00:00Ici Alsace, jusqu'à 9h, ici Matin.
00:03Doute l'actu, vous ne ratez rien, c'est votre radio de proximité.
00:06Tous les matins, nous avons un invité pour discuter de l'actualité.
00:09Le ministère de l'Intérieur, Héloïse, annonce de nouvelles sanctions contre l'usage détourné du protoxyde d'azote.
00:14Oui, Laurent Nunez va le présenter aujourd'hui en Conseil des ministres.
00:18Ses grandes lignes de son projet de loi pour lutter contre la délinquance et la criminalité organisée,
00:22avec notamment plusieurs délits qui concernent ces bonbonnes de gaz hilarants.
00:27Bonjour Nathalie Kaltenbach.
00:28Bonjour.
00:29Vous êtes donc la maire de Barres, et bien avant ces annonces, en juillet dernier,
00:34vous avez décidé de prendre un arrêté sur votre commune pour tenter d'endiguer ces consommations de protoxyde d'azote.
00:38Alors peut-être déjà un mot sur cette série de mesures du ministre de l'Intérieur.
00:43Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:45En fait, en tant que maire, nous trouvons que c'était une très bonne chose.
00:49Il manquait un cadre pour légiférer.
00:52Les communes, certaines communes comme la nôtre, ont signé un arrêté,
00:55qui permet alors un peu de sensibiliser,
00:59de verbaliser quand on arrive à attraper les personnes au bon moment.
01:04Mais c'est une amende qui s'élève à 35 euros.
01:06En fait, l'objectif ici, c'est de donner vraiment un cadre,
01:08et de montrer que c'est un vrai délit,
01:11avec des peines, avec des sommes relativement importantes,
01:15et puis pouvant même amener à aller en prison.
01:18Oui, parce qu'inhaler le produit, en avoir sur soi,
01:21ou conduire sous emprise serait donc possible,
01:23passible de prison ou d'amende, jusqu'à 9000 euros.
01:27Donc c'est une bonne avancée pour vous.
01:29Si on revient à cet arrêté à Barres, dans votre commune,
01:34il a été mis en place depuis neuf mois maintenant.
01:37Est-ce que ça a porté ses fruits depuis ?
01:40Alors, porté ses fruits, pas vraiment.
01:43On a constaté une légère diminution des bouteilles de protoxyde retrouvées.
01:48On essaye constamment, via la vidéoprotection aussi,
01:52de remettre la main sur les personnes qui ont consommé.
01:54Quand on voit des bouteilles le lendemain,
01:55on regarde les images vidéo,
01:57et on essaye de retrouver les personnes.
01:59Malheureusement, ce n'est pas suffisant.
02:01Et je pense que le vrai sujet, en fait,
02:04c'est de communiquer sur les dangers de l'inhalation.
02:07Parce qu'aujourd'hui, le produit est perçu comme un amusement.
02:10Les jeunes le consomment.
02:12Ils ne se rendent pas compte des risques sanitaires.
02:14Et le fait d'en parler, d'expliquer vraiment les dangers,
02:18et on le voit maintenant avec les accidents sur la route,
02:20il y en a de plus en plus qui n'existaient pas auparavant,
02:22ça permettra d'expliquer vraiment ces dangers.
02:25Donc, il y a une question plus de sensibilisation avec cet arrêté.
02:28Est-ce que vous constatez qu'il y a une augmentation
02:31du nombre de bonbonnes que vous retrouvez ?
02:34Les agents publics en trouvent ?
02:36C'est une vraie catastrophe.
02:38En fait, ça fait quelques années déjà,
02:39ça a beaucoup, beaucoup augmenté entre 2020 et 2021.
02:43Au début, on parlait de toutes petites cartouches
02:45de la longueur d'un doigt.
02:46Aujourd'hui, c'est des cartouches qui ont la taille d'un avant-bras.
02:51Et ça ne se retrouve pas par un ou deux.
02:53C'est des cartons pleins, c'est six bouteilles, neuf bouteilles.
02:56Et le problème, c'est que ça se retrouve partout.
02:58Avant, on avait quelques endroits localisés.
