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  • il y a 7 minutes
Le Grand Prix de France a tiré sa révérence en 2022, victime d’un modèle économique peu viable et d’une concurrence internationale accrue. Malgré son rôle historique en Formule 1, la France peine à justifier les investissements nécessaires pour retrouver sa place dans la compétition.

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00:0024 juillet 2022, il est 16h30 et la chaleur est étouffante sur le circuit Paul Ricard dans le Var.
00:07Max Verstappen, 24 ans, remporte le Grand Prix de France de F1, la 27ème victoire de sa carrière.
00:13Mais quelques mois plus tard, cette image prend une toute autre dimension.
00:16Parce que ce jour-là, c'était le dernier Grand Prix de France de Formule 1.
00:21Et c'est d'autant plus paradoxal quand on sait à quel point la France est liée à ce sport.
00:26Alors, la première course à s'appeler Grand Prix de l'Histoire, c'était en France en 1906.
00:32Depuis, le pays a formé des champions, des ingénieurs, des constructeurs majeurs.
00:37Bref, on est partout dans ce sport, sauf sur le calendrier.
00:40Alors, comment un pays aussi lié à l'histoire de la F1 peut-il disparaître de la grille ?
00:45Je pense qu'il y a que nos politiques qui n'aiment pas la sport automobile.
00:48L'absence du Grand Prix de France, c'est une histoire d'argent, de politique et de rapport de force.
00:52C'est un business, c'est l'offre et la demande.
00:55Liberty Media, ils ont plus de demandes que d'offres.
00:58Je m'appelle Eva Talma, je suis journaliste vidéo aux Echos.
01:00Pour vous, je me suis retrouvée à 15h, un mercredi, en plein milieu de la nièvre.
01:09Et aujourd'hui, je vous explique pourquoi on n'a plus de Grand Prix de F1 en France.
01:26Je vous le disais, la France est le premier pays au monde à avoir accueilli un Grand Prix Automobile.
01:30On est en 1906, au Mans.
01:33Alors, assez logiquement, quand le championnat du monde de Formule 1 débute en 1950, il y a un Grand Prix
01:38de France au calendrier.
01:40Après une vingtaine d'éditions dans plusieurs villes, le GP pose ses valises sur le circuit Paul Ricard au Castelet
01:46en 1973.
01:47Et en 1991, la cour s'est déplacée au circuit de Nevers-Manicourt dans la Nièvre.
01:54Pour la première édition, le britannique Nigel Mansell s'impose devant le français Alain Prost, devant plus de 100 000
02:01spectateurs.
02:03Sauf que dans le paddock, l'enthousiasme est relatif.
02:06Le circuit est techniquement apprécié des pilotes, mais être au milieu des champs, à plus de deux heures de Paris
02:10et sans accès direct à l'autoroute,
02:12ça n'a jamais vraiment emballé les équipes et les sponsors.
02:15Quand il a été décidé que Manicourt devait se réhabiliter pour accueillir un Grand Prix de Formule 1, derrière, il
02:22y avait eu une vraie volonté politique.
02:24Serge Saulnier dirige le circuit Manicourt depuis 2010.
02:28Et les bruits de moteur que vous entendez quand il parle, c'est des Porsche qui s'entraînaient sur le
02:32circuit pendant l'interview.
02:34François Mitterrand, qui à l'époque était président de la République, avait été maire de Château-Chinon, donc une ville
02:40de la Nièvre,
02:40et avait été président du conseil départemental de la Nièvre.
02:44Donc il avait une attache avec ce territoire pour lequel il a voulu apporter quelque chose.
02:51Sauf que dans le milieu des années 2000, les problèmes financiers s'accumulent, et vous allez comprendre pourquoi.
02:57Il faut une réunion en urgence entre François Fillon, alors Premier ministre, et Bernie Ecclestone, le patron de la F1
03:03jusqu'en 2017,
03:04pour sauver l'édition 2008 in extremis.
