Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
Les chroniqueurs du Cercle débattent autour d'un film sortant en salles ou en diffusion sur CANAL+
https://www.canalplus.com/cinema/
Facebook : https://www.facebook.com/canalpluscinema/
Twitter : https://twitter.com/Canalplus
Instagram : https://www.instagram.com/canalplus/

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Un coup de foudre, un couple trop mimi, un mariage en vue jusqu'à ce qu'un secret soit révélé
00:06et que tout vole en éclat.
00:08Une comédie noire et imprévisible portée par Zendaya et Robert Pattinson.
00:13Quand un réalisateur nordique s'attaque au mariage, on se doute que ça ne va pas finir en pièces montées.
00:19Borgli a d'ailleurs montré Mélancolia de Lars von Trier à ses acteurs avant le tournage.
00:24Alors c'est quoi, The Drama, une rome comme tordu, un thriller ? Qu'est-ce que c'est Périne
00:28?
00:28Un peu tout ça, mais je vais me concentrer sur la rome comme tordu, ou bien plutôt comment Christopher Borgli
00:33l'a tort, cette rome comme.
00:35Ça, ça te ressemble.
00:37Mais en fait, on a pourtant tous les éléments de la comédie romantique.
00:40Déjà, on a le couple idéal, c'est-à-dire le nouveau Hugh Grant, la nouvelle Julia Roberts, Robert Pattinson
00:44et Zendaya.
00:45On a toutes les scènes clés, le fameux meet cute, cette petite rencontre adorable entre les deux personnages, tous les
00:51moments de complicité.
00:52Mais il y a quelque chose de pourri au royaume de Borgli, puisque à chaque fois, chacune de ces scènes,
00:58elle va avoir quelque chose de gênant.
01:00Elle va avoir quelque chose où ça craque aux entournures, c'est pas très très bon.
01:04Et en fait, je vais vous le montrer notamment avec une scène, la scène du premier baiser.
01:07Je pense que vous avez déjà entendu parler des red flags, vous avez dans les relations, attention aux red flags.
01:11Là, c'est carrément l'alerte rouge.
01:46Ils sont mignons tout pleins, mais ça clignote rouge quand même.
01:49Donc en fait, avec The Drama et la fameuse révélation qu'il y a au cœur de The Drama, la
01:53révélation du personnage de Zendaya,
01:55en fait, ce que fait Borgli, c'est qu'il nous raconte que l'inconditionnalité de l'amour qui est
01:59nécessaire à la comédie romantique,
02:01elle n'est plus possible.
02:03En fait, à notre époque, elle vient s'échouer sur les raccourcis moraux, sur nos réflexes égocentrés
02:08et sur peut-être la perte de terrain de l'empathie.
02:10Empathie qui est d'ailleurs, je pense paradoxalement, le mot le plus prononcé dans ce film.
02:14Donc moi, c'est pour ça que j'ai beaucoup aimé.
02:16Sur les réseaux.
02:16Oui, aussi sur les réseaux.
02:18Empathie, mais quand ça nous arrange finalement ?
02:20On se souvient, Philippe, de Seek of Myself, qui avait créé un événement un peu à Cannes, Dream Scenario.
02:26Il aime et il prolonge ce plaisir pour le malaise intime, le pousser dans ses retranchements.
02:32Oui, mais là, je trouve qu'il le fait pour le faire et que c'est très artificiel.
02:37Pour une raison simple, c'est que sans spoiler du tout, on confond l'intention et l'action.
02:43Et moi, quand j'étais petit, qu'on me disait dans la religion, si tu penses à quelque chose, c
02:49'est comme si tu le faisais.
02:50Ben non, ce n'est pas du tout la même chose.
02:53Et donc, c'est la question du fantasme.
02:55Oui, mais c'est tout le sujet du film, en fait, puisque l'idée, c'est que justement, notre époque,
02:59on reproche aux gens, finalement, ce qu'ils ont eu, l'intention.
03:02En fait, c'est comme l'absence du droit à l'oubli, l'absence de tout.
03:04En fait, finalement, même ce qui n'a pas été fait ou ce qui avait peut-être failli arriver est
03:08déjà tenu à notre... comme un casier judiciaire, en fait.
03:11C'est quand même une question de publicité.
03:12Je pense que tu as des choses à te reprocher, Philippe.
03:14C'est pour ça que ce film te touche en plein cœur.
03:16C'est la question du film, c'est... On nous dit, dès la bande-annonce et tout ça, que c
03:20'est Zendaya qui a quelque chose, une mauvaise action, une mauvaise pensée, peu importe.
