00:00Ce qui compte avec Pierre Lottin et Sandrine Kuiperlin, Pierre, tout à fait anecdotique,
00:05mais vous faites vraiment bien le taser.
00:07Ah ouais ouais, c'est du vécu.
00:08J'ai déjà testé un taser et ça fait ça quoi, X26 en particulier.
00:13Mais vous avez volontairement testé un taser ?
00:15Non, je déconne.
00:18Nous ne sommes pas pauvres, nous sommes fauchés.
00:21Alors voilà, c'est une phrase qu'on entendait dans la bande-annonce
00:23et ça résume tout à fait la philosophie de votre personnage, non ?
00:27Oui, c'est une femme qui voit quand même le verre à moitié plein.
00:33Mais c'est quelqu'un qui a connu l'effervescence,
00:38elle a été avec un mari, elle a trois enfants, elle ferait tout pour eux.
00:41Et puis elle n'a plus rien, elle est fauchée.
00:44Donc l'idée c'est de surmonter tous les obstacles pour trouver des solutions.
00:51Elle ne baisse pas les bras, c'est quelqu'un qui va de l'avant
00:53et qui voit plus grand que tout grand pour arriver à s'en sortir.
00:58Alors elle parle beaucoup cette rose, alors que Jean, lui, est un peu mutique.
01:02Ils ont deux méthodes d'éducation assez différentes.
01:04Elle est plutôt Montessori, lui, il est plutôt tarte dans la gueule.
01:07Je résume.
01:08Ouais, club de boxe un petit peu, j'ai comme ça quoi.
01:10Club de boxe, oui.
01:11Je pense qu'en fait, ils ont les mêmes valeurs profondément.
01:14Sur elle, elle est complètement protectrice de ses enfants, ça passe avant tout.
01:20Et lui, finalement, il est loin de tout ça.
01:22Au début, il est très seul et je pense qu'il en a pris suffisamment dans la gueule
01:26pour être un peu en retrait des choses et du monde.
01:29Et en fait, quand on lui tend la main, il l'apprend.
01:32Avec lequel des deux personnages avez-vous le plus d'affinité ?
01:35Le vôtre ou celui de votre partenaire ?
01:37Moi le mien et puis Sandrine le sien.
01:40Parce que figurez-vous qu'on a joué chacun d'autres personnages.
01:43Ouais, mais c'est dingue.
01:44On a fait ça.
01:45On a fait ça comme ça.
01:47Rose est une héroïne au sens large et noble du terme.
01:51C'est vous qui avez dit ça, ma chère Sandrine.
01:53C'est quoi une héroïne moderne, à vos yeux ?
01:56Non, mais elle est héroïne malgré elle.
01:58C'est-à-dire qu'elle ne sait pas qu'elle est héroïne.
01:59C'est encore plus héroïque.
02:00En fait, c'est qu'elle se bat.
02:02Elle ne se contente pas de ce qu'on lui dit de faire ou de ne pas faire.
02:05Et surtout, elle est dans l'urgence de plusieurs situations très contraignantes.
02:09Son hôtel est à la dérive.
02:11Elle vient de perdre son mari.
02:13Ça pourrait être glauque, dit comme ça.
02:15Non, elle est héroïque parce que tout à coup, une rencontre, elle voit cet homme.
02:21Elle a peur de rien, en fait, ni de lui, ni des autres.
02:24Elle n'a pas peur des flics qui, quand elle pique, a bouffé pour ses enfants.
02:28Et qui plus est, des noix de Saint-Jacques plutôt que des nuggets, tant qu'à faire.
02:31De manière très spectaculaire quand même.
02:33De manière à ce qu'elle y arrive.
02:36Elle a beaucoup d'idées.
02:38Elle écrit plein de scénarios dans le film pour s'en sortir.
02:40Mais quand elle le voit et qu'il est plutôt du genre spontané, on va dire.
02:47C'est le moins qu'on peut se dire.
02:48Elle voit l'humanité de cet homme, elle.
02:50Il y a comme une évidence de comédie à vous voir tous les deux ensemble.
02:53Parce que vous avez chacun des rythmes de comédie très différents.
02:56Et ça marche.
02:57C'est ce qui nous lie avec Sandrine, c'est qu'on a la connerie tous les deux.
03:01Je ne l'aurais pas dit comme ça, mais oui.
03:03Moi, je l'ai dit comme ça.
03:04Et du coup, non, c'est ça qui nous a dit.
03:07Ça veut dire quoi, ça, on a la connerie tous les deux ?
03:08La connerie, c'est qu'on aime bien se payer une bonne tranche de rigolade.
03:10On sait qu'on ne se prend pas la tête.
03:12Pas assez au sérieux.
03:14On n'est pas là à discuter pendant des heures de ce qu'on va faire.
03:16On se marre et on le fait.
