00:00C'est un gourou, parce que lui, il savait comment nous manipuler pendant des années.
00:08Abbas les patrons escrocs ! Abbas les patrons escrocs ! Abbas les patrons manipulateurs ! Abbas les patrons escroateurs !
00:19Une grève est en cours aux 65 boulevards de Strasbourg.
00:23Elles sont 9 coiffeuses ou esthéticiennes et 4 barbiers à occuper depuis le 3 mars l'institut Sabadou et Jade,
00:30situé dans le 10e arrondissement de Paris.
00:32Elles dénoncent des conditions de travail indignes et de l'exploitation.
00:36Le patron aurait réclamé aux 9 salariés en situation irrégulière 250 euros par mois en échange de fiches de paie
00:42et aurait cessé de les payer depuis plusieurs mois.
00:45Je suis en colère parce qu'il a vraiment profité de nous, qu'il nous a manipulés depuis des années,
00:52des années, donc bientôt 5 ans que nous sommes avec lui.
00:55Un jour, Lussaf est arrivé et nous a fait comprendre que rien n'a été versé, donc voilà.
01:00Donc on s'est senti vraiment trahi, donc ça veut dire que tout cet argent qu'il prenait, on ne
01:05sait pas où, on ne sait pas ce qu'il faisait avec cet argent.
01:08Les pancartes que vous voyez là, c'est ce que nous on ressent.
01:14On le traite comme un patron qui a plein de qualités, justement, vous voyez.
01:18Il est malhonnête, il est irresponsable, il est manipulateur, c'est un exploiteur, c'est un escodon voleur.
01:27Donc ça résume vraiment la personne qu'il est.
01:31Depuis que nous sommes en grève, on dort ici, donc on vit ici, on fait tout ici, donc on dort
01:36ici.
01:37Donc, en journée, comme vous voyez, nous sommes là, comme ça, habillés avec les gilets de la CGT.
01:47Et on s'assoit avec les camarades, on papote, comme ça là.
01:53C'est en direct, s'il te plaît !
01:57Là, c'est le poste de travail des garçons, donc les coiffeurs hommes.
02:02On n'a pas de salle pour s'asseoir et manger, ce qui n'a jamais existé.
02:09On ne se reposait pas.
02:10On n'avait pas de vacances, pas de vacances payées.
02:13On travaillait comme des forces, mais on n'avait pas de vie.
02:16Six jours, six, sept heures, on travaillait.
02:20Je suis là, qui m'appelle ?
02:22Hé, la fouda ! La fouda, ma fouda !
02:25Hé, hé, hé, hé !
02:26J'ai dit non !
02:27Alors !
02:28J'ai dit non, j'ai dit non !
02:30Abonnez pas trois escrocs !
02:32Abonnez pas !
02:33Abonnez pas trois escrocs !
02:35Il y a quatre qui sont régularisées et neuf qui n'ont pas les papiers.
02:40Il a profité parce que nous, on se disait qu'en payant, on va vite avoir les papiers, tout et
02:46tout.
02:46Le fait de dire non, je vais te déclarer, je vais te donner, je prends les charges, je prends l
02:53'argent.
02:53Puis chaque mois, et puis bon, après, vous avez les papiers.
02:55Nous, tous, on était contents.
02:57En passant, on s'est dit quoi, on est tranquille, on est sécurisé, tout et tout, on va avoir nos
03:01papiers.
03:02Et puis, on ne connaissait pas aussi nos droits.
03:04Et ici aussi, il y avait les produits, les odeurs.
03:06Il y avait les esthéticiennes, celles qui font les ongles, tout et tout.
03:10Et les coiffeuses en même temps.
03:13Vous imaginez les odeurs des produits, tout et tout.
03:16Souvent, ça nous fatiguait.
03:17On espère avoir gain de cause.
03:21On veut que nos droits même soient en global, nos droits soient revendiqués.
03:27Et on veut la régularisation aussi de nos collègues aussi, qui n'ont pas les papiers.
03:36Et vraiment, c'est ce qu'on veut, c'est ce qu'on demande.
03:39Le patron, Christian Sibidé, nie les accusations et a déclaré à l'AFP, tout est faux.
03:44J'ai voulu aider ces femmes et maintenant, cela se retourne contre moi.
03:47Les salariés sont soutenus dans leur démarche par la CGT, qui a lancé une case de grève en ligne et
03:52sur place.
03:52Les qualifications juridiques, il y en a peut-être plusieurs de ce point de vue.
03:58Nous, ce qu'on aimerait retenir, effectivement, c'est un cas de traite des êtres humains.
04:02Des précédents, il y en a eu, y compris sur des salons, sur un salon en particulier,
04:06qui était sur ce même boulevard de Strasbourg en 2012.
04:09Dernièrement, on a traité un cas en Champagne de traite de vent dangereur.
04:13Il y a eu sur les Jeux Olympiques également des cas similaires de traite,
04:18avec un procès qui s'est tenu à Bobigny au mois de février, dont on attend le rendu.
04:22Donc malheureusement, en France, en 2026, on constate qu'il y a beaucoup de dossiers
04:28qui peuvent faire retenir ce qualificatif de traite d'êtres humains autour d'entreprises
04:33qui ne respectent aucune règle, que ce soit le droit du travail, mais au-delà.
04:38La CGT a organisé un rassemblement devant le salon le 9 avril pour soutenir les grévistes
04:43et plus largement dénoncer les conditions des travailleurs sans papier en France.
04:51Bravo les camarades, bravo aux 13 ministres !
04:56Nous sommes là, ici, pour exiger que les centaines de milliers de travailleurs
05:01et de travailleuses sans papier soient régularisés immédiatement.
05:05Aujourd'hui, cette politique répressive, elle fabrique des sans-papiers,
05:09elle fabrique de la précarité, elle fabrique de la misère.
05:13Elle doit cesser !
05:19On continue jusqu'à la victoire pour vous et pour tous les autres !
05:30Des échanges sont en cours avec la préfecture.
05:33L'inspection du travail, la police et l'URSSAF ont ouvert une enquête pour travail dissimulé.
05:38Les grévistes promettent d'occuper le salon le temps qu'il faudra.
05:42Tout le Pérou !
05:43Tout le Pérou !
05:48Tout le Pérou !
05:49Tout le Pérou !
05:53Tout le Pérou !
05:58Tout le Pérou !
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