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  • il y a 11 heures
Disponible dès le 9 avril sur Netflix, "Bandi" est la nouvelle série événement signée Eric Rochant (Le Bureau des Légendes...) et de sa fille Capucine. Ensemble, ils ont imaginé une saga familiale ancrée en Martinique qui suit onze orphelins tiraillés entre loyauté et tentation du trafic de drogue.

Retrouvez « Le grand portrait » de Sonia Devillers sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-9h10

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Transcription
00:08Ce matin dans le mag de la grande matinale, beaucoup de drogue, une pomme qui valait des
00:14milliards, une Charline Vanhoenacker qui nous parle des profiteurs de guerre et une Daphné
00:18Burki qui nous présente Tidiane, on va chanter. A 9h30 vous retrouverez le débat du jour,
00:24Apple à 50 ans. Vous vous souvenez quand on écoutait Steve Jobs comme si c'était un oracle,
00:29les prix effarants des produits à la pomme, leur conception qui bouleversait tous nos usages.
00:34Un demi-siècle après, la firme pèse, tenez-vous bien, 3 700 milliards de capitalisation boursière.
00:41Mais Apple est-elle encore l'emblème du cool ? On en discute juste après le grand portrait.
00:47France Inter. La grande matinale. Sonia de Villers.
00:55L'équipe de la matinale a adoré Bandit. L'oeuvre d'un père, Éric Rochand, considéré comme le king de
01:03la série française,
01:04puisque le bureau des légendes, c'est lui. Et de sa fille, Capucine. Ensemble, ils ancrent leur nouvelle intrigue en
01:11Martinique
01:12et filment une fratrie de 11 orphelins qui trempe dans le trafic de drogue pour s'en sortir.
01:17Vous y trouverez le suspense des bons polars. Vous y trouverez la justesse rugueuse du cinéma réaliste.
01:25Mais pas que. Bandit, c'est de la tragédie grecque purjue.
01:29À chaque étape, vous comprendrez que sauver son frère, c'est tuer son père.
01:33Que venger son honneur, c'est sacrifier sa mère. Que protéger sa sœur, c'est laisser mourir son frère.
01:38Et ainsi de suite. Mais qu'est-ce qu'il y a chez les Rochand pour que le dilemme moral
01:41soit au cœur du réacteur ?
01:44Portrait de famille, numéro 117.
02:12Bonjour Capucine et bonjour Éric Rochand.
02:16Soyez les bienvenus sur France Inter pour un scénario écrit père-fille.
02:20Le personnage du père dans Bandit est particulièrement absent, malhonnête, pourri et sans aucun sens de la famille.
02:27Lequel de vous deux a voulu tuer le père ?
02:33On commence par une question compliquée.
02:35Oui, Capucine.
02:36Celle qui a voulu tuer le père, c'est toi.
02:38Mais moi, je ne tue pas.
02:39Est-ce que j'ai réussi ?
02:41De toute façon, c'est toujours bien de tuer le père à un moment donné.
02:43Mais en fait, on était d'accord tous les deux pour qu'il n'y ait qu'une mère.
02:48Parce qu'il y ait une figure charismatique et inaugurale de tout ce qui va se passer.
02:52Tout repose sur elle.
02:55Et en fait, je crois qu'on n'avait juste pas envie qu'il y ait des pères.
02:57On n'avait pas envie de les voir.
02:59C'est passionnant.
03:00On avait déjà 11 enfants à traiter.
03:04C'est beaucoup de personnages.
03:05Alors, Bandit sera disponible à partir du 9 avril sur Netflix.
03:10C'est une sortie mondiale, évidemment.
03:12Mais très sérieusement, c'est ce que je disais en introduction.
03:16Voilà 11 enfants qui ont entre 7 et 25 ans.
03:19Voilà 11 enfants laissés à l'abandon parce que leur mère, qui incarne la loi, meurt dans le premier épisode.
03:26Que le père est en taule.
