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  • il y a 2 jours
Anini _ le bandit qui a mis l’armée du Nigeria à genoux _ Documentaire
Transcription
00:17Bonsoir, ceci est une annonce spéciale du gouvernement.
00:20Un groupe audacieux de voleurs armés terrorise la ville de Bénin.
00:24Les enquêtes ont révélé que cet homme, Laurent Sanen, est le chef du gang.
00:28Une rançon de 10 000 nairas a été promise à quiconque fournira des informations pouvant mener à l'arrestation de
00:35ce malfaiteur.
00:36La police a dispersé mes jambes, ils en ont coupé une.
00:39Je ne les blâme pas, parce que si je n'étais pas un voleur habituel, qu'est-ce que j
00:44'aurais à voir avec la police ?
00:46Qu'est-ce que j'aurais à voir avec eux ?
00:49Alors je veux profiter de cette occasion pour demander au gouvernement de me pardonner.
00:54Parce que si le gouvernement me pardonne, je vais rejoindre la police maintenant pour éliminer tous les voleurs armés.
01:04Nous sommes à Bénin City au Nigeria.
01:07La nuit du 1er octobre 1986.
01:11Jour de fête de l'indépendance.
01:14Les rues suffoquent d'une chaleur humide, éclairée ça et là par des lampadaires vacillants.
01:19Soudain, une rafale de tirs éclate.
01:23Et lacère le silence de la nuit.
01:25Le convoi du commissaire de police Kasmir Igbokwe vient d'être pris en embuscade.
01:31Des balles criblent sa voiture à bout portant, brisant les vitres dans un fracas assourdissant.
01:37Les gardes du corps ripostent dans la panique, tandis que le commissaire s'effondre sur son siège, grièvement blessé.
01:44Les habitants réveillés en sursaut entendent les sirènes et les éclats de feu pétrifiés.
01:50Une voix moqueuse s'élève dans l'ombre.
01:52« Mon ami, où est Anini ? »
01:55C'est la question que le général Ibrahim Babanguida, président du Nigeria, posera furieusement à ses chefs de police quelques
02:02heures plus tard.
02:03Cette nuit-là, c'est toute l'autorité de l'état nigérian qui vient d'être bafouée.
02:08Car l'homme qui a osé humilier un pays entier en défiant ses forces de l'ordre, c'est Anini,
02:14surnommé « The Law », la loi, par dérision.
02:18En quelques mois, ce bandit hors normes est devenu une légende urbaine, un spectre insaisissable que ni les balles ni
02:25les autorités ne semblèrent pouvoir arrêter.
02:28Son nom passait de bouche à oreille, chuchotait la peur au ventre dans les marchés, les bus, les écoles.
02:34Anini.
02:35Un simple chauffeur de taxi devenu le criminel le plus redouté du Nigeria.
02:39Voici son histoire.
02:44Je vous emmène d'abord loin des braquages spectaculaires.
02:48Dans un petit village reculé de la région du Bendel, au sud du Nigeria, au début des années 1960.
02:54C'est là qu'est né Laurence Nomaniakbon Anini, autour de 1960, au sein d'une famille modeste.
03:01Il grandit sans luxe, au cœur d'un Nigeria rural.
03:05Son père décède en 1980, le laissant, lui, sa mère et ses sœurs, livrés à eux-mêmes dans un pays
03:13en pleine tourmente économique.
03:15Comme tant d'autres jeunes, Laurence rêve de la ville pour s'en sortir.
03:20Benin City, métropole grouillante du Bendel, l'attire avec ses promesses d'argent facile.
03:25Adolescent à peine sorti de l'enfance, il débarque à Benin City et décroche un petit boulot de chauffeur de
03:31taxi.
03:32Les journées s'enchaînent sur le bitume brûlant.
03:35Ils transportent des clients, mais surtout ils naviguent dans le chaos des gares routières appelées Motor Parks.
03:42Là-bas, c'est la loi du plus fort.
03:44On se dispute des places, on règle les comptes à coups de poing ou de couteau.
03:48Et dans ce bain de violence ordinaire, le jeune Anini se fait remarquer.
03:54Malin, charismatique et craint des autres chauffeurs, il devient rapidement celui qui impose le calme d'un mot ou déclenche
04:01une bagarre d'un regard.
04:03Au parc automobile, sa parole faisait loi, racontera plus tard un témoin de l'époque.
04:08Ce surnom de The Law, la loi, lui restera ironique pour quelqu'un qui va défier la loi.
04:14Dans ces parcs, Laurence apprend la roublardise et la brutalité.
04:19Les syndicats de conducteurs sont gangrenés par la corruption,
04:22les policiers viennent leur extorquer des pots de vin au vu de tous,
04:26et les caïds locaux font régner leur ordre.
04:29Le jeune chauffeur, lui, observe et encaisse.
04:32Il découvre qu'avec un volant et du culot, on peut se faire une place dans la pègre naissante du
04:37Bendel.
04:39Vers le début des années 1980, Anini bascule dans le grand banditisme.
