00:00Monsieur Mélenchon, bonsoir. Bon bah, on s'est vus nous déjà la semaine dernière, donc rebonsoir, je rappelle que je
00:04suis Farah RK, créatrice de contenu politique sur les réseaux sociaux.
00:07Non, c'était le mois dernier, pardon. Avec les municipales, on est un peu...
00:11La vie passe vite, c'est vrai.
00:12Mais d'ailleurs, en parlant des municipales, je vous sens un petit peu en forme avec l'OPS ce soir,
00:16parce que je vous ai entendu depuis tout à l'heure.
00:18Je vais aller dans cette direction-là.
00:20Pendant le soir du deuxième tour des élections municipales, Gabriel Attal, en conférence de presse,
00:24a appelé la droite à s'unir avec le centre pour les prochaines élections présidentielles.
00:30Gérald Darmanin a également déclaré qu'il souhaitait un seul candidat de la droite du centre et potentiellement de la
00:37gauche hors LFI, bien évidemment.
00:39Vous aviez, vous, déclaré que l'EPS s'achetait pour pas cher, il me semble.
00:44Si je reprends vos termes et selon vos termes, et si le centre réussissait à racheter l'EPS pour entre
00:51guillemets pas cher, comme vous le dites, monsieur Mélenchon,
00:54et qu'il s'alliait à d'autres mouvances de gauche hors LFI, est-ce que vous auriez pas un
00:58petit peu peur d'être seul pour la présidentielle de 2027 ?
01:01Au moins, avez-vous le respect de pas me demander si je ne crains pas ? Car beaucoup de vos
01:06collègues me demandent si je n'ai pas peur d'eux, si je ne crains pas.
01:09Bon, moi j'ai toujours dit que j'avais peur de rien et de personne, c'est pas tout à
01:12fait vrai, mais je vois pas l'intérêt de l'avouer.
01:15Bon, on part des réalités, on fait avec les réalités. Les socialistes se sont tendus à eux-mêmes, c'est
01:23pas moi qui l'ai inventé le piège.
01:25J'aime bien qu'on célèbre mes talents, j'ai aucun problème à ce que vous me fassiez des compliments
01:29dans vos articles,
01:31mais attribuez-moi ce que j'ai vraiment inventé, pas le piège. Le piège, c'est la droite et les
01:35médias de l'officialité qui l'ont inventé.
01:38Ils ont inventé que LFI était une organisation, alors ça a démarré avec des registres différents, hein, mais là, dans
01:45la dernière période,
01:46c'était, nous étions une organisation violente à la tête de plusieurs milices antifascistes et antisémites.
01:53Le narratif comporte des additifs, les propos de M. Mélenchon antisémites. Bon, ben, si c'était le cas, je vous
02:00en supplie, dites-moi lesquels.
02:01Et surtout, n'oubliez pas d'aller porter plainte, parce que c'est un délit en France. Apparemment, vous ne
02:05portez pas plainte.
02:06Donc, je n'ai jamais ironisé sur des noms, je n'ai jamais tenu de propos antisémites, mais je m
02:12'aperçois que ça fait partie, maintenant, de la narrative.
02:15Alors, il y a la rumeur. Et rien n'est pire que la rumeur, parce que vous ne pouvez pas
02:18vous en défendre.
02:19Donc, la rumeur a fait peur aux socialistes, qui sont demandeurs de prestance et de reconnaissance.
02:28Alors, ils ont le journal Libération pour ça, ils peuvent l'ouvrir tous les jours et se regarder.
02:31Regardez, c'est, vous savez, Blanche-Neige et les 7 nains, là, c'est la sorcière qui dit qui est
02:37la plus belle, Blanche-Neige ou moi.
02:39Donc, ils ouvrent Libé et ils lui demandent qui c'est qui est plus beau, Mélenchon ou moi.
02:43Alors, évidemment, le problème est réglé avec Libé, c'est Mélenchon, c'est la faute à Mélenchon, c'est le
02:47problème, c'est Mélenchon, etc.
02:49Alors, non seulement, ils ont dit qu'on était antisémite, mais qu'en plus, c'était moi le responsable, une
02:54chose inouïe, jamais vue, dans toute l'histoire de la gauche,
02:57un parti désignant l'un des responsables d'un autre parti pour dire « tant que je suis là et
03:01là, on ne parle pas avec ».
