00:00Ce soir, mesdames, messieurs, on est dans une expression idiomatique, se sortir le cul des ronces, ce qui signifie, plus
00:16élégamment, on n'est pas sorti de l'auberge.
00:21Alors, on peut considérer qu'on n'est pas sorti de l'auberge, si tant est qu'on y est
00:25rentré.
00:27C'est justement là où je voulais en venir.
00:33Car lorsque l'on invite sa promise dans un bon restaurant pour un péché de bonne chair, à destination, soyons
00:44francs, du péché de la chair,
00:51pour ma part, il m'est apparu, nonobstant, que cet instant à mon cœur fut cher, qu'il le fut
01:01également à ma carte bancaire.
01:06Alors, non, non, cela dit, je ne suis pas vénal, mais je pense arrondir mes fins de moi, enfin les
01:13fins que moi j'ai de toi, parce que j'ai faim de toi.
01:16C'est ma soif de vivre.
01:18Disons que je pense comme une façon de penser à ma manière de penser, de penser mes blessures.
01:24Ainsi, je pense, pendant de longues minutes, on vous avait prévenu.
01:29On vous avait prévenu ?
01:32C'est un one man chaud.
01:35Mais comme ce soir, on m'a dit, d'y aller mollo, ça va être un one man tiède.
01:40Et néanmoins, je reste un obsédé textuel.
01:44Donc, je pense que vous serez d'accord avec moi, la première impression, c'est toujours très important.
01:51Alors, pour bien démarrer dans la vie, la naissance finalement, c'est déjà un bon début,
01:56puisque nous sommes tous guidés par le désir, d'abord le désir des autres qui vous ont fait naître,
02:03et puis le vôtre qui vous donne l'envie de naître, de naître que celui ou celle qui cherche parfois
02:08sa raison d'être.
02:10Alors, tout ça, ça commence à la maternité, on fête votre arrivée,
02:13et puisque c'est un grand événement, comme lors d'une inauguration, on coupe le cordon.
02:20Et ça y est, vous êtes lâchés dans la grande aventure de la vie,
02:24avec pour tout bagage quelque chose qui se place en tas.
02:28Place en tas, je ne vous le fais pas dire.
02:30À partir de ce moment-là, les années défilent, et on vous explique, si tant est que vous ne l
02:34'avez pas compris tout seul,
02:36que la vie est un jeu, où finalement on la perd,
02:39et quand je dis la perd, c'est qu'il n'y en a pas deux, on ne meurt qu
02:42'une fois,
02:42alors profitons-en, allons-y, tant qu'on est vivant, il faut jouir de la vie, même sur le divan.
02:47Comme dirait ma psy, allongez-vous sur le divan.
02:52Mais madame, vous y êtes déjà, alors allongez-vous sur moi.
02:59L'important, c'est le résultat d'une pierre, deux coups, ça c'est ma pico-thérapie.
03:07Les années défilent donc, et puis très tôt, les conseils des grandes personnes pleuvent.
03:12Fais pas ci, fais pas ça, travaille bien à l'école, sois souriant, brosse-toi les dents,
03:16et c'est là que les premiers dangers apparaissent.
03:18Oui, la brosse à dents, c'est très dangereux, parce que quand vous brossez les dents,
03:21il faut tenir la brosse par le bon bout, sinon vous vous retrouvez aussitôt avec des poils dans la main,
03:25et là, d'entrée, vous avez très mauvaise réputation.
03:28C'est prémonitoire, c'est pas tout brossé, il va falloir bosser.
03:33La brosse à dents prête donc à sourire, c'est le moins que l'on puisse rire.
03:39Et la certitude que l'on a, très tôt, qui vous vient, fort heureusement, très vite à l'esprit,
03:43c'est qu'on n'en finira pas de grandir, et que malgré tout,
03:46on pourra se sentir encore tout fragile, encore tout petit,
03:50devant l'immensité de l'univers, on se sent si petit.
03:54Alors là, attention, c'est le chapitre réflexion métaphysique.
04:00On n'est pas grand-chose, finalement.