04:44Il commence comme chauffeur attitré pour des gangs de braqueurs de la ville.
04:49Grâce à sa connaissance quasi-chirurgicale des ruelles de Benin City,
04:53il devient un atout précieux pour les criminels qui veulent échapper aux barrages de police.
04:58Laurence conduit comme un as du volant, semant les forces de l'ordre avec un sourire en coin.
05:04Petit à petit, il gagne la confiance du milieu et nourrit de plus grandes ambitions.
05:09Le jour où Laurence Anini décide de former son propre gang,
05:13le destin du Bendel change de cap.
05:15Autour de lui, il recrute une poignée d'hommes de confiance.
05:19Son inséparable complice, Mande Osunbor, son ami le plus fidèle,
05:24ainsi que d'autres comparses au nom de guerre évocateur.
05:27Solomon, Friday, Smalley.
05:30Je ne comprends pas le business, où est-ce que c'est ?
05:35Nous voulons couper le tout Benigo,
05:38le tout Benigo, ici, avec ce temps.
05:41Le tout Benigo, ici, au bas.
05:45Le fait que c'est.
05:48Le fait qu'ils nous donnent de l'amnition.
05:52All of them, ces temps,
05:55Ils n'ont pas levé,
05:56Et les filles, ils n'ont pas leur nom pour leurf,
05:56Ils n'ont pas leur nom.
05:59Donc, tous les deux, ils nont pas leur nom,
06:02Ils nont plus de fahmés.
06:08Ils nont pas leur nom.
06:09Ils nont pas leur nom.
06:09Ils nont pas leur nom dans leur nom.
06:12Les filles d'autres gens nont pas leur nom.
06:17Ils nont pas leur nom.
06:24non
06:25je n'ai pas
06:50Tous sont de jeunes désœuvrés comme lui, attirés par l'argent facile dans un Nigeria
06:54en crise.
06:56Ensemble, ils commencent modestement.
06:58Vols de voiture, carjacking sur les routes, attaques de bus, braquage discret de commerce.
07:04Mais Lorenz voit plus grand.
07:06Sous son leadership, le gang s'organise avec une précision quasi-militaire.
07:11Braquage de banques, attaques de fourgons de fond, guet à pan sur les grands axes routiers,
07:16leur réputation grandit au fil des coups d'éclats.
07:19Annini est méthodique, imprévisible et férocement audacieux.
07:23On raconte qu'il planifie ses opérations dans les moindres détails, puis frappe en
07:28plein jour, là où personne n'oserait.
07:34Au cœur de la police nigériane, minée par la corruption endémique des années 80, certains
07:40voient en Annini une poule aux œufs d'or.
07:42En effet, comment un simple malfaiteur peut-il toujours avoir une longueur d'avance sur les
07:48forces de l'ordre ? La réponse tient en un nom.
07:51George Iyamou, un officier de police véreux, ce deputy superintendent of police, théoriquement
07:58chargé de faire respecter la loi, devient en sous-main le complice le plus précieux
08:03d'Annini.
08:04Dans l'ombre d'un bar enfumé aux abords de la ville, on murmure que le flic et le
08:08bandit se retrouvent certaines nuits pour échanger des informations.
08:12Iyamou fournit au gang des détails confidentiels, plans de route, itinéraires des véhicules
08:17de transport de fonds, heures des patrouilles et même des armes prélevées dans l'armurerie
08:22de la police.
08:23En échange, Annini lui reverse une part du butin volé.
08:26Cette alliance impie scelle le sentiment d'invincibilité du gang.
08:31Protégé par des taupes dans la police, Annini agit comme s'il était intouchable.
08:35Le soir, dans un cabaret de Benin city, on pourrait presque trinquer en riant de la
08:41naïveté des policiers honnêtes, si tenté qu'il y en est.
08:45Car à cette époque, la corruption gangrène l'état nigérien, l'économie s'effondre
08:50après le boom pétrolier des années 70, le chômage explose et même les forces de l'ordre
08:56raquettent les citoyens pour arrondir leur fin de mois.
08:59C'est le terreau parfait pour qu'un gangster soit vu par certains comme un justicier.
09:05Laurence Annini a maintenant les hommes, les armes et les renseignements.
09:09Il aime aussi l'argent facile, les belles voitures, les costumes impeccablement taillés
09:15et les virés en boîte de nuit.
09:17On le décrit comme un flambeur, accumulant les maîtresses et dépensant sans compter.
09:23Mais derrière l'assurance, un démon veille en lui.
09:27Annini est superstitieux et peut-être moins brave qu'il n'y paraît.
09:30Pour se donner du courage, il boit beaucoup, fume sans cesse et s'entoure de gris gris
09:36et de charme vaudou censé le protéger.
09:38On dit qu'il porte toujours un petit sachet autour du cou, empli de poudre mystique et
09:43qu'il a consulté des sorciers pour devenir invulnérable.
09:47Rumeur ou réalité ? Difficile à dire, mais ces détails alimenteront bientôt la légende
09:53qu'il s'apprête à forger dans le sang.