03:06Mais ce n'est qu'un sursis. Avec 2,4 millions d'euros de pertes cumulées sur les éditions 2007
03:11et 2008,
03:12l'équation budgétaire était impossible.
03:15En 2009, pour la première fois depuis la création du championnat du monde de Formule 1,
03:19il n'y a pas de Grand Prix de France au calendrier.
03:22La France restera absente de la grille pendant près d'une décennie,
03:26mais en 2016, Christian Estrosi, le président de la métropole Nice-Côte d'Azur,
03:31et accessoirement 4 fois champion de France de moto, annonce ce que beaucoup attendaient.
03:36Aujourd'hui, je peux vous annoncer clairement, fermement, définitivement,
03:42mesdames et messieurs, le retour du Grand Prix de France de Formule 1 dès l'été 2018.
03:48Un contrat de 5 ans est conclu pour 17 millions d'euros par an versés à la FOM,
03:52la Formula 1 Management, la société qui s'occupe de la gestion commerciale et opérationnelle de la Formule 1.
03:58On va s'arrêter sur ce chiffre, parce que derrière tous les soucis du Grand Prix de France,
04:02il y a un mécanisme financier bien précis, mis en place par Bernie Ecclestone dans les années 80.
04:11Le modèle économique de la Formule 1 tient en une phrase.
04:15Ne pas organiser une course soi-même, mais plutôt vendre le droit de le faire à des circuits et des
04:20promoteurs.
04:20C'est ce qu'on appelle le droit plateau, ou Austin Fee en anglais, et ça a toujours coûté cher.
04:26En 2006, au Manicourt, le plateau nous coûtait 11,4 millions d'euros.
04:31Marc Limacher édite le GP Business Book, un livre sur l'économie de la Formule 1.
04:36Selon un mécanisme qui était contractuel, c'est-à-dire 10% d'augmentation par an,
04:41ça a monté jusqu'à 18,1 millions en 2011, parce que le contrat à l'époque allait jusqu'en
04:462011.
04:47C'était à l'époque de Bernie Ecclestone, ça n'existe plus aujourd'hui.
04:49Selon Racing News 365, pour la saison 2022, les circuits ont payé en moyenne 30,8 millions de dollars pour
04:57accueillir la F1,
04:58soit 646 millions de dollars versés à la FOM en 2022.
05:02Pour organiser le nouveau Grand Prix de France au Castellet, des collectivités locales et le circuit se réunissent en 2017
05:08dans un groupement d'intérêts publics, un GIP, une structure à but non lucratif dont l'objectif est de réaliser
05:14des missions d'intérêts générales.
05:16Budget pour organiser l'événement, environ 30 millions d'euros par an, 17 millions de droits de plateau
05:21et une dizaine de millions d'euros supplémentaires pour les frais d'organisation.
05:25Pour financer tout ça, les collectivités mettent 14 millions d'euros sur la table et l'État ajoute 3,7
05:30millions d'aides.
05:31Plus 14 millions d'euros de billetterie, voilà en tout cas comment se fera l'équilibre.
05:36Sur le papier, ça se tient. Encore mieux, de grosses retombées économiques sont attendues.
05:42Les études que nous avons faites faire par des bureaux spécialisés conduisent à conclure que ce sera 65 millions d
05:48'euros
05:48de retombées économiques directes pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et un potentiel de création d'emplois de
05:55près de 500.
05:56Mais la réalité va être un peu différente.
05:59Bon, déjà, niveau organisation, c'était un peu le chaos.
06:01En 2018, pour la première édition, des spectateurs ont mis 7 heures pour faire 20 kilomètres.
06:07Et l'accès, c'était un désastre parce qu'il y a une seule route.
06:11Joe Soward est journaliste spécialisé en Formule 1.
06:14Il détient un record.
06:15Depuis 1988, il est allé à tous les grands prix.
06:19Et aussi, la région, c'est trop loin d'une grande ville.