03:29Et très sérieusement, Bandit, c'est les atrides.
03:32Éric Rochand ?
03:34Je crois que c'est ce qui nous a intéressés, à l'intérieur même d'une série de genre.
03:40On peut dire que c'est une série gangstaire.
03:42Oui, de gangstaire.
03:42Comme Top Boy, par exemple.
03:44Bandit, ça veut dire gangstaire, d'ailleurs.
03:45Alors, Bandit, ça veut dire aussi bien gangstaire que débrouillard, que canaille.
03:51Il y a un côté qui peut être tendre, en fait, dans le mot Bandit.
03:55Mais ce qui nous a évidemment intéressés, c'est tous les tiraillements, les dilemmes que pose le passage à la
04:07délinquance et à la violence.
04:08En fait, c'est une famille qui, tout d'un coup, est obligée de se poser la question pour s
04:13'en sortir de comment on fait pour rester unis.
04:16Première loi de la mère, rester unis.
04:18Deuxième loi de la mère, ne touchez pas à la drogue.
04:20Or, c'est deux principes qui peuvent être contradictoires.
04:25À ce moment-là, parce que rester unis, ça veut dire trouver les ressources pour ne pas être passés.
04:29Et par ailleurs, la mère, qui est la loi, meurt.
04:31Donc, la loi meurt.
04:32Donc, ils sont sans la loi.
04:34Ils sont sans sur moi.
04:36Et en même temps, en mourant, elle fait encore plus sens.
04:42On ne peut plus la transgresser.
04:44Puisqu'on n'a plus la mère pour demander l'approbation.
04:47Elle est gravée dans la pierre.
04:49C'est ça.
04:50Elle est gravée dans la pierre, comme la loi, comme les tables de la loi.
04:54Écoutez, justement, ce personnage, la mère de famille, qui parle au repas de famille de Kylian.
05:00Kylian, qui est interprétée par Jodie Grimaud, acteur absolument incroyable.
05:05On va en parler.
05:06Kylian a toujours été un garçon à part.
05:10Il est alloué, parce qu'il est sérieux, intégré, tenace.
05:14Il flotte dessus de tout le monde, comme la fleur de lotus sur l'autre coube.
05:37Il est le fil rouge de cette saga en huit épisodes, Capucine.
05:45Il est le fil rouge.
05:46Vous pouvez nous raconter Kylian, ce personnage très trouble et passionnant ?
05:51Kylian, oui, il a un côté un peu malotru, en fait, parce qu'il est dans le secret, depuis le
05:58début.
05:59Éric Rochand, qui est malotru ?
06:01Malotru, c'est le bureau des légendes.
06:04Voilà, donc Capucine parle en langage paternel.
06:08Donc il a un côté malotru.
06:09Oui, dans le sens où c'est le personnage qui a le côté héroïque, un peu extraordinaire.
06:17Il est dans le secret, il est plus...
06:21C'est celui qui est malin, c'est celui qui a toujours les solutions.
06:24Et c'est celui qui est le plus dur et dont on se demande toute la série.
06:33Il porte un masque, il porte un masque.
06:35Il est le bon élève, il est le fils préféré de sa mère.
06:38Derrière, il est un baron de la drogue en herbe.
06:42Et Éric Rochand, qu'est-ce qui vous fascine, depuis les Patriotes, depuis Yvan Attal,
06:46depuis Malotru, joué par Mathieu Kassovitz dans le bureau des légendes ?
06:50Qu'est-ce qui vous fascine sur ces jeunes hommes en construction,
06:54qui portent des pseudonymes, qui portent un masque, qui sont doubles ?
06:58En fait, le mensonge est moteur du drame, c'est vraiment le fuel du drame,
07:08puisque le mensonge, ça veut dire obétoirement une révélation possible, qui fait du mal.
07:14On ment toujours pour éviter en général de faire du mal à l'autre, ou alors pour lui faire du
07:18mal.
07:18Donc de toute façon, c'est lié à la violence.
