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  • il y a 9 minutes
La présidence libanaise a annoncé hier la tenue mardi d'une rencontre avec Israël à Washington afin de discuter d'un cessez-le-feu dans la guerre qui ravage le pays depuis début mars, Israël refusant en revanche de discuter avec le Hezbollah. De son côté, le vice-président américain JD Vance est arrivé aujourd'hui le Pakistan, où doivent se tenir, dans un climat de méfiance mutuelle, des négociations entre les États-Unis et l'Iran.

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Transcription
00:00Justine Salvestroni, rebonjour.
00:02Vous êtes la correspondante de Ouest France et de la Libre Belgique à Bagdad, en Irak.
00:06Vous avez été exfiltrée d'Irak il y a de cela quelques jours.
00:10Vous êtes aujourd'hui ici en France sur le plateau de BFM TV.
00:14Vous pouvez nous raconter ce moment où on frappe à votre porte à Bagdad ?
00:18Ce qu'on vous dit à ce moment-là et votre état d'esprit.
00:21Alors mon état d'esprit, c'est que je pensais que j'allais être enlevée
00:23parce que c'était une exfiltration surprise.
00:26J'ai deux policiers et un militaire qui sont arrivés chez moi samedi à 21h.
00:30Et j'ouvre ma porte et ils me disent
00:32« Madame, vous êtes en danger, on vous emmène tout de suite à Erbil. »
00:36Alors je me suis dit « Ça y est, je me fais kidnapper. »
00:39Sachant qu'une journaliste américaine n'est être enlevée par une milice pro-Iran.
00:44Elle a depuis été, c'était cette semaine, délibérée.
00:46Oui, elle a été libérée.
00:48L'état d'esprit, c'est qu'effectivement, l'ambassade de France aussi était très inquiète.
00:52Et je commençais à réfléchir à comment sortir du pays parce que l'espace aérien était fermé.
00:57Donc il faut... Et Bagdad, c'est au centre de l'Irak.
01:00Donc il faut partir et c'est dangereux un peu de quitter Bagdad pour aller soit en Jordanie, soit en
01:05Turquie.
01:06Mais quand on frappe à votre porte, sur le moment, vous vous dites « C'est mon tour. »
01:10« Je vais être enlevé. »
01:12Si ça se trouve, ce qu'on me dit, là, de la part des interlocuteurs qui me font face, c
01:16'est faux.
01:17Il faut que je prenne mes précautions, que je prenne quelques infos.
01:21Donc vous ne vous rendez pas, si je puis dire tout de suite, vous attendez dégage.
01:26Et vous faites en sorte de vous assurer de l'identité.
01:30Bien sûr.
01:31Oui, alors pas moi-même parce que je pense que je n'en aurais pas la capacité.
01:33Mais je leur ai dit « Je vais y réfléchir. »
01:36J'ai souri, j'ai fermé la porte, j'ai verrouillé.
01:38J'ai immédiatement appelé l'ambassade.
01:40Ils ont fait venir quelqu'un très vite.
01:42Et en même temps, j'ai préparé mes affaires parce que j'ai compris que soit c'est un enlèvement,
01:45c'est mieux d'avoir des affaires, soit de toute façon, je vais partir.
01:48L'ambassade, vous dites « Ils ont fait venir quelqu'un très vite »
01:50parce que votre situation a été prise tout de suite.
01:53Immédiatement, oui, je pense 15 minutes peut-être.
01:56Mais je veux dire que les policiers irakiens n'étaient pas du tout agressifs.
02:01Donc je n'étais pas vraiment inquiète.
02:02Je me suis dit « C'est possible. »
02:04Parce qu'on ne sait jamais en Irak si c'est les services secrets.
02:07C'est plusieurs années que vous vivez en Irak.
02:08Oui, ça fait plusieurs années que j'y vis, bien sûr.
02:11Donc je n'ai pas vraiment paniqué.
