Nos capacités de défense sont encore en développement. Or, les risques d'agression augmentent. Une course contre la montre est lancée.
Test, exercices, L'occasion de tester notre résilience en cas d'attaque sur nos satellites. Sans satellite, l'armée devient sourde et muette.
🎙️ Intervenants :
Caroline Laurent, directrice des Systèmes orbitaux et des Applications au CNES, experte de l'armement et des systèmes technologiques
Modérateur : Guerric Poncet, journaliste au Point
#Guerres #Espace #Innovation #Formation #Aérien #LePoint #Lpt #Evergreen #Sécurité #Défense
Test, exercices, L'occasion de tester notre résilience en cas d'attaque sur nos satellites. Sans satellite, l'armée devient sourde et muette.
🎙️ Intervenants :
Caroline Laurent, directrice des Systèmes orbitaux et des Applications au CNES, experte de l'armement et des systèmes technologiques
Modérateur : Guerric Poncet, journaliste au Point
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00:01...
00:14Cela fait longtemps que l'espace n'est plus uniquement une aventure scientifique,
00:18c'est le nouveau théâtre vertigineux des rivalités de puissance.
00:22Ce nouveau champ de bataille est-il un mythe ou une menace imminente ?
00:26Éléments de réponse avec Caroline Laurent, directrice des systèmes orbitaux et des applications au CNES,
00:31qui échange tout de suite avec Guéric Poncé, journaliste au point,
00:34et là encore sous des applaudissements qu'on espère fortement nourris.
00:40Merci beaucoup Boris, merci beaucoup à toutes et à tous d'être là ce matin.
00:45Caroline Laurent, je suis très heureux de vous retrouver et je suis très heureux que vous ayez accepté notre invitation
00:49parce que la première fois qu'on s'est rencontré, je pense que c'était il y a 10 ou
00:5215 ans, vous étiez à la DGA.
00:54Vous étiez alors la première femme à avoir décroché votre quatrième étoile au sein des armées françaises
00:59et vous étiez donc directrice de l'innovation et déjà à l'époque vous m'aviez parlé des menaces du
01:04spatial.
01:06Aujourd'hui, comment vous voyez, est-ce que vous pouvez nous faire un petit panorama des menaces spatiales ?
01:12Comment vous voyez nos vulnérabilités ?
01:15Alors les menaces spatiales, au sens des menaces pour nos satellites et nos systèmes militaires ou civils,
01:22elles sont de plus en plus nombreuses.
01:24On en parle beaucoup depuis 2019, depuis qu'il y a une stratégie nationale de défense spatiale.
01:30Il y a la menace la plus simple et la plus efficace, c'est le brouillage.
01:34Nos satellites peuvent être brouillés, nos satellites peuvent être attaqués,
01:39les détecteurs de nos satellites d'observation peuvent être attaqués.
01:42Et puis alors après, il y a toutes ces menaces sur place, toute cette nouvelle action dans l'espace.
01:46Ce sont des satellites qui se rapprochent et vous en avez peut-être entendu parler.
01:50C'est ça qui a fait qu'en 2019, on a élaboré cette stratégie nationale de défense spatiale.
01:55C'est des satellites qui se rapprochent, qui peuvent éventuellement abîmer, qui peuvent casser,
02:01qui peuvent nous empêcher de fonctionner, qui s'approchent, qui repartent et dont on ne sait pas toujours ce qu
02:06'ils font.
02:07Ça c'est la menace militaire, je vais dire.
02:09Ces satellites-là, aujourd'hui, ils sont développés différemment.
02:12On a l'image du satellite passif, entre guillemets, qui déploie ses panneaux solaires et ses réglés.
02:17Là maintenant, ils embarquent.
02:18Ils ont des charges utiles différentes.
02:20Ils ont des caméras de proximité, ils peuvent avoir des armes laser,
02:23ils peuvent avoir des brouilleurs, ils peuvent avoir des télémètres pour mesurer la distance.
02:28Et ils sont plus mobiles.
02:29En fait, ce qui fait la différence entre les passifs et ceux-là,
02:33c'est que leur principale mission, c'est de bouger et donc d'être très mobiles.
02:37Donc il faut qu'ils embarquent beaucoup de propulsion.
02:39Il faut qu'ils embarquent de la propulsion chimique, de la propulsion électrique,
02:42pour pouvoir bouger rapidement, se rapprocher.
02:49Les technologies spatiales sont les mêmes, mais il y a plus de propulsion.
02:52Et puis il y a des instruments différents, des charges utiles différentes.
02:56Mais ça, c'est la menace militaire au sens classique.
02:59La vraie menace en ce moment, c'est celle des constellations,
03:03c'est celle de M. Elon Musk.
03:07Il vient de franchir la barre des 10 000 satellites.
03:09Donc il faut quand même voir que depuis le début de la conquête spatiale jusqu'à 2019,
03:15il y avait 12 ou 13 000 objets en orbite d'à peu près 10 centimètres, actifs, inactifs.
03:22Et là, tout d'un coup, il en rajoute 10 000.
03:25Et il a un concurrent qui veut aussi en rajouter 15 000,
03:28et des Chinois qui veulent mettre en place deux constellations de 15 000 chacun.
03:32Donc on voit tout de suite que c'est des multiplications par 5, par 10.
03:36Et je ne parle pas de son idée de mettre un million de satellites en orbite.
03:39Donc ça devient une menace pour le fonctionnement,
03:42comme si on avait plein d'objets dans l'air quand les avions circulent,
03:45comme si on avait des milliers et des millions de drones en permanence.
03:48Donc c'est une menace pour la durabilité des opérations dans l'espace.
03:53Mais il n'y a pas que ça.
03:54Il y a la menace économique qui est terrible.
03:56Moi, c'est celle qui me fait le plus peur.
03:57C'est quelqu'un qui a la capacité de fabriquer les satellites par milliers.
04:02Il a la capacité de les fabriquer pas chers.
04:05Il a la capacité de les lancer pas chers.
04:06Il a la capacité de rendre viable le modèle de la fusée réutilisable.