07:22Le mensonge engendre la violence ?
07:24Le mensonge engendre le drame, ça c'est clair.
07:28Mentez, et puis vous allez voir un peu dans quel genre de monde vous allez vivre.
07:33Et du coup, en fait, c'est très romanesque.
07:36Donc le mensonge est aussi un moteur du romanesque, que ce soit dans les séries ou les films d'espionnage,
07:42ou dans cette série où il y a du mensonge.
07:46Il y a un mensonge qui est au cœur même de l'histoire,
07:49puisque le héros, effectivement, un des héros, en tout cas Kylian, ne dit pas à ses frères et sœurs
07:54qu'il transgresse depuis longtemps la loi de la mer, qui est qu'il, lui, touche à la drogue.
07:59Oui, mais qu'est-ce qui vous fascine dans ces jeunes hommes ?
08:02Il y a un petit peu de vous, il y a quoi ?
08:03Parce que c'est toujours des jeunes hommes.
08:05Ce n'est pas des jeunes femmes qui mentent, ce n'est pas des jeunes femmes qui portent des masques,
08:08ce n'est pas des jeunes femmes qui sont dans cette duplicité,
08:11et qui sont toujours travaillées par des dilemmes moraux.
08:16Là, je vais rentrer dans des considérations psychanalytiques.
08:19Ça tombe bien, vous êtes sur France Inter.
08:21Je crois que le problème des hommes, c'est que, comme disait Lacan,
08:26ils ne savent pas qu'ils ne l'ont pas.
08:28Donc ils croient qu'ils l'ont, mais ils font toujours faire la preuve qu'ils l'ont.
08:32Donc, à un moment donné, ça devient insupportable,
08:37ça peut les amener à la violence, ça les amène à la violence,
08:42cette mascarade, en fait.
08:43Les hommes sont dans la mascarade.
08:45Parce qu'il faut prouver quoi ?
08:47Il faut prouver qu'on l'a, le phallus.
08:48Le phallus ?
08:50Alors qu'on ne l'a pas.
08:52Et là, je vois la fille d'Éric Rochand à côté qui fait « Ah, d'accord ! »
08:56Non, ce n'est pas nouveau.
08:57Ce n'est pas nouveau.
08:58C'est-à-dire les explications de Lacan, vous les avez eues à table depuis longtemps ?
09:01Voilà.
09:02Voilà, très bien.
09:03Vous lui avez mis, Capucine quand même, à ce personnage de Kylian,
09:06un grand poster de Scarface dans sa chambre d'étudiants,
09:10donc Al Pacino dans le film de Brian de Palma.
09:13Évidemment, ça pourrait être une espèce de référence.
09:15N'empêche que la série commence par Kylian qui dit « Lui, c'est tout ce qu'il ne faut
09:19pas faire. »
09:21Oui, c'est-à-dire qu'on voulait quand même rappeler qu'il est lycéen,
09:25qu'il a les mêmes fantasmes que tous les autres lycéens,
09:30et en même temps, tout de suite, retourner le montrer qu'il n'est pas comme les autres.
09:36Il n'est pas comme les autres, même s'il n'a pas le même imaginaire associé au film Scarface,
09:42qui pourtant a fait rêver bon nombre de lycéens.
09:48Même s'il va le devenir, Éric Rochand ?
09:51Oui, Scarface, c'est évidemment un destin tragique.
09:54En fait, Scarface tue sa sœur, je crois, en tout cas, son frère, son cousin.
09:58Au bout d'un moment, la violence engendre la violence.
10:01Et donc, mettre un pied, et c'est ce que dit la série d'une certaine manière,
10:05mais comme c'est à l'intérieur d'une famille où tout le monde n'est pas d'accord,
10:08c'est ça qui va aussi créer des tensions.
10:09C'est-à-dire mettre un pied dans la rue, dans le game, dans la violence,
10:15c'est mettre un pied dans la tragédie.
10:16Et donc, évidemment, la famille va payer les choix des uns et des autres.
