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  • il y a 1 heure
Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth tiennent une conférence vendredi 3 avril, au lendemain de la garde à vue de l'eurodéputée LFI.

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00:00Tout d'abord, évidemment, merci de votre venue aujourd'hui.
00:04Merci d'autant plus que la situation que nous sommes en train de vivre est d'une extraordinaire gravité
00:10au vu de l'intensité des atteintes qui ont été portées au droit de Mme Rima Hassan aujourd'hui et
00:20également hier.
00:22Le propos liminaire que je vais faire va être articulé principalement autour de 8 points.
00:30Je vous entends rire, mais ce sont des points indispensables si on veut être le plus exhaustif possible et comprendre
00:36parfaitement ce dont il s'agit.
00:38Premier point et qui est un point de rappel.
00:42Mme Rima Hassan s'est systématiquement présentée dans le cadre de toutes les auditions qui sont intervenues devant les services
00:52enquêteurs.
00:52A aucun moment, elle n'a cherché de quelque façon que ce soit à se dérober à la justice en
01:00dépit, en dépit de la contestation que nous faisions quant à l'absence de bien fondé des poursuites.
01:07Nous avons compté et manifestement à tort sur la bonne foi du parquet et l'appréciation qui pourra être faite
01:16des éléments.
01:17On s'est présenté à la fois en mai 2024, à nouveau en avril 2025 et également en novembre 2025.
01:24Ce sont des auditions qui systématiquement se sont bien déroulées.
01:29Elles ont donné lieu à 13 classements sans suite ordonnés par le procureur de la République.
01:3513 classements sans suite, 13 classements sans suite de procédures et toutes les procédures dans lesquelles Mme Rima Hassan avait
01:42été entendue jusqu'à présent ont fait l'objet de classements sans suite,
01:48venant confirmer l'absence d'infraction pénale pouvant lui être reprochée.
01:53Nous n'avons jamais eu le moindre élément quant à l'état de ces différentes procédures avant hier.
02:02Depuis 2024, en dépit des nombreuses relances que nous faisons auprès du procureur de la République, nous n'avons strictement
02:09aucune information,
02:10notamment sur la première audition libre intervenue en mai 2024, comme nous n'avons strictement aucune indication sur ce qu
02:17'il s'est déroulé depuis mai 2024.
02:20Premier élément, parfaite collaboration et c'est exactement avec ce même souci de collaboration que Rima Hassan s'est présenté
02:30hier au commissariat.
02:31Il y a vraiment un point qui est tout à fait central ici, c'est qu'il n'y a
02:36strictement eu aucune interpellation de Rima Hassan
02:40et non seulement il n'y a eu aucune interpellation de Rima Hassan, mais dès le départ nous savions qu
02:47'elle était convoquée dans le cadre d'une audition qui était une audition de garde à vue.
02:52Il n'y a eu aucune surprise du point de vue de ce qui était demandé par les enquêteurs.
02:57On n'était pas dans le cadre d'une audition libre, on était dans le cadre d'une garde à
03:01vue et évidemment,
03:02et j'y reviendrai s'agissant par la suite d'un élément qui est en débat, Rima Hassan savait parfaitement
03:09que ces affaires allaient faire l'objet d'un inventaire
03:13par les services enquêteurs, comme c'est le cas de toutes les gardes à vue, ou presque, qui se déroulent
03:18sur le territoire national.
03:22Troisième point, et on vient dans le vif du sujet, la garde à vue qui a eu lieu hier est
03:30parfaitement illégale.
03:32Elle est parfaitement illégale. Pourquoi est-ce qu'elle est illégale ? Pour principalement deux raisons.
03:38La première raison, c'est qu'il y a eu un dévoiement de la procédure de flagrance par le parquet
03:45qui a fait le choix de recourir à cette procédure
03:48parce qu'il sait que c'est le seul moyen que l'immunité ne trouve pas à s'appliquer.
03:55C'est la seule exception qui est posée par le protocole sur lequel je reviendrai, qui régit la question de
04:01l'immunité des députés et des parlementaires européens.
04:05Pourquoi est-ce que cette mesure de garde à vue ne se justifiait pas ? Parce que vous avez plusieurs
04:09critères.
04:09Parmi les critères, vous avez la présentation de la personne.
04:12La présentation de la personne ici, je l'ai redit tout à l'heure, mai 2024, avril 2025, novembre 2025,
04:19Rima Hassan s'est toujours, toujours présenté.
04:22Il n'y a strictement aucun risque de fuite.
04:25Ensuite, vous avez la question d'empêcher que la personne ne modifie par exemple les indices matériels.
04:31Il y a toujours eu une reconnaissance pleine et entière de la publication en cause et de la publication qui
04:37a été faite par Rima Hassan.
04:39Vous avez le fait ensuite de garantir la mise en œuvre de mesures destinées à faire cesser le crime ou
04:43le délit.
04:43Et en fait, il n'y a strictement aucun élément qui justifie les raisons pour lesquelles cette garde à vue
04:50est intervenue dans le cadre d'une flagrance.
04:52Parce que vous avez une publication qui est intervenue presque une semaine avant que la mesure de garde à vue
05:00n'intervienne.
05:02Et non seulement vous avez cet écoulement d'une semaine et en plus vous avez une publication qui a été
05:09supprimée par Rima Hassan précisément dans une logique qui était une logique d'apaisement.
05:16Et le parquet savait que cette publication avait été supprimée avant le début de cette audition en garde à vue.
05:25Et par conséquent, il savait parfaitement que cette mesure de flagrance ne visait absolument pas à mettre un terme à
05:30une supposée infraction.
05:32Puisque vous aviez eu une suppression de cette publication.
05:37Première illégalité, vous avez par conséquent des conditions de la flagrance et une disproportion totale de la garde à vue.
05:45Et au bout d'un moment, en fait, je vous prends un témoin.
05:47Je vous prends un témoin parce que jusqu'à présent, ça a été systématiquement des auditions libres.
05:52Et la publication et les propos dont il s'agit sont quasiment analogues à ceux qui ont été auparavant postés
06:01par Rima Hassan.
06:03Et dont pour 13 procédures, on fait l'objet d'un classement sans suite.
06:08Ensuite, comme point qui vient également confirmer l'égalité de la mesure de garde à vue,
06:13vous avez une mesure de garde à vue qui vient marquer un contournement de l'immunité dont jouit Rima Hassan.
06:21Je rappelle qu'en vertu de l'article 9 du protocole sur les privilèges et l'immunité de l'Union
06:26européenne,
06:27les parlementaires bénéficient sur le territoire national des immunités reconnues aux membres du Parlement de leur État.
06:33L'immunité ne peut ni être invoquée en cas de flagrant délit,
06:35ni faire obstacle au droit du Parlement européen de lever l'immunité d'un de ses membres.
06:39Quel est le sens de cette immunité ?
06:42Le sens de cette immunité, c'est de mettre à l'abri des parlementaires de pressions
06:48qui consisteraient en des menaces d'arrestation ou de poursuites judiciaires
06:53pour des propos et des prises de position qui sont politiques et qui relèvent de la liberté d'expression.
