisés par les gardiens de la Révolution.
00:25Le cessez-le-feu, plus que jamais fragile entre Téhéran et Washington, est-il déjà menacé ?
00:30Donald Trump, en tout cas, s'est montré ferme ce matin sur ses réseaux sociaux, puis à la mi-journée
00:35dans un entretien à la chaîne Fox News.
00:37On va retrouver à Washington, regardez-les déjà là, Laurence Aïma.
00:40Laurence, à défaut de pouvoir contrôler la navigation à l'intérieur du détroit, Donald Trump a donc choisi de bloquer
00:46toutes les entrées et les sorties.
00:48On l'a dit, un blocus total qui sera effectif très vite. Voilà ce que nous dit Donald Trump.
00:54Oui, vous avez raison de le souligner, Donald Trump a choisi de communiquer à sa chaîne préférée, sa journaliste favorite,
01:00Maria Bartorimo.
01:01Il s'est entretenu pendant une demi-heure en direct par téléphone avec elle pour affirmer que, eh bien, les
01:08États-Unis,
01:09quoi que disent les Iraniens dans une communication que Donald Trump a qualifiée de très bonne,
01:13les États-Unis ont déjà gagné selon Donald Trump.
01:16Pour le président américain, la marine iranienne est au fond de l'océan.
01:21Les avions iraniens ont été abattus à 90%.
01:25Donald Trump ne cesse de dire que les journalistes du New York Times, ce prestigieux quotidien,
01:30racontent n'importe quoi.
01:32Et Donald Trump a décidé, eh bien, encore une fois, de dire, voilà, les Iraniens doivent céder sur le nucléaire.
01:39C'est absolument impératif.
01:40Moi, je ne céderai pas.
01:41Voilà, c'est pour parler qu'ils ont donc duré avec le vice-président.
01:45Vance envoyait pour l'occasion plus de 21 heures, n'ont donc abouti à rien.
01:49Vance, en ce moment, est dans son avion pour revenir ici à Washington.
01:53Donald Trump, lui, est toujours en Floride.
01:55On l'attend de retour ce soir, ici, à la Maison-Blanche.
01:59Et comme on est sur le terrain avec Doreen Jarnias, eh bien, on voulait vous faire vivre ce qui se
02:03passe en ce moment même devant la Maison-Blanche.
02:05Petite manifestation.
02:07Attention, c'est toujours le cas le dimanche.
02:09Mais le plus intéressant, c'est de vous montrer aussi, à côté de la Maison-Blanche, cette église.
02:14Joe Biden et Barack Obama allaient toujours prier dans cette église au moment de crise importante.
02:19Eh bien, depuis le début de son deuxième mandat, malgré toutes les crises que Donald Trump traverse,
02:24le président américain n'est jamais venu prier dans cette église en face de la Maison-Blanche.
02:29Merci, Laurent Saïm.
02:30Il y mettra peut-être les pieds, Donald Trump, dans les jours, peut-être dans les heures qui viennent.
02:34En tout cas, on va le réécouter, le président américain.
02:37Il s'est montré ferme aujourd'hui, d'abord sur ses réseaux sociaux ce matin, True Social.
02:42Et puis, vous le disiez, dans une interview qu'il a ce midi accordée à la chaîne conservatrice Fox News.
02:48On l'écoute.
02:49Bon, on va mettre en place un blocus.
02:52Ça va prendre un peu de temps, mais ça portera ses fruits assez rapidement.
02:56Et on a eu des réunions hier.
02:57Comme tu l'as dit, elles ont duré 21 heures.
02:59C'était une longue réunion.
03:03Antoine Bassebouz, c'est un coup de force.
03:05Je bloque le bloqueur.
03:07Est-ce que la guerre peut reprendre via ce détroit-là ?
03:11Écoutez, quand on regarde ce qui s'est passé depuis quelques mois,
03:14on se rend compte que nous avons affaire à un président erratique,
03:18qui est très bavard, qui émet 10 messages par jour.
03:24Il appelle lui-même les journalistes sans que les journalistes ne le sollicitent.
03:29Et il se contredit matin, midi et soir.
03:31Donc, je n'arrive pas vraiment à trouver le bon décodeur pour comprendre.
03:36Alors, c'est vrai, les États-Unis sont la première puissance mondiale.
03:42Mais qu'est-ce qu'il a fait de cette puissance ?
03:45Au bout de 40 jours de combat, il n'a pas plié l'Iran.