04:11Parce que nous, il y a 10 ans, on se disait, ça ne sert à rien une fusée réutilisable.
04:14Parce que déjà, quand on ne lance que 10 fois par an,
04:16si en plus on les réutilise, on va en fabriquer encore moins que 10 par an.
04:19Lui se facture ses propres lancements, c'est la pratique.
04:22En fait, ce qu'on n'avait vraiment pas imaginé,
04:24déjà on n'avait pas imaginé les 10 000 constellations.
04:26Déjà, les lanceurs réutilisables, on ne les avait pas vus venir.
04:29Mais alors les constellations Starlink, on ne les avait pas vus venir.
04:32Et en 2019, on n'avait pas vu venir ce modèle
04:34où des milliers de satellites sont lancés par ses propres fusées.
04:38Et donc, il a toute une chaîne verticale.
04:41Et Amazon, ça va être encore bien pire.
04:44Qui font qu'à la fin, il sait fabriquer tellement pas cher
04:48que son modèle est complètement différent de nos industriels français
04:52qui ont un petit peu moins de budget étatique,
04:54qui ont un petit peu moins de commandes
04:55et qui ont du mal dans les compétitions internationales
04:58à être concurrents.
05:01Ils ne peuvent pas fabriquer des satellites à ce prix-là,
05:04sauf si on leur en commandait autant,
05:06sauf s'il y avait un milliardaire français ou européen
05:10ou un opérateur très riche qui leur commande autant de satellites.
05:14Et cette guerre-là, elle est plus pernicieuse et elle fait peur
05:17parce que la souveraineté, elle est aussi basée
05:21sur une souveraineté industrielle et sur une base industrielle.
05:23Et si on n'a plus des industriels qui savent fabriquer des satellites,
05:27on n'a plus à jour, on ne sait plus avoir de satellites
05:31fabriqués par nous-mêmes et qu'on maîtrise.
05:34Il y a quelques semaines, Elon Musk a annoncé
05:36l'abaissement des orbites de Starlink
05:38puisqu'il avait désormais assez de satellites
05:40pour couvrir en abaissant les orbites
05:43et donc en réduisant le diamètre de la zone couverte par satellite.
05:47Est-ce que maintenant qu'il a pris cette orbite,
05:49on est coincé, c'est fini ?
05:51Alors, on n'est pas coincé,
05:53mais on est obligé de le prévenir
05:56quand nous, on passe par cette altitude-là
05:58si on ne veut pas, nous, avoir nos satellites détruits.
06:01C'est une orbite par laquelle passent,
06:03par exemple, des satellites d'observation militaire,
06:05on n'en a pas beaucoup,
06:06mais ils passent par là pour atteindre leur orbite.
06:09Ils se met sur une orbite qui n'est pas loin.
06:12Si on lui dit, est-ce que vous pouvez nous donner
06:13les coordonnées de tous vos satellites
06:15pour qu'on les évite ?
06:16Il nous dit, ah ben non, c'est ce qui s'est passé.
06:18Ah non, mais moi, j'en ai tellement, c'est automatique.
06:20Tout ça, c'est automatique.
06:22Par contre, vous, donnez-moi vos coordonnées
06:23et je leur dirai de vous éviter.
06:26Et c'est ce qu'on est obligé de faire.
06:27Donc, c'est quand même une petite perte
06:29de souveraineté importante.
06:31C'est-à-dire qu'au moment de la mise à poste,
06:33on est obligé de lui dire, on est là,
06:36y compris pour nos satellites les plus sensibles.
06:38Non, c'est quand lui lance ses grappes.
06:41On est obligé de lui dire, attendez,
06:43vous n'avez pas oublié que je suis là ?
06:44Parce que là, vous allez passer par...
06:46Ah oui, donc j'injecte vos coordonnées.
06:49Et ça fait de lui une sorte de...
06:51Pas de maître de l'espace, mais on se pose des questions
06:54sur la gouvernance de la situation spatiale européenne.
06:58Est-ce qu'on fait des règles européennes ?
07:00Est-ce que chaque pays a ses règles ?
07:02Est-ce qu'on arrive à avoir des règles internationales ?
07:04Est-ce que l'IUT, l'Union Internationale de Télécommunications,
07:09est le bon organisme pour réglementer ?
07:11Et en fait, lui, pour le moment,
07:13il est en train de réglementer tout seul par la force.
07:15Et donc, il se constitue son propre catalogue.
07:18Et en fait, dans le domaine spatial,
07:20quand j'ai commencé à m'y intéresser, j'ai découvert ça.
07:22Je pensais arriver avec des objets
07:26et qu'on me présente des objets totalement révolutionnaires
07:28comme les innovations majeures.
07:30Et en fait, à chaque fois que j'ai demandé
07:31qu'est-ce qui est le plus important pour vous dans un pays,
07:34ils m'ont tous répondu, c'est ce logiciel-là,
07:36c'est cet écran d'ordinateur sur lequel on voit
07:38ce qui se passe dans l'espace.
07:40Et donc, les États se constituent des catalogues.
07:43Et c'est très précieux, finalement.
07:45Il n'y a que les Américains qui arrivent à savoir vraiment
07:47ce qui se passe au-dessus de nos têtes à chaque seconde.
07:50Lui, il se constitue son catalogue
07:51parce que tout le monde est obligé de lui donner
07:53toutes les informations volontairement.
07:54Oui, c'est ça, parce qu'il en a tellement
07:56que si on veut les éviter, on est obligé de lui donner.
07:58Alors, nous, on est au niveau français,
08:00mais aussi au niveau européen, en train de se constituer
08:04une sorte d'autonomie pour obtenir ce catalogue,
08:07ne pas dépendre des Américains,
08:08avec des startups et puis des industriels
08:11qui travaillent là-dessus.
08:11Il y a un grand programme de l'Union européenne
08:13qui s'appelle le USST.