07:00Et d'ailleurs, jusqu'à présent, s'il n'y avait pas eu de garde à vue,
07:06si précisément nous étions aussi restés dans le champ de l'audition libre,
07:10c'est parce qu'il ne pouvait pas y avoir de mesures coercitives.
07:13Il ne pouvait pas y avoir de mesures coercitives à partir du moment où il y avait ce privilège de
07:18l'immunité.
07:18Et donc on voit que vous avez une procédure de flagrance qui a été construite de toute pièce
07:23par les autorités de poursuite, construite de toute pièce pour parvenir à justifier une garde à vue de flagrance
07:31et pour parvenir à tenter de faire échec à l'application de ce qui devrait s'appliquer, à savoir cette
07:37immunité.
07:38Et c'est un contournement qui est une extraordinaire gravité.
07:41Parce que les immunités ne sont pas d'ailleurs un passeport d'impunité.
07:46Les immunités servent à protéger un certain nombre de personnalités politiques
07:51qui, de par leurs fonctions, peuvent être exposées à des risques de menaces,
07:57à des risques de persécutions et à des risques de pressions politiques de la part de certains États.
08:04Autre point, et pour revenir maintenant à ce qui s'est passé hier, particulièrement dans la garde à vue,
08:12il y a un point évidemment que j'évacuerai assez rapidement,
08:16c'est le fait que Mme Rima Hassan a refusé la signalétique, a refusé de donner ses empreintes aux enquêteurs.
08:24Et pourquoi est-ce qu'elle l'a refusée ?
08:26Tout simplement parce que le droit, de ce point de vue, est parfaitement clair.
08:31Vous avez un arrêt qui a été récemment rendu par la Cour de justice de l'Union européenne,
08:35le 19 mars 2026, qui rappelle que les collectes de données biométriques,
08:42empreintes digitales, photographies, par les services de police,
08:46doivent être justifiées uniquement dans le cas d'une nécessité absolue
08:52et pouvoir être justifiées de façon motivée par les autorités de poursuite.
08:58Dans ce dossier, absolument rien, absolument rien,
09:02ne venait justifier le fait qu'on prenne les empreintes de Rima Hassan,
09:07si ce n'est un caractère parfaitement vexatoire et humiliant.
09:12Je le rappelle et je le redirai tout à l'heure, de quoi parlons-nous ?
09:16Nous parlons d'une publication.
09:19On parle d'une simple publication qui intervient sur les réseaux sociaux
09:23avec une privation de liberté qui est d'une exceptionnelle gravité.
09:31Ça, c'est le premier point déjà, avec évidemment le fait,
09:34en tout cas par rapport au déroulement lui-même de la garde à vue,
09:36par rapport au fait que, évidemment, que Mme Rima Hassan était parfaitement dans son bon droit
09:41de refuser ces différents prélèvements au vu de l'état du droit existant.
09:47Et de ce point de vue, il n'y a pas eu de poursuite ordonnée par le parquet.
09:52Sur le déroulement de la garde à vue, si nous avons dans un premier temps parfaitement été accueillis par les
10:00fonctionnaires,
10:01des tensions vont assez rapidement apparaître.
10:05Ils vont assez rapidement apparaître.
10:08Et ces tensions, je le dis ici pour qu'il n'y ait évidemment aucune espèce d'ambiguïté,
10:15vont apparaître bien avant que l'inventaire des affaires de Mme Rima Hassan soit effectué.
10:22Il y a eu une montée en tension subite, notamment parce qu'il avait été acté
10:28que normalement l'audition devait intervenir dans un temps extrêmement proche de la notification des droits,
10:36ce qui n'a pas été le cas.
10:38Tensions qui vont connaître leur acmé par les violations répétées du secret de l'enquête en plein pendant la garde
10:49à vue.
10:50Et l'avocat que je suis a découvert, a découvert grâce à la presse, par exemple,
10:57les termes précis de la publication pour laquelle Mme Rima Hassan était placée en garde à vue
11:03à un moment où l'audition de fond n'avait pas débuté.
11:07Ce qui veut dire que pour pouvoir préparer l'audition, il fallait que je me rende sur les différents médias
11:14et il fallait que je regarde les différentes informations qui pouvaient paraître.
11:19C'est une situation qui est totalement incongrue et qui est totalement absurde
11:25et surtout une situation qui intervient en violation manifeste des droits de Rima Hassan.
11:32Et j'y reviendrai tout à l'heure, nous ne pensons pas que ces différentes violations du secret de l
11:37'enquête,
11:37parce qu'elles en sont, seraient des violations qui seraient fortuites.
11:42Nous pensons qu'elles ont été planifiées, nous pensons qu'elles ont été organisées depuis le début
11:48pour porter atteinte à l'image, à la réputation de Rima Hassan.
11:54Tensions qui se sont prolongées dans le cadre de la garde à vue
11:59et qui conduiront notamment à ce que Rima Hassan conteste la manière dont la retranscription de ses propos
12:06a été faite par les enquêteurs au moment de sa garde à vue.
12:11Alors même que cette contestation n'est jamais survenue auparavant
12:16dans le cadre des différentes auditions libres auxquelles Mme Rima Hassan s'était prêtée.
12:25Autre élément sur le déroulement à la garde à vue,
12:29c'est la supposée découverte d'éléments assimilés à des stupéfiants.
12:37Ici, plusieurs points.
12:40Déjà, je l'ai dit en introduction, Mme Rima Hassan savait parfaitement
12:45qu'elle allait faire l'objet d'une fouille et parfaitement faire l'objet d'un inventaire.
12:52Et personne, évidemment, ne peut penser que si jamais il y avait eu la moindre drogue
12:59et de toute façon, il n'y en aurait pas eu parce que Rima Hassan n'en consomme pas,
13:04elle serait venue devant les services enquêteurs
13:07avec une valise contenant de la drogue.
13:10À un moment donné, il faut être là aussi de bonne foi dans l'approche et dans la réalité de
13:17ce qui s'est passé.
13:19Il n'y a eu strictement aucune dissimulation.
13:21Évidemment que nous savions qu'il y allait y avoir un inventaire.
13:25Sur cette question de l'inventaire, nous verrons en fonction de la suite de la procédure,
13:31parce que nous considérons qu'elle devra faire l'objet d'un classement sans suite,
13:36mais nous observons à ce tas simplement que cet inventaire n'a pas été réalisé de façon immédiate.
13:41Nous réservons par conséquent la possibilité de contester les conditions dans lesquelles il s'est déroulé.
13:47Et nous observons également qu'au moment où les différents objets qui sont dans la valise de Rima Hassan
13:55sont sortis de cette valise, cette valise est déjà ouverte.
14:00Sachant, encore une fois, je le rappelle, que cet inventaire n'est pas survenu de façon immédiate
14:05après le placement en garde à vue de Rima Hassan,
14:08et qui s'est écoulé des dizaines de minutes, si ce n'est plus d'une heure,
14:12entre le moment de la notification des droits et le moment où cette valise va être ouverte,
14:17moment, encore une fois, où nous n'avons plus aucune visibilité sur cette valise,
14:22plus aucune visibilité sur ce qui peut en être fait.
