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  • 30 minutes ago
Since nurseries were opened up to the private sector in the early 2000s, early childhood has become a lucrative business for its voracious players. As scandals involving abuse and embezzlement of public funds multiply, we investigate the excesses of deregulation, which has turned babies into cash machines.
Transcript
00:00Moi je me suis retrouvée toute seule avec 21 bébés.
00:02On est en mode survie, on est partout et nulle part à la fois.
00:06Réduire les coûts pour maximiser les profits,
00:08quitte à mettre en danger vos enfants et ceux qui les gardent.
00:11Pour les grands groupes privés, la crèche est un business comme un autre.
00:14Comment c'est possible qu'ils arrivent à gagner de l'argent sur ce secteur-là ?
00:18C'est... je comprends pas.
00:21Il y a 25 ans encore, c'était le monopole de l'État et de quelques associations.
00:24C'est devenu un marché en plein boom.
00:26Sur 10 nouvelles places en crèche, 8 sont aujourd'hui gérées par des entreprises.
00:30En 2023, elles dégageaient près de 2 milliards de chiffres d'affaires.
00:35Vous vous demandez quel est leur secret pour prospérer dans un secteur
00:37qui ignorait encore il y a peu les mots profit et rentabilité ?
00:41Ça ne peut être qu'au détriment des conditions de travail du personnel
00:44et de la qualité du service.
00:46Les équipes vont être en sous-effectif, mais en même temps,
00:49on va augmenter le nombre d'enfants.
00:51Vous avez des lieux où il y a des pénuries alimentaires,
00:53c'est-à-dire qu'on va pas donner assez à manger.
00:55Vous allez avoir des lieux où les enfants vont tellement être nombreux
00:59dans la section qui va avoir des morsures, des griffures,
01:01donc un stress pour l'enfant au quotidien.
01:03Avec 10 000 postes non pourvus en France,
01:05le sous-effectif est un fléau dans le secteur de la petite enfance.
01:08Mais pour ces groupes, c'est surtout une aubaine pour faire des économies,
01:12un véritable système.
01:14Remplacement à faire tarder,
01:17deux postes en cours de recrutement à faire traîner.
01:20Je ne l'invente pas, c'est inscrit là,
01:21voilà, sur une feuille de réunion de gestion.
01:23Personnel de moins en moins qualifié et expérimenté,
01:26conditions de travail dégradées,
01:27turnover incessant,
01:28toutes les conditions sont réunies pour favoriser
01:30les dérives et les violences ordinaires.
01:32Les professionnels qui ne vérifiaient pas la température des biberons,
01:35qui donnaient des biberons brûlants à des nourrissons,
01:38donc il y avait l'œsophage brûlé.
01:39Les gens qui ouvraient les portes sans faire attention,
01:41et qui arrachaient les oeufs des enfants,
01:43qui maintenaient la tête d'un enfant seul
01:45et qui lui hurlaient dessus pour le terrifier,
01:46qui les punissaient et qui les mettaient au coin
01:49et les enfermaient dans une pièce pour les faire réfléchir,
01:53voilà, plein de choses comme ça.
01:54On est sur quelque chose qui est structurel en France,
01:57dans le monde de la petite enfance.
01:58Que faire dans cette situation ?
02:00Subir ou partir ?
02:02De nombreux salariés se posent la question.
02:03Quelques-uns osent briser le silence.
02:05Ce qu'on voit beaucoup,
02:07c'est des professionnels qui ont vécu
02:09dans des violences institutionnelles,
02:11pendant des mois et des mois,
02:12souvent après une grossesse ou un arrêt maladie,
02:15reviennent et ne supportent plus la violence.
02:17Ils vont se dire, ce n'est plus possible,
02:18je ne peux pas subir ça
02:21et que les enfants le subissent aussi.
02:23Mais il faut un temps.
02:24Quand vous êtes tout le temps dans un monde violent,
02:26vous pensez que c'est la normalité.
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