08:16Mais il vient de se rendre compte qu'en plus,
08:18il a tellement de satellites que non seulement
08:19il peut emporter d'autres charges utiles
08:21que des télécommunications,
08:22il peut faire de l'observation,
08:24mais il vient même de se rendre compte
08:25qu'avec des senseurs stellaires,
08:27qui sont des objets de la taille d'un point,
08:30qui assure tous les satellites,
08:33qui ne voient pas que des étoiles,
08:35avec quelques algorithmes bien faits.
08:37Il peut faire le catalogue de tout l'espace
08:39et ça, il vient de s'en rendre compte.
08:41Et il a décidé qu'il allait vendre ces données
08:44sans rien rajouter, en fait,
08:45sans rajouter de satellite,
08:46sans rajouter de capteur.
08:47Il va pouvoir vendre ce service
08:49parce qu'il a suffisamment de plateformes.
08:52Donc, c'est une puissance énorme, en fait.
08:54Oui, parce que pour être clair,
08:55ils utilisent des senseurs pour se positionner
08:58en visant les étoiles, c'est ça ?
09:00Tous les satellites se positionnent de manière précise
09:03avec trois ou quatre senseurs
09:04qui visent les étoiles
09:05et ça leur donne une référence absolue.
09:08Et tous les satellites ont ça.
09:09Et il se trouve qu'on ne voit pas que des étoiles
09:12quand ils sont bien fichus.
09:12On voit les satellites des autres.
09:13On voit des trucs qui bougent
09:15et pas à la même vitesse que des étoiles.
09:18Et en traitant bien les informations,
09:19on peut se dire,
09:20ah ben tiens, ça, c'est peut-être un satellite.
09:22Et s'il y en a ça x 10 000,
09:23ben on finit par, voilà.
09:25Ça fait 10 000 yeux en orbite.
09:2810 000 x 3 ou 10 000 x 4.
09:30Alors, vous évoquiez la réglementation.
09:32Est-ce que c'est une des armes
09:34que nous, Européens, pouvons utiliser ?
09:36Alors, on y réfléchit beaucoup.
09:38Depuis quelques années, on s'est dit
09:40est-ce qu'on peut empêcher Starlink ?
09:42Est-ce qu'on peut empêcher ?
09:43Mais je suis sûre que dans cette salle,
09:44il y en a parmi vous qui ont Starlink
09:45dans leur maison de campagne, par exemple.
09:47Parce qu'il faut reconnaître qu'il y a des endroits
09:48où il n'y a que ça qui marche,
09:50où la fibre n'arrive pas,
09:51où la 4G ou la 5G,
09:52il y a encore des trous de couverture.
09:54Est-ce qu'on peut faire ça ?
09:56On s'est dit, est-ce qu'on peut l'empêcher
09:57à cause de la loi sur les opérations spatiales
10:00parce que ces satellites ne respecteraient pas
10:01certaines lois ?
10:02En fait, non, il se trouve qu'ils la respectent.
10:05Donc, ça ne marchait pas.
10:06Est-ce qu'on peut...
10:07En tout cas, l'Europe,
10:09avec sa Space Law,
10:10est en train de réfléchir à ça.
10:11Est-ce qu'on peut avoir un moyen
10:12de réglementation
10:15qui soit un moyen de force économique
10:17pour les empêcher ?
10:18Les Américains le font.
10:19Ils peuvent empêcher
10:21les opérateurs non-américains
10:22d'émettre sur leur territoire.
10:25Nous, on ne le fait pas encore,
10:26mais on y réfléchit.
10:27On pourrait,
10:28mais alors du coup,
10:29ça empêche beaucoup d'applications aussi.
10:34Et puis, il faut être d'accord entre Européens.
10:36Et aujourd'hui,
10:37tous les Européens ne sont pas d'accord
10:38pour empêcher M. Elon Musk d'émettre.
10:41Surtout, j'imagine que dans l'Est de l'Europe,
10:43avec l'utilité de Starlink
10:45pour les Ukrainiens.
10:47Oui, on ne peut pas faire ça.
10:48Mais il n'y a pas que les Ukrainiens.
10:50Il y a aussi nos voisins les plus proches
10:52qui sont un peu plus américains,
10:55anophiles que nous, on va dire,
10:57qui préfèrent travailler avec...
10:59C'est aussi une opportunité,
11:00mais c'est une opportunité
11:01très, très dangereuse, Starlink.
11:04Alors, une autre question
11:05soulevée par les constellations.
11:06Je me souviens aussi
11:07de mon premier reportage
11:08dans un centre de surveillance spatiale
11:10de l'armée française.
11:12L'office responsable m'avait dit
11:13mon job, c'est d'éviter
11:14les 15 premières minutes de Gravity,
11:16du film Gravity,
11:17dans lequel, finalement,
11:19il y a une collision
11:20et tout s'emballe.
11:21Et finalement, tout est détruit en orbite
11:23par un syndrome
11:23qu'on appelle le syndrome de Kessler.
11:25Est-ce que c'est une vraie menace,
11:27aujourd'hui,
11:28avec la multiplication des satellites
11:31et des objets en orbite ?
11:32C'est une menace
11:33à laquelle on pense davantage,
11:34je dirais,
11:35parce que si, au lieu d'avoir
11:3610 000 objets,
11:37il y en a 40,
11:3850 000,
11:39bon, on se dit,
11:39ah tiens,
11:39c'est un peu plus probable.
11:40C'est sûr que s'il y en a 1 million,
11:42ça devient très probable.
11:44Mais pour faire face
11:46à cette menace,
11:46en fait,
11:46plus les satellites sont bas,
11:48moins ils sont dangereux.
11:49C'est pour ça
11:50qu'il est quand même
11:51très futé,
11:52M. Mosquin,
11:53c'est que les mètres plus bas,
11:54ça améliore les bilans de liaison,
11:55ça améliore le fonctionnement
11:56de sa constellation.
11:58Mais surtout,
11:58on ne peut pas lui reprocher
11:59grand-chose,
12:00parce que quand ils sont très bas,
12:01ils vont redescendre
12:01dans l'atmosphère
12:02et se désintégrer plus vite.
12:04Ce qui est dangereux,
12:05c'est plutôt les satellites
12:06à 1 000 km
12:08qui peuvent faire des débris
12:09et la multiplication
12:10des débris
12:11et des collisions.
