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  • il y a 3 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Deuxième film de Myriam Bedem-Barek, vous aviez fait un premier film il y a sept ans qui s'appelait
00:04Sophia.
00:05Et là, on parle d'un film qu'on résume comme étant un thriller amoureux.
00:09Alors c'est une étiquette un peu réductrice à mon goût parce qu'il est question de désir, de lutte
00:13des classes, d'amour.
00:15Est-ce que c'est cette complexité justement qui vous a séduit, vous Carole, quand vous avez lu ce scénario
00:20?
00:22J'enlèverais thriller amoureux.
00:24C'est ce qui avait marqué sur l'abandonnance.
00:27Ah bon ? Oui.
00:30Il faut que je mette mes lunettes, je n'ai pas mis mes lunettes.
00:33Mettez vos lunettes.
00:34C'est-à-dire que ce que vous me montez depuis tout à l'heure, manifestement, il y a des
00:38trucs qui m'échappent, je n'ai pas mis mes lunettes, je ne vois rien.
00:41Myriam, comme je le disais, c'est votre deuxième film, il y a eu sept ans d'écart quand même
00:44entre les deux.
00:46Pourquoi est-ce que vous avez attendu aussi longtemps et est-ce que justement la complexité de cette histoire peut
00:51expliquer la raison de ce temps long ?
00:54Je pense qu'effectivement ce film, il est peut-être un peu plus complexe à faire accepter sur des sujets
01:01aussi tabous encore dans la société française,
01:04comme les questions qui sont liées à l'héritage colonial en fait.
01:11Et c'est ce que raconte le film.
01:13Le film raconte de quelle manière est-ce que l'amour est profondément politique et comment quelque part est-ce
01:18que la grande histoire,
01:19qui est en l'occurrence dans le film l'histoire coloniale, laisse des empreintes insidieuses dans les relations intimes.
01:26Bon là dans le film c'est une histoire d'amour, il s'agit d'une histoire d'amour.
01:29Et voilà, et comment on se dépatouille de tout ça.
01:32C'est un film au final qui est extrêmement personnel puisqu'il est issu, on va dire que c'est
01:36un peu le composite de toutes mes histoires d'amour.
01:38Donc j'ai essayé d'en faire un film.
01:40Moi j'ai pensé en voyant le film, je ne sais pas si vous avez me donné raison ou pas,
01:44au théorème de Pasolini.
01:45Cette façon qu'il y a cette question du désir, ce désir politique, ce garçon qui rentre dans cette maison
01:52et en même temps qui va être le sujet du désir de tous ses personnages, mais en même temps vous
01:56inversez les choses.
01:57Parce que dans théorème on se moquait de la bourgeoisie italienne, là il y a quelque chose de beaucoup plus
02:01politique.
02:01Est-ce que c'est une inspiration ce théorème de Pasolini ?
02:04Maintenant que vous me le dites, à posteriori je...
02:08Et que c'est un compliment, on prend le...
02:10Bah oui, c'est un immense compliment, c'est un immense...
02:13Mais oui, bien sûr sur la question...
02:14Le désir est politique en fait.
02:16Mais complètement, le désir est politique, de toute façon je ne pense pas qu'on puisse désirer ou aimer.
02:21Je veux dire même...
02:22D'ailleurs le film le montre, dans les scènes d'intimité notamment en fait.
02:26Les scènes d'intimité, celles qui sont filmées avec Selma, celles qui sont avec Marie, racontent précisément ce que raconte
02:32Pasolini.
02:33C'est-à-dire que le désir, la sexualité a quelque chose de social et structurel.
02:37Ça se fonde sur notre éducation, sur nos croyances, sur nos propres expériences.
02:45Et c'est pour ça d'ailleurs qu'elles sont filmées de manière totalement différente dans le film.
02:48Oui, pour moi c'est structurel, on hérite de ces choses-là et le film raconte un peu tout ça.
02:54Carole, votre personnage est tout à fait succulent, c'est une espèce de grande bourgeoise que vous jouez avec une
03:00certaine gourmandise.
03:01Je l'imagine abonné aux nouvelles Hobbes, elle est là à Tanger avec son mari joué par Olivier Rabourdin.
