00:00Thomas Vacheron, est-ce que vous avez l'impression que le gouvernement fait une bonne planification à 10, 20 ans
00:06ou est-ce que vous avez l'impression qu'il joue la montre ?
00:08En fait, le gouvernement, c'est rien pour le moment et des promesses, des promesses, des promesses.
00:15Et le problème, c'est qu'on commence à les connaître puisque M. Lecornu est élu depuis 2017.
00:18Donc il est comptable et responsable de cette situation.
00:21Mais moi, aujourd'hui, je ne vais pas faire le concours de la colère parce que les gens le sont
00:24vraiment.
00:24Et toutes celles et ceux qui nous regardent savent de quoi je parle.
00:27Aujourd'hui, il y avait trois mesures à prendre immédiates.
00:30La première, c'était non pas de mettre plus d'argent public, mais de bloquer le prix des carburants.
00:34Parce que qu'est-ce que c'est la situation ? C'est qu'il y a des profiteurs de
00:38guerre.
00:38Et regardez, ils peuvent se frotter les mains, les grandes compagnies pétrolières qui n'ont jamais été aussi riches.
00:43Et le prix, regardez, à la pompe du gasoil par exemple, puisque les gens en zone rurale notamment utilisent plutôt
00:49des véhicules diesel,
00:50plus de la moitié de l'augmentation est directement liée au profit des grands groupes qui ont fait des marges
00:55supplémentaires.
00:56C'est une boucle prix-profit.
00:58Et c'est exclusivement là-dessus que ça a augmenté.
01:00Première chose.
01:01Est-ce que vous auriez aimé que la France participe à cette envie de bloquer les super-profits des pétroliers
01:08?
01:08On sait que cinq pays sont notamment...
01:10Ce qu'il y a de sûr, c'est ce que le gouvernement a fait, rien du tout.
01:12C'est-à-dire par exemple l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie proposent de taxer les super-profits.
01:17Eux, rien du tout.
01:18Nous, on propose de bloquer les prix pour trois raisons.
01:20Un, pour les salariés, pour revenir à un prix à la pompe de 1,70, 1,50, on peut discuter,
01:25mais au moins ça parle concrètement aux gens.
01:27Deux, ça parle aux entreprises, parce que bloquer le prix des carburants, c'est aussi utile pour les entreprises.
01:32Trois, ça prend sur les super-profits et pas sur de l'argent supplémentaire.
01:35Mais le dernier point, et ce pourquoi je suis très en colère aujourd'hui, c'est qu'à la fois,
01:39le quotidien des gens n'est jamais solutionné, comme ce que je suis en train de dire.
01:43Les gens n'arrivent pas à vivre de leur travail.
01:44Et puisque le gouvernement ne sait pas quoi faire, qu'ils prennent par décret l'augmentation du SMIC, ça relance
01:49l'économie et ça permet aux gens de vivre leur travail.
01:51Et le dernier point que je voulais vous dire, pourquoi j'ai accepté l'invitation, c'est que hier, qu
01:55'est-ce qui s'est passé à l'Assemblée ?
01:56Les collègues de M. Vignal, et je n'incombe pas individuellement de M. Vignal, ont voté M. Gabriel Attal, soutenu
02:03par l'extrême droite.
02:04Une loi qui nous vole le 1er mai, hier, à l'Assemblée.
02:07Et nous, on appelle la population à signer la pétition, non au passage en force du 1er mai, où il
02:12y a plus de 20 000 personnes.
02:13Pourquoi je dis ça avec gravité ?
02:14Alors, pour pouvoir travailler le 1er mai.
02:17Alors, on entend effectivement, vous dites, vous nous avez volé le 1er mai.
02:20On entend aussi les travailleurs, par exemple, les boulangers, etc.
02:23Les salariés sont tous majoritairement contre.
02:24Et les boulangers, vous avez raison de m'interpeller là-dessus.
02:26Certains, effectivement, veulent travailler, veulent pouvoir travailler plus, notamment le 1er mai.
02:31Mais restons sur la question, effectivement, des prix à la pompe.
02:33Un dernier mot sur le 1er mai, mais juste une chose quand même, là-dessus.
02:36Ce qui est en train de se passer, les artisans qui nous regardent aussi, qui vous regardent, qui regardent M.
02:41Vignal,
02:41ils savent une chose, cette loi-là, elle favorise les grands groupes aux dépens du commerce indépendant de proximité,
02:48de nos centres-villes et de nos villages.
02:49Et tout le monde est en train de le voir.
02:51On a entendu, effectivement.
02:51Ça favorise Marie Blachère, 14 000 salariés, contre les collègues que vous avez toutes et tous,
02:56des artisans indépendants qui font tourner leur boutique.
02:58On va revenir sur les prix à la pompe, quand même, et on aura l'occasion de redébattre de ce
03:021er mai.
03:03Mais c'est un vrai débat, il a raison.
03:04Ce que je voudrais vous dire, madame, moi, je vais être clair.
03:06On va arrêter d'avoir un pouvoir vertical.
03:09Je viens de raccrocher avec le président national des infirmiers libéraux, le vice-président.
03:14Ils ont mis dans le département un véhicule électrique à disposition.
03:19Ça ne marchera pas, ce plan.
03:20Si on ne décentralise pas, si on ne donne pas aux préfets, aux maires, aux départements ou aux régions,
03:26cette possibilité.
03:27J'ai des exemples tous les jours.
03:29Vous êtes de main aide-soignante, vous avez la chance d'avoir une petite maison,
03:32vous investissez sur un panneau photovoltaïque individuel, pas de réseau, ça vous paie l'électricité.
03:39Vous savez notre problème à nous ?
03:40Ce plan de Lecornu est bon.
03:42Mais si ça part de Paris avec 12 CERFA, ça ne marchera pas.
03:47Le système est rouillé aujourd'hui, faisons confiance aux syndicats,
03:52que ce soit les pharmaciens, les aides-soignants, les médecins, ils savent faire.
03:56Et moi, c'est mon rêve cela.
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