12:12Et ces débris
12:13qui resteraient des années,
12:14voire des décennies
12:15en orbite ensuite ?
12:16Oui, c'est ça.
12:17Si on est à 1 000 km,
12:18on peut rester très longtemps.
12:20Si on est à 10 000,
12:21encore plus.
12:22Si on est à 400,
12:23on ne reste pas si longtemps
12:24que ça.
12:24On reste moins de 20 ans,
12:27ça peut n'être que 15,
12:28ça peut n'être que 10.
12:29Et donc,
12:29on redescend finalement
12:30assez vite.
12:30Donc, quelque part,
12:32sur un certain plan,
12:33c'est un peu plus écologique.
12:34Après, ça fait quand même
12:35plein de trucs
12:36pas très loin au-dessus
12:37de nos têtes.
12:38Ce qui fait que tout le monde
12:39est responsable,
12:39c'est que finalement,
12:40tout le monde perdrait son business
12:42ou serait impacté
12:43par un tel cataclysme.
12:45Mais si un jour,
12:46un État est dans une telle situation
12:48désespérée,
12:49qu'il a intérêt
12:51à ce que tout le monde
12:51revienne au Moyen-Âge spatial,
12:53il pourrait le faire.
12:54C'est possible.
12:55Il pourrait le faire.
12:55Mais comme vous l'avez dit,
12:56Eric,
12:57c'est parce que
13:00faire volontairement
13:01une collision dans l'espace,
13:02ça pourrit,
13:03entre guillemets,
13:04l'espace pour tout le monde.
13:05C'est ce qui fait
13:06qu'on ne s'attend pas
13:07à une destruction
13:08de satellites dans l'espace,
13:09pas une destruction cinétique,
13:11en tout cas,
13:11ce n'est pas une menace réelle
13:14au-delà de,
13:15je dirais,
13:15au-delà de 400 ou 500 kilomètres.
13:17Et tous les pays
13:18qui ont fait des essais
13:18d'armes anti-satellites
13:20l'ont fait plus bas,
13:21en fait,
13:21pour dire,
13:22bon, je le fais
13:23pour que vous voyez
13:23que je sais faire,
13:24mais c'est promis,
13:25je ne vais pas le faire
13:25et je ne le fais pas plus haut,
13:26sinon, je ne peux pas
13:27y aller moi-même.
13:28C'est comme une démonstration
13:29de dissuasion, finalement.
13:30Oui, exactement.
13:32Et ce dont je parlais
13:33tout au début
13:33de notre entretien,
13:35aussi, en fait,
13:36les satellites qui se rapprochent,
13:37qui s'éloignent,
13:38c'est une sorte de dissuasion.
13:39C'est plus psychologique,
13:41c'est plus pour montrer
13:42que je suis là,
13:43je peux me rapprocher de vous,
13:45si je veux,
13:45je peux vous détruire,
13:46parce que si je vais
13:47un peu plus près,
13:47je vais vous détruire.
13:49Mais c'est de la dissuasion,
13:50on ne le fait pas,
13:51parce que sinon,
13:52on abîme toute l'orbite
13:53et on s'empêche soi-même
13:55d'avoir des systèmes en orbite.
13:57Alors, est-ce que
13:58quand on se rapproche
13:59d'un autre satellite,
14:00on peut apprendre
14:00à communiquer comme lui,
14:02apprendre à se faire passer
14:02pour lui ?
14:04Non, ça,
14:05c'est beaucoup plus compliqué,
14:06parce que quand on s'approche
14:07d'un satellite,
14:09en général,
14:10les satellites qui s'approchent,
14:11ils vont avoir des instruments
14:13qui vont vers ce satellite,
14:15pas vers le bas,
14:17et on ne va pas avoir
14:18suffisamment d'instruments
14:19pour savoir exactement
14:20ce qu'il fait
14:21et encore moins
14:21prendre sa place
14:23dans la communication.
14:24Il y a un domaine
14:26où on peut faire ça
14:26et c'est assez pernicieux,
14:28c'est tout ce qui est
14:29positionnement en orbite,
14:30mais c'est parce qu'on connaît
14:32exactement le satellite,
14:33on sait comment il fonctionne,
14:34on peut faire du leurage
14:35de satellites de positionnement.
14:38Mais on peut le faire aussi
14:40depuis le sol
14:40et finalement,
14:41c'est moins cher
14:41de le faire depuis le sol,
14:42donc c'est plus efficace.
14:44Donc, s'approcher d'un satellite,
14:46c'est éventuellement
14:46pour l'empêcher de fonctionner,
14:48on peut le brouiller,
14:49on peut atteindre ses détecteurs,
14:51mais pas complètement
14:52prendre sa place,
14:53non, c'est trop compliqué.
14:54Et puis ça ne vaut pas le coup,
14:54en fait.
14:55Alors, lorsqu'elle avait annoncé
14:59que le russe Loucholimp
15:01avait butiné
15:02des satellites européens,
15:03l'ancienne ministre des Armées,
15:04Florence Parly,
15:05avait annoncé le développement
15:06de plusieurs types de technologies,
15:09de patrouilleurs,
15:11de satellites d'intervention.
15:13Aujourd'hui,
15:14où est-ce qu'on en est technologiquement ?
15:15Est-ce qu'il y a des technologies
15:16qui se sont révélées
15:17plus prometteuses que d'autres ?
15:18Alors là, je ne sais pas
15:19si vous étiez là
15:20à la conférence de Madame Chobard,
15:21mais il y a eu une question
15:22sur la rapidité
15:23des programmes français et européens.
15:26Je dois reconnaître
15:27qu'on a des tout petits objets
15:29en orbite,
15:30mais les programmes
15:31qu'elle a annoncés
15:31ne sont pas encore en orbite.
15:33Ils sont prêts.
15:34On a deux satellites en fabrication
15:35qui doivent être lancés.
15:36On a le problème du lanceur.
15:37Comment on les fait arriver
15:39en géostationnaire ?
15:40La question, c'est SpaceX ou pas ?