14:26Il va être fait le choix d'ouvrir cette valise.
14:29Évidemment, aucune espèce de contre-indication,
14:33aucune espèce d'opposition de la part de Rima Hassan.
14:37Et en fait, il y a deux contenants strictement identiques
14:41qui vont être immédiatement, en fait, vus par les enquêteurs,
14:44parce que ce n'était pas du tout des contenants qui étaient dissimulés.
14:47Et immédiatement, en fait, à leur vue,
14:50Rima Hassan, de façon spontanée, va indiquer aux enquêteurs,
14:54ben oui, en fait, ce sont des contenants qui correspondent à du CBD.
14:59Et le CBD, je le rappelle ici, est autorisé sans restriction,
15:03puisque c'est un produit qui n'est ni un stupéfiant, ni un psychotrope.
15:08Et donc, par conséquent, en fait, une indication qui a été apportée dès le départ,
15:14au moment même de l'inventaire, c'est du CBD.
15:17Et non seulement cette indication va être apportée,
15:20et Rima Hassan va également apporter des éléments complémentaires
15:26aux autorités de poursuite,
15:27à savoir le magasin dans lequel cette acquisition a été faite,
15:33avec l'adresse, le lieu du magasin,
15:37permettant aux services enquêteurs d'en tirer toutes les conséquences.
15:42Donc, je le disais, vu des contenants, déclaration, déclaration spontanée,
15:46il va y avoir des exploitations qui vont être faites.
15:50Et très rapidement, vous avez une confirmation,
15:54à savoir que l'un des contenants contient,
15:57comme l'avait confirmé et affirmé Rima Hassan,
16:01du CBD, conformément à ses déclarations.
16:04Dans l'autre contenant, vous allez avoir des traces de drogues de synthèse.
16:09Mais ces traces de drogues de synthèse n'ont fait l'objet d'aucune analyse
16:14qui, à ce stade, serait catégorique.
16:17Non seulement, elles n'ont fait l'objet d'aucune analyse
16:19qui serait à ce stade catégorique,
16:22et en plus, on en ignore, on en ignore la nature exacte et précise.
16:27C'est-à-dire que, pour en revenir tout à l'heure aux différentes fuites
16:29qui sont survenues dans la presse,
16:34manifestement, certains journalistes avaient plus d'informations
16:37sur la quantité et la nature des substances en cause
16:42que nous n'en avions dans le cadre de la procédure de garde à vue.
16:47Moi, j'ai fini par me dire, est-ce qu'il n'y a pas une autre valise ?
16:49Parce que, manifestement, en fait, ce n'était pas la même quantité.
16:52Moi, j'ai vu parfois des dizaines de grammes.
16:54On a vu des quantités.
16:55Non, en fait, c'était une quantité qui était déjà une quantité parfaitement infime
16:59et qui, encore une fois, avait cette contestation
17:02par rapport à la question de ces traces
17:05qui ont été retrouvées et qui devront faire l'objet d'analyses complémentaires,
17:09mais qui ne changent rien au fait que Rima Hassan a acheté du CBD
17:15et que le CBD est légal en France.
17:18Donc, je veux dire, pour tous les commentateurs qu'on a vus hier
17:22dire que Rima Hassan était une droguée,
17:25c'est-à-dire que s'ils veulent interdire le CBD en France, qu'ils le fassent,
17:28qu'ils fassent des propositions de loi en ce sens.
17:31En attendant, il n'y a strictement aucune drogue consommée par Rima Hassan.
17:35Et non seulement vous n'avez aucune drogue consommée par Rima Hassan,
17:39et vous avez la confirmation par le test urinaire qui a été fait
17:44qu'il n'y a pas de consommation de drogue ou de stupéfiants de Rima Hassan.
17:50Donc, à un moment donné, il faut en tirer les conséquences.
17:53Tirer les conséquences de ces déclarations transparentes qui ont été faites,
17:57tirer les conséquences de ce test urinaire qui a été fait
18:00et qui écarte et exclut une consommation de drogue de Rima Hassan.
18:06Et on voit évidemment, évidemment,
18:08pourquoi cette accusation de congé des drogues et des stupéfiants
18:14sert à un récit qui est un récit politique.
18:25Ce que nous considérons, c'est du CBD.
18:28C'est du CBD et les analyses complémentaires vont le confirmer.
18:32Deuxième possibilité, ça confirme qu'il existerait des traces de drogue de synthèse
18:37dans les extraits en question.
18:40Mais je veux dire, ça, c'est de la responsabilité du vendeur.
18:42Et il appartiendra aux autorités de poursuite de tirer toutes les conséquences
18:46de ce que, en vendant du CBD, il aurait vendu autre chose.
18:51Donc, c'est l'État, c'est l'État dans lequel nous nous trouvons.
18:55C'est l'État des déclarations, c'est l'État également des investigations.
18:58Et pour vous dire également que pour nous, c'est un non-débat,
19:02c'est un non-sujet et que par conséquent, il n'y aura plus de prise de parole
19:06en lien avec cette question sur laquelle nous avons apporté toutes les explications
19:11et toutes les clarifications utiles.
19:14Et nous ne nous livrerons pas au jeu qui consiste à faire naître et nourrir un doute
19:19par rapport à ces propos et déclarations qui sont extrêmement clairs.
19:25Trois points, et j'en aurais terminé.
19:28C'est maintenant sur la première procédure qui a donné lieu après le placement en garde à vue
19:36à un renvoi devant le tribunal selon une convocation qui a été remise à Rima Hassan.
19:47Rima Hassan s'est borné à reprendre les termes d'une citation.
19:57Cette citation, « J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne,
20:00tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit,
20:03mais un devoir de cause aux aucun motos. »
20:07C'est le seul objet de la publication qui a été faite par Rima Hassan.
20:13Et de façon extrêmement claire, pourquoi est-ce que cette publication a été faite ?
20:18C'est uniquement en lien avec la consolidation d'un état d'esprit,
20:23d'une philosophie de résistance à l'oppression,
20:27et c'est une publication de reprise,
20:29mais qui à aucun moment, à aucun moment, ne vient faire l'apologie,
20:35ne vient faire une quelconque provocation des agissements
20:39qui ont été reprochés à cette personne.
20:44Il n'y a pas d'ambiguïté dans la publication qui a été faite par Rima Hassan,
20:50qui est une simple citation sans la moindre provocation et sans la moindre apologie.
20:56Et je pense que des dizaines, si c'est une des centaines de personnes aujourd'hui en France
21:01auraient pu reprendre exactement la même citation,
21:04mais il se trouve qu'en fait, c'est Mme Rima Hassan,
21:06et parce que c'est Mme Rima Hassan, elle a repris cette citation,
21:10elle vaut une garde à vue, elle vaut un renvoi devant le tribunal.
21:13Il faut affronter la réalité en face.