03:00Aujourd'hui, on les trouve dans les espaces verts, un peu partout.
03:05Et le problème, c'est qu'on ne sait pas quoi en faire de ces bouteilles.
03:08Aujourd'hui, on les stocke dans nos ateliers publics.
03:10On ne peut pas les emmener en déchetterie,
03:12parce qu'elles font exploser les machines de traitement.
03:15Et donc, on est en train de trouver une filière
03:18pour arriver à dégazer les cartouches et pouvoir les recycler.
03:22Mais aujourd'hui, on ne sait pas quoi en faire.
03:24Donc oui, il y a un nombre important.
03:26Et le problème, c'est que ça met aussi en danger nos agents.
03:29En plus, il y a des personnes qui pensent bien faire,
03:33qui ramassent ces cartouches,
03:34qui nous les mettent dans les poubelles publiques.
03:36Et après, pareil, ça part en traitement de déchets
03:39comme un déchet classique.
03:41Donc, il y a un problème de recyclage aussi avec ces bonbonnes de gaz.
03:47Est-ce que vos riverains, les habitants, s'en plaignent également
03:52par exemple de nuisances sonores ?
03:54Alors, la difficulté, c'est que les personnes consomment souvent la nuit.
03:58Et effectivement, quand ils sont sous l'effet du protoxyde,
04:02ils commencent à avoir des délires, à rire très fort.
04:05Alors, on nous dit...
04:07En fait, toute cette démarche est issue d'un travail
04:09avec un collectif d'habitants qui n'en pouvait plus,
04:11qui étaient réveillés systématiquement au milieu de la nuit,
04:13vers 2h du matin.
04:14Et ils nous disaient, on va voir ces gens-là.
04:16Ils ne sont pas méchants.
04:17Ils sont complètement dans un autre monde.
04:19Donc, il n'y a pas moyen de discuter avec eux.
04:21En plus de ce collectif, où est-ce que vous avez renforcé
04:23les effectifs de police pour pouvoir avoir plus de contrôle ?
04:27Alors, on l'a fait sur le précédent mandat.
04:29On a effectivement renforcé la police.
04:31Nous avons 5 policiers municipaux, un ASVP aujourd'hui.
04:33Mais la police ne travaille pas la nuit.
04:35Donc, c'est pour ça qu'il faut de toute façon faire appel
04:37à la gendarmerie et que nous regardons en fait
04:39les caméras de surveillance le lendemain
04:42pour essayer de mettre la main sur ces jeunes.
04:44On peut s'en procurer facilement tout de même,
04:47même si c'est interdit, même s'il y aura ce projet de loi.
04:50On peut en trouver sur Internet, sur les réseaux sociaux.
04:53Est-ce qu'on peut vraiment lutter contre ce protoxyde d'azote
04:55et cet usage détourné, selon vous ?
04:57Alors, aujourd'hui, non.
04:59L'arrêté que nous avons pris, et qui va dans le sens
05:02qu'a pris le ministre de la Santé,
05:05c'est d'interdire également la vente
05:08dans les commerces qui sont non habilités.
05:10Nous, c'est vrai que la vente est interdite
05:11sur toute la commune de Barres,
05:12parce qu'on n'a pas de commerce qui pourrait prétendre
05:14à cette vente-là.
05:15Mais vous prenez votre téléphone,
05:17vous passez une commande,
05:18pour le moment, il n'y a aucune interdiction,
05:20ni majeure, ni mineure.
05:22Donc, c'est relativement trop facile
05:24de pouvoir se fournir.
05:26Et c'est pour ça, je pense,
05:27qu'il faut vraiment axer sur la sensibilisation
05:30au danger sur la santé.
05:32Sensibiliser, oui, parce que la consommation
05:33détournée du protoxyde d'azote
05:35peut avoir des conséquences graves
05:37d'addiction, de brûlure par le froid,
05:39en passant par des troubles neurologiques
05:40et même la perte de l'usage de membres.
05:44Merci beaucoup, Nathalie Kaltenbach,
05:46maire de Barres.
05:47On rappelle, dans votre commune,
05:49vous avez mis un arrêté en place
05:50depuis l'été dernier.
05:51Bonne journée.
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