10:001986 est l'année où Laurence Annini passe du statut de petit truant local à celui de
10:06cauchemar national.
10:08Tout commence par ce qui devait être un coup facile.
10:10En août 1986, Annini et sa bande braquent une agence de la First Bank à Sabongida Aura,
10:20une ville d'Edo State non loin de Benin City.
10:23L'attaque est violente et expéditive.
10:26Sur le sol en marbre de la banque, deux corps gisent, un policier en civil et un enfant
10:33pris dans la fusillade viennent d'être abattus.
10:36Bilan du vol ? Environ 2000 dollars seulement, une somme dérisoire, presque un butin de pacotille.
10:44Mais pour Annini, l'argent n'est déjà plus l'objectif principal.
10:48Il veut envoyer un message de terreur.
10:51Ce braquage sanglant marque le début d'une saison rouge sur le Bendel.
10:56Au cours des mois suivants, les attaques se multiplient à un rythme effréné, chaque
11:01fois plus audacieuses et meurtrières.
11:04Fin août, à un checkpoint routier, deux agents de police tentent d'arrêter une voiture
11:09suspecte.
11:10Malheur pour eux, à bord c'est Annini en personne.
11:14Il ouvre le feu sans hésiter, les deux policiers s'écroulent, criblés de balles.
11:19Quelques semaines plus tard, le gang s'en prend à un certain Albert Otoyo, chauffeur
11:24personnel d'un haut gradé de la police.
11:26Il tende un piège à sa Peugeot 504 sur une route secondaire, l'exécute froidement et
11:33s'empare du véhicule officiel.
11:35C'est une provocation directe au sommet de la hiérarchie policière.
11:39Aucun uniforme n'est à l'abri, du simple constable jusqu'au cercle rapproché des chefs.
11:45Septembre 1986.
11:48Annini sème la mort et la peur sur son passage.
11:51Deux commerçants influents, un homme d'affaires du coin et une certaine madame remise au banjo,
11:56tombent également sous les balles du gang.
11:58Des innocents, tués apparemment pour prouver que personne n'est intouchable.
12:03Le sang coule à flot, mais l'argent volé reste secondaire, parfois dérisoire.
12:09Peu importe le mago, c'est le corps count qui compte, ironisent les journaux, en constatant
12:14que ces gangsters semblent prendre goût à la violence gratuite.
12:18C'est aussi en septembre 1986 qu'a lieu l'une des scènes les plus emblématiques
12:23de la légende d'Annini.
12:25En plein jour, sur Wire Road à Benin City, le gang braque une station service.
12:30Le pompiste, refusant de coopérer assez vite, est abattu sur le coup.
12:35Alors que les témoins horrifiés commencent à s'attrouper, Annini fait quelque chose d'inattendu.
12:40Il sort des liasses de Naira, les billets volés et les jette en l'air au-dessus de la foule.
12:46Des dizaines de billets virevoltent et retombent sur le bitume chaud.
12:51Pendant un instant suspendu, un silence stupéfait plane.
12:55Puis c'est l'émeute.
12:56Hommes, femmes, jeunes, vieux.
12:59Chacun se rue pour attraper quelques précieux billets tombés du ciel.
13:04Annini observe la scène, un léger sourire aux lèvres, avant de remonter dans sa voiture en trombe.
13:11Ce jour-là, dans l'esprit de la population locale, il cesse d'être un simple bandit.
13:16Il devient une sorte de Robin des bois, des temps modernes.
13:20Partout dans Benin City, on murmure que « Annini partage l'argent avec le peuple ».
13:26Certains le comparent ouvertement au célèbre brigand anglais,
13:29qui volaient les riches pour aider les pauvres.
13:32Le surnom lui reste « Robin Hood ».
13:35Les braquages d'Annini sont autant d'actes de propagande.
13:39Il semble vouloir incarner une vengeance du petit peuple contre un système corrompu.
13:44D'ailleurs, voilà qu'Annini commence à écrire des lettres ouvertes pour expliquer ses motivations.
13:50Dans ses missives audacieuses, adressées tantôt aux médias, tantôt directement à la police ou à ses prochaines cibles,
13:57il annonce ses prochains coups et se donne des airs de justicier social.
14:01Par exemple, en août 1986, le directeur d'une banque de Benin City reçoit une lettre signée « Annini »
14:09lui ordonnant de préparer 10 000 nairas pour sa prochaine visite.
14:13Affolé, au lieu d'aller voir la police en qui il n'a aucune confiance,
14:17ce banquier ira supplier le roi traditionnel, l'aubat de Benin, de l'aider.
14:23Dans la ville, la rumeur court qu'on ne peut pas faire confiance à la police.
14:28Trop d'indics, trop de complicité avec le gang.
14:31Personne n'ose dénoncer Annini, peur des représailles de sa bande,
14:34mais aussi crainte que la police corrompue ne retourne l'information contre les informateurs.
14:39Le bandit, lui, joue de cette peur et de cette sympathie ambivalente du public.