21:16Si Rima Hassan n'était pas Rima Hassan,
21:19cette publication n'aurait pas fait l'objet de poursuites.
21:22Pas d'ambiguïté dans la publication de Rima Hassan,
21:27et également plus, je veux dire, une certaine forme de surprise
21:31par rapport au fait qu'en plus, on a l'impression,
21:34en lisant les réactions des uns et des autres,
21:37que l'attaque qui a été menée en 1972
21:41était une attaque que tout le monde connaissait.
21:43C'est-à-dire, à un moment donné, là aussi, il faut faire preuve de sérieux.
21:47Les personnes qui ont pu éventuellement reprendre le tweet de Rima Hassan
21:52le font en lien avec l'objet de cette citation,
21:54et de se dire, pourquoi est-ce que par exemple,
21:57on peut venir du Japon, on peut être japonais,
21:59et dédier sa cause à la cause palestinienne.
22:02La jeune génération, 1972, ça ne lui dit absolument rien,
22:07absolument rien, et il n'y a strictement, encore une fois,
22:10aucune forme d'apologie.
22:12Et c'est la raison pour laquelle nous considérons
22:14qu'il y a une dénaturation volontaire,
22:17faite de façon tout à fait, là encore, manifeste,
22:22du sens des déclarations qui ont été faites par Rima Hassan.
22:28Aujourd'hui, il y a eu deux auditions libres,
22:33deux auditions libres qui ont donné lieu à une audience
22:38qui aura lieu le 16 septembre 2026.
22:43Par conséquent, autre audience qui aura lieu le 16 septembre 2026,
22:48qui concerne pour le premier propos,
22:52une publication qui a été faite le 8 mars 2025,
22:55mais qui est en fait uniquement la reprise,
22:58et pour reprendre derrière les propres termes de la convocation,
23:00d'un carousel de photographies provenant du compte Comité Palestine Paris 1.
23:06Et non, on ne sait même pas d'ailleurs si, par ailleurs,
23:08il y a des poursuites contre Comité.
23:09On ne le souhaite pas, mais le fait est qu'on n'a strictement
23:12aucune information, parce que c'est de la jurisprudence Rima Hassan.
23:17Il se trouve que, dans ce carousel,
23:19la dernière image contenait une photographie d'un tag
23:25avec indiqué « dissoudre Némésis à l'acide ».
23:29Madame Rima Hassan s'en est expliquée,
23:30elle n'avait pas vu cette dernière photographie
23:33qui figurait dans ce carousel,
23:34parce que le carousel, c'était relatif à des prises de parole,
23:38des prises de position, qui étaient des prises de position féministes,
23:40et en voyant les premières images,
23:42et en ayant confiance de différentes publications
23:44qui avaient été faites auparavant,
23:46elle a eu confiance, et c'est la raison pour laquelle il l'a fait.
23:48Lorsqu'elle s'est rendue compte du fait qu'il y avait eu une utilisation
23:53de la dernière publication, à savoir cette dernière photographie,
23:56immédiatement, elle a réagi.
23:58Elle a réagi en prenant contact avec le comité,
24:01et en faisant en sorte que ça puisse être supprimé.
24:06Et lorsqu'on se présente aujourd'hui dans l'audition libre,
24:08on apporte tous les éléments,
24:10et on leur donne notamment les captures d'écran,
24:13avec la discussion, avec la suppression,
24:16et malgré tout, le parquet n'en a que faire,
24:20et décide de renvoyer Rima Hassan.
24:24Troisième et dernière procédure ayant fait l'objet d'un renvoi,
24:28c'est la reprise d'un article qui était relatif à,
24:35en tout cas dans la traduction était le Hamastrak,
24:38un un, les groupes à Gaza qui ont collaboré avec l'armée israélienne,
24:41là encore, publication sur laquelle Rima Hassan
24:44s'est largement exprimée dans le cadre de l'audition libre ce matin,
24:48et propos qui sont largement comparables,
24:53assimilables, analogues,
24:54à ceux qui ont donné lieu à 13 classements de suite
24:58ordonnés par le procureur de la République de Paris.
25:01La procureure de la République de Paris.
25:03Et donc, chacun voit bien, en fait, qu'on a compris,
25:08et j'y reviendrai, mais on a compris, en fait,
25:10qu'il y avait eu une instrumentalisation de la procureure de flagrance,
25:14et qu'en réalité, si nous avions été de bonne foi aujourd'hui,
25:17en nous présentant devant les services enquêteurs,
25:20et en faisant le jeu des deux auditions libres qui sont survenues,
25:23en réalité, tout était écrit.
25:25Tout était écrit parce qu'on voulait qu'un procès ait lieu contre Rima Hassan.
25:31On voulait qu'elle soit jugée.
25:34Dernier point avant de laisser la parole,
25:38sur ce que nous allons entreprendre et sur ce que nous constatons.
25:45Nous nous réjouissons de l'ouverture d'une enquête
25:49ordonnée par la procureure de la République
25:53pour violation du secret de l'enquête.
25:56Ce qui s'est déroulé est d'une extraordinaire gravité.
25:59Extraordinaire gravité parce que des informations ont fuité
26:02pendant la guerre à vue,
26:04mais surtout, ces informations ont donné lieu à un récit de désinformation
26:09et de fausses informations à l'encontre de Rima Hassan.
26:13Et nous, non seulement nous souhaitons que cette enquête aille jusqu'au bout,
26:17et en plus, pour le coup, là c'est de la fragance.
26:20Là c'est de la fragance.
26:21Il peut y avoir des auditions immédiates,
26:22ordonnées des différents fonctionnaires qui étaient notamment présents.
26:26Ça ne vient peut-être pas du côté police,
26:27ça vient peut-être d'autre côté,
26:29mais il faut absolument qu'il puisse y avoir des auditions.
26:32Et non seulement nous attendons des condamnations,
26:35des personnes qui ont fait fuiter ces informations,
26:39et nous attendons également que des sanctions administratives soient prises à l'encontre.
26:44Parce que nous considérons qu'il y a aussi une défaillance du ministère de l'Intérieur
26:49dans le fait de ne pas avoir permis que ces informations ne fuitent pas,
26:53alors même que nous, nous avions fait le choix de nous présenter,
26:56et que nous avions alerté quant au risque que cette mesure soit ébrutée,
27:03et ce qui malheureusement n'a pas échappé,
27:07et ce qui n'était pas la première fois,
27:08puisqu'il y avait déjà eu des flux.
27:11Deuxième point, nous avons saisi les rapporteurs spéciaux de l'ONU,
27:14et notamment le rapporteur spécial de l'ONU sur la question de la liberté d'expression,
27:19et nous avions également saisi, et ça c'est un point très important,
27:22la présidence du Parlement européen,
27:24qui nous a fait savoir qu'elle avait sollicité les autorités françaises
27:26sur les fondements d'utilisation de la flagrance,
27:28et qu'au moment des échanges qui sont intervenus avec les équipes de Rimea Hassan,
27:33la présidence du Parlement européen n'avait reçu strictement aucune justification
27:37de la part des autorités de poursuite françaises
27:40sur les raisons pour lesquelles il a été fait application de la flagrance
27:43plusieurs jours après la publication en cause.