03:49À l'issue des combats, le détroit d'Hormuz, par lequel transite 20% de l'énergie internationale,
03:56il est bloqué.
03:57Et maintenant, il revient à la charge pour trouver une solution.
04:00Il bloque les bloqueurs.
04:02Ça veut dire quoi ?
04:03Où est la puissance américaine ?
04:04Intéressant, c'est comment ça s'est fait.
04:05Il a retweeté un article d'un journaliste qui évoquait cette possibilité-là,
04:09en disant « finalement, je vais faire ça ».
04:11Il donne une interview à près de 30 minutes à Fox News.
04:14Intéressant comme procédé là aussi.
04:15Mais c'est ça, c'est un président extrêmement bavard qui se contredit tous les jours,
04:20matin, midi et soir.
04:21Je ne vois pas la ligne stratégique de ce président.
04:27Il aurait pu faire peur aux Iraniens s'il avait envoyé 50 000 hommes de plus dédiés
04:33à l'ouverture du détroit avec les deux ou trois porte-avions, avec toute l'armada.
04:39Mais les Iraniens ont bien compris qu'il veut que l'Amérique veut les bombarder,
04:44mais sans jamais risquer de prendre pied sur le détroit ou sur l'une ou l'autre des îles,
04:50notamment l'île de Khark, par laquelle transitent 90% du pétrole iranien.
04:55Donc voilà, je reconnais que je suis dans l'incompréhension totale de ce président erratique qui est trop bavard.
05:02Alors si vous êtes déboussolé, vous alors ?
05:04Vous n'êtes certainement pas le seul.
05:06L'Iran, en tout cas, parle ce soir d'une menace ridicule, tout en menaçant de son côté les Américains.
05:14Et leurs alliés, regardez, sur X2, le trafic est entièrement sous le contrôle des forces armées.
05:18L'ennemi se retrouvera piégé dans un tourbillon mortel dans le détroit s'il fait un faux pas.
05:24Et comme si cela ne suffisait pas, le régime accompagne son message d'une vidéo.
05:29On va la voir, cette vidéo.
05:30Et on aperçoit, regardez, un navire directement dans le viseur.
05:34Sous-entendu, nous avons les moyens de tirer.
05:38Général Sido, c'est ce que la situation ce soir peut dégénérer à tout moment.
05:42On a l'impression, en tout cas, que le cessez-le-feu n'a jamais été aussi fragile.
05:46– Dégénérer ? Pas dans l'immédiat.
05:50Pas dans l'immédiat, d'abord, vous savez qu'il y a quelques semaines ou quelques jours,
05:55il y avait une offensive de missiles qui avait été lancée sur le porte-avions.
05:59Et tous les missiles ont été interceptés.
06:01Donc il y a quand même là aussi une démonstration de compétence des Américains pour intercepter les missiles.
06:05Bon, là, on n'a pas à portée de missiles iraniens, de bâtiments de guerre américains.
06:10La situation, elle est quand même un peu différente.
06:14Pour le blocus, l'image que j'en ai, il faudrait qu'on l'explique effectivement sur une carte,
06:20pour voir que, en fait, les bâtiments militaires américains
06:26ou le matériel militaire américain qui sera utilisé pour mettre en œuvre ce blocus
06:30pourrait rester hors de portée, même, des missiles ou d'un système de défense iranien.
06:36Ça, c'est une chose.
06:37Ensuite, si les Iraniens voulaient effectivement utiliser leurs armes contre les bâtiments américains,
06:43ce sont quand même des bâtiments qui sont suréquipés en moyens de défense.
06:46Donc ça, ça reste à prouver.
06:47Alors là, on aurait un engagement arme contre arme,
06:50bon, mais qui serait effectivement, là, sur le plan naval…
06:53– Et une reprise de la guerre.
06:55– Dans ce cas-là, oui, il y a une reprise des hostilités, effectivement.
06:58Mais il y aurait un objectif, il y aurait un bateau qui serait visé,
07:01peut-être un hélicoptère, peut-être un avion, etc.,
07:02comme ce qu'on a connu pendant 4-5 semaines.
07:04Mais on n'en est pas vraiment là.
07:06Et là, l'idée du blocus pourrait…
07:09Alors, le terme normal, la définition, c'est un acte de guerre,
07:12mais c'est un acte de guerre, normalement…
07:13– Mais c'est ce que disaient les experts tout au long de la journée.
07:15Attention, on est entre l'embargo et l'acte de guerre.
