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  • il y a 5 heures
Un entretien avec Serena Giuliano, autrice franco-italienne.

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00:00Puis d'improviso venivo dal vento rapito
00:30qui parle d'Italie parce que mon pays me manque.
00:32C'est une façon aussi de le retrouver, d'y emmener mes lecteurs avec moi
00:37et puis d'y partir chercher l'inspiration.
00:42Justement vous écrivez en français, c'est un choix, pourquoi ?
00:46Ce n'est pas réfléchi, c'est assez naturel.
00:50Mes histoires sont destinées à un public français donc j'écris en français.
00:55J'écris en italien dans mes carnets personnels.
00:57J'ai l'impression que la langue maternelle, elle est là pour les pensées très intimes.
01:02Et pour la fiction, je choisis le français.
01:05Ça me permet d'avoir une certaine distance aussi avec mes personnages,
01:09avec l'histoire, ça se fait naturellement.
01:10On peut quand même retrouver quelques mots d'italien.
01:13Là je pense au personnage de Manuela.
01:15Oui, elle est italienne, sicilienne pour être précise.
01:18Donc oui, elle apporte quelques mots d'italien, quelques touches siciliennes.
01:24Elle a du mal à prononcer le U parce qu'en italien on prononce OU.
01:29Et donc oui, dans tous mes romans, on retrouve des phrases, des dictons,
01:33des petits mots d'italien un petit peu parsemés partout.
01:37Ça me permet de vraiment plonger le lecteur dans l'ambiance.
01:40Et on retrouve aussi et surtout des régions, des villes d'Italie.
01:44Complètement.
01:45Que vous faites visiter à vos lecteurs.
01:46Dans ce dernier, c'est la Sicile, Cefalu et aussi Stromboli, l'île volcanique.
01:53Mais mes romans se passent un peu partout en Italie.
01:55Alors les premiers, ça a été beaucoup la région de Naples puisque c'est ma région natale.
01:58Mais j'ai aussi exploré le lac de Combe avec Felicita, les Pouilles avec Villa Gloria.
02:06Donc il y a tellement de belles choses à voir et à découvrir en Italie.
02:11Toutes les régions sont très différentes avec des cultures, une gastronomie, des paysages différents.
02:15que j'ai de quoi faire pendant un petit bout de temps.
02:18Vous explorez aussi les mécanismes de pensée.
02:23Je pense à votre premier roman qui était sur l'anxiété et les phobies.
02:26Ce dernier roman sur la dépression.
02:29Là aussi, il y a tout un univers à explorer.
02:32La santé mentale me tient particulièrement à cœur.
02:35Je trouve que c'est un sujet dont on ne parle jamais assez.
02:37Il y a encore tellement de tabous autour de ça, autour de la dépression justement.
02:43Ceux qui traversent cette maladie ont souvent honte, se sentent souvent isolés, incompris.
02:49Et donc ce que j'avais envie de faire moi avec ce roman, c'était justement de faire en sorte
02:55que
02:56déjà ceux qui le vivent se sentent moins seuls.
02:58Que l'entourage vienne aussi peut-être chercher des idées, des solutions sur comment aider quelqu'un qui est dépressif.
03:09Et puis au-delà de ça, je pense que c'est quelque chose qui peut tous nous toucher, peut-être
03:14un moment ou un autre de notre vie.
03:16Donc voilà.
03:17Mais vraiment, l'idée de départ, c'était d'en parler pour qu'on ait moins honte.
03:23On va parler un peu plus de Volare, justement.
03:26Votre huitième roman dans lequel on suit Ambre, une CPE en dépression qui va de Metz à la Sicile à
03:32travers ce qu'on peut appeler une guérison.
03:34Qu'est-ce qui vous unit, Ambre et vous ? Quelle ressemblance il y a entre vous deux ?
03:38Ambre, qu'est-ce qu'on a en commun ? Les signes.
03:41Je suis comme elle, j'en appelle aux signes.
03:44Je suis très attentive aux petites choses, aux signes.
03:48On a un papillon en commun puisque Ambre adopte un papillon blessé.
03:54Et ça a été mon cas l'été dernier, au début de l'écriture de ce roman.
03:57Et ça a été une amitié tellement inattendue et bouleversante que j'avais très envie que ça existe pour toujours
04:03quelque part.
04:04Et donc j'ai offert Sylvain, mon papillon à Ambre.
04:08Quel signe vous avez reçu de l'univers avant de vous lancer dans ce roman ?
04:12J'en ai eu plein.
04:14Souvent, quand j'ai un début d'histoire, je me demande si je suis sur la bonne voie, si c
04:21'est vraiment ce sujet-là que je dois traiter, si je ne me trompe pas, etc.
04:27Et donc j'ai demandé tout un tas de signes.
04:29Et à chaque fois, je reçois des réponses.
04:30Donc le papillon est revenu énormément pendant toute l'écriture, de façon parfois complètement inattendue.
04:40Et c'est ce qui m'a fait tenir, même en arrivée jusqu'au titre, puisque je n'avais pas
04:46de titre, même après avoir terminé d'écrire, je cherchais toujours un titre.