03:02Alors, il y a un inconvénient, premièrement, c'est qu'ils se sont mis eux-mêmes dans le piège.
03:07La droite, elle mangeait ses pop-corns pendant ce temps-là, elle les regardait faire, et quand ils sont arrivés
03:13au premier tour, ils ont fait les malins,
03:14sauf qu'ils ne faisaient pas les malins là où ils étaient à moitié perdus.
03:18Donc, il y avait des raisons municipales à ce que dans ces villes-là, les gens en aient assez d
03:22'eux.
03:23Alors là, oui, là, ils ont appelé les pompiers, les secours.
03:26Alors, nous, on est venus, braves comme on est, parce que, pour nous, nous, on n'est pas tombés dans
03:30le piège.
03:31On sait qu'ils sont stupides, on sait qu'ils sont violents, on sait qu'ils sont méprisants,
03:36mais on défend une idée aussi. On ne va pas nous-mêmes aller se foutre en ultra-minorité.
03:41Donc, on les défend. Franchement, des fois, il faut faire un effort.
03:44Les gens, quand vous les insultez pendant un mois, à la fin, ils le prennent très mal.
03:49L'idée, à l'heure de voir, on va voter pour vous, surtout si votre gestion locale est calamiteuse,
03:53et qu'au premier tour, vous avez préféré voter insoumis.
03:56Vous arrivez au deuxième tour, le même qui vous a traité de tous les noms dit, allez, maintenant, il faut
04:00voter pour nous.
04:01Quand il y a eu moins d'eux entre socialistes et communistes, après les années 80,
04:06le monde a arrêté de faire sa rubrique sur les reports.
04:08Ça ne valait plus la peine, parce que c'était tellement massif.
04:11Donc, ça n'a pas fonctionné. Ça n'a fonctionné que dans un cas.
04:14Écoutez-moi bien.
04:15C'est que tous ceux qui ont entendu avant et pendant le deuxième tour,
04:20par des aigles comme la girouette Jouvet, ou les autres dans le même truc,
04:25qui nous ont couvert d'un jour entre les deux tours,
04:27ils disaient, attends, mais qu'est-ce qu'il fait celui-là ?
04:29Hollande, là, je ne sais pas, c'est des meilleurs, à dire, non, non, jamais.
04:32Les filles, ils ont disé, ben, très bien, puisque tu ne veux pas de nous, au revoir, on ne vient
04:34pas.
04:36Franchement, c'est pourquoi j'ai utilisé le mot stupide.
04:38Comment voulez-vous que je caractérise une chose pareille ?
04:41Alors, une semaine, ils ne peuvent pas nous voir.
04:43La semaine d'après, ils s'allient avec nous.
04:45Et la semaine suivante, quand ils commencent à se battre entre eux,
04:48il y en a qui sont touchés par la grâce et qui disent, vous savez, ce qu'on perdu,
04:51c'est qu'ils ne pouvaient pas faire autre chose que de perdre.
04:53Parce qu'ils auraient dû perdre, je retiens les propos de Jouet, au premier tour.
04:57C'est-à-dire qu'ils souhaitent le malheur de ses propres copains,
04:59juste pour régler ses comptes avec eux.
05:01Tout ça, bon, je ne sais pas quoi vous dire sur le sujet, madame, je ne sais pas.
05:06Parce que je ne sais pas ce qu'il faut faire avec des gens pareils.
05:08Des gens qui changent d'avis et de lignes.
05:11Semaine après semaine, comment voulez-vous qu'on bâtisse une politique raisonnable avec eux ?
05:15Alors, oui, on peut craindre, en effet.
05:17Là, vous avez raison de pointer.
05:19Qu'est-ce que les gens vous disent ?
05:19En effet, à force de dire matin, midi et soir que nous sommes infréquentables,
05:24ben, ils arrivent à convaincre une partie de leurs adhérents.
05:27Alors, votre question en comportait une autre.
05:29Je me suis un peu lâché sur la partie socialiste,
05:32parce qu'en effet, ça me fait beaucoup de bien.
05:34Mais l'autre partie, c'est est-ce que le centre...
05:36Alors déjà, j'allais vous retourner la question en disant que vous vous êtes déjà mis au centre.
05:40Bon, mais c'est vous qui avez raison.