15:41C'est ça ?
15:42C'est presque ça, oui.
15:44On sait qu'on pourrait le lancer
15:45avec SpaceX,
15:45mais on n'a pas envie.
15:46Donc, on préfère attendre
15:47d'avoir un dispenseur
15:48développé par une start-up nationale,
15:51soutenue par France 2030.
15:52Mais du coup,
15:53on est obligé d'attendre
15:54encore un an ou deux
15:54avant de le mettre en orbite.
15:55Parce que j'avais entendu
15:56que quand on lance avec SpaceX,
15:58il y a quelques heures
15:59pendant lesquelles,
16:00dans la salle blanche,
16:01avant le tir,
16:01on ne sait pas trop
16:02ce qui se passe sur nos satellites.
16:03Là, ces satellites,
16:04par exemple, dont je parle,
16:05ils sont classifiés à la vue.
16:07On a des caches.
16:08Mais si on les lance
16:09sur un lanceur
16:10qui n'est pas en Guyane,
16:12à un moment,
16:13il faut enlever les caches.
16:15Et donc,
16:15à moins d'avoir
16:16beaucoup de gendarmes sur place,
16:18on ne peut pas être sûr.
16:19C'est pour ça qu'en général,
16:20pour des satellites
16:21de souveraineté,
16:23on lance depuis la Guyane.
16:24On maîtrise davantage.
16:25On a nos caméras,
16:26nos salles,
16:27nos gendarmes.
16:29En termes de technologie,
16:31est-ce que les technologies d'IA
16:33peuvent changer un peu la donne
16:34pour les acteurs
16:35moins puissants comme nous ?
16:37Les technologies d'IA,
16:38elles permettent d'abord,
16:40avant de faire vraiment l'IA,
16:41de faire du traitement
16:44de données de grande masse.
16:45C'est sûr qu'elles apportent
16:46quelque chose.
16:47On parlait tout à l'heure
16:48de son sœur stellaire.
16:50Dans le traitement
16:50de milliers de points
16:52qui ne sont pas des étoiles,
16:53aujourd'hui,
16:54nos algorithmes,
16:54ils enlèvent tout ce qui n'est pas étoile
16:56justement pour positionner
16:57le satellite.
16:59Pour garder tout le bruit
17:01et en faire de la situation spatiale,
17:04c'est des traitements massifs
17:06et un petit peu
17:07des traitements
17:08qui apprennent tout seuls.
17:09C'est de l'apprentissage.
17:10C'est de l'apprentissage,
17:11donc c'est de l'IA.
17:12Parce que c'est dire
17:13celui-là, il a bougé,
17:14mais c'est un débris.
17:15Celui-là, il a bougé bizarrement.
17:17Donc c'est quelque chose
17:18qui a été manœuvré.
17:19Donc c'est un satellite manœuvrant.
17:20Donc c'est dans les traitements,
17:21mais c'est dans les traitements
17:22au sol,
17:23plutôt qu'on va avoir
17:24de l'intelligence artificielle.
17:26À bord, comme on aime bien
17:27savoir exactement ce qui se passe,
17:29on va faire plus attention
17:30et attendre d'avoir
17:31du l'IA de confiance
17:32avant de faire confiance.
17:35Est-ce que ça permet
17:35de lever une partie du flou ?
17:37Parce que vous parliez
17:38en préparant cet entretien
17:39d'un symptôme
17:42qu'on retrouve dans le cyber,
17:43notamment,
17:43c'est-à-dire le problème
17:44d'attribuer une action agressive
17:48à quelqu'un
17:49ou de lui attribuer
17:50une attention agressive,
17:51ne serait-ce que ça.
17:52Est-ce que l'IA peut permettre
17:53de lever ce flou ?
17:54En fait,
17:55elle peut permettre
17:56de traiter beaucoup plus
17:57d'informations
17:57beaucoup plus vite.
17:58Et donc c'est comme ça
17:59qu'on peut lever le flou.
18:01C'est se dire,
18:01non, mais ça, je suis sûre,
18:02c'est ni une étoile
18:03ni un débris passif.
18:04C'est quelque chose
18:05qui a bougé volontairement
18:06et qui s'est rapproché de nous
18:08et le faire suffisamment vite
18:10pour soit soi-même bouger,
18:12en fait,
18:13soit il y a une notion
18:14de temps réel
18:15qui peut apporter l'IA
18:16dans la rapidité des traitements.
18:20Mais après,
18:21attribuer vraiment,
18:22c'est assez difficile
18:23parce que les satellites
18:24sont quand même soumis
18:25à la mécanique spatiale.
18:27On n'est jamais très sûr
18:28de ce qui s'est passé.
18:30Et un satellite,
18:31ça va faire un petit peu
18:33comme ce ballon chinois
18:34au-dessus des Etats-Unis.
18:36C'est que même
18:36le Louche-Olympe,
18:38on ne sait pas très bien
18:39si c'était un vieux satellite
18:40qui était perdu autour de nous.
18:42Alors, on se doute que non
18:43parce qu'il est reparti après,
18:44mais éventuellement,
18:46pendant quelques jours,
18:47on peut se dire,
18:47si ça se trouve,
18:48il est juste perdu,
18:48c'est juste un vieux satellite
18:49sans propulsion.
18:51Puis finalement,
18:51non, il est reparti,
18:52mais donc on met plusieurs jours.
18:54Mais donc voilà,
18:55ce n'est pas si facile que ça
18:56d'attribuer dans le spatial.
18:58Et puis en plus,
18:58c'est loin.
18:59Il faut beaucoup
19:00d'interprétation.
19:01Donc après,
19:02c'est dans l'interprétation
19:03avec beaucoup d'expériences,
19:06de mois
19:06et d'années de données
19:08qu'on pourra avoir
19:10l'effet de l'intelligence artificielle.
19:12En fait,
19:13il faut avoir beaucoup
19:13de données
19:14pour pouvoir traiter
19:16par des moyens
19:17d'intelligence artificielle.
