00:00Ici Matin
00:02La profession d'agriculteur accumule les difficultés en ce moment.
00:05Ils sont affectés par la guerre au Moyen-Orient.
00:08L'Europe aussi vient de signer cette semaine un nouvel accord commercial avec l'Australie.
00:12Et voilà que les températures dégringolent en Bourgogne.
00:15Ce qui fait craindre le gel de printemps sur les cultures.
00:19Pour évoquer tous ces sujets, votre invité, Anne-Laure, c'est le président de la Chambre d'agriculture de Côte
00:24d'Or.
00:24Bonjour Jacques Deloisy.
00:25Bonjour à toutes et tous.
00:26Avec la guerre au Moyen-Orient, les conséquences économiques sont nombreuses.
00:29Déjà sur le prix des carburants.
00:31Mais pas que pour nos agriculteurs.
00:33Par quoi d'autres sont-ils impactés ?
00:35Effectivement, comme tout un chacun, lorsque les agriculteurs font leur plein de carburants,
00:40il y a un impact fort à court terme.
00:42Mais il y a des impacts qui se profilent à moyen terme.
00:45Puisque la France est très dépendante, comme un certain nombre de pays européens,
00:49de l'énergie du Moyen-Orient qui sert au carburant.
00:53Mais aussi à la fabrication des fertilisants.
00:56Et les coûts vont exploser, si tant est qu'on puisse s'approvisionner.
00:59Donc sur les engrais notamment.
01:01Exactement.
01:02Les petites annonces qui viennent d'être faites par le gouvernement,
01:04comme augmenter la production dans les raffineries, ça suffit ?
01:07C'est pas assez ?
01:08Je pense que le terme que vous venez d'employer adéquat,
01:11petites annonces, malheureusement, ça ne viendra pas.
01:14Alors elles sont petites en volume et en temps.
01:17En volume, puisque ça ne viendra absolument pas compensé.
01:19Vous avez pu constater l'évolution des cours du gaz et du pétrole.
01:23Mais aussi depuis trop longtemps, la France et l'Europe ont abandonné les moyens de production.
01:28On le crie à corps et à cri depuis de nombreuses années.
01:32Et on voit aujourd'hui toutes les conséquences.
01:34Puisqu'il n'y a plus de production d'engrais quasiment en Europe.
01:37Et au surplus, Mme van der Leyen a eu la bonne idée d'imposer des taxes il y a quelques
01:43semaines
01:43sur les importations d'engrais.
01:44On voit toute sa lucidité.
01:46Je dis ça avec un peu de malice et du mot.
01:49On ajoute à ça, encore une charge supplémentaire.
01:52Ce nouvel accord officiellement signé cette semaine entre l'Union Européenne et l'Australie
01:55après l'accord ratifié avec l'Amérique du Sud.
01:59Là encore, une charge en plus pour les agriculteurs ?
02:01Alors c'est en l'occurrence des revenus en moins.
02:04Puisqu'il n'y aura pas forcément de charge en plus.
02:06Mais on se souvient trop peu qu'avant le Mercosur,
02:09il y a déjà eu les accords avec le président des Etats-Unis au mois d'août l'année dernière.
02:12Sans aucune concertation.
02:13Et puis à nouveau, effectivement, maintenant avec l'Australie, Mme van der Leyen met un point d'honneur à détruire
02:20toute l'agriculture française et européenne.
02:22C'est particulièrement regrettable.
02:24Et on peut regretter aussi l'absence peut-être du poids de la France dans toutes ses négociations.
02:29Alors il va rester quoi ?
02:30Après l'Australie, les pays du Mercosur, il reste quoi ?
02:34Il reste le continent africain qui est un énorme continent.
02:38Et avec lequel on pourrait peut-être, effectivement, si tant est qu'il y a un petit peu de clairvoyance,
02:43un certain nombre d'esprits,
02:44pouvoir passer des accords d'échange.
02:47Pas de libre-échange, d'échange peut-être.
02:49Ce qui veut dire peut-être cette mise en concurrence de nos agriculteurs.
02:53Peut-être par exemple du phosphore marocain contre du blé français.
02:57C'est un exemple parmi d'autres.
02:58La France est très proche du royaume du Maroc.
03:01Il y a bien d'autres pays en Afrique et on pourrait avoir quelque chose d'équilibré.