03:08Elle survole un peu tout ça et puis à un moment elle se trouve confrontée au réel avec l'histoire
03:13de sa fille.
03:14J'imagine que c'était assez passionnant à jouer, non ?
03:17C'était assez amusant surtout, enfin passionnant, parce que Sarah a quelque chose d'extraordinaire qu'elle a aussi, du
03:28coup quand elle joue, elle est hors du temps.
03:32Donc ça lui sert, elle s'en sert, elle joue avec.
03:35Et ça marche très bien avec le personnage.
03:36Ça marche extraordinairement bien mais ça marche avec tous les personnages qu'elle fait parce qu'elle s'en sert
03:40plus ou moins, mais elle s'en sert systématiquement et dans la vie elle s'en sert aussi.
03:44D'ailleurs, Myriam, vous dites de Carole qu'elle est à la fois éclairée et élégante tout en laissant transparaître
03:50une pointe de fantaisie.
03:52Carole, vous vous reconnaissez dans cette définition entre chic et faculté à agir comme ça en dehors des règles et
03:58des contraintes ?
03:59Bien évidemment.
04:02Mais Carole, vous qui avez joué des grandes amoureuses, je pense à Lucie Aubrac, à Phèdre, c'est pas à
04:07vous que j'apprends que l'amour est toujours mu par des forces souterraines qui nous dépassent considérablement ?
04:13Qui malheureusement me dépasse considérablement ?
04:16Mais on l'entend là, Carole, vous avez une puissance comique assez inégalée.
04:22Vous êtes une déconneuse en fait, on va le dire.
04:24Moi je me souviens de vous dans Grosse Fatigue évidemment, des répliques cultes, dans Protéger et Servir aussi, je me
04:30souviens de vous.
04:31On vous a vu également dans Sex and the City, il faut le dire.
04:34On en avait fait très peu en fait des vraies comédies.
04:36Et pourtant, vous adorez, vous marrez.
04:38J'adore ça, mais pour ça, il faut qu'on me le demande et avec la bobine que j'avais,
04:45on n'osait pas trop.
04:46Alors le premier qui a osé, c'est Michel Blanc, mais parce qu'il me connaissait dans la vie, il
04:51m'a demandé, il m'a demandé, voilà, le premier vrai film où je faisais rire, c'était ça.
04:59C'est Grosse Fatigue.
05:01Et donc là, si on vous propose aujourd'hui des comédies, vous y allez ?
05:04Ah mais tout de suite !
05:05Tout de suite, tout de suite, tout de suite, tout de suite, j'adore ça, je vénère, mais vraiment les
05:11gens qui me font rire.
05:12Pour moi, c'est les gens les plus précieux.
05:15Qui vous fait rire aujourd'hui, par exemple au cinéma ?
05:18Au cinéma ou dans la vie, par exemple.
05:20Ou dans la vie, si vous voulez.
05:21Ou dans la vie, enfin dans la vie, mais en truc, c'est une actrice, Muriel Robin par exemple.
05:26Et là, dans quelques jours, d'où ma coupe de cheveux que personne n'a l'air de remarquer.
05:31Non, c'est la première chose qu'on s'est dit, on s'est dit, mais...
05:34On s'est dit, elle a des cheveux incroyables.
05:36Les cheveux sont incroyables.
05:37Ah bah oui, quand même, parce que ça m'a pris du temps quand même aujourd'hui.
05:40Mais c'est pas pour vous, c'est pour un film que je vais faire et je ne fais qu
05:44'une participation, mais je n'ai pas pu me l'empêcher parce que c'est Alison Wheeler.
05:47Et là, je la trouve extraordinaire.
05:52Donc j'y vais juste pour être avec elle quelques heures et regarder ce qu'elle fait.
05:57Il n'y a rien de mieux pour moi qui me fasse plus de bien que de rire.
06:02C'est le seul moment où je suis heureuse.
06:04C'est au moment où on me fait rire.
06:06Et par exemple, ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, par exemple, cette chose-là, par exemple, que j'ai
06:14connue il y a très longtemps, m'enchantait.
06:19Malheureusement, cette chose-là, je ne la vois très peu maintenant.
06:21Mettez vos lunettes, Carol.
06:22Malheureusement, cette chose-là, c'est une chose-là.
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