27:47S'agissant de la première procédure,
27:49nous demanderons évidemment la nullité des poursuites devant le tribunal correctionnel,
27:55compte tenu de tous les éléments que j'ai tout à l'heure développés,
27:59et non seulement nous demanderons la nullité,
28:01et s'agissant de celles qui surviendront en septembre,
28:05à l'évidence, elles doivent être couvertes par l'immunité,
28:08parce qu'il faut être là encore cohérent.
28:11On ne peut pas expliquer qu'il a été fait recours par le passé
28:15à l'audition libre précisément parce qu'il ne pouvait pas y avoir de mesures de contrainte.
28:19On ne peut pas expliquer non plus que là,
28:22la garde à vue n'était possible que parce qu'il y avait flagrance,
28:24et en même temps renvoyer Rimea Hassan dans le cadre de deux dossiers
28:28qui n'ont pas donné lieu à des enquêtes de flagrance,
28:31et par conséquent pour lesquelles l'immunité telle qu'elle est retenue
28:35par la réglementation européenne trouve à s'appliquer de façon pleine et entière.
28:40Et ultime point, aujourd'hui, on appelle véritablement à la solidarité de l'aspect civil,
28:49des juristes du monde entier, de la classe politique,
28:52pour faire obstacle à ce que nous sommes en train de vivre.
28:55Nous sommes en train de vivre une instrumentalisation des poursuites,
28:59une instrumentalisation de l'apologie de terrorisme.
29:03Le procureur de la République et la procureur de la République pensent peut-être
29:05qu'il a été fait un choix pertinent dans le fait de renvoyer Rimea Hassan devant le tribunal.
29:11Et je vous le dis aujourd'hui, si ce procès doit avoir lieu,
29:15ce sera le procès du siècle en matière d'apologie du terrorisme.
29:20Ce sera le procès du siècle parce que nous avons tous les éléments
29:24pour faire valoir le caractère totalement infondé,
29:28totalement infondé, lié encore une fois aussi à l'absence de neutralité
29:32sur ces questions des autorités françaises.
29:35– Bonjour, maître, bonjour, madame la députée.
29:37– On n'a pas terminé.
29:38– C'est quoi la toute autre chose ?
29:40– On n'a pas terminé.
29:42– Ah, c'est ça ?
29:43– Je n'ai pas pour moi, ça peut vous rassurer,
29:48mais vous dites d'ores et déjà que vous n'aurez pas la possibilité
29:52de prendre énormément de questions,
29:54donc on répondra à quelques questions et ce sera extrêmement...
29:57– Non, mais je n'ai pas terminé.
29:59– Attention, je n'ai même pas pression de la parole encore.
30:01Donc, peut-être que vous pouvez au moins respecter ce temps-là.
30:05Il y aura également une prise de parole.
30:07Oui, mais avant les questions, on a peut-être des éléments à présenter.
30:12– Surtout qu'il y a eu un déferlement de fausses informations
30:17depuis maintenant plus d'un jour,
30:18et je pense que c'est normal qu'on fasse une clarification.
30:21Alors, en fait, s'il n'y a pas de clarification possible ou nécessaire...
30:26– Non, non, nous, on peut l'entendre, madame Orilla.
30:28– Merci.
30:29Bon, je vais être extrêmement brève,
30:31puisque un certain nombre d'éléments techniques,
30:35en réalité, dont on avait besoin pour éclairer ce dossier,
30:38ont été très clairement exposés par mon avocat,
30:42et je ne vais pas revenir tous les éléments
30:45qui ont été étayés par mon conseil.
30:51Je vais peut-être commencer par dire que ce fait s'inscrit,
30:55à mon sens, dans une séquence qui va s'ouvrir jusqu'au présidentiel,
30:59et personne n'est dupe du caractère politique de cette affaire,
31:03et en réalité, ce n'est pas la première,
31:05et j'aurai l'occasion d'étayer ce propos.
31:10Ces procédures, je crois que ça va faire plus d'un an
31:13que je m'exprime de façon assez régulière sur ce sujet,
31:18en dénonçant auprès de différents journalistes,
31:20sur mes propres réseaux sociaux,
31:23que je fais l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire, politique,
31:29en raison, et exclusivement en raison de mes opinions politiques,
31:33et j'en veux pour cause la temporalité de cette dynamique de harcèlement
31:36qui a commencé dès mon entrée en politique.
31:38Puisqu'il se trouve que je suis convoquée pour apologie du terrorisme
31:42avant même qu'on arrive à l'élection des élections des européennes,
31:48et dès ce moment-là, on avait quand même le sentiment
31:51que cette convocation pour apologie du terrorisme au milieu de la campagne
31:55a été faite pour perturber, finalement, la campagne
32:01et les idées que nous avions à défendre durant cette campagne des européennes.
32:05Cette dynamique de harcèlement, elle n'a pas cessé,
32:08après mon élection.
32:09Alors, on vous a cité 16 procédures,
32:12dont 13 qui ont été classées sans suite,
32:15mais en réalité, on n'a pas du tout de visibilité
32:17sur le nombre de plaintes et de signalements qui ont été déposées.
32:22Je pourrais peut-être donner une approximation,
32:25mais on est dans des dizaines de plaintes et de signalements
32:29qui ont été faits à mon endroit en l'espace de deux ans de mandat politique,
32:35ce qui est quand même assez inédit,
32:37pour des idées et des opinions que je me suis engagée à défendre.
32:41C'est-à-dire que tout au long de la campagne,
32:44ça a été le centre de mon propos,
32:46qui est de dire que la question palestinienne
32:50sera portée comme une question européenne à part entière.
32:54Je ne vais pas revenir sur les raisons pour lesquelles
32:56cette question palestinienne demeure, à mon sens,
32:59une question européenne,
33:00et elle mérite toute sa place dans les travaux de la Commission des Affaires étrangères,
33:06dans les travaux de la Commission des Droits de l'Homme,
33:08dont je suis membre,
33:09et j'assume parfaitement d'en faire mon sujet principal de bataille politique.
33:15Et en réalité, c'est sur ce fondement-là
33:17que je suis ciblée à titre personnel.
33:20Mais plus largement, c'est le mouvement de la France insoumise,
33:24puisque en m'investissant,
33:26en me donnant finalement aussi cette place au Parlement européen,
33:29en défendant à travers tous ses élus cette question palestinienne,
33:34en dénonçant le génocide à Gaza,
33:36en s'engageant sur la défense inconditionnelle du droit international,
33:40en interpellant de manière assez régulière le gouvernement français,
33:44le président de la République,
33:46sur cette question de complicité
33:48qui a été pointée par des observateurs internationaux,
33:51donc de la France avec le régime israélien,
33:53dans les crimes qui sont perpétrés.
33:55Je veux citer le dernier rapport de Francesca Albanese,
33:58qui cite explicitement la France,
34:00les enquêtes de vos confrères discloses,
34:03qui font état de la question des livraisons d'armes.
