00:00Ici Matin, votre radio Ici Lorraine consacre cette matinée à un phénomène partagé par toutes les femmes, c'est la
00:06ménopause.
00:07Vous pourrez parler de votre cas entre 9h et 10h tout à l'heure dans Bienvenue chez vous, l'émission
00:12d'Ilan Malka, et puis poser des questions à une médecin.
00:15Mais d'abord, un témoignage, celui de Sandrine. Elle a 53 ans, elle vit en Moselle, elle est enseignante et
00:20elle connaît depuis deux ans tous les symptômes de la ménopause et c'est difficile à vivre.
00:25Sandrine se confie à Julie Seignora d'abord sur sa toute première bouffée de chaleur.
00:30Tout d'un coup, l'été, j'ai eu une sensation de chaud qui me montait, qui me venait dans
00:36le corps et un truc inhabituel qui ne m'est jamais arrivé et franchement c'était très étrange et très
00:42désagréable.
00:42Et tout d'un coup, cette transpiration, je me suis dit d'abord, il fait chaud, c'est un coup
00:46de chaud. Mais quand j'ai vu que ça revenait, je me suis dit non, non, il y a un
00:50truc.
00:50Et c'est transpiré, mais pas transpiré quand on transpire d'un effort. Ça vous prend, vous êtes rouge, très
00:57désagréable.
00:58C'est revenu rapidement après ou ça a mis du temps ?
01:01Ça revenait quand même assez rapidement, la nuit surtout. Cette sensation qui vous réveille, vous enlevez les couvertures, vous ne
01:07savez plus où vous mettre.
01:08Alors vous vous levez, vous allez boire un verre d'eau et après vous vous recouchez. Donc la nuit, à
01:13la limite, vous êtes seul à gérer.
01:14Alors quand c'est la journée et que vous êtes en train de travailler, alors moi étant enseignante devant les
01:19élèves, d'un coup vous êtes en train d'expliquer un truc et ça vous prend comme ça et vous
01:23ne savez plus où vous mettre.
01:24Vous ouvrez la fenêtre, vous vous dites comme ça, oh mais il fait chaud ! Et vous ouvrez un coup
01:27la fenêtre, alors ça passe.
01:29Franchement quand ça m'arrive, je ne pense plus qu'à ça. Je suis complètement dans le truc et je
01:32me dis, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, c'est ingérable, il faut que ça s
01:34'arrête.
01:35Vous vous retrouvez là face à quelqu'un, vous êtes en société. D'un coup on me parle, des gens
01:39que je ne connais pas. Et là je me vois, je commence à perler mon visage, je me dis ça
01:43y est.
01:43Vous n'arrivez même plus à écouter ce qu'on vous raconte. Vous n'avez pas envie qu'on vous
01:46touche parce que vous vous dites, si on me touche, on va sentir que je suis toute moite comme ça.
01:50C'est ingénant pour vous, ingénant pour les autres. Vous vous sentez super mal à l'aise.
01:54Est-ce que ça ne rend pas un peu parano ? Parce que si ça se trouve, est-ce qu
01:57'ils s'en rendent vraiment compte les autres en face ? Ou est-ce que c'est nous qui psychotons
02:00un petit peu en se disant, mon Dieu, je dégouline de partout ?
02:02Ah oui, je crois que ça rend parano. Parce que finalement, je ne sais pas si ça se voit tant
02:06que ça. Ça peut passer inaperçu. Mais quand vous le vivez, vous vous dites, ah non c'est pas vrai,
02:11ah non c'est pas vrai.
02:12C'est vraiment dur à accepter. C'est un sentiment de mal-être, ça vous oppresse. Et vous ne pouvez
02:16pas gérer. Vous êtes en train de conduire, vous êtes en train de cuisiner, vous êtes en train de parler
02:19à quelqu'un, vous êtes en train de travailler.
02:21Maintenant je comprends pourquoi j'ai vu des collègues ou ma grand-mère avec un mouchoir en train de s
02:25'éponger ou un éventail, beaucoup de femmes avec des éventails en train de se ventiler. Maintenant je comprends. Mais c
02:31'est franchement gênant.
02:32Vous ne pouvez plus vous reposer, avoir vraiment un sommeil réparateur avec ces bouffées de chaleur, ces interruptions ?
02:37Non, je crois que depuis, je n'ai plus une nuit complète.
02:39Comment votre conjoint vit les choses ? Parce que ça ne doit pas être évident non plus pour lui quelque
02:44part.
02:45Alors j'évite d'en parler non-stop, surtout que c'est la nuit. La journée, je n'en parle
02:48pas trop, je me ventile un coup, je prends l'air.
02:50La nuit, il dort, enfin franchement. Puis je lui disais, je n'en peux plus, je n'en peux plus.