06:24Pour la Formule 1, une grande ville, c'est plus de 5 millions.
06:28Mais le vrai souci, c'est l'argent.
06:31Les trois premières éditions sont déficitaires.
06:33L'édition 2020 est annulée à cause du Covid.
06:36Et si la quatrième trouve l'équilibre, le contrat n'est pas renouvelé en 2022.
06:40Le GIP est dissous début 2023 avec 35,7 millions d'euros de dettes
06:45et 28,1 millions d'euros de pertes sur la période 2018-2022.
06:50La Chambre régionale des comptes est saisie.
06:52Et il y a quelques jours, ni ce matin, France 3 et Mediapart ont révélé son rapport définitif.
06:57Et la conclusion est sans appel.
06:59Le modèle s'est avéré structurellement déficitaire.
07:02Le principal problème, c'est, sans grande surprise, le prix de plateau.
07:06Entre 2018 et 2022, il est passé de 17 millions à 22 millions d'euros.
07:11Une augmentation que le GIP aurait pu voir venir,
07:13car si les contrats ne prévoient plus la règle d'augmentation automatique héritée d'Ecclestone,
07:18ils sont indexés sur l'inflation.
07:20Et ce surcoût, aucune collectivité ne le compense.
07:23Dans le rapport de la Chambre, on peut lire
07:25La billetterie était insuffisante pour faire face à la redevance
07:28due au groupe Formula One Management,
07:30ainsi qu'au coût d'organisation de la compétition.
07:33Bon, entre nous, c'est un peu un secret de polichinelle.
07:36Déjà en 2008, à Manicourt, l'équation était impossible.
07:39Et le problème n'est pas que français.
07:41Toujours en 2008, les circuits du monde entier avaient encaissé 197 millions de billetteries
07:46pour 274 millions de droits de plateau.
07:49Le modèle financier d'un Grand Prix de Formule 1 est très particulier.
07:55Le promoteur du championnat, Liberty Media, a pratiquement toutes les recettes.
08:00C'est-à-dire ce qui concerne les droits de télévision,
08:03ce qui concerne l'accueil des VIP,
08:06ce qui concerne la restauration en interne,
08:10ce qui concerne la publicité sur le circuit.
08:13Tout ça leur revient.
08:14Et la seule solution pour absorber le coût d'un Grand Prix, c'est la billetterie.
08:18Sauf que même la billetterie a ses limites.
08:20Au Castellet, le panier moyen tournait entre 150 et 200 euros.
08:24Avec 60 000 places, il aurait fallu un billet moyen avoisinant les 450 euros
08:29pour couvrir tous les frais d'organisation.
08:30Un juste prix pour les choses.
08:33Raisonnablement, un billet moyen qui se situe entre 150 et 200 euros,
08:37c'est beaucoup d'argent.
08:39Et c'est plus près du juste prix que 450 euros.
08:43Le rapport de la Chambre pointe aussi du doigt
08:45combien l'organisation des GP au Castellet a coûté aux collectivités.
08:49On parle de 102,9 millions d'euros d'argent public pour 4 courses.
08:54Le problème, ce n'est pas nécessairement que de l'argent public
08:57ait été utilisé pour un événement sportif.
08:59On fait ça tout le temps en France, avec les JO par exemple.
09:02Le problème, comme le souligne le rapport,
09:05c'est plutôt que les 65 millions de retombées promises par Estrosi
09:09n'auraient pas été au rendez-vous.
09:10La seule étude disponible sur les retombées est contestée
09:13et les estimations de la Chambre ne sont pas encore publiques.
09:16Je dirais que 6 retombées économiques, il y a.
09:20Le problème, c'est que les retombées directes sont pour les hôtels,
09:23sont pour l'hébergement, sont pour la restauration.
09:25Mais tout ce qui est taxes, TVA, aujourd'hui, ça remonte au niveau de l'État.