34:07Voilà, on a énormément d'éléments finalement
34:09pour être dans une position de légitimité politique
34:13à interpeller nos gouvernements français,
34:16enfin notre gouvernement français,
34:17et plus largement européens,
34:19sur cette question de l'impunité d'Israël,
34:21sur les crimes qui sont commis,
34:23et sur notre responsabilité finalement d'élus,
34:26de citoyens et de politiques
34:30sur ce qui se joue sur cette région.
34:34Donc je veux insister sur ce caractère vraiment
34:38de persécution pour des idées politiques,
34:41pour des opinions politiques,
34:43que je dois pouvoir exprimer librement
34:46avec la radicalité que je choisis,
34:49avec le ton que je choisis,
34:51et avec les moyens que je dois pouvoir choisir
34:55dans le cadre de l'exercice de mandat.
35:00Dans cette affaire,
35:01il y a des responsabilités que je veux aussi pointer.
35:05Avec tout le respect que j'ai pour votre profession,
35:10il y a une dynamique de harcèlement
35:13qui est aussi entretenue du côté médiatique.
35:16Ça a été le cas bien sûr sur cette affaire-là,
35:18mais ce n'est pas la première.
35:19Sur l'affaire de Ranck,
35:21ça a été également le même déchaînement.
35:24Et sur tant d'autres affaires,
35:26on a eu des tempêtes finalement médiatiques
35:28qui ont aussi participé à aggraver la situation,
35:33à déformer une réalité, une vérité,
35:38que nous n'avons même pas pu finalement
35:40avoir pu exposer ou défendre pleinement.
35:44Et vous avez aussi une responsabilité en ce sens,
35:48puisque beaucoup de fake news finalement
35:52ont été relayées par des dizaines de journalistes
35:54en l'espace de 24 heures,
35:56avant même que je puisse m'exprimer,
35:58avant même que je puisse répondre à vos questions.
36:01Et légitimement, je comprends que vous puissiez en avoir
36:04au vu de cette actualité.
36:06Mais il y a quand même une responsabilité
36:08à questionner de ce point de vue-là.
36:10Et j'espère qu'en tout cas,
36:14une remise en question sera faite
36:18de la part d'un certain nombre de commentateurs
36:20sur ce qui s'est passé ces dernières 24 heures.
36:23Je veux aussi rappeler un contexte national
36:25qui est très préoccupant
36:28sur cette question du dévoiement finalement
36:35des lois antiterroristes,
36:37des attentes portées aux droits et libertés des citoyens.
36:42Et je veux rappeler que la raison principale
36:45pour laquelle je me suis rendue à toutes mes auditions,
36:49ça a été aussi pour m'inscrire en solidarité
36:51avec les centaines de militants, militantes,
36:54de citoyens, de citoyennes
36:56qui ont fait l'objet des mêmes convocations,
36:59des mêmes poursuites,
37:00voire même pour certaines condamnations,
37:04et pour finalement m'inscrire en solidarité
37:06et ne pas me prévaloir de cette humilité parlementaire
37:10qui pouvait un peu me protéger
37:12alors que je m'inscris vraiment dans un mouvement
37:14qui est assez large en France et en Europe
37:20qui est le mouvement de solidarité pour la cause palestienne
37:22et qui fait face en réalité à une répression assez inédite.
37:26Donc en France, pour vous donner quelques chiffres
37:28que je pense important quand même d'avoir à l'esprit,
37:34il y a eu les jugements prononcés pour apologie du terrorisme
37:37qui ont explosé entre octobre 2023 et novembre 2024,
37:42c'est-à-dire en l'espace de moins d'un an,
37:45le ministre de la Justice comptabilise 452 jugements,
37:50305 condamnations,
37:52soit un triplement des chiffres qu'on avait avant le 7 octobre 2023.
37:58On n'a pas les chiffres sur la période de 2024 à 2025,
38:04mais je pense que tout le monde est témoin que c'est une dynamique
38:08qui ne fait que s'accélérer, s'accentuer,
38:10et qui doit nous interpeller et qui effectivement par ailleurs
38:14fait l'objet des observations des rapporteurs spéciaux des Nations Unies
38:18qui travaillent sur la question des lois antiterroristes
38:22et du dévoiement des lois antiterroristes
38:23à des fins de restriction des droits et des libertés des citoyens.
38:30Et on l'a interpellé et saisi à ce titre
38:33pour qu'ils puissent nous éclairer aussi sur la situation en France
38:37et de l'utilisation qui est faite des lois antiterroristes
38:42à des fins de répression du mouvement de solidarité avec la Palestine.
38:50Dans le même temps, aucune convocation ou condamnation
38:55pour apologie de crime de guerre au crime contre l'humanité
38:58ne sont prononcées.
39:01On n'observe pas, si vous voulez, une même dynamique
39:07de répression, de signalement, de plainte
39:11qui serait par exemple déposée à l'endroit de Meyar Habib
39:15qui qualifie la population palestinienne de cancer à la télé.
39:19Il n'a fait l'objet d'aucune garde à vue
39:21et il n'a fait l'objet d'aucune condamnation.
39:24Ou encore Louis Sarkozy qui peut dire
39:26en toute liberté qu'il souhaite que les Palestiniens
39:30crèvent tous à la télé également
39:32sans qu'ils fassent l'objet de signalements particuliers
39:36ou de garde à vue ou de poursuites
39:39ou encore moins de condamnations.
39:40Je rappelle qu'il y a 4000 soldats franco-israéliens
39:44qui ont directement participé à des crimes
39:48perpétrés à Gaza et notamment le génocide
39:51mais qui peuvent effectuer librement des allers-retours
39:58entre la France sans que la justice ne puisse se pencher
40:02sur leur participation directe à des crimes
40:05qui sont aujourd'hui très largement documentés
40:08et qualifiés de crimes de génocide.
40:10Donc cette stratégie de harcèlement judiciaire
40:14elle vise d'abord et en premier lieu à m'empêcher de travailler
40:18à m'empêcher de travailler
40:20le temps, l'énergie que je déploie
40:24à répondre à tous les signalements
40:27à répondre à toutes les plaintes
40:29à travailler sur l'ensemble des observations
40:32que nous pouvons produire
40:33à participer à des auditions qui peuvent durer plus de 10 heures
40:37je ne sais pas si vous pouvez réaliser ou imaginer
40:41ce que ça demande de préparation
40:42une audition de 10 heures
40:44c'est-à-dire que pour chaque affaire
40:46il faut préparer tous les éléments
40:48que nous pouvons exposer aux enquêteurs
40:52de manière à ce que le parquet puisse avoir matière
40:56finalement à prendre sa décision
40:58et surtout comprendre des positions politiques
41:00que j'ai à cœur de porter dans le cadre de mon mandat.