03:26Mais fondamentalement, moi, avec la scène que tu as choisie, Perrine, c'est lui qui fait l'action, c'est
03:30lui qui clignote en rouge, techniquement.
03:32C'est pas elle.
03:32Mais c'est tout autour d'elle que ça clignote en rouge, c'est pas elle.
03:35C'est tout autour d'elle. Moi, je voudrais qu'on souligne juste la performance d'Alana Aime qu'on
03:37avait découvert vraiment dans Lycoris Pizza, et qui, pour moi, c'est la clé d'analyse du film.
03:44C'est-à-dire que, instinctivement, moi, j'ai envie d'avoir sa réaction très épidermique, d'être un peu
03:50une forme de morale.
03:51Genre, vraiment, elle est là pour être un curseur. Et finalement, plus le film avance, plus il y a les
03:56tensions qui se créent.
03:57Pour moi, c'est vraiment un film du cringe, littéralement, de la tension nerveuse et de l'ambiguïté morale.
04:02Ici, comme référence, Albert Brooks et Bergman, on pense aussi beaucoup à Auslund.
04:09Oui, on pense à Auslund, mais on pense à Auslund, on va dire, dans les intentions.
04:13Moi, je suis un peu d'accord avec Philippe. C'est-à-dire qu'à partir du moment où on
04:17pose une situation, c'est un cinéaste de situation.
04:21Il pose des situations. D'ailleurs, il y a un aveu qui est fait dans le film et qui va
04:25poser une nouvelle situation.
04:27À ce moment-là, on va étudier le malaise que ça crée.
04:29Le problème, c'est que j'ai l'impression que rien n'est jamais à conséquence dans le film.
04:32Rien n'est jamais à conséquence.
04:34J'ai l'impression, en fait, que c'est simplement une sorte de suite de petites situations qui s'enchaînent
04:39les unes après les autres pour faire votre ville, pour faire votre ville, avec quelques questionnements.
04:44Mais à la fin, moi, je n'ai pas de grands questionnements qui s'imposent. J'ai vraiment eu l
04:47'impression que tout était lissé dans le film.
04:49C'est-à-dire que ce questionnement moral, il est passé par un prisme extrêmement lisse de toutes les situations
04:56que ça crée.
04:56Moi, vraiment, j'avais l'impression de voir du Oslood un peu écrit à l'intelligence artificielle.
05:01Et Dulcoré, pour Péril, c'est un red flag, ce que tu viens de dire.
05:04Je vais te laisser répondre à Fred avant que tu le...
05:07Je ne tremble pas pour les acteurs. Je ne tremble pas pour ce qui leur arrive.
05:10Non, pas du tout.
05:10Toutes ces grandes scènes de mariage, de discours, c'est tendu.
05:14Mais c'est terrible. Vraiment, pour le coup, la scène de mariage, je la trouve...
05:17Tu révolues plus ? Qu'est-ce que c'est ?
05:18Je la trouve complètement ratée.
05:20Je la trouve complètement ratée, cette scène.
05:23Le gars, il compare Mélancolia. Pourquoi pas Feston ?
05:26Je ne tremble pas.
05:27Mais ça ne va pas.
05:28Je veux dire, si on compare avec d'autres grandes scènes de mariage, elle paraît complètement artificielle.
05:33Mais non, parce qu'en fait, on ne peut pas se concentrer seulement sur la scène de mariage.
05:35Pour moi, c'est l'ensemble du film, en fait, et qui, je trouve, est très, très juste sur ce
05:38qui, encore une fois, il nous dit...
05:40En fait, il n'y a pas d'histoire de conséquences.
05:41C'est plutôt comment, justement, on crée du drama autour de...
05:46Mais je n'arrive pas à se rendre pour les amoureux.
05:48Mais ça ne crée pas du bon cinéma.
05:49On va revenir là-dessus.
05:50Mais ce n'est pas le drame, c'est The Drama.
05:52Oui, c'est The Drama, mais c'est aussi le drama, comme on dit.
05:55Oh là là, tu fais du drama.
05:57Tout devient excessif.
05:58Et ça raconte très bien cette manière, notamment qu'ont les réseaux sociaux, de rendre tout...
06:02En fait, c'est comme une application in situ, en vrai, de ce qui pourrait se passer sur des réseaux
06:07sociaux.