19:18Alors,
19:19on a vu ces derniers mois,
19:20ces dernières années,
19:21des manœuvres surprenantes
19:23avec ce qu'on considérait
19:25comme étant des débris
19:26qui finalement se réveillent,
19:27commencent à manœuvrer
19:28côté russe
19:29ou des satellites
19:31qui libèrent
19:31d'autres satellites
19:32selon un système
19:33de poupées russes.
19:34Est-ce que vous,
19:35vous êtes encore surprise
19:36parfois par des manœuvres ?
19:38Non,
19:39parce que justement,
19:40comme on n'arrive pas
19:41à lancer nos petits satellites,
19:43on comprend pourquoi
19:44il y avait ces poupées russes.
19:45C'est que
19:46l'une des façons efficaces
19:48de lancer
19:49des tout petits satellites
19:50très hauts,
19:50c'est de les emporter
19:51sur une grosse plateforme
19:52qui, elle,
19:53est lancée par une fusée,
19:54qui, elle,
19:54a des moyens
19:55d'aller sur une orbite
19:56géostationnaire,
19:57par exemple,
19:57très très haut
19:57et après,
19:58on lâche les petits.
19:59Donc,
20:00on comprend maintenant mieux
20:01pourquoi il y avait
20:02ce truc bizarre
20:02où on voyait
20:03des poupées gigognes.
20:04Maintenant qu'on a du mal
20:06à lancer nos satellites,
20:06on se dit,
20:07en fait,
20:07le mieux,
20:07ce serait d'avoir
20:08un gros satellite
20:09qui les lance.
20:09D'où des programmes
20:11qui sont prévus
20:13par la DG1
20:14pour les armées
20:15dans le futur
20:16avec des satellites
20:16qui en emportent
20:17d'autres éventuellement.
20:18D'accord.
20:20Est-ce que
20:21vous avez une lecture
20:22de la stratégie chinoise
20:24en termes spatial ?
20:25C'est toujours très difficile
20:26de savoir ce qui se passe
20:27dans les centres de recherche
20:28et au sein
20:29de l'agence spatiale chinoise ?
20:31C'est difficile,
20:31mais quand on y va,
20:32ils montrent pas mal
20:33de choses quand même.
20:34Moi,
20:35j'ai voyagé l'année dernière
20:36pour la China Space Day
20:38pour des raisons
20:38purement scientifiques.
20:39C'était pour parler
20:40d'astrophysique.
20:41J'ai vu des laboratoires
20:43de centres spatials
20:44scientifiques
20:46remplis d'antennes actives
20:47pour les constellations
20:48chinoises OneWeb.
20:49J'ai dit,
20:49mais c'est vous
20:50qui fabriquez
20:50les antennes actives ?
20:51Ah oui,
20:51parce que j'ai le droit,
20:52je suis un établissement
20:53d'intérêt commercial.
20:55Comme je n'avais plus
20:55assez de budget civil,
20:57j'ai le droit
20:57de me faire payer
20:58et la ville de Shanghai
20:59me paye des antennes.
21:01Du coup,
21:01je posais la question
21:02et j'ai compris
21:03que les Chinois
21:04ont deux constellations
21:05en vue.
21:06Une pour le peuple chinois,
21:07souveraine,
21:08mais aussi pour
21:09les besoins nationaux
21:10et une qui a ouvertement
21:12comme objectif
21:13de concurrencer
21:14Starlink et Kuiper
21:15et Amazon.
21:17Avec un système
21:17comme pour TikTok
21:19finalement
21:19où ils font un réseau
21:21pour l'étranger
21:21tout en l'interdisant
21:23chez eux.
21:24Exactement,
21:25ils ont leur réseau
21:25pour eux
21:26que pour les Chinois
21:27et puis un réseau
21:28pour le reste du monde
21:29pour concurrencer
21:30les autres.
21:31Et avec des salles blanches
21:33avec des milliers
21:34d'antennes incroyables.
21:36Et technologiquement,
21:37ils sont bons ?
21:37Est-ce qu'on parle souvent
21:39de leur capacité
21:40à construire des navires
21:42pour leurs marines
21:42par exemple
21:43et ils rattrapent
21:44les Etats-Unis très vite ?
21:45Est-ce que dans le spatial
21:46c'est pareil ?
21:46Oui, moi ce que j'ai vu
21:48j'en suis parvenue.
21:49J'ai vu des satellites quantiques
21:51dans une salle
21:51d'un centre national spatial.
21:54Donc c'est plutôt
21:55des chercheurs.
21:57Et oui,
21:57je me suis vraiment dit
21:58mais en fait
21:59il ne faut pas qu'on ait peur
22:00d'être copiés.
22:00C'est presque plutôt
22:01à nous de les copier
22:02parce qu'ils sont très très bons.
22:05Ah oui,
22:06je pense qu'ils sont très bons.
22:07Alors,
22:07quelle carte
22:07il nous reste à nous ?
22:09Quelle carte
22:10il nous reste ?
22:11Il nous reste...
22:12En fait,
22:13il faut qu'on arrive
22:13à être plus solidaires
22:15en Européen
22:15et à être plus agile.
22:17On a parlé un peu
22:18d'agilité tout à l'heure.
22:19C'est vrai que
22:20quand on voit
22:20comment fonctionnent
22:21les Américains,
22:22comment fonctionne
22:22Jared Zackman,
22:23là hop,
22:23en deux jours,
22:24ils changent la stratégie
22:26lunaire
22:27et ils mettent en place
22:28des nouvelles organisations.
22:29Ils savent mettre en place
22:30des nouvelles organisations.
22:31Nous,
22:31on est un peu lourds
22:32et on est trop lourds
22:33à l'Europe en fait
22:34parce que la réponse,
22:35elle ne peut pas être nationale,
22:36elle ne peut être qu'européenne.
22:37Iris Carré,
22:38c'est une bonne réponse.
22:40Que nos industriels
22:42unissent leurs forces
22:42dans une entreprise
22:44comme Bromo,
22:44c'est aussi une bonne réponse
22:45pour avoir la taille critique.
22:48Mais il faut qu'on arrive
22:49à aller plus vite
22:50et on a du mal.