41:04Je peux aussi rappeler très récemment
41:06la séquence qu'il y a eu pour le Canada
41:08c'est-à-dire que des organisations
41:10qui ont aussi leurs antennes en France
41:12je ne vais pas trop m'attarder sur le nom de ces organisations
41:15mais j'alerte depuis un moment
41:17je vois ici un journaliste du Monde
41:20à qui j'avais accordé un entretien
41:23et je l'avais déjà alerté
41:24et ce n'est pas le seul
41:25sur la nécessité que les journalistes
41:27finalement au moins étudient
41:33le mandat que se sont donnés des organisations
41:37qui ont un agenda politique
41:39qui s'affirment et se revendiquent même
41:41être très proches finalement du régime israélien
41:44je veux citer la présidente de l'OGE
41:46qui est derrière pratiquement 90% des plaintes
41:51qui me concernent et des procédures qui me concernent
41:53cette présidente de l'OGE
41:55s'affiche régulièrement
41:58à des photos d'elle
41:59qu'elle publie elle-même
42:00avec le président israélien
42:02avec le président israélien
42:03elle est dans une prise d'opposition
42:05qui est dans une défense finalement
42:09quasi inconditionnelle
42:10du régime israélien
42:11du régime de Netanyahou
42:12comment on peut penser
42:15que ces signalements seraient neutres politiquement
42:19ou qu'il n'y aurait pas d'agenda politique finalement
42:21ou un ciblage et un harcèlement politique et judiciaire
42:25qui est sciemment orchestré
42:27en raison de mes positions politiques
42:29ça fait maintenant deux ans que ça dure
42:31et j'espère désormais que vous avez assez de matière
42:3416 procédures au moins
42:37qui ont fait l'objet d'études
42:38de la part du parquet
42:39d'une attention du parquet
42:41mais comme je vous le disais initialement
42:43on n'a pas de visibilité sur toutes les plaintes
42:45tous les signalements
42:46mais je vous invite au moins
42:47sur ces 16 procédures
42:49ces 13 classements sans suite
42:50à vous pencher sur les arguments avancés
42:53sur les organisations qui sont derrière ces plaintes
42:56et à vous faire une opinion
42:57et à pouvoir également commenter ce fait là
43:00qui est un fait révélateur de persécution
43:03à mon sens politique
43:05j'en terminerai donc juste sur l'exemple du Canada
43:08puisque les organisations qui au Canada
43:10se sont targuées
43:12ont même revendiqué sur les réseaux sociaux
43:15d'avoir envoyé des informations
43:18c'est-à-dire un dossier
43:19c'est comme ça qu'ils s'expriment sur les réseaux sociaux
43:21en ces termes
43:22ils ont envoyé un dossier
43:24avec des éléments d'information concernant
43:27au service de l'immigration
43:30et des frontières du Canada
43:33qui a révoqué
43:36après m'avoir accordé
43:38mon navet
43:39mon autorisation de voyage
43:40la veille de mon départ au soir
43:43si ça n'a pas été fait
43:46pour m'empêcher de travailler
43:47enfin franchement
43:48on avait une mission
43:49qui a été préparée depuis des mois
43:51des conférences
43:52qui a affiché
43:53une inscription
43:55enfin des inscriptions
43:57qui étaient de l'ordre de 1600 personnes
43:59qui étaient attendues pour ces conférences
44:01c'est-à-dire qu'on avait vraiment fait
44:02salle pleine comble
44:04avant même de communiquer
44:05même sur ces conférences
44:06j'avais une dizaine de rencontres
44:08qui étaient prévues
44:09avec des acteurs politiques
44:10avec des acteurs de la société civile
44:12dont l'organisation Oxfam
44:14dont l'organisation Amnesty International
44:16et tant d'autres
44:18et tout ce travail a été empêché
44:21la veille de mon départ
44:22en réalité c'est le matin même
44:24samedi matin
44:24quand je me rends à l'aéroport
44:26qu'on m'informe que
44:27mon AVE a été révoqué
44:29la veille
44:30c'est-à-dire vendredi soir
44:32sur la base d'informations
44:34qui auraient été envoyées
44:36par ces organisations
44:37qui se revendiquent elles-mêmes
44:39des organisations de lobbying
44:40pro-israélien
44:41il suffit d'aller sur leur site internet
44:43et vous avez
44:44deux, trois
44:48paragraphes
44:48qui sont dédiés
44:49au renouveau
44:51des relations
44:51israélo-canadiennes
44:54au travail
44:55que fait l'organisation
44:56pour défendre
44:57les intérêts israéliens
44:58au Canada
44:59et ce sont ces organisations
45:00qui se sont revendiquées
45:02avoir opéré
45:03finalement
45:04pour m'empêcher
45:05et qui se sont félicitées
45:06en fait finalement
45:07de m'avoir empêché
45:08de travailler
45:09c'était un déplacement
45:10qui était prévu
45:11dans le cadre
45:11de mon mandat de député
45:13sur ce qu'on appelle
45:14une semaine verte
45:15au Parlement européen
45:16nous avons quelques semaines
45:17vertes à l'année
45:18ces semaines vertes
45:19c'est-à-dire
45:20c'est des semaines
45:20sur lesquelles
45:21nous n'avons pas
45:21de travail parlementaire
45:23elles sont faites
45:24et elles sont mises
45:25à disposition des députés
45:26pour qu'ils puissent
45:27eux-mêmes organiser
45:28des missions
45:28des déplacements
45:29des rencontres
45:31des consultations
45:31et c'est dans ce cadre-là
45:33que cette mission
45:33du Canada
45:34au Canada
45:35avait été préparée
45:36et qu'elle a été empêchée
45:38et bien ces organisations
45:39elles ont leurs antennes
45:40en France
45:40c'est les mêmes organisations
45:44et elles procèdent
45:46finalement
45:47il y a eu un transfert
45:48je crois
45:49parce que finalement
45:49c'est les dossiers
45:51qui me concernent
45:52en France
45:53qui ont été transférés
45:54des informations
45:55qui ont été transférées
45:55aux antennes
45:56de ces organisations
45:57au Canada
45:57et qu'ensuite
45:58elles ont produites
46:00à l'administration
46:01pour faire pression
46:03pour dire justement
46:04Rima Hassan
46:05fait l'objet d'enquêtes
46:07ou de plaintes
46:08pour apologie du terrorisme
46:09voilà
46:09on constate aujourd'hui
46:11que l'écrasante majorité
46:12de ces enquêtes
46:13elles ont été classées
46:14sans suite
46:14et pendant deux ans
46:15on m'a fait poireauter
46:17alors qu'effectivement
46:17je me suis rendue
46:19à toutes les auditions
46:20à toutes les convocations
46:22pour m'expliquer
46:23finalement
46:23de mes positions
46:24de mon engagement
46:26pendant deux ans
46:27on a laissé
46:27toutes ces affaires
46:28en suspens
46:29comme ça
46:29à des fins je crois
46:31d'utilisation
46:33pour
46:33par des préfets