04:03Rien qu'en pensant que notre système solaire, déjà immense,
04:08est au milieu de 200 autres systèmes, et qu'il nous faudrait parcourir
04:12des milliers de millions de kilomètres pour ne connaître que ce que l'on a découvert,
04:16voire découvrir que ce que l'on a connu,
04:19bien, rien qu'en pensant, l'autre jour, j'étais chez le marchand de chaussures,
04:24eh bien, je me sentais si petit que je m'en suis acheté du 32.
04:28Le marchand, me voyant, essayait d'essayer cette petite pointure,
04:34moi qui fais du 43, me dit élégamment,
04:36alors que j'étais perdu dans mes pensées cosmiques,
04:39vous êtes dans la Lune ?
04:42Surprenant, hein ?
04:43Oui, je sais, cette anecdote sur les chaussures, c'est pas le pied.
04:47Mais elle reste le symbole des petits pas, des pas à pas,
04:51qui nous font rêver chaque jour à ces grandes enjambées,
04:54qui, lorsqu'on les achève, nous font parfois regretter d'avoir trop survolé nos rêves.
04:59Il faut donc bien écouter ses désirs,
05:02car nous sommes des architectes du plaisir,
05:05des bâtisseurs d'amour,
05:07les chefs de chantier de la caresse,
05:09les maçons de l'orgasme,
05:11les géomètres du point G,
05:13les plombiers fidèles à leur réputation,
05:16les artisans de l'opportunité.
05:19Ah oui,
05:20méfiez-vous des plombiers,
05:22ils ont toujours un bon tuyau à vous refiler.
05:26C'est d'ailleurs une profession où l'on fait preuve de flexibilité.
05:32Méfiez-vous d'autant si la situation vous paraît tendue.
05:36Ah, les bougres !
05:37Fichtres d'humains,
05:38mandatés par l'idée de se reconstruire toujours,
05:41jusqu'à procréer sans cesse,
05:43histoire d'amour, histoire de liesse.
05:47Fichtres d'hommes,
05:48à caresser le souhait de goûter vos caresses,
05:51n'en faudra-t-il pas plus encore pour tempérer les élans du cap
05:54qu'ils vont franchir,
05:56si masculins qu'ils brannent en rute majeure
06:00et qu'ils trouvent en brasse,
06:02mal étreints et qu'ils trouvent en brase,
06:04mal éteints,
06:04le feu qui les consument eux-mêmes,
06:06avant qu'ils ne vous aiment et qu'ils ne comprennent,
06:09que finalement les femmes sont plus cérébrales,
06:13plus cérébro-spinales,
06:15plus colonnes vertébrales,
06:17colonnes vertébrales dont vous n'ignorez pas,
06:19mais d'un bout qui connaissait la musique,
06:21qu'à la hauteur de vos lombaires,
06:23ces hommes volent,
06:25sans jamais se faire pincer leur disque préféré,
06:29jusqu'à vous faire céder,
06:33et ça vous brûle au creux des reins,
06:35vous l'attirez, il vous attise,
06:36l'homme n'écoute que son plaisir,
06:39même le pompier se reproduit à grande échelle,
06:44et le soir tombant,
06:45devant la flamme de l'âtre au terme édifiant,
06:48de son simulacre,
06:50il vous racontera encore,
06:52savons-en infidèle,
06:53que vous êtes finalement
06:57la plus belle.
07:02Bon, on n'a effectivement pas le cul sorti des onces,
07:07mais n'y a-t-il pas en été,
07:09dans ces buissons hostiles,
07:14les jolis fruits mûrs,
07:16qu'on appelle des mûrs,
07:19et à la belle saison,
07:20quand les fruits seront à point,
07:23avant que de ton oreiller,
07:25je me rapprocherai de ton oreille
07:28avec ces mûrs mûrs.
07:33Ah, je t'entends chuchoter,
07:36ces doux cris en quinconces,
07:38finalement, est-ce qu'on n'est pas bien le cul dans les ronces ?
07:42Merci.
07:44Applaudissements
07:45Merci.
Commentaires