22:51On est un peu lourds
22:52donc il faudrait
22:53qu'on arrive
22:53à être plus agile.
22:56Je n'ai pas...
22:56Et puis,
22:57il faut des personnalités
22:58comme on a eu Thierry Breton
22:59qui un jour disent
23:00bon, écoutez,
23:00je ne sais pas
23:01quel est le besoin
23:01mais il faut faire
23:02des constellations
23:03parce que sinon,
23:04on n'en aurait pas.
23:04Et maintenant,
23:05une fois qu'il a décidé ça,
23:07les budgets
23:08sont mis en place
23:09mais de manière
23:10un peu lente
23:11avec une industrie
23:12un peu lourde
23:13avec des consortiums
23:14un peu compliqués
23:14qui ont du mal
23:15à répondre rapidement.
23:17On n'est pas assez agile.
23:19Alors,
23:19je vous propose
23:20qu'on prenne
23:20quelques questions
23:21de la salle.
23:22N'hésitez pas
23:22à lever la main.
23:23Vous nous faites signe.
23:25On peut déjà applaudir
23:26Caroline Laurent.
23:29Madame,
23:33on vous écoute
23:33pour la première question.
23:34Bonjour à tous.
23:35Vous avez fait référence
23:36à les discussions
23:38sur la space law
23:40qui sont en cours
23:40au niveau européen.
23:43On voit qu'on a un enjeu
23:44effectivement
23:44d'aller plus vite,
23:46de pouvoir passer
23:47à l'échelle en Europe
23:48tout en contrant
23:50probablement aussi
23:51les Etats-Unis
23:52mais sans les braquer.
23:53Qu'est-ce qu'il faudrait
23:54mettre en avant ?
23:55Quelle priorité
23:56on devrait mettre en avant
23:57dans la discussion
23:59pour arriver à un texte
24:01qui serait justement
24:02productif pour l'Europe
24:03et pour la France ?
24:05Alors évidemment
24:06nous on a fait
24:07notre loi
24:08des opérations spatiales
24:09françaises.
24:10Donc pour nous l'idéal
24:10pour nous et pour nos industriels
24:12d'ailleurs
24:12qui sont obligés
24:13de s'y conformer
24:13ce serait qu'ils copient
24:15la nôtre.
24:15Donc on essaye
24:16parce que forcément
24:17nous la nôtre
24:18on estime qu'elle est bien faite
24:19et donc on se dit
24:20c'est quand même bête
24:21de soit la réduire
24:22soit être plus contraignant
24:23ce ne sera pas plus contraignant
24:25mais si c'est beaucoup moins contraignant
24:26c'est ennuyeux
24:28ça ne peut pas l'être plus
24:29donc nous notre lobbying
24:31il est pour que cette space law
24:33ressemble le plus possible
24:35à la nôtre
24:35et c'était le but en fait
24:36d'abord on réglemente
24:37au niveau national
24:39et puis après
24:39on la rend européenne
24:40et en plus
24:41si elle est identique
24:42ou très proche
24:43à ce moment là
24:44on est prêt à renoncer
24:45à la nôtre
24:45parce que l'Union européenne
24:47voudrait que sa loi
24:48prenne le pas
24:49sur tous les autres
24:50sur toutes les réglementations nationales
24:52et ça nous on ne le veut pas
24:53si elle est différente
24:54si elle réglemente moins
24:55si elle traite d'autres sujets
24:57donc voilà
24:57notre position à nous
24:59c'est qu'il faut qu'elle soit
25:00le plus proche possible
25:01et c'est ça la position
25:02qu'on essaye de défendre
25:04à tous les
25:04en interministériel
25:05et partout
25:06une autre question
25:07alors on a deux questions
25:09devant monsieur
25:10et monsieur ici
25:11d'abord là-bas
25:14en haut de la micro
25:15on vous écoute monsieur
25:16bonjour madame
25:17juste
25:18vous n'avez pas parlé
25:19de tout ce qui était
25:20THA
25:20pour très haute altitude
25:22comme possibilité
25:23d'être une opportunité
25:25justement
25:26pour la souveraineté
25:27et
25:28vous n'avez pas parlé
25:29non plus
25:30de la partie
25:30communication
25:31et enjeu
25:32qu'il y avait justement
25:32dans tout ce qui était
25:33Léo
25:34sur des technologies
25:36duales 5G
25:37qui peuvent être
25:38à la fois
25:39militaires
25:40et civiles
25:41oui parce que
25:42j'ai surtout parlé
25:43des menaces
25:43alors la THA
25:44c'est assez nouveau
25:46c'est assez prometteur
25:47moi je suis au CNES
25:49depuis 5 ans
25:50donc je ne travaille pas
25:52sur toutes les armes
25:54à très haute altitude
25:55je travaille sur les ballons
25:56et tout ce qui fonctionne
25:58dans la stratosphère
25:59mais qui sont des objets
26:01plutôt scientifiques
26:02qu'on est en train
26:02d'essayer de transformer
26:03pour des usages militaires
26:04des ballons
26:05qu'on est en train
26:06d'essayer de faire manœuvrer
26:07donc là
26:07ce qui est très intéressant
26:08dans cette partie là
26:09dans ces ballons
26:10c'est que ce sont
26:11des objets pas chers en fait
26:12peut-être un peu vulnérables
26:14mais vraiment pas chers
26:15et puis
26:16agiles
26:17c'est à dire qu'on peut se dire
26:18tiens je lance un ballon demain
26:19alors que le temps
26:20de mettre en place
26:21quand même une fusée
26:22fabriquer un satellite
26:23bon
26:23donc l'intérêt de la THA
26:25c'est de ce que j'en vois moi
26:27qui sont tout ce qui est
26:28ballons stratosphériques
26:29ce sont des objets pas chers
26:31très maniables
26:32et si on arrive
26:33à les rendre manœuvrants
26:34on pourrait les faire aller
26:35où on veut
26:37donc c'est un milieu
26:38un peu nouveau
26:39qui est intermédiaire
26:40tout ce qui est nouveau
26:41apporte des opportunités
26:42et est innovant
26:43les drones ont été
26:43une innovation incroyable
26:44c'était un objet différent
