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  • il y a 3 minutes
Anne Coffinier, entrepreneuse sociale et experte en éducation, était invitée de l’émission 100% Politique week-end sur CNEWS ce vendredi 10 avril. «Beaucoup de jeunes portent des couteaux, de peur d’être eux-mêmes agressés au couteau», a-t-elle déploré. 

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Transcription
00:00scolaire avec des couteaux. C'est énorme. Et en fait, on se rend compte que beaucoup de jeunes portent un
00:05couteau parce que d'autres en portent et parce qu'ils se sentent en insécurité.
00:08Et donc, ça leur paraît un moyen d'essayer de rétablir un peu la balance, s'ils se font agresser,
00:12s'ils se font raqueter, s'ils se font harceler.
00:15Donc, c'est la montée globale de l'insécurité, du sentiment d'insécurité dans les établissements qui pousse les jeunes
00:20à s'armer.
00:22Ça, c'est quand même la cause numéro un qu'on doit chercher à régler, c'est cette insécurité généralisée.
00:27Et souvent, le fait qu'au niveau des surveillants, c'est insuffisant ou qu'eux-mêmes ne sont pas assez
00:31rassurants ou qu'ils n'ont pas assez d'autorité.
00:34Donc, ça, j'ai envie de revenir à cette cause-là.
00:36Ensuite, on a aujourd'hui un phénomène que tout le monde a du mal à expliquer, y compris les psychologues,
00:43y compris les psychanalystes, y compris les spécialistes de la jeunesse.
00:46C'est pourquoi il y a ce niveau-là de violence. Et c'est évidemment multifactoriel, il n'y a
00:53pas une explication.
00:54Mais il y a bien sûr une certaine forme d'effondrement des familles, qui est un secteur, un environnement moins
01:01sécurisant qu'avant.
01:02Il y a aussi une sorte de désillusion, de démoralisation collective.
01:06On n'a plus vraiment de but collectif, on n'a plus d'idéologie, on n'a plus de religion,
01:11en tout cas massivement.
01:12Donc, il y a une espèce de déshérence, il n'y a plus de finalité à l'existence.
01:15On a globalement un rapport assez désacralisé à la vie.
01:18Donc, sortir la vie, attenter la vie de quelqu'un, ça ne paraît plus aussi transgressif qu'à l'époque
01:25où les gens étaient pétris du décalogue.
01:26Et pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé depuis toutes ces années ?
01:30Et puis, à côté de ça, il y a aussi tout un rapport différent à la violence en raison de
01:35cette banalisation dans le domaine virtuel.
01:38Donc, on peut toujours dire, mais ce n'est pas la faute des films, ce n'est pas nouveau qu
01:41'il y a des films violents.
01:42Ce n'est pas la faute des jeux vidéo, ce n'est pas la faute de réalité augmentée, ce n
01:45'est pas la faute des jeux sociaux, des réseaux sociaux.
01:47Peut-être, mais quand on voit que les jeunes passent des heures complètes dans un monde où ils peuvent être
01:53tout à fait addicts, si on peut dire en mauvais français en tout cas,
01:58tout à fait habitués et même avoir une espèce de besoin de consommer, pour certains de la pornographie, mais pour
02:05d'autres, de la violence pure, de la violence gratuite.
02:09Parce qu'il y a le jeu vidéo qu'on connaît avec un but quelconque de guerre, il faut attraper
02:15tel prisonnier, le mettre à tel endroit, etc.
02:17C'est une chose, mais il y a aussi tous ces jeux de réalité augmentée avec des casques où il
02:22n'y a plus du tout d'histoire.
02:23Vous créez une espèce de personnage et ensuite vous le lacérez, vous l'éviscérez, vous le bêtez, vous rigolez avec
02:29vos copains et vous le massacrez littéralement.
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