14:45Dans une autre lettre, qu'il aurait adressée au président Babanguida en octobre 1986,
14:50Annini prend un ton presque politique.
14:53Il y écrit, en anglais approximatif,
14:55« Dites à notre président qu'on l'aime bien, mais qu'on n'est pas heureux ici, dans le
15:00Bendel.
15:01La vie est trop chère.
15:03C'est pour ça que je redistribue l'argent que j'obtiens au peuple. »
15:08Le message est clair.
15:09Il se pose en robin des bois vengeurs des pauvres face à l'injustice.
15:13Mieux, il formule de véritables revendications.
15:16D'après Newswatch, un magazine de l'époque,
15:19Anini exige pour arrêter ces attaques que plusieurs conditions soient remplies.
15:24Arrêter de poursuivre les innocents bandits,
15:27stopper la collusion entre la police et les syndicats véreux de transporteurs
15:30ou les sociétés secrètes,
15:33cesser d'harceler les marchandes de marché sur les routes,
15:36abolir les raquettes policiers
15:37qui ponctionnent 50 kobos à 5 nairas à chaque barrage routier
15:42et traiter enfin les chauffeurs et citoyens avec respect et équité.
15:47Incroyable mais vrai.
15:48C'est un gangster qui dicte au gouvernement une liste pour un Nigeria plus juste.
15:53Et ce n'est pas seulement de l'arrogance.
15:55Beaucoup de petites gens se reconnaissent dans ces doléances.
15:59Chaque chauffeur de taxi exaspéré par les bachiches
16:02qu'il doit payer à la police,
16:04chaque marchande humiliée par un soldat
16:06peut se dire qu'enfin,
16:08quelqu'un se dresse pour venger le peuple.
16:10Évidemment, tout le monde n'est pas dupe.
16:13Beaucoup voient bien qu'Anini n'est pas un saint.
16:15Derrière l'aura de bandits au grand cœur,
16:18la réalité est brutale.
16:20De août à octobre 1986,
16:22en l'espace de trois mois,
16:24la presse dénombre au total 20 morts attribués à ces activités,
16:28dont 11 policiers et 9 civils.
16:31Il y a aussi des victimes dont on parle moins,
16:34des femmes orientées et violées par ces hommes,
16:36des notables kidnappées pour rançon.
16:39Eux ne voient en Anini qu'un monstre sanguinaire,
16:42un criminel égoïste se cachant derrière des prétextes.
16:45D'ailleurs, lors de son arrestation,
16:48Anini tentera de minimiser ses crimes.
16:50Je ne fais que menacer les gens pour avoir leur argent.
16:52Je ne tire pas sur les gens.
16:54C'est Monde Osunbor qui tue,
16:57affirmera-t-il,
16:58rejetant sur son bras droit le pire des violences.
17:01Quoi qu'il en soit,
17:02la psychose s'installe partout.
17:04À la nuit tombée,
17:05Benin City devient une ville fantôme.
17:08Chacun se calfeutre chez soi,
17:09de peur de croiser la route d'Anini
17:11ou même d'être confondu avec lui.
17:14Bonsoir et bienvenue aux nouvelles.
17:16Dans un tournant sans précédent,
17:17comme une éruption volcanique,
17:19L'ancienne ville de Benin a été engloutie
17:22par une série d'incidents de vol à main armée.
17:25Beaucoup de spéculations circulent à propos de ce gang Anini.
17:29Certaines personnes disent qu'Anini peut opérer
17:31à plusieurs endroits en même temps.
17:33D'autres disent qu'il est invincible
17:35et ne peut être tué ou arrêté.
17:37Pourtant, certains croient qu'il est un esprit.
17:39Qui que soit cet Anini,
17:41il reste encore inconnu.
17:42Nous vous tiendrons informés
17:43au fur et à mesure que les événements se déroulent.
17:46Comment est-ce possible ?
17:49C'est ici qu'entre en jeu
17:50la part de surnaturel dans la légende d'Anini.
17:53La population, cherchant à expliquer l'inexplicable,
17:57en vient à lui prêter des pouvoirs mystiques.
17:59On raconte sur les marchés
18:01qu'Anini n'est pas un simple mortel,
18:03mais un esprit maléfique,
18:05capable de se métamorphoser
18:06ou de se téléporter pour échapper au barrage.
18:10Des récits fantasques circulent.
18:12Un soir, la police a coincé Anini au bout d'une ruelle,
18:16mais il s'est volatilisé sous leurs yeux,
18:18prétend un habitant.
18:19Un autre assure que le gangster
18:21peut se rendre invisible
18:22grâce à une potion vaudou.
18:24D'autres encore affirment qu'il porte à la taille
18:27une ceinture gris-gris
18:28qui le rend invulnérable au bal,
18:30ce qui expliquerait pourquoi
18:31il échappe toujours sain et sauf
18:33aux fusillades.
18:35Ses légendes urbaines, invérifiables,
18:38enflotent avec la peur collective.