26:46de tout ce qui est roulé sur Terre
26:49ou des avions
26:51tout ce qui est en haute altitude
26:53apporte quelque chose de nouveau
26:55parce que c'est soit
26:56des avions qui volent plus haut
26:58qui peuvent atteindre
26:59des objets plus haut
27:00soit des nouveaux objets
27:01comme les ballons
27:02donc tout ce qui est nouveau
27:03apporte des nouvelles opportunités
27:05et puis l'opportunité
27:06de la THA
27:07c'est qu'on est suffisamment loin
27:08sans être un satellite
27:09on est suffisamment loin du sol
27:11pour ne pas être repérable
27:12donc c'est une force
27:13de maîtriser la THA
27:14dans un conflit
27:15sur la 5G
27:17oui
27:18c'est évident
27:19que la 5G
27:20est très dual
27:20en fait l'espace
27:21a toujours été un peu dual
27:23en termes de plateformes
27:25et d'objets
27:25mais quand même
27:26avec des systèmes différents
27:27des systèmes de télécommunication
27:29dans des bandes très spécifiques
27:30qui étaient beaucoup mieux protégés
27:32contre le brouillage
27:33que des systèmes commerciaux
27:34des systèmes d'observation
27:36qui étaient bien meilleurs
27:38et de meilleure résolution
27:39mais beaucoup plus lourds
27:40que des systèmes commerciaux
27:42et en fait
27:43ces milieux se fondent
27:44la surveillance de l'espace
27:45était au début
27:47exclusivement utilisée
27:48par des civils en Europe
27:49et par des militaires
27:50aux Etats-Unis
27:51tous ces milieux-là se fondent
27:53et maintenant
27:53effectivement
27:53les satellites
27:54entre les satellites de défense
27:56et les satellites de civils
27:58il n'y a pratiquement
27:58aucune différence
27:59à part celui qui paye
28:01et tout le monde
28:03se protège contre les brouillages
28:04tout le monde
28:05a besoin de
28:07puis tous les industriels
28:08ont besoin de vendre
28:08pour être viables
28:10donc il faut qu'ils puissent
28:11exporter leurs objets
28:13et les vendre commercialement
28:16et même en matière
28:17d'action dans l'espace
28:18en 2019
28:19on se dit
28:19il y a quand même
28:19un truc qui est nouveau
28:20dans la défense
28:21c'est l'action dans l'espace
28:22puis est arrivé le service
28:23en orbite
28:24et je ne sais pas
28:25s'il y aura suffisamment
28:26de business
28:27pour qu'il y ait des sociétés
28:28qui vendent du service
28:29en orbite
28:29mais les objets
28:30sont exactement les mêmes
28:31que les patrouilleurs
28:32si ce n'est qu'en principe
28:34ils ne sont pas offensifs
28:35la seule chose qui change
28:35c'est qu'il y en a un
28:36qui reste défensif
28:38et l'autre qui peut être offensif
28:39donc qui peut embarquer
28:41des armes
28:41donc pareil dans la THA
28:43en fait
28:43la THA pour les militaires
28:44elle va être offensive
28:45là où pour les scientifiques
28:47c'est juste une opportunité
28:48de plateforme très haute
28:49pour faire de la science
28:50mais la dualité
28:52se renforce en fait
28:53ce sont vraiment
28:54les mêmes objets
28:54et puis il y a
28:56beaucoup plus de flou
28:58entre ce qui est commercial
29:00et ce qui est militaire
29:01maintenant on parle
29:01de systèmes gouvernementaux
29:03ou de systèmes
29:04pour la sécurité
29:05donc ça c'est dans
29:06cette espèce de grille
29:07entre la science
29:08et le militaire
29:09il y a tout un tas
29:10d'applications
29:11entre les deux
29:12on va prendre très rapidement
29:13une dernière question ici
29:14monsieur
29:15attendez on va vous donner
29:16le micro de façon à ce qu'on
29:17puisse vous entendre aussi
29:17en streaming
29:18le voici
29:19on vous écoute
29:20voilà
29:20au niveau des débris spatiaux
29:22est-ce qu'il y a moyen
29:23de les récupérer
29:24pour protéger
29:24les satellites existants
29:26alors il y a des études
29:28il y a des sociétés
29:29qui ont des projets
29:30de choses qui attrapent
29:33ou de choses
29:34qui éventuellement détriment
29:35la question c'est le coût
29:37en fait
29:37c'est est-ce que
29:39qui va payer ça en fait
29:41est-ce qu'il y a un état
29:43ou un des gouvernements
29:44qui vont se dire
29:44bon c'est mon boulot
29:45de faire de nettoyer
29:46ou est-ce que ça va être
29:47des sociétés privées
29:48et si c'est
29:49aujourd'hui les états
29:50n'ont pas l'air
29:51de prendre en main
29:51ce sujet là
29:52et les sociétés privées
29:54qui se montent
29:55n'ont pas l'air
29:55de trouver des clients
29:56donc il faudrait
29:57que les clients
29:58ce soit les constellations
29:59justement
29:59il faudrait que
30:00une constellation se dise
30:01bon j'ai besoin
30:02que quelqu'un
30:02vienne nettoyer
30:03de temps en temps
30:04et on a l'impression
30:05là aujourd'hui
30:05sur les 10 000 objets
30:06en orbite
30:08de Starlink
30:08nous on en compte
30:09à peu près 10%
30:11qui sont abîmés
30:12ou inactifs
30:13et il n'a pas l'air
30:14d'aller les chercher
30:14en fait
30:15il a l'air de se dire
30:15bon bah pas grave
30:16ils descendent tout seuls
30:18c'est moins cher
30:19et donc
30:21c'est vraiment
30:22il y a vraiment
30:22des sociétés
30:23qui y croient
30:23et qui lèvent des fonds
30:25mais moi je ne sais pas
30:26vous dire
30:26si le business
30:27sera suffisant
30:27pour que ça existe
30:29en fait
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