09:31Donc les collectivités locales n'en profitent pas forcément.
09:36C'est surtout l'État.
09:37Problème supplémentaire, le Grand Prix se déroulait pendant la saison estivale.
09:41La région PACA est une région extrêmement touristique.
09:44Donc je dirais, entre l'apport que pouvait avoir le Grand Prix
09:47et la présence touristique, ça se cumulait.
09:51Donc l'effet retombé économique ne s'est pas forcément vu
09:56de la même façon qu'il a pu être constaté ici, sur un territoire rural.
10:01Derrière le bilan financier du GP du Castelet,
10:03il y a aussi un bilan politique et judiciaire.
10:06Le rapport pointe des défaillances dans la gouvernance
10:09et des irrégularités dans les marchés publics.
10:11Christian Estrosi se défend, son avocat affirme
10:14qu'il n'était pas l'ordonnateur des dépenses
10:15et que la gestion relevait des directeurs généraux du GIP.
10:19Sauf que, comme le souligne Le Monde,
10:21les statuts de la structure disent le contraire.
10:25En 2023, le procureur de la République de Marseille
10:28a ouvert une enquête préliminaire pour favoritisme
10:30et détournement de fonds publics.
10:32Les investigations sont toujours en cours.
10:34Mais ce qui m'a le plus frappé en préparant ce sujet,
10:36c'est une question plus fondamentale.
10:38Ces fameux droits de plateau dont on parle depuis le début de la vidéo,
10:42est-ce qu'ils ne seraient tout simplement pas trop chers
10:44pour organiser une course rentable ?
10:49De plus en plus de pays sont prêts à accueillir la F1 au Moyen-Orient,
10:53en Asie, aux Etats-Unis.
10:55Mais le calendrier, lui, est limité à 24 courses par an.
10:58Et c'est déjà un record.
11:00C'est un rapport de force, c'est un business.
11:02C'est l'offre et la demande.
11:04Liberty Media, ils ont plus de demandes que d'offres.
11:07C'est un fonds d'investissement,
11:08donc ils sont dans une démarche de rentabilité maximum,
11:13si je puis me dire.
11:14Et puis ils redistribuent une partie de cet argent aux équipes
11:20qui, elles aussi, d'année en année,
11:23compte tenu des évolutions techniques,
11:25ont besoin de plus en plus d'argent pour boucler leur budget.
11:29Et il y a des pays qui sont prêts à payer très cher
11:31leur place dans le calendrier.
11:33En Europe, c'est un peu difficile et un peu différent
11:36parce qu'il n'y a pas beaucoup de gouvernements qui payent.
11:40Ailleurs, dans le monde, c'est les gouvernements qui payent.
11:43Et à la fin, ce n'est pas très important pour eux de gagner l'argent
11:47parce que pour eux, c'est un truc publicité.
11:51Et c'est pour ça que des pays comme l'Arabie Saoudite
11:53ou l'Azerbaïdjan n'hésitent pas à payer 55 millions par an
11:57pour accueillir une course.
11:58C'est un outil de soft power,
12:00pas un investissement qui doit être rentable.
12:02Pour que la France renoue avec l'AF1,
12:04il reste deux solutions.
12:06Première solution, une vraie motivation des pouvoirs publics.
12:09Alors, je vais donner une opinion qui n'est pas très très...
12:12Je pense qu'il y a que nos politiques qui n'aiment pas la sport automobile
12:15et l'automobile en règle générale.
12:16Une opinion, pas si...
12:18Puisque c'est ce qui a été reproché au Grand Prix de France
12:21au moment des négociations pour le renouvellement du contrat.
12:24Sur la majorité des courses,
12:25des rois, des présidents, des premiers ministres se bousculent
12:28pour aller donner un trophée sur le podium.
12:31En France, ce n'était pas vraiment la même ambiance.
12:33Emmanuel Macron n'a jamais fait le déplacement au Castellet
12:36et c'est la même chose pour les premiers ministres en exercice
12:39entre 2018 et 2022.