03:04Pour une fois, ça ferait du bien à tout le monde, sans doute aux personnes du continent africain et aux
03:09agriculteurs français et européens.
03:10Il y a des pistes par là.
03:11Sur la météo, Jacques Deloisy, on le disait et on le dit depuis 6h ce matin,
03:14les températures ont chuté depuis 24h, moins 10 degrés environ.
03:17La nuit prochaine, on pourrait même avoir jusqu'à moins 3 dans le Châtillonnet.
03:21Ça aussi, c'est une angoisse pour nos agriculteurs, nos producteurs, arboriculteurs, etc.
03:25Oui, alors peut-être pour une fois, les producteurs de céréales, valeur minute,
03:30seraient légèrement épargnés si le froid ne descend pas trop bas.
03:33Mais à plus court terme, ce sont effectivement les viticulteurs et les arboriculteurs.
03:38On l'entendait il y a encore quelques minutes.
03:39Parce qu'on a quand même quelques arboriculteurs dans le département.
03:41Il y en a certains qui se développent ou qui se redéploient.
03:44Donc c'est une bonne chose.
03:44Mais effectivement, sur le secteur viticole et arboriculture,
03:48c'est un danger les 4-5 nuits à venir,
03:51puisque c'est une accumulation de températures négatives qui s'annoncent.
03:55C'est donc des risques importants sur la destruction de récoltes,
03:59puisque les bourgeons sont en train de sortir,
04:01des clores, puisque au mois de février, vous avez noté,
04:04il n'y avait pas une matinée avec du gel.
04:06Donc on est très en avance.
04:07Le réchauffement climatique, ce n'est pas que les canicules au mois de juillet-août.
04:11Quand on vous écoute, on se dit que ça commence à faire beaucoup pour la profession.
04:15Ça fait effectivement beaucoup.
04:16Et c'est pour ça que la profession doit aussi être innovante
04:19et qu'on doit faire confiance au monde agricole
04:21pour pouvoir innover, faire évoluer un certain nombre de techniques, de pratiques.
04:26Pas forcément tout révolutionner, mais pouvoir évoluer
04:28et puis avoir un petit peu moins d'étaux administratifs et réglementaires,
04:33y compris à l'intérieur d'un certain nombre de sujets très agricolo-agricoles.
04:37Ça ferait du bien, effectivement, un petit peu de baume au cœur
04:39pour se sentir un petit peu moins oppressé.
04:41Pour terminer, un petit point rapide sur la tuberculose bovine.
04:44On en est où en Côte d'Or aujourd'hui ?
04:47Alors ça, par contre, c'est un sujet sur lequel je suis extrêmement mécontent
04:50puisqu'il y a un an, lors de ma prise de fonction,
04:53j'avais alerté les services sanitaires sur le danger que risquait le département
04:58parce que j'avais constaté un certain laisser aller sur un certain nombre de sujets
05:02sans entrer trop dans les détails techniques.
05:04Et force est de constater qu'aujourd'hui, nous sommes proches d'une dizaine de cas de tuberculose
05:08qui sont maîtrisées, entre guillemets, sur les exploitations
05:12puisque tout ça est circonscrit.
05:14Les bêtes sont mises à l'écart en attendant l'évolution.
05:17Mais effectivement, c'est un sujet sur lequel on va discuter ce matin
05:20puisque je suis invité en deuxième partie de matinée à l'Assemblée du GDS,
05:24le groupement de défense sanitaire.
05:26Nous étions avec un certain nombre de collègues responsables agricoles
05:29mardi matin, la DGAL à Paris pour échanger sur le sujet
05:33puisque malheureusement, les barèmes d'indemnisation des bêtes
05:36n'ont pas été revus depuis de nombreuses années.
05:41Et aujourd'hui, une vache qui vaudrait sur le marché 3 500 euros
05:44est indemnisée 1 500 euros.
05:46Vous comprenez que ça fait un gros écart.
05:48C'est vraiment pas assez.
05:49Merci beaucoup Jacques Deloisy d'avoir abordé avec nous tous ces sujets.
05:53On vous souhaite une bonne journée.
05:54On rappelle que vous êtes président de la Chambre d'agriculture de Côte d'Or.
05:57A bientôt, merci.
05:58Je vous remercie.
05:59Bonne journée à toutes et tous.
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