07:17– Voilà, c'est ça, mais potentiellement, sans besoin d'avoir utilisé les armes,
07:20rien que le fait de menacer d'un blocus,
07:23les quelques bateaux qui passent pourraient se dire
07:26« mais c'est même plus la peine d'essayer ».
07:27Donc après, on peut envisager un scénario, effectivement,
07:30avec un bateau qui se dit « tiens, j'ai passé le péage iranien,
07:33et je vais maintenant passer par le golfe d'Oma
07:36et puis essayer de passer entre les bâtiments et la surveillance américaine ».
07:40Ce qui me paraît quand même impossible à faire.
07:43Totalement impossible.
07:44– Adèle Bakawan, quand la marine iranienne qualifie justement
07:47ses déclarations de Donald Trump de ridicule,
07:49ça veut dire que ça ne fait ni chaud ni foi, ça, ces Iraniens,
07:52ils n'ont pas peur du tout, c'est la communication officielle.
07:55Est-ce qu'il y en a une qui est officieuse en disant
07:56« ah mince, un blocus total, ça peut nous faire mal quand même ».
07:59– Écoutez, la donnée la plus importante, la donnée factuelle,
08:02je ne parle pas des communications, c'est que ni les Iraniens,
08:05ni les Américains ne souhaitent absolument pas revenir à cette guerre.
08:09Sinon, ils ont toutes les excuses pour se réengager dans cette guerre-là,
08:13à la fois du côté des Iraniens et du côté des Américains.
08:15– Ils ne le souhaitent pas, mais est-ce qu'ils ne vont pas y être forcés ?
08:17– Voilà, donc ça c'est la première donnée à observer.
08:20La deuxième donnée à observer, c'est que désormais Donald Trump a compris
08:23qu'il ne peut pas changer le régime uniquement par les bombardements
08:28et que le peuple iranien n'est pas au rendez-vous dans la rue.
08:32Et lorsqu'il menace par exemple l'Iran de dire
08:35« je vais rayer votre civilisation »,
08:37non pas la République islamique d'Iran,
08:39mais la civilisation iranienne sur Terre,
08:42c'est qu'il fidèle en quelque sorte l'ensemble des catégories sociales, politiques,
08:46y compris l'opposition à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
08:50Et donc maintenant, ce qui est le plus important,
08:53c'est que Donald Trump joue le jeu des passes d'adam.
08:56Ça veut dire quoi ?
08:56Ça veut dire « vous bloquez le détroit d'Hormuz, je bloque votre blocus ».
09:01C'est-à-dire quoi ?
09:02C'est-à-dire que nous sommes dans les marges, nous ne sommes pas…
09:05Je pense que le blocus du détroit d'Hormuz
09:08n'amène ni les Iraniens ni les Américains vers une guerre.
09:12Autrement dit, aujourd'hui vous avez 90% du pétrole iranien
09:16qui compose l'économie iranienne.
09:1990% de pétrole iranien passe par le détroit d'Hormuz.
09:24Si jamais Donald Trump bloque le détroit d'Hormuz,
09:27c'est que c'est toute l'économie iranienne qui tombe.
09:29Justement, Manéli Mirkan, est-ce que bloquer le détroit,
09:32ce n'est pas la meilleure façon d'asphyxier finalement Téhéran ?
09:35Combien de temps l'Iran peut tenir sans pouvoir exporter,
09:39on le disait, son pétrole ?
09:40Alors justement, vous avez évoqué le mot « temps ».
09:42Je pense que la clé, là aujourd'hui, est sur le temps.
09:46On dit depuis le début de cette guerre que l'Iran a le temps justement de tenir.
09:49Oui, mais justement l'Iran vient de nous donner confirmation.
09:51L'ambassadeur d'Iran à Islamabad tweet ce soir
09:55que les pourparlers à Islamabad n'étaient pas un événement,
09:59c'était un processus, c'était les fondations d'un processus de pourparlers.
10:04Donc il montre en fait qu'ils sont engagés pour gagner du temps.
10:07Je pense que l'acte de Trump est justement pour enlever ce temps à l'Iran.
10:12Parce que lui, il n'a pas le temps.
10:13Voilà, parce qu'il n'a pas le temps et il veut asphyxier comme vous le dites.
10:16Là, il y a aussi un autre impact, c'est sur la Chine.
10:20La Chine qui va être aussi le grand perdant potentiellement de ce blocus
10:25peut mettre la pression sur l'Iran pour accélérer la négociation sur le dossier.
10:33Je reviens sur votre question.