10:24Et vous aussi, à l'âge de Kilian, vous aviez un poster de Brian De Palma dans votre chambre ?
10:31Non, parce que c'était avant de Brian De Palma.
10:35Moi, je l'ai eu, le poster d'Oscar.
10:36Vous, vous l'avez eu, le poster d'Oscar ?
10:38Oui, j'ai essayé de le retrouver pour la série, mais...
10:40Parce que votre père vous a fait biberonner à ce cinéma américain des années 70 ?
10:44Oui.
10:45Vous, vous êtes né en 60, 61, c'est ça ?
10:47Voilà, moi j'avais un poster du Che.
10:48D'accord, de Che Guevara ?
10:50Très bien, très bien.
10:52Vous ne l'avez pas tourné à Cuba, celle-là.
10:53Allez, écoutez Francis Ford Coppola, qui était à ce micro, réalisateur du Parrain, évidemment.
11:00Et je l'avais interviewé, il m'avait raconté la manière dont il embarquait chaque fois qu'il faisait du
11:06cinéma,
11:06comment il embarquait toute sa famille.
11:09Quand il s'agissait de faire un film, de partir, ne serait-ce que dix jours en déplacement,
11:13je prenais mes enfants avec moi, je prenais tout le monde avec moi,
11:16et on était un peu comme une famille chinoise d'acrobates.
11:20Mes gamins étaient toujours avec moi, même ma femme en a fait un film pour raconter tout ça.
11:26Alors, bien entendu, ils sont entrés dans le cinéma parce que c'est tout ce qu'ils savaient faire.
11:30L'été, on montait des pièces ensemble, c'est tout ce qu'ils n'ont jamais connu,
11:35mais enfin, ils ont tous réussi.
11:36Sophia n'a pas besoin de moi, Romain n'a pas besoin de moi,
11:39même ma petite-fille vient de faire un film merveilleux sans moi.
11:43Voilà, Francis Ford Coppola qui a embarqué toute sa tribu sur ses tournages.
11:50Eric, quand Capucine est né, vous, vous en étiez à quelle étape de votre carrière de réalisateur ?
11:57C'est très intéressant parce que quand Capucine est né,
12:00en tout cas, elle était déjà en route.
12:06Au moment où je tournais Un monde sans pitié,
12:08et au moment où même le tournage de mon premier film Un monde sans pitié s'est arrêté,
12:13faute d'argent.
12:14Elle est née en fait sous cette étoile du pari que j'ai fait de faire du cinéma,
12:22alors que je ne connaissais personne,
12:23parce que mes parents n'étaient pas du tout dans le cinéma.
12:25Donc, j'ai fait un pari, j'avais envie de faire du cinéma.
12:28Alors, ce qui est marrant aussi, c'est que mon grand-père,
12:32juif polonais, arrivé en France en 1933,
12:39m'avait dit, quand je lui ai dit, avec un accent yiddish,
12:43à couper au couteau, quand je lui avais dit que je voulais faire du cinéma,
12:45il m'avait dit, enfin il n'était pas content du tout,
12:47il m'a dit que tu ne seras jamais à la maison.
12:49Ah, tu ne seras jamais à la maison.
12:52Capucine, écrire avec son père,
12:54c'est une manière de pouvoir partager un peu de sa vie,
12:58parce qu'il n'est jamais à la maison, sinon ?
13:01En fait, non, moi je ne pense pas qu'il n'était jamais à la maison.
13:04Il était beaucoup à la maison,
13:05mais par contre, il travaillait à la maison,
13:07donc il ne fallait pas le déranger.
13:08Il était complètement pris.
13:10Donc c'était une manière de pouvoir entrer dans son monde.
13:13Vous l'avez raconté, Éric Rochon,
13:14vous avez raconté que par exemple,
13:16les dix ans passés sur le bureau des légendes,
13:18c'était une espèce de machine à broyer
13:20qui vous a aspiré complètement,
13:23mais toute votre énergie,
13:24tout votre désir,
13:24toute votre capacité de travail,
13:27ça vous a épuisé ?