06:08D'une information que, d'un seul coup, on va amplifier parce qu'on vient triturer de notre morale
06:13et qu'on est mal à l'aise parce qu'on ne correspond plus au regard des autres.
06:15Mais vous qui aimez le film, est-ce que vous en défendez la mise en scène ?
06:18Oui, complètement.
06:19Franchement, est-ce que vous ne trouvez pas ça quand même très plat ?
06:21C'est un peu chichiteux dans la manière dont c'est filmé.
06:24C'est un mauvais choix de cette intervention.
06:25Philippe, la mauvaise...
06:26Moi, c'est l'écriture que je critique un peu dans le film.
06:29Toi, tu parles de la mise en scène.
06:31En tout cas, je ne sais pas s'il y a une vraie interaction entre la mise en scène et
06:34l'écriture dans le film.
06:35Vraiment, je me suis demandé...
06:36Parfois, il y a des problèmes de coupe où je me dis que ce n'est pas la bonne durée,
06:40ce n'est pas le bon moment.
06:41J'ai envie que ça dure.
06:42J'ai envie que le malaise se creuse.
06:43Et le malaise, il ne se creuse pas vraiment parce qu'on est déjà dans une situation nouvelle.
06:47Et est-ce que pour finir, on peut parler quand même de Zendaya et Pattinson ?
06:50Ils ont trois films ensemble cette année.
06:52Il y a Dune, Troie, il y a l'Odyssée de Nolan.
06:55Est-ce que l'alchimie fonctionne ?
06:56Est-ce qu'on croit à ce couple-là ?
06:57Moi, c'est ce que j'adore.
06:59C'est d'avoir choisi littéralement l'incarnation du glamour.
07:02Et surtout, c'est des acteurs qu'on voit depuis très longtemps.
07:04On les a vus jeunes, on les a vus évolués.
07:07Pour moi, ils représentent surtout Zendaya, la Disney Channel période de la pureté absolue.
07:12Et finalement, ils questionnent beaucoup aussi ce que nous, spectateurs, on va projeter sur...
07:16En fait, pour moi, tout ce qui est important dans le film, c'est le lien empathique.
07:19Que nous, on va avoir les personnages entre eux.
07:21Et je trouve que d'avoir choisi Robert Pattinson, qui tente de casser son image, que là, on remet un
07:25peu...
07:25Il ne tente pas que de casser son image, il se fait casser la fille.
07:27Enfin, je veux dire, c'est vraiment un film qui passe son temps à lui casser la tête à ce
07:30garçon.
07:30Je trouve que, justement...
07:31À la manière des films d'Ostoon, pour le coup, on pense à Klaus Bang dans The Square,
07:34quand on voit le personnage, je veux dire, cette masculinité...
07:37Je trouve Bang les moins moralisateurs que ses coproduits.
07:39Il y aura aussi montré des films d'un de queue, ça, on ne le dit pas sur le volatot
07:43comme par hasard, mais...
07:44C'est produit par Ari Aster, laissé par les Sophie.
07:50C'est tout dire, c'est produit par Ari Aster.
07:51Alors, là, c'est m'insulter, personnellement.
07:53Non, moi, j'adore...
07:54Red flag, red flag, Philippe.
07:55Red flag, Philippe.
07:56Non, mais ce qui est fou, c'est que moi, ça me rappelle le premier court-métrage d'Ari Aster,
08:00qui s'appelle The Strange Thing About The Johnson,
08:02qui est sans doute le film de malaise avec un point de départ très fort.
08:06Je n'en révélerai rien ici, parce que c'est vraiment trop scabreux.
08:08Mais, par contre, ça me rappelle ces situations et ces évolutions
08:13qui sont obligatoires de manière sociétale.
08:15C'est-à-dire que, là, dans The Strange Thing About The Johnson,
08:17c'est une famille qui doit s'aimer.
08:19Et là, pourquoi le mariage est intéressant ?
08:21C'est parce que c'est le point final de l'amour.
08:22C'est comme ça que la société le voit.
08:23C'est-à-dire que tout l'organisationnel, c'est pour dire à quel point il s'aime.
08:26Et, finalement, moi, ce que j'adore dans le film,
08:28c'est que la scène finale me dit, à votre avis, il s'aime encore ou pas.
08:31Genre, vraiment, moi, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu un film.
08:34Je ne sais pas si c'est positif ou négatif.
08:36Vendez plus personne de part.
08:39The Drama, une comédie acide, stressante et étonnante,
08:43signée Borgli.
08:44Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations

CANAL+
il y a 1 jour