46:34parce que finalement
46:35il ne s'agit pas que
46:36de la question
46:37de ce voyage là
46:37j'ai eu à moindre reprise
46:42des décisions
46:43d'annulation
46:44de mes conférences
46:45par des préfets
46:46qui aussi convoquaient
46:47cette question
46:48de Rima
46:49les problématiques
46:50c'est une figure
46:52problématique
46:53puisqu'elle fait l'objet
46:55de plusieurs plaintes
46:56pour apologie du terrorisme
46:57donc je pense que
46:59oui
46:59ça a été
46:59véritablement orchestré
47:02et que je ne m'explique pas
47:03à ce stade
47:04comment se fait-il
47:05que j'ai été entendue
47:06en avril 2024
47:09pour la première audition
47:10pour apologie du terrorisme
47:12et que j'ai finalement
47:15qu'aujourd'hui
47:16des nouvelles
47:17sur les suites
47:18à donner
47:18de ces différentes convocations
47:20et je veux quand même
47:21souligner que ça intervient
47:22à un moment
47:24qui est celui
47:25des présidentielles
47:26c'est-à-dire que nous rentrons
47:27dans une temporalité
47:28où nous savons
47:30que la France insoumise
47:31va perpétuellement
47:32être une cible
47:34puisque les chances
47:35de la France insoumise
47:36d'arriver au second tour
47:37ne font plus aucun doute
47:38et qu'il y a
47:40une volonté manifeste
47:42de diaboliser
47:43la France insoumise
47:44de cibler
47:45finalement
47:46ses militants
47:47et ses militantes
47:48et aussi
47:49de faire payer
47:50à la France insoumise
47:50ses engagements
47:53sur la question
47:54palestinienne
47:55donc mot de conclusion
47:56ça sera un mot
47:57de détermination
47:59il n'est pas question
48:00pour moi
48:02ni de céder
48:03à cet acharnement
48:05politique
48:06judiciaire
48:06et aussi
48:07j'ai eu l'occasion
48:08de le dire
48:09médiatique
48:09ça fait deux ans
48:10maintenant
48:10que je supporte
48:11à répétition
48:12des campagnes
48:13à tout bas
48:13sans qu'aucun journaliste
48:15par ailleurs
48:15ne me donne la parole
48:16je veux quand même
48:17le souligner
48:18c'est que
48:18l'écrasante majorité
48:20des articles
48:21qui sortent
48:22sur moi
48:23il est très très rare
48:24qu'on me donne
48:25la possibilité
48:26que je puisse répondre
48:27que je puisse éventuellement
48:29commenter
48:31voilà
48:31donc
48:31c'est
48:33il y a une invisibilisation
48:36par ailleurs
48:36en plus de cette dynamique
48:37de persécution
48:38une invisibilisation
48:39de
48:39de la possibilité même
48:42de ma voix
48:43et de la possibilité même
48:44qui peut m'être offerte
48:45de pouvoir m'exprimer
48:46de répondre
48:47à ces polémiques
48:48qui sont bien souvent
48:49fabriquées de petites pièces
48:50donc
48:50mon mot de conclusion
48:52c'est un mot
48:53de détermination
48:56on a été
48:57bien sûr
48:57éprouvés
48:58ces 24 dernières heures
49:00mais nous sommes
49:01déterminés
49:02à la fois
49:03à dénoncer
49:04ce qui est en cours
49:05pour nous
49:05mais pas seulement
49:06aussi pour toutes celles
49:07et ceux
49:08qui nous soutiennent
49:08pour toutes celles
49:09et ceux
49:10qui nous ont élus
49:11pour toutes celles
49:12et ceux
49:12même en dehors
49:13de notre famille politique
49:15qui comptent sur nous
49:16pour défendre
49:17l'état de droit
49:18pour défendre
49:20l'idée qu'on se fait
49:21de la justice
49:21pour défendre
49:22l'idée qu'on se fait
49:23de la liberté
49:24d'expression
49:25et je veux leur dire
49:26qu'ils peuvent compter
49:27sur nous
49:28que nous allons mener
49:29toutes les batailles
49:30de front
49:31et effectivement
49:31si procès
49:32il y a le 7 juillet
49:34on en fera
49:35un procès historique
49:36on invitera
49:37toutes les voix pertinentes
49:39pour commenter
49:40ce qui se joue
49:41sur la question palestinienne
49:42en termes de censure
49:43en termes de répression
49:44et en termes de dévoiement
49:45des lois antiterroristes
49:47et également
49:48de dénonciation
49:49et je veux le dire
49:50d'un lobby
49:51d'un lobby
49:52c'est comme ça
49:52qu'il faut le nommer
49:53d'un lobby
49:54qui oeuvre
49:55pour les intérêts
49:56d'Israël
49:56depuis la France
49:57et qui va jusqu'à
49:58sacrifier
49:59nos droits
50:00et nos libertés
50:01il n'est pas normal
50:02qu'en France
50:02nous ayons
50:03un humoriste
50:04comme Guillaume
50:06Guillaume Meurice
50:07qui se voit
50:08perdre son travail
50:09pour une blague
50:10sur Netanyahou
50:11ça n'arriverait jamais
50:12si c'était le cas
50:13sur une blague
50:14sur Poutine
50:15par exemple
50:16il n'est pas normal
50:17que des journalistes
50:19soient ciblés
50:19en raison
50:20de l'analyse
50:21qu'ils font
50:21de la situation
50:23à Gaza
50:23et qu'ils prennent position
50:25finalement
50:26sur le traitement
50:27qui est en effet
50:28du point de vue journalistique
50:30il n'est pas normal
50:31que des syndicalistes
50:32soient poursuivis
50:33en justice
50:34pour leur position
50:36sur ce sujet
50:37de la même manière
50:38qu'il n'est pas normal
50:39que des étudiants
50:39soient également
50:41ciblés
50:42qu'ils en viennent
50:42presque pour certains
50:43à perdre leur diplôme
50:45à être dans des situations
50:47d'harcèlement
50:47de la part de leur administration
50:49en raison également
50:50de leur militantisme
50:52et de la manière
50:52qu'il n'est pas normal
50:53que des élus
50:54se retrouvent
50:55en garde à vue
50:56pour une position
50:58exprimée
50:59pour un tweet
51:00qui a été publié
51:01et pour lequel
51:01j'ai dû faire
51:0215 heures
51:03de garde à vue
51:04en étant également
51:05placée en cellule
51:06c'était pas des conditions
51:07où j'ai pu simplement
51:09rester dans un bureau
51:10et puis répondre aux questions
51:11j'ai fait l'objet
51:12d'un interrogatoire
51:13de plusieurs interrogatoires
51:14et ensuite
51:15sur tout le temps
51:18qui séparait
51:19ces différents interrogatoires
51:22j'ai été placée
51:23en cellule
51:24en cellule
51:25alors je ne veux pas
51:26bénéficier d'un traitement
51:28différencié en soi
51:29mais je veux quand même
51:30dire mon indignation
51:32de me retrouver
51:3315 heures
51:33en garde à vue
51:34pour un tweet
51:36un tweet
51:36donc ça sera mon mot
51:38de conclusion
51:39et que je veux véritablement
51:41axer sur la détermination
51:43qui est la nôtre
51:44et qui nous accompagnera
51:47jusqu'aux élections
51:48des présidentielles
51:50de 2027
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