10:36Du point de vue de l'Iran, effectivement, la faillite économique est là.
10:39Là, les activités économiques après la guerre, la phase de guerre a repris.
10:46Et c'est là où on commence à avoir des informations sur l'état de santé de cette économie
10:52qui n'est plus dans un état de tenir.
10:54Les banques sont au bord de faillite.
10:56On a des rapports sur le nombre de chèques sans provision qui commencent à s'accumuler.
11:04Il y a énormément de personnes sans emploi par rapport à tous les sites qui ont été frappés,
11:09les sites de sidérurgie, les sites de fabrication d'infrastructures primaires.
11:15Et donc, c'est dans cet état, un autre chiffre, l'inflation sur le mois de mars officielle est de
11:2374%.
11:24Donc, c'est effectivement un état qui est au bord de faillite économique.
11:30Donc, ce temps qui va lui être enlevé peut contribuer à faire accélérer le processus dans lequel ils se sont
11:36engagés.
11:37Manéi Myrkane quand Trump dit qu'ils n'ont pas du tout envie de céder sur le nucléaire.
11:40Est-ce qu'au sein du régime, il y a différents courants ?
11:42Ou est-ce qu'ils sont tous vraiment arc-boutés sur « non, on garde ces 440 kg d'uranium
11:48enrichi » ?
11:48Ou il y a diverses voies ?
11:49Non, il y a différentes voies.
11:51Là, au niveau de l'ensemble, j'allais dire, du régime, pour l'instant, la voie dominante, on ne cède
11:58pas.
11:58En revanche, on sait que quand on fouille un peu, quand on regarde en détail,
12:03les durs, donc les gardiens de la révolution, ceux qui sont vraiment liés à ce camp-là,
12:07tiennent beaucoup au dossier nucléaire sur les deux sujets, les stocks et l'enrichissement,
12:14là où d'autres sont prêtes à faire un pas sur, par exemple, les stocks et pas l'enrichissement.
12:19Mais la dominance globale, c'est quand même que l'Iran veut garder la carte du nucléaire
12:24parce que depuis plusieurs jours, ils voient que sur le détroit d'Hormoz, ça commence à se fragiliser.
12:31Pourquoi ? C'est deux passages de navires de guerre américains, d'une part,
12:35et d'autre part, l'Arabie saoudite qui commence à détourner son pétrole
12:39et à augmenter ses exportations ailleurs.
12:42Et donc, ça commence à donner des signaux à l'Iran que peut-être sur la carte du détroit d
12:47'Hormoz,
12:47ils ne pourront pas avoir autant de pression sur la communauté internationale.
12:51Oui, peut-être sur la partie nucléaire.
12:53On avait beaucoup discuté du poids de la dissuasion entre guillemets économique et nucléaire.
12:58J'avais maintenu que pour moi, effectivement, la question de la dissuasion nucléaire
13:01était quelque chose quasiment d'intime et d'existentiel pour le régime.
13:05Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'au-delà de
13:07« est-ce que je donne mes barils d'uranium enrichis ? »
13:11« Est-ce que je stoppe, effectivement, ce que j'annonce de stopper l'enrichissement ? »
13:15L'Iran a démontré quelque chose de stratégiquement quand même grosse fracture.
13:19C'est sa capacité d'être maintenant, d'assumer une dissuasion implicite.
13:23Elle est capable, désormais, avec cette atteinte à 60%,
13:27d'être autrement qu'un État qui était en cours de prolifération.
13:31Et c'est effectivement sur ce point-là qu'il faut quand même dire
13:34qu'il y a un point pour l'Iran.
13:35Néanmoins, sur les négociations, il faut rappeler que
13:37ce n'était pas juste une négociation avec deux belligérants
13:41dans un contexte normal.
13:44Les deux devaient, effectivement, aussi être capables
13:47de poser sur la table, en revenant chez eux,
13:50des éléments qui pouvaient dire
13:51« Regardez, nous n'avons pas cédé. »
13:53J'ai l'intime conviction que céder sur les 440 kilos d'uranium,
13:56je vous le dis, ça ne changerait rien la capacité iranienne.
13:58Parce qu'ils sont capables d'enrichir.
14:00Mais le fait de dire qu'on cède 440 kilos d'uranium,
14:04ça enverrait à leur base une rupture.
14:06Vous, on a perdu.
14:07On a perdu face aux Américains.
14:08Et ça, il faut comprendre aussi que parfois des signalements
14:11ne sont pas la réalité d'une incapacité ou d'une possibilité.
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