05:41Parce que que les autres se sentent l'audace...
05:44Il faut voir dans quel monde on vit, hein.
05:46Mais que les autres se sentent l'audace, quand il s'appelle Darmanin,
05:51d'aller dire à un sos, ben, viandez avec nous, notre bande.
05:55C'est inouï.
05:56C'est tellement incroyable qu'on se pense.
05:59C'est bien ça qu'il a dit ?
06:00Oui, c'est bien ça qu'il a dit.
06:01En effet, une partie de la droite, eux, ils s'en foutent, hein, des étiquettes,
06:05ils se sentent pas concernés,
06:06dit, ben, pourquoi vous votez pas avec nous, puisque vous les détestez comme nous ?
06:10L'anti-LFI, c'est le programme commun du centre.
06:15Alors, ils picorent un peu chez Mme Le Pen,
06:18et qu'ils vont finir pour s'étrangler avec,
06:20et puis, les autres, une petite paille comme moi avec le lait fraise,
06:26chez les Rouges.
06:27Hein ?
06:28Et ça s'appelle le centre.
06:30Ni de gauche, ni de gauche.
06:31Voilà.
06:32Alors, ils vont construire ça sur la base de quoi ?
06:35Ben, de l'anti-LFI.
06:36Le programme commun de tous ces gens, soi-disant du centre, c'est l'anti-LFI.
06:41Donc, en ce sens, votre question touche juste, parce que c'est vrai,
06:44c'est le risque pour nous,
06:45qu'ils finissent par se mettre d'accord.
06:47Eh ben, que voulez-vous que je vous dise ?
06:49On prendra la pelle, la pioche, et on recommencera tout à zéro de ce côté-là,
06:52pour faire que ceux qui étaient jusque-là à gauche, ils reviennent, ou ils restent.
06:57Parce qu'on ne peut pas être de gauche avec M. Darmanin, c'est pas possible,
07:00ni avec M. Attal.
07:02C'est pas que j'ai quelque chose contre lui en particulier,
07:05mais lui, il a quitté la gauche pour aller chez M. Macron.
07:07On n'a aucune raison de penser qu'on a, quand on est de gauche,
07:10quelque chose à voir avec quelqu'un qui vous a quitté.
07:12Enfin bon, c'est vrai que c'est difficile.
07:15Moi, je sais pas, quand on me téléphone de l'étranger, les gens en reviennent pas.
07:18Comment c'est possible que, par exemple,
07:21des communistes préfèrent s'allier que des socialistes qu'avec les filles ?
07:24Ben, allez l'expliquer, moi j'en sais rien.
07:25J'ai dit je sais pas, ils leur demandaient eux.
07:27Et pareil pour les socialistes.
07:29C'est vrai qu'on a un défi.
07:31Parce que, dans toute l'Europe occidentale,
07:34enfin maintenant c'est toute l'Europe, je veux dire toute l'Europe,
07:38l'extrême droite gagne du terrain,
07:40faute d'une alternative qui soit une alternative de masse.
07:43Mais vous me direz, pour être une alternative de masse,
07:46qu'est-ce qu'il faut faire ?
07:47Ben, il faut faire ce qu'on a fait nous,
07:49c'est-à-dire renoncer aux alliances de toutes sortes,
07:51et puis prendre la peine, la pioche,
07:53et puis commencer à faire le travail.
07:55Puis il y a des étapes.
07:55C'est très dur.
07:57Oui, on va pas les cacher.
07:58Mais qu'est-ce qui revient ?
08:02Dans les paramètres de l'histoire,
08:04vous avez le terrain,
08:07je veux dire la géographie,
08:09ça c'est le calendrier.
08:11Ensuite, vous avez les protagonistes,
08:14ça c'est les parties organisées.
08:16Troisièmement, il y a votre stratégie,
08:18pour rallier du nombre,
08:19et quatrièmement, il y a un autre facteur qui compte dans l'histoire.
08:22C'est la stupidité.
08:24C'est pas moi qui l'ai dit, hein.
08:27La stupidité est un facteur extrêmement actif.
08:29Comptez sur l'erreur des ennemis.
08:31C'était long, hein, comment répond-on ça ?
08:35Qui me tentait.
08:37J'ai perdu l'habitude des questions avec de la profondeur.
08:41Merci.
08:41Merci.
08:42Merci.
08:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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