18:40Anini devient un mythe vivant.
18:42À ce stade,
18:43son nom même prend une dimension mystique.
18:46On n'ose plus le prononcer le soir,
18:48comme on éviterait d'évoquer un démon,
18:50de crainte de le faire apparaître.
18:52Sous-titrage Société Radio-Canada,
19:07You're not the same, but you're not the same.
19:10You're not the same, you're not the same.
19:10You're not the same, you're the same.
19:12You're the same, you're the same, you're the same.
19:12We're the same.
19:12This one on the top is the best.
19:15Who's the same?
19:16Abalu.
19:16That's what I'm talking about yesterday.
19:18I'm going to go.
19:21Is this anini here?
19:22I call him small boy?
19:24Yes.
19:24non bon
19:25vous voyez, let me tell you
19:26let me drink my drink, I will go away for you
19:27because if you come here
19:29and meet us
19:30you are using this mask
19:32this is your mask to talk rubbish about it
19:34you should
19:35you will beat us so tell
19:36that our body cannot collect it
19:39he should have this
19:40if you need not kill us
19:41kill you
19:43look, let me tell you
19:44if I need to come here and see me
19:46he goes to hear me
19:48follow you
19:49follow you
19:50you know me
19:51follow you
19:52I'm going to follow you
19:55let me study
19:57let me keep my body
19:59they follow him
19:59they take me
20:00they hold it
20:01i love you
20:04I love you
20:07we need to stop
20:08I love you
20:10I love you
20:15let me
20:15come here
20:16come here
20:17come here
20:20wait
20:21wait
20:21wait
20:21come
20:21wait
20:37Les journaux nigérians, eux, s'en donnent à cœur joie et vendent du papier par tonnes.
20:42En manchette, on lit des titres à sensations.
20:46Où est Anini ?
20:47La presse le surnomme « Le roi des voleurs »
20:50ou « l'outlaw king of Benin », « le roi hors la loi de Benin ».
20:56On croirait un mauvais feuilleton, mais c'est la réalité du Nigeria en 1986.
21:02Un seul bandit semble ridiculiser tout l'appareil d'État.
21:09L'humiliation de trop pour le pouvoir nigérian a lieu avec l'attaque du 1er octobre 1986 évoquée en introduction.
21:17Ce jour-là, en visant le haut-commissaire Igbo Kwe lors de la fête nationale,
21:23Anini et ses hommes ont franchi la ligne rouge.
21:26Le message était clair.
21:27Même le jour sacré de l'indépendance,
21:30même les plus hauts gradés en plein cortège officiel,
21:32ne sont pas à l'abri de la loi d'Anini.
21:35Le gouvernement militaire du général Ibrahim Babanguida est furieux
21:39et surtout humilié devant le monde entier.
21:43Peux-tu imaginer un commissaire de police entier
21:46abattu par de simples criminels ?
21:49C'est très embarrassant.
21:50Comment va le commissaire maintenant, monsieur ?
21:52Il a été transporté à l'étranger pour un traitement supplémentaire.
21:55Écoutez, ASP Georges.
21:56Monsieur.
21:57Il faut faire quelque chose de drastique à propos de cet Anini
21:59et de son gang de casse-cours.
22:01Je suis totalement d'accord avec vous, monsieur.
22:02Je n'arrive pas à imaginer que l'inspecteur général lui-même
22:05ait été interrogé lors d'une réunion de l'AFC
22:08par le chef de l'État au sujet d'Anini et de son gang.
22:11Si vous me demandez, je dois vous dire
22:12que la rançon de 10 000 nairas placées sur la tête d'Anini
22:15est trop dérisoire.
22:16Je suis totalement d'accord avec vous, monsieur.
22:19Personne ne serait prêt à mourir pour une somme si dérisoire.
22:22Surtout quand tout le monde pense qu'Anini est un esprit
22:24qui peut apparaître n'importe où
22:26et il a plusieurs endroits à la fois, monsieur.
22:29Que toute cette saga d'Anini
22:31a trahi toute la logique et la formation policière
22:33que nous avons eue toutes ces années.
22:35Juste hier, un informateur est venu
22:36et nous a parlé d'une opération d'Anini quelque part
22:40et nous avons pris d'assaut l'endroit.
22:42Avant que nous n'arrivions,
22:43ils ont dit qu'ils étaient là 5 minutes
22:45avant, avant, avant que nous n'arrivions.
22:47Toute cette affaire est frustrante, monsieur.
22:49Est-ce que vos autres officiers
22:51ne portent pas d'uniforme ?
22:53Monsieur, c'est comme si
22:54cet Anini et son gang avaient quelque chose
22:57contre toute personne en uniforme, monsieur.
23:00Comment un seul gang peut-il narguer ainsi l'État ?
23:04Dans une réunion d'urgence du conseil militaire fin octobre,
23:07Babanguida explose de colère.
23:09Il se tourne vers Etim In-Yang,
23:12l'inspecteur général de la police,
23:13et lâche cette phrase devenue célèbre.