13:30Ça m'a bien fatigué,
13:31mais c'est vrai qu'on n'a pas de vie.
13:32Quand on fait une série, on n'a pas de vie.
13:33D'ailleurs, je crois que Capucine vient d'expérimenter.
13:37C'est vrai qu'être showrunner,
13:38parce que c'est ce qu'on est sur la série Bandit,
13:40c'est-à-dire qu'on fait tout,
13:43on supervise tout,
13:45rien ne se fait sans notre regard,
13:48on fait en sorte que ça n'aille pas ailleurs.
13:50Et vous, vous avez réalisé aussi en plus une partie des épisodes.
13:53On n'a pas de vie.
13:54On n'a pas de vie.
13:57Et en même temps,
13:58quand vous dites que Capucine naît en même temps qu'un monde sans pitié,
14:02c'est-à-dire que vous mettez au monde Capucine
14:04et vous lui, comment dire,
14:05vous lui léguez une forme de grande désillusion
14:08de votre génération aussi, non ?
14:11Parce que c'est ça que ça raconte,
14:13un monde sans pitié.
14:14C'est un peu la fin des idéologies,
14:18l'histoire d'une génération qui se retrouve
14:22avec un manque de repères,
14:23un manque de grands récits,
14:25un manque d'histoire,
14:26une difficulté à se projeter dans l'avenir.
14:28Un manque d'idéologie,
14:29mais le monde a comparé à celui d'aujourd'hui
14:32qui est un pur chaos,
14:33qui est un puzzle,
14:36qui n'a plus aucune logique,
14:38si ce n'est celle de la force et des empires.
14:40C'est vrai qu'on risque d'être un peu nostalgique
14:43de ce monde que j'appelais sans pitié,
14:47qui était celui de la fin de la grande...
14:52Capucine est née aussi
14:54au moment du mur de Berlin qui s'effondre,
14:58de l'effondrement du communisme.
15:00C'est ça.
15:00Et là, Trump qui parle à la télévision cette nuit,
15:03le face-à-face entre la République islamique d'Iran,
15:08Israël, avec le Mossad qui cible un à un,
15:11chaque Mola et chaque Nervi du régime des Mola,
15:15ça ne vous démanche pas
15:17de repiloter le bureau des légendes là ?
15:19Ça, ce n'est pas nouveau,
15:20parce qu'en fait, en 1972,
15:21ils ont été chercher chaque terroriste de Munich.
15:26Donc, ce n'est pas tout à fait nouveau.
15:28Mais aujourd'hui, le problème d'aujourd'hui,
15:31vraiment, c'est le rapport au réel.
15:33Et je pense que là,
15:34le réel de la guerre rattrape tout le monde.
15:37alors même qu'on essaie de le délier.
15:40Et là, il reste de la place pour la fiction ?
15:42Il reste de la place pour refaire une série d'espionnage ?
15:44Alors oui, mais ça sera effectivement,
15:46encore une fois,
15:47ça sera une série d'espionnage en mode puzzle.
15:50C'est-à-dire ?
15:50C'est-à-dire, il faut raconter, je crois,
15:53comment le monde aujourd'hui est devenu
15:56un pur chaos
15:59à l'image des réseaux sociaux.
16:01Donc, vous allez laisser Bandi à Capucine
16:03qui va continuer Bandi
16:04et vous, vous allez recommencer
16:05les séries d'espionnage, c'est ça ?
16:06Dans quelques années, peut-être.
16:08Pour l'instant, on va rester sur Bandi.
16:33Bandi, le 9 avril,
16:38Capucine, vous êtes tous les deux
16:40blancs, bourgeois, métropolitains, parisiens même.
16:44Vous ne connaissiez rien aux Antilles,
16:46rien à la culture antillaise.
16:48Vous avez ressenti de la méfiance
16:50en arrivant tous les deux aux Antilles
16:53pour tourner aux Antilles ?