12:41Je ne sais pas si c'est correct de le dire comme ça,
12:43mais dans un mariage, tu dois avoir au minimum deux personnes qui sont d'accord.
12:46Pour nous, la France est un pays très important
12:48et on a besoin de trouver du côté français de l'intérêt.
12:51Que le pays comprenne que quand tu veux organiser un Grand Prix de Formule 1,
12:55tu as besoin d'un investissement important
12:57qui, je pense, peut être organisé avec le gouvernement.
12:59En 2023, Christian Estrosi a sollicité une mission auprès de l'Elysée
13:03pour examiner les conditions d'un retour de la F1 en France.
13:06Et je dirais, de par la situation politique,
13:10la proximité des élections présidentielles
13:13et toutes les incertitudes financières aussi
13:18et déséquilibres financiers de la France,
13:20je ne pense pas que ce soit d'actualité.
13:23Deuxième solution, trouver un gros sponsor privé
13:25prêt à débourser des millions d'euros pour un circuit.
13:28C'est le cas du circuit de Spielberg en Autriche,
13:31racheté par Red Bull en 2006.
13:33La marque finance directement le Grand Prix,
13:35sans subvention publique, ou presque,
13:38l'État reste malgré tout garant du projet.
13:41Aussi, il y a une mentalité en France
13:43presque contre les grands trucs automobiles.
13:48C'est bizarre parce que c'est le pays où le sport automobile est né.
13:53Alors, reverra-t-on un jour un Grand Prix de France ?
13:56Beaucoup l'espèrent.
13:57Mais une chose est sûre, les règles du jeu ont changé.
14:00Il faudrait mettre bien plus sur la table qu'à l'époque du Castellet.
14:04Aujourd'hui, c'est le double pour entrer en Formule 1.
14:06Donc déjà, on prend l'exemple par exemple de Madrid.
14:09Madrid va débourser entre 50 et 60 millions d'euros par an pendant 5 ans,
14:13rien que déjà pour organiser la course.
14:15Il faudra aussi des infrastructures à la hauteur de ce que Liberty Media,
14:19le propriétaire de l'AF1 depuis 2017, exige aujourd'hui.
14:22Aujourd'hui, quel circuit a les capacités véritablement d'accueillir 480 000 personnes ?
14:29Comme on l'a vu à Melbourne, l'État de Victoria a été obligé de débourser 395 millions de dollars
14:35australiens,
14:36c'est 200 millions d'euros, pour rénover son infrastructure.
14:39Donc ça veut dire que les routes, les parkings, les hôtels, plus le circuit en lui-même.
14:47Mais histoire de vous faire rêver un peu, parce qu'on en a bien besoin après tout ça,
14:51un des projets qui revient régulièrement sur la table, c'est celui d'un Grand Prix urbain à Paris.
14:56D'avoir une course dans les rues de Paris, ça serait dans le calendrier,
15:02en tout cas pour moi, l'équivalent de Las Vegas.
15:05Moi, j'avais estimé que Las Vegas, aujourd'hui, rapporte 1 milliard à son économie et à sa ville.
15:12Il faut dire que s'il y a un Grand Prix de Formule 1 à Paris, ça serait pareil.
15:15La F1 est un sport où l'argent compte, où l'image compte, où la politique compte.
15:20Pour l'instant, la France regarde tout ça depuis son canapé,
15:23un peu comme moi quand je me lève à 7h du matin dimanche pour regarder un Grand Prix.
15:29Merci d'avoir regardé la vidéo, on espère qu'elle vous a plu.
15:32Dites-nous si vous êtes fan de F1 et sur quel circuit vous aimeriez revoir la F1 en France.
15:37Le 8ème titre, 2027.
15:40Attends, on peut passer cette année, c'est du Russell 2027.
15:448ème titre.
15:481ème titre, 2027.
15:48Sous-titrage FR ?
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