23:15« Mon ami, où est Anini ? »
23:18En langage non diplomatique, cela signifie
23:20« Attrapez-moi ce satané bandit,
23:22et vite, sinon c'est vous qui payerez. »
23:25Le président donne un ultimatum à la police.
23:28Laurence Anini doit être capturé
23:30avant la fin de l'année,
23:31où des têtes tomberont dans les commissariats.
23:33La machine policière, piquée au vif,
23:36se met en branle, comme jamais auparavant.
23:39On dépêche à Benin City,
23:41l'un des meilleurs flics du pays,
23:42le député-inspecteur général Paris Osailland,
23:46réputé incorruptible et intraitable.
23:49Osailland prend les choses en main
23:50et coordonne une chasse à l'homme d'envergure nationale.
23:53Il instaure un couvre-feu sur tout l'état du Bendel.
23:57Chaque nuit, les habitants doivent rester chez eux
23:59pendant que des centaines de policiers et de militaires
24:02ratissent la ville et les alentours.
24:05Benin City, en état de siège.
24:08Des barrages armés surgissent à chaque grand carrefour,
24:10on fouille les véhicules,
24:12on interroge brutalement tout suspect.
24:15La tension est partout, palpable, comme une fièvre.
24:19« Où est Annini ? »
24:21devient la question sur toutes les lèvres,
24:23non plus en admiration,
24:24mais avec l'espoir qu'enfin ce cauchemar prenne fin.
24:28Au sein du gang, l'ambiance change aussi.
24:31Annini reste fanfaron en public.
24:33Il continue d'envoyer ses lettres de défi aux journaux,
24:36ridiculisant la police impuissante
24:38et se posant en combattant du peuple contre l'injustice.
24:42Mais en privé, on le sait désormais traqué comme une bête.
24:45Plusieurs de ses complices ont déjà été arrêtés
24:47ou tués dans des échanges de tirs.
24:49Son bras droit,
24:50Monday Osunbor,
24:52est toujours avec lui.
24:53Mais pour combien de temps ?
24:54Georges Iyamou, le policier complice,
24:57a été démasqué et arrêté lui aussi.
24:59Il croupit en prison en attendant son procès.
25:02Le filet se resserre.
25:03Annini, blessé dans son orgueil,
25:05devient paranoïaque.
25:06Il se méfie de tout le monde.
25:08Il aurait même changé plusieurs fois de planque,
25:11allant de village en village sous couvert de la nuit.
25:13Mais un homme en cavale
25:14commet inévitablement des erreurs.
25:17Le 3 décembre 1986.
25:20Quelque part,
25:21dans un quartier populaire de Benin City,
25:24une vieille maison en terre battue
25:25au bout d'une rue poussiéreuse
25:27d'Oyemwosa Street
25:28est plongée dans l'obscurité.
25:30A l'intérieur,
25:32Annini pense être à l'abri,
25:33entouré de quelques amis
25:34et de sa maîtresse du moment.
25:37Il est environ midi.
25:39Contrairement aux attentes,
25:40c'est en plein jour que tout va se jouer.
25:43Dehors,
25:44l'air est lourd et orageux.
25:47Soudain,
25:48un convoi discret de voitures banalisées
25:50encercle la maison sans un bruit.
25:52A leur bord,
25:54une équipe spéciale
25:56de 10 policiers d'élite
25:57menés par le superintendant
25:59Kayode Omonaroro
26:00s'apprête à donner l'assaut.
26:02Pas de sirène,
26:04pas d'avertissement.
26:05Ils veulent prendre Annini par surprise.
26:08Coup de bélier.
26:09La porte d'entrée vole en éclat.
26:11Des policiers lourdement armés
26:13surgissent et se déploient
26:14dans la maison.
26:15Dans une petite chambre au fond,
26:17Lawrence Annini bondit de son lit
26:19en sursaut,
26:20complètement désorienté.
26:21Sa compagne se met à hurler.
26:24En une fraction de seconde,
26:26l'instinct du criminel
26:27reprend le dessus.
26:29« little girl »
26:36« « « L'instinct de seasoned
26:38on apprisent à sa compagnie »
26:39« « « « « « « «
26:39« « « « » »
26:56« « « « « « «
27:02La traque de l'homme le plus recherché du Nigeria vient de s'achever, presque pitoyablement, dans cette modeste maison
27:09de Benin City.
27:10Les policiers exultent. Certains laissent éclater leur joie. Enfin, ils tiennent la loi.
27:17Mais leur vengeance est terrible. Fous de rage ou par pur ressentiment, l'un des membres de l'escouade vide
27:23son chargeur dans la jambe déjà blessée d'Anini pour le finir.
27:27Anini perd connaissance, baignant dans son sang.
27:31Au milieu de la cohue, une balle perdue blesse aussi une adolescente de 16 ans, Florence, qui habitait la maison
27:38voisine.
27:39Dommage collatéral oublié dans les rapports officiels.
27:42La police traîne ensuite Anini grièvement blessée jusqu'à la voiture.