04:49Et lorsque j'ai choisi Volal, je me suis dit ok, si c'est ça, c'est maintenant, il faut
04:53envoyer des signes.
04:54Et là, j'ai eu tout un tas de papillons qui sont arrivés sur mon chemin et j'étais persuadée
04:59que j'avais fait le bon choix.
05:01Justement, on peut en parler, ce titre, c'est aussi le point d'orgue dans le roman, la fin de
05:05son aventure spirituelle.
05:08Pourquoi ce moment ? Pourquoi cette chanson ?
05:11Alors, tous mes titres sont des chansons italiennes.
05:17Un coup de soleil française, mais ça reste une chanson.
05:20Et j'avais envie de continuer dans cette lignée-là parce que je suis aussi assez superstitieuse quand quelque chose
05:26fonctionne.
05:27Depuis le début, j'essaie de continuer à avoir certains rituels et le titre en faisait partie.
05:33Donc, j'ai commencé à chercher des chansons italiennes connues en France.
05:39Et dans la liste de ce qu'on m'a donné, Volal était en toute première place et je n
05:43'y avais pas du tout pensé.
05:44Et lorsque j'ai vu le titre, je me suis dit, évidemment, ça fait tellement écho à l'histoire, aux
05:49papillons et puis aussi à la métaphore de la dépression.
05:53Voilà, s'envoler vers une guérison, vers des jours plus lumineux, ça faisait sens.
06:01Donc, c'est comme ça que Volare s'est imposé.
06:04Au moment de la chanson, le thème du livre, c'était bien plus le lâcher prise que la guérison finalement
06:11pour Ambre.
06:11Oui, parce qu'il ne suffit pas de partir en Italie pour guérir.
06:14Hélas, j'aurais aimé dire que le voyage résout tout, mais c'est juste un début de guérison dans le
06:21roman.
06:22Le plus difficile, je crois, c'est de prendre conscience qu'on ne va pas bien, d'accepter de l
06:27'aide, de se centrer sur soi-même.
06:30On a souvent quand même tendance à s'occuper des autres, comme fait mon héroïne.
06:36Elle s'occupe des enfants, elle s'occupe de ses petites sœurs, elle s'occupe de sa mère.
06:41Elle s'occupe de tout le monde sauf d'elle.
06:43Et c'est aussi une façon de repousser le problème, de ne pas se concentrer sur ce qui ne va
06:47pas.
06:48Et lorsqu'on accepte de faire ce travail-là, à savoir, ok, je fais une sorte d'introspection
06:55et je me rends compte que quelque chose ne fonctionne pas et que je dois prendre soin de moi,
06:59et bien c'est le plus grand pas, c'est le début en général de la guérison, même si ce
07:06n'est pas linéaire,
07:07même si ce n'est pas facile, même si ça prend du temps.
07:08C'est un premier pas important.
07:10Finalement, la fin de ce livre, c'est le début de l'histoire d'Ambre.
07:13Je crois.
07:14C'est le début de sa renaissance, en tout cas.
07:17On voit dans le roman l'importance de la famille.
07:20C'est très italien, très napolitain même.
07:23Oui, c'est vrai.
07:23Qu'est-ce que ça veut dire pour vous la famille ? Qu'est-ce que c'est la famille
07:26?
07:27Et bien surtout, ce que je veux raconter là, et pas que dans ce roman-là, mais même dans les
07:31autres,
07:32c'est que tout ce qu'on vit pendant l'enfance, donc évidemment au sein de notre famille en général,
07:38nous forme et nous forge pour la suite.
07:41Si on vit des problématiques assez douloureuses, comme ça a été un peu le cas pour Ambre,
07:47et bien ça va nous faire grandir de façon un peu bancale et qu'à un moment donné,
07:52on risque effectivement de tomber et il faut de l'aide, il faut un tuteur pour nous redresser.
07:58C'est surtout sur ça que je voulais me concentrer, sur comment l'enfance va influencer l'adulte qu'on
08:04devient.
08:05Une dernière question, pourquoi est-ce qu'il faut lire ce livre ?
08:08Pour l'évasion déjà, je dirais, et puis parce que je pense qu'on peut tous à un moment donné
08:16traverser des périodes compliquées et que peut-être ce livre est un rappel pour se mettre en priorité,
08:25pour se retrouver. C'est important de se retrouver même pour les autres.
08:30Ensuite, on ne peut pas être pleinement là pour les autres, pour ses enfants, pour sa famille, pour son mari,
08:35pour ses amis, pour les élèves, pour son travail si on ne sait plus qui on est et si on
08:41se sent mal avec soi.
08:43Se donner une place importante, se mettre en première place, c'est aussi une façon d'être mieux ensuite envers
08:53les autres,
08:53envers le reste du monde.
08:54Et de voler de ses propres élèves.
08:56Et de voler de ses propres élèves.
08:58Merci.
08:58Merci beaucoup.
08:59Merci beaucoup.
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