02:13Mais je me suis dit « De toute façon, là, je vais partir. »
02:15Et ensuite, une fois que l'agent de l'ambassade de France, qui est irakien, est arrivé chez moi,
02:20il a pris le relais, il a discuté, il a appelé l'ambassadeur.
02:23Et moi, j'ai fait mes affaires.
02:25Donc décision est prise de vous exfiltrer en urgence.
02:29Et à partir de là, il y a plusieurs étapes.
02:30C'est-à-dire que vous ne quittez pas tout de suite le sol irakien.
02:33Vous allez d'abord à Erbil.
02:35C'est ça ?
02:36Une des équipes de BFMTV se trouvait encore il y a de cela quelques jours.
02:39Non, je vais d'abord à l'ambassade de France.
02:41D'abord à l'ambassade ?
02:42Parce qu'il voulait vraiment vérifier.
02:43Comme c'est très compliqué l'Irak, on ne sait jamais trop à qui on parle.
02:46Il voulait vérifier d'où venait…
02:49Parce qu'il n'avait pas été prévenu.
02:50Donc il voulait vérifier d'où ça venait, d'où venait l'ordre.
02:53Donc il m'a envoyé des gendarmes de l'ambassade qui sont venus me chercher avec mes affaires.
02:58J'ai passé la nuit à l'ambassade de France, le temps qu'ils fassent toutes les vérifications.
03:01Et seulement le lendemain, je suis partie avec trois voitures.
03:05Donc les forces spéciales irakiennes.
03:07Donc vous, vous êtes dans une voiture.
03:09Dans une voiture entourée.
03:09Vous faites partie d'un convoi.
03:10C'est un convoi très armé.
03:14Et ils nous ont sortis de Bagdad comme ça.
03:16Il y a un autre journaliste qui lui avait demandé à partir,
03:18qui a été mis dans le véhicule aussi, au milieu.
03:20Deux voitures des forces armées qui nous ont conduites hors de Bagdad.
03:24Et ensuite, on a changé d'escorte à chaque frontière de gouverneurat.
03:26C'est-à-dire que dès que vous changiez de région à l'intérieur de l'Irak, vous changiez de
03:30voiture ?
03:31C'est ça, oui.
03:31On avait une nouvelle escorte parce qu'on était sous la responsabilité de chaque province irakienne, de chaque gouverneurat.
03:36Mais vous n'étiez pas morte de peur ?
03:38Non.
03:39Durant ces longues heures de trajet, non ?
03:42Non, ils étaient vraiment… Les Irakiens étaient vraiment très très gentils.
03:46J'étais très triste de partir de Bagdad parce que j'y vis depuis des années et j'ai mes
03:49amis là-bas et toute ma vie.
03:51Et je commence un peu à pleurer quand je comprends que je ne vais peut-être jamais revenir.
03:55Et le chef du convoi, il m'a dit « Ah, mais pourquoi tu pleures ? À Bagdad, il n
03:58'y a que des problèmes. »
03:59Et donc tout le monde était très sympa.
04:01On s'est arrêté.
04:02Et pour faire le lien aujourd'hui, pardon, mais entre votre témoignage et ce qui se passe dans la capitale
04:06du Pakistan ce matin,
04:09vous portez quel regard, vous qui connaissez très bien le Moyen-Orient ?
04:12Parce que ça fait plusieurs années que vous vivez à Bagdad.
04:14Non, mais alors du point de vue de la population, je comprends que tout le monde est sur les nerfs,
04:19attend de voir ce qui va se passer parce que, par exemple, je parle juste pour l'Irak,
04:23mais il va y avoir des conséquences économiques énormes parce que pas de pétrole,
04:26ça veut dire pas de revenus pour l'État irakien.
04:29Tous les investissements étrangers qu'on a vus ces dernières années,
04:32parce qu'on a eu un peu le calme à Bagdad pendant 2-3 ans, vont disparaître.
04:35Donc les gens sont à la fois, continuent de vivre normalement,
04:38mais sont très nerveux d'un point de vue plutôt économique.
04:41Merci.
04:41Merci.
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