27:46Plutôt que de le conduire immédiatement à l'hôpital, ils font un détour par le siège de la police à
27:51Benin City pour le présenter triomphalement aux photographes, malgré son état critique.
27:57Sur les clichés d'époque, on voit Laurence Anini, 26 ans, étendu sur une civière, le visage défait par la
28:03douleur, exhibé comme un trophée sanglant.
28:06La scène choque certains observateurs.
28:09Anini avait beau être un homme cruel, ce n'est pas une raison pour que la police lui ait bousillé
28:14la jambe avec six balles,
28:15ni qu'il l'ait laissé souffrir inutilement avant de le soigner, s'indigne un éditorial du Guardian Nigeria dénonçant
28:22la brutalité policière, même envers ce hors-la-loi notoire.
28:26Preuve que dans cette histoire, la frontière entre justice et vengeance est ténue.
28:32Laurence Anini est finalement transféré, agonisant, à l'hôpital militaire.
28:36Les médecins n'ont pas d'autre choix que de lui amputer la jambe gauche au-dessus du genou pour
28:41sauver ce qui reste de sa vie.
28:43Cloué sur un lit, sous bonne garde, Anini est désormais hors d'état de nuire.
28:49À la nouvelle de son arrestation, un soupir de soulagement parcourt tout le pays.
28:54Depuis Lagos jusqu'au village du Bendel, on se réjouit prudemment.
28:59Anini n'est plus dans la nature.
29:01Après des mois de peur et de rumeurs folles, l'insaisissable criminel a un visage bien réel,
29:07celui d'un jeune homme amégré, aux traits tirés par la douleur, qu'on aperçoit aux actualités télévisées dans un
29:14lit d'hôpital.
29:15Très vite, le régime militaire veut frapper un grand coup.
29:19Babanguida ordonne un procès rapide et exemplaire.
29:22On constitue un tribunal d'exception, le First Benin Robbery and Firearms Tribunal,
29:27présidé par le juge James Homo Aggege.
29:31En cette fin d'année 1986, ce procès devient le spectacle du siècle à Benin City.
29:38Chaque jour, la petite salle d'audience est pleine à craquer.
29:41On se bouscule pour voir de ses yeux le fameux bandit invisible, enfin entravé et affaibli.
29:47Les journalistes sont massés, les familles des victimes aussi, et même des badauds curieux.
29:54Laurence Anini y comparait en fauteuil roulant, la jambe amputée enveloppée de bandages.
30:00On dit qu'il serre les dents à chaque instant tant la douleur le ronge,
30:03mais qu'il garde un air fanfaron par moments, comme s'il savourait encore l'attention qu'on lui porte.
30:09Le procès est l'occasion de révélations fracassantes sur la collusion de la police avec le gang.
30:16Poussé dans ses derniers retranchements,
30:18Anini décide de tout dire pour entraîner ses complices dans sa chute.
30:22Moment mémorable, à la barre, on lui demande qui l'a aidé dans la police.
30:28Anini balaie la salle du regard, puis pointe du doigt un homme en uniforme assis parmi les accusés.
30:34Lui, le député superintendant George Iyamou, c'était mon meilleur ami dans la police, mon partenaire d'affaires.
30:42Il comptait les balles pour moi, pour être sûr que j'en ai assez pour ses collègues.
30:46Un murmure de stupeur parcourt le tribunal.
30:50Iyamou, rouge de colère et de honte, se lève en criant que c'est un tissu de mensonge,
30:55que Anini est le diable et qu'il ment.
30:59Mais il est trop tard, le mal est fait.
31:02L'ancien officier est définitivement démasqué comme traître.
31:06Par la même occasion, Anini confirme l'ampleur de la pourriture du système.
31:11Sans ces fuites organisées au sein même de la police,
31:14jamais son règne n'aurait duré aussi longtemps.
31:17Au bout de quelques semaines d'audience fleuve,
31:20le verdict tombe comme un coup près en février 1987.
31:24Sans surprise, Lorenz Anini est reconnu coupable de la quasi-totalité
31:29des huit chefs d'accusation retenus contre lui,
31:32meurtres, vols à main armée, etc.
31:35Idem pour Mande Ozonbor, son bras droit,
31:38et Georges Iyamou, le policier félon.
31:41Ainsi que plusieurs autres membres survivants du gang.
31:44La sentence ?
31:45La mort par fusillade, conformément au décret militaire en vigueur
31:50pour les faits d'armes aggravées.
31:51En prononçant le jugement, le juge Homo Aggege
31:55ne peut s'empêcher d'ajouter des mots lourds de sens pour l'histoire.
31:59Anini restera à jamais gravé dans l'histoire du crime de ce pays,
32:03mais d'une mémoire maudite.
32:05En une phrase, il résume le paradoxe de cette figure déjà quasi-légendaire,
32:10promise à une gloire sinistre.
32:12Le 29 mars 1987,
32:16il est 6 heures du matin sur un terrain vague
32:18en périphérie de Benin City.