02:55Et il m'a répondu, oh là là, c'est dur, j'espère que tu vas vite guérir.
03:00Donc ça, c'était vraiment drôle, parce que ce n'est pas une maladie. C'est pour toutes les femmes
03:04pareilles.
03:04Sauf que voilà, on subit. Bon, certaines femmes peut-être moins que d'autres.
03:08Ou avec les traitements, ça doit passer sûrement. Les hormones, ça doit aider.
03:11Mais quand on a décidé de ne pas prendre d'hormones ou qu'on ne peut pas prendre d'hormones,
03:15c'est là que c'est compliqué.
03:16Ma mère ayant eu le cancer du sein, donc moi, les hormones sont déconseillées.
03:21Mais à un moment donné, je me suis dit, c'est tellement ingérable que je vais finir par en prendre.
03:24Mais après, bon allez, tiens bon.
03:25Et j'aimerais vraiment que ça avance au niveau de la science, au niveau de la médecine, qu'on trouve
03:30des solutions alternatives aux hormones.
03:33J'ai pris des compléments alimentaires en me disant les fleurs de Bac, toutes sortes de médicaments dont un, la
03:39gynécologue, m'avait conseillé.
03:41Mais tous les mois, ça revient, ce n'est pas remboursé.
03:44Je crois qu'il n'y a rien à faire à part subir.
03:46Mais si on me disait, il n'y a pas d'impact sur le cancer du sein, je crois que
03:50je prends tout de suite.
03:51Je crois que je préfère prendre des médicaments, mais vivre normalement.
03:54Arrêter de grossir parce que je me dis, bon, si c'est que 2, 3 kilos, parce que j'ai
03:57des copines, c'est 10.
03:58La gynéco m'a dit, vous faites bien de vous surveiller parce que je me pèse matin et soir.
04:02C'est une obsession.
04:03Et elle me dit, vous avez raison parce que j'ai des patientes qui arrivent et qui un matin ont
04:07pris 10 kilos et elles n'ont rien vu venir.
04:09Parce qu'on ne voit pas les kilos arriver.
04:11Le ventre, j'ai l'impression, je me dis, je suis enceinte.
04:13J'ai un ventre ballonné, mais comme si j'étais enceinte.
04:16Je mange toujours pareil, je grossis quand même.
04:18Je mange moins, je ne perds quand même pas.
04:20Je ne les perds pas les kilos.
04:21Est-ce que vous avez le sentiment que votre caractère a changé, à être plus irritable, à se sentir moins
04:27bien dans sa peau,
04:28donc du coup, à peut-être surréagir parfois ?
04:30Est-ce que ça a eu un impact aussi psychologique, entre guillemets ?
04:33Ah oui, ça me tape sur le système.
04:35Des fois, quand je suis énervée, je vois mon fils qui m'a dit un jour, tu as une bouffée
04:38de chaleur là.
04:40Peut-être, peut-être pas, mais je crois qu'on est plus irritable, parce que c'est difficile.
04:45Et comme je suis accroi à ma balance, quand vous pesez le matin et vous dites,
04:49j'ai rien mangé hier et j'ai rien perdu, je ne suis pas très agréable parce que je ne
04:55sais plus quoi faire.
04:55À quel moment vous considérez que ça y est, c'est fini, ça va bien, et puis je rentre dans
05:01une nouvelle période de ma vie ?
05:02Peut-être quand j'aurai plus de bouffée de chaleur. Là, c'est une phase sans, donc je m'en
05:08réjouis.
05:09Des nuits, enfin, je me réveille quand même, mais j'ai plus de sentiments horribles de cette bouffée de chaleur
05:14là,
05:14qui est ingérable, mais je sais que ça va revenir.
05:18Peut-être le jour où j'en aurai plus du tout, alors je serai peut-être encore plus vieille,
05:21et où j'aurai perdu mes kilos.
05:24Au moins, si ça s'arrête à 2, 3, je peux m'estimer contente, que je n'en prenne pas
05:30plus, surtout,
05:31ou je l'accepterai, mais je ne sais pas si, peut-être qu'on finit par tout accepter,
05:37au bout d'un moment, sinon on se rend malade.
05:39Oui, à ce moment-là, sans doute.
05:41Sandrine, 53 ans, qui se livre sur votre radio Ici Lorraine,
05:45peut-être vous êtes-vous reconnue, ou pas, dans son témoignage.
05:48Dans les deux cas, vous êtes invité à raconter à votre tour votre expérience de la ménopause,
05:53tout à l'heure, entre 9h et 10h, dans Bienvenue chez vous, au 03 87 52 13 13.
05:59Ilanne Malka recevra la chef du pôle de gynécologie du Centre Hospitalier Régional de Mestionville,
06:03Dr Marie-France Olyric, à qui vous pourrez...
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