03:18Et on est heureux d'être ensemble et de jouer ensemble.
03:21Donc, en fait, c'est comme dans une cour de récré.
03:24Oui, ça le fait tout de suite.
03:26On choisit les enfants avec qui on joue.
03:28Et nous, c'est la cour de récré bonne.
03:30C'est une comédie romantique qui est doublée d'une comédie sociale aussi, mine de rien.
03:35C'est ce double aspect qui vous a plu à tous les deux ?
03:39Après, je ne sais pas, l'aspect social...
03:42Non, c'est raconter des belles histoires.
03:43Après, si ça devient social, je pense que c'est encore autre chose.
03:47Mais non, là, je parle au nom de Jean-Baptiste.
03:51Je fais sérieux et tout, je vois l'écran et tout, je fais chier.
03:53Puis c'est la même baisse que c'est à vous.
03:54Bon, attends, je parle.
03:57Mais en gros, non, c'est qu'on raconte une histoire.
03:58Puis après, si ça touche des gens, on a gagné.
04:01C'est un peu comme quand on écoute un beau morceau de musique, ça nous touche.
04:06Et moi, ce qui me semble très intéressant aussi dans cette histoire, dans cette comédie romantique,
04:09c'est que vos rapports ne sont pas du tout basés sur la séduction.
04:12Non, c'est pas de vous...
04:15Oui, c'est ça, parce que je pense qu'on a un peu tous ras-le-cul des scènes de
04:19cul
04:20et qu'on n'aime pas ça et que...
04:23Et que dans le film, ça se passe ailleurs et avant.
04:26C'est-à-dire, c'est beau parce que c'est l'avant.
04:28On sent bien que ces deux-là vont sans doute s'aimer.
04:34Je ne sais pas, enfin, en tout cas, on ne sait pas à la fin de l'histoire.
04:37On pourrait, quoi, en tout cas.
04:37Voilà, mais ce n'est pas démontré, c'est juste ressenti.
04:43Montré qu'il y a...
04:43Excusez-moi, je te coupe.
04:45Mais non, non, mais en gros, montré que...
04:46On refait jamais, ça.
04:47Ouais, je sais, désolé.
04:48Mais non, montré qu'il y a plusieurs formes d'amour, quoi.
04:51C'est un truc que je dis souvent, je vais faire d'un tello,
04:52mais par exemple, en grec, il y a 13 mots pour définir l'amour.
04:55Agapé, je crois que c'est l'amour pour Dieu.
04:57Ouais, ça a un rapport.
04:58Philia, pour une discipline, je crois.
04:59Héros, voilà, c'est héros.
05:01Et en gros, montré qu'il y a différentes sortes d'amour.
05:03Et dans ce film, ça se voit.
05:06Parce qu'il n'y a pas beaucoup de films avec un homme et une femme
05:09qui ont un amour, autant d'une amitié, quoi.
05:13Je trouvais ça beau de le voir, quoi.
05:14Jean-Baptiste Léonetti, votre réalisateur, disait de vous, Sandrine,
05:18que vous promenez un mélange d'élégance, de déglinguitude,
05:21de fantaisie et d'intelligence.
05:24Alors, Pierre, qu'est-ce qu'il y a de plus de déglingos sur Sandrine ?
05:29Déjà, Sandrine, c'est faire des personnages de composition de fous.
05:33Et par exemple, j'adorais quand tu faisais la...
05:35Mais non, j'ai fait le fait.
05:37Comment ça s'appelle ?
05:39C'est celle qui sort du sport un peu guédin.
05:42C'est des trucs où on est en slip et puis il y a de la musique et tout.
05:45Aérobie.
05:45Aérobie, je crois que c'était ça.
05:47Tu faisais la guédin.
05:48Et à faire des personnages qui sont tout nesques.
05:50Vous vous reconnaissez, Sandrine ?
05:51Non, si, si.
05:52Il y a un côté déjanté que j'assume, mais qui me fait...
05:55D'ailleurs, oui.
05:57Je trouve qu'on a tous, ça, moi, des failles et des trucs,
06:00mais que l'intérêt de le jouer, quand on a même des personnages sérieux,
06:04c'est de les rendre humains parce qu'on a tous des...
06:07Des bizarres.
06:08On dérape.
06:09Il faut déraper, sinon ce n'est pas très crédible.
06:13Moi, quand je vous avais rencontré, Pierre Lottin,
06:14vous m'aviez dit que vous vouliez devenir le Taylor Swift du cinéma français.
06:17Oui, je suis le Taylor Swift du cinéma français, oui.
06:19Ça veut dire quoi ?
06:19Ça veut dire que je chante bien.
06:22Mais non, Taylor Swift, c'est cool ce qu'elle fait.
06:25On n'en rend pas plus sur Taylor Swift.
06:26Non, c'est cool.
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