32:21Le ciel est clair, l'air déjà chaud.
32:25Une foule immense s'est rassemblée.
32:27Des milliers de personnes venues assister à l'exécution publique du roi des voleurs.
32:32On se croirait à un spectacle morbide,
32:35une foire étrange où l'on vend des cacahuètes
32:37et des boissons aux spectateurs en attente.
32:40Certains ont grimpé dans les arbres pour mieux voir.
32:43À l'entrée, des vendeurs proposent même des t-shirts
32:46« Anini 1987 », comme si c'était un concert.
32:52C'est que tout le Nigeria a les yeux braqués sur cette exécution.
32:55La télévision nationale est présente pour filmer et diffuser en direct l'événement.
33:01Sous bonne escorte,
33:02Lawrence Anini est amené sur le terrain à bord d'un camion militaire.
33:05Il est attaché, incapable de marcher,
33:08sa jambe amputée le rendant invalide.
33:11À ses côtés se trouvent
33:13Mande Osunbor,
33:14ainsi que d'autres complices condamnés.
33:17Ironie du sort,
33:19celui qui se faisait appeler « la loi »
33:21va mourir attaché à un pilori de fortune.
33:24Les soldats fixent Anini
33:26contre un tonneau en métal noir rempli de sable
33:28pour servir de butoir.
33:30Le jeune homme de 26 ans
33:32a le regard dans le vide.
33:33« Feu ! »
33:35L'ordre claque.
33:37Une douzaine de fusils d'assaut crépitent en rafales simultanées.
33:43Lawrence Anini et ses hommes sont frappés de plein fouet par les balles.
33:47Leurs corps tressaillent violemment,
33:49secoués comme des pantins,
33:51mais restent un instant dressés,
33:53retenus par les cordes qui les attachent au tonneau.
33:56Puis leur tête retombe,
33:58inerte.
33:59La loi est morte.
34:01Un murmure parcourt la foule,
34:03quelques applaudissements éclatent,
34:05puis se taisent aussitôt,
34:06comme étouffés par la stupeur.
34:08Beaucoup de spectateurs restent figés,
34:11choqués malgré tout par la brutalité de la scène
34:13à laquelle ils viennent d'assister.
34:15Après un long moment,
34:16la foule commence à se disperser en silence.
34:19C'en est fini de Lawrence Anini.
34:21Dans un dernier sursaut de conscience,
34:23quelques minutes avant d'être fusillé,
34:26Anini aurait demandé publiquement pardon.
34:29D'après l'Associated Press,
34:31juste avant l'ordre de tir,
34:33il a accepté la responsabilité de tous ses crimes
34:35et demandé à Dieu de le pardonner.
34:38Peut-être voulait-il partir l'âme en paix,
34:41conscient d'avoir semé le malheur.
34:43Son exécution restera en tout cas gravée dans les annales
34:46comme l'une des plus grandes séances de justice publique
34:49de l'histoire du Nigeria postcolonial.
34:52Quant à Paris-Ozailland,
34:54le policier qui avait orchestré la traque,
34:56il déclara froidement aux journalistes
34:58lorsque ceux-ci lui demandèrent
35:00s'il considérait la capture d'Anini
35:02comme le fait d'arme de sa carrière.
35:04« Je ne vais tout de même pas considérer
35:06l'arrestation d'un vulgaire criminel
35:08comme mon plus grand exploit,
35:09après 27 ans de service. »
35:13Comme pour rappeler à tous
35:14qu'au-delà du mythe qu'il était devenu,
35:16Anini n'était finalement qu'un bandit
35:18de grand chemin de plus,
35:19voué à tomber tôt ou tard.
35:22Le parcours de Laurence Anini
35:23reste un sujet de fascination
35:25car son histoire interroge.
35:27Comment un simple chauffeur de taxi
35:29a-t-il pu ridiculiser tout un état ?
35:32Était-il un être exceptionnellement malin
35:34ou juste au bon endroit au bon moment
35:37dans un système pourri qui l'a engendré ?
35:40C'est la question centrale
35:41qu'il nous laisse en héritage,
35:43celle que nous vous posons
35:44en guise de conclusion de ce documentaire.
35:47Laurence Anini ?
35:49Était-il un monstre né cruel
35:51ou bien le produit ultime
35:53d'un système gangrené
35:54par la corruption et l'injustice ?
35:56Peut-être les deux à la fois.
35:58Son nom restera en tout cas
36:00dans l'histoire du Nigeria,
36:02non pas glorieux,
36:03mais comme l'avatar sombre
36:04d'une époque de chaos.
36:06Le bandit qui a mis un pays à genoux
36:08nous force, encore aujourd'hui,
36:10à regarder en face
36:11les défaillances d'un État
36:13et de sa société.
36:14Et à méditer cette leçon,
36:16tant que les gouvernants
36:17ne combattront pas
36:18la misère et la corruption,
36:20d'autres héros bandits
36:21à la Anini
36:22pourraient surgir des ténèbres
36:24pour défier la loi,
36:25à leur manière.
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