16:54Il y a eu, quand le titre de la série
16:58a un peu été sorti,
17:02mais c'était au tout début,
17:04c'est quand on est arrivés au tout début,
17:07ça a fait peur un peu.
17:09Mais après, c'est juste un titre
17:11et comme vous le savez,
17:13maintenant, ça a plusieurs sens.
17:16C'est ce que raconte Tris Martin,
17:17votre co-scénariste et co-réalisateur
17:19qui est martiniquais,
17:21qui a dit qu'il a fallu qu'on aille expliquer
17:23dans les quartiers,
17:24que ce n'était pas un tournage à charge,
17:26que ce n'était pas une vision hyper réductrice
17:30des Martiniquais et des Antillais de Fort-de-France.
17:33Oui, il a fallu se faire accepter,
17:34c'est normal, il y a des craintes,
17:36on ne sait pas très bien
17:38ce qu'on va raconter,
17:39on ne sait pas ce que font ces gens-là.
17:41Oui, mais ça s'est bien passé,
17:44il faut expliquer,
17:45mais après ça se passe bien.
17:46Éric Rochand, vous vous êtes lancé
17:47dans un casting géant en Martinique.
17:50Géant, vous avez vu combien ?
17:52Entre 3 000 et 4 000 personnes.
17:53Entre 3 000 et 4 000 personnes ?
17:55Oui, je pense.
17:55Pour la série ?
17:56Oui, 3 000 personnes.
17:58Donc les acteurs et les figurants ?
18:00Les acteurs ?
18:02Je ne compte pas les figurants.
18:03Vous ne comptez pas les figurants ?
18:04Non.
18:04Entre 3 000 et 4 000 personnes ?
18:06C'est comme ça que vous avez trouvé
18:07Jodie Grimaud dont je parlais,
18:08qui joue...
18:09Jodie Grimaud, oui,
18:10qui joue Kylian.
18:12Tous les gens qui travaillent aujourd'hui dans Bandit,
18:16qui sont devenus cette famille La Fleur.
18:18En fait, on savait qu'on n'allait pas pouvoir
18:20obligatoirement travailler avec des comédiens
18:24professionnels, chevronnés,
18:25parce que les personnages principaux ont de 7 à 25 ans.
18:30Et en plus, on voulait qu'ils soient purent antillais.
18:32C'est-à-dire qu'on voulait vraiment faire une série
18:35purement martiniquaise, sans phare.
18:38C'est pour ça aussi qu'on a demandé à Chris Gorton,
18:42Gwena La Balmel et plein d'autres.
18:44Et tous les autres scénaristes sont antillais.
18:46On les a formés.
18:47On a fait une école de scénario...
18:49Enfin, on a fait une formation de scénaristes.
18:52Mais aussi pour les acteurs.
18:53On voulait des antillais.
18:55On voulait vraiment que...
18:57Et vous avez intégré le créole à la série.
18:59Il n'y en a pas beaucoup sur Netflix.
19:01Des répliques en créole.
19:04Donc, Eric Rochand qui a puissé une Rochand pour Bandit
19:07qui sera le 9 avril.
19:08Voilà, un dernier mot.
19:09Sachez qu'en régie, donc depuis 20 minutes,
19:12tout le monde se demande ce que pouvait bien vouloir dire Lacan.
19:16Eric Rochand.
19:18Donc, les hommes l'ont.
19:21Ne savent pas qu'ils ne l'ont pas.
19:23Ne savent pas qu'ils ne l'ont pas.
19:24Ils doivent toujours faire la preuve qu'ils l'ont.
19:26Ils doivent toujours faire la preuve qu'ils l'ont.
19:28C'est donc un immense concours de quéquettes, c'est ça ?
19:30Puisque là-dedans, on parle du phallus.
19:33Oui, c'est ce qu'on appelle le combat phallique,
19:35le combat de coque.
19:37Merci Eric Rochand et merci Capucine Rochand.
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