00:00Bonjour à vous, Antoine Hubert.
00:01Bonjour.
00:01Déjà, vous êtes assis dans le fauteuil d'ici matin,
00:04l'invité d'ici matin.
00:06Dans deux jours, c'est le conseil municipal d'installation à Pornic.
00:09Merci d'être venu jusqu'à nous à Nantes.
00:10On va en faire connaissance avec vous.
00:12Déjà, est-ce que vous réalisez ce qui vous arrive depuis dimanche ?
00:15On le réalise, oui, parce qu'il y a eu tout le temps de la campagne
00:19où l'engouement a pris et monté.
00:21Ensuite, on sort quand même de six ans de mandat d'élu d'opposition
00:24à la ville, à l'agglomération.
00:25Parce que vous, si j'y ai depuis six ans dans l'opposition.
00:27Exactement.
00:28Je m'étais déjà présenté en 2020.
00:30Contre Jean-Michel Brard à l'époque,
00:32qui depuis est allé à l'Assemblée nationale après la dissolution,
00:36qui a passé la main à Claire Hugues, mais c'était la même majorité.
00:39Est-ce que vous pensez que c'était plus facile de s'attaquer à Claire Hugues
00:42qui a eu moins de temps pour se faire connaître et s'installer ?
00:45Oui, peut-être, mais en même temps, on s'attaquait aussi
00:48au bilan de Jean-Michel Brard qui est resté pendant dix ans maire
00:51et puis qui était numéro quatre sur sa liste.
00:53Donc, on ne l'a pas vu malheureusement au résultat.
00:56Mais non, c'est une continuité.
00:58Donc, peut-être qu'elle n'a pas eu la tâche facilité, effectivement,
01:01de récupérer des dossiers structurants qui ont été, j'ai envie de dire, malmenés.
01:05Et qu'est-ce qui vous a fait gagner, selon vous ?
01:07Parce que, nous, on regarde ça depuis Nantes,
01:10mais on se dit qu'une liste de droite, d'hiver droite, face à une liste diversante,
01:14ce n'est pas forcément un clivage idéologique très fort.
01:17Non, justement.
01:18Ce qui nous a fait gagner, c'est justement de sortir du clivage idéologique.
01:20Donc, moi, personnellement, j'ai toujours été étiqueté diversante en 2020,
01:24au départemental en 2021.
01:26Mais ce qui nous a fait gagner, je pense, c'est la diversité, justement.
01:29C'est d'être capable de rassembler, en dehors de toute idéologie partisane,
01:32il n'y a pas de parti politique chez nous,
01:34c'est de rassembler des sensibilités de droite, de gauche et du centre.
01:37Et surtout, c'est de parler justement du local et de sortir, on va dire, des guerres partisanes.
01:42Des guerres partisanes.
01:43Qu'est-ce qui n'allait pas ? Contre quoi vous vous êtes battu, en fait ?
01:48Beaucoup de choses, je pense.
01:49Pornique, il faut savoir, les gens ne savent pas,
01:51parce qu'ils imaginent que c'est le château, c'est la carte postale,
01:53c'est trois villes fusionnées, c'est une des plus grandes communes de France,
01:56100 km², 85 hameaux.
01:58Et je pense qu'on a passé les 20 000 habitants,
02:01et à un moment donné, ce qui nous a fait gagner,
02:03c'est d'essayer de proposer quelque chose pour sortir du tout-tourisme,
02:07proposer des investissements sur le pratique et pas sur le paraître.
02:09Beaucoup d'investissements sur la carte postale,
02:11alors que les infrastructures sont à bout de souffle,
02:13et puis ne suivent pas que ce soit en termes d'accessibilité, d'assainissement,
02:17des choses moins sexies aussi que la carte postale,
02:19mais des choses fondamentales, très importantes.
02:21Pornique, c'est une ville qui gagne des habitants chaque année ?
02:24C'est la plus forte croissance démographique de l'Ordre-Atlantique.
02:26C'est ça, et ça veut dire qu'il faut aussi penser à ceux qui y habitent à l'année,
02:30et pas qu'autoriser, c'est un peu ça ce que vous dites ?
02:32C'est le reproche que vous faites ?
02:33Il faut surtout penser avant tout à ceux qui habitent à l'année.
02:37Je parle d'accès au logement,
02:39on parle aussi d'essayer de rajeunir la population,
02:42parce que c'est aussi ça la vitalité d'une ville,
02:45c'est aussi d'être capable d'accueillir ses travailleurs dans de bonnes conditions,
02:49c'est être capable d'accueillir les riverains et les commerçants de proximité.
02:52La proximité, ça nous a, je pense, aussi fait gagner,
02:55parce que c'était une attente.
02:56On a fait un porte-à-porte, nous, de 8000 personnes,
02:58et ce qui revenait toujours, c'est qu'on ne voit pas les élus,
03:00on ne pense pas à nous assez à l'année,
03:02effectivement, on n'en a que pour le patrimoine et le tourisme.
03:06Antoine Hubert, j'ai vu que vous avez trois enfants.
03:08Votre défi, c'est qu'ils restent à Pornic quand ils seront grands, alors ?
03:11Oui, oui.
03:12Si vous voulez rajeunir la population, c'est un exemple ?
03:15Exactement.
03:15C'est un défi peut-être plus simple pour nous,
03:16parce que, comme je le dis, moi je suis privilégié,
03:18j'ai profité aussi du travail de mes grands-parents,
03:21et puis peut-être que je ne serai pas en face de vous
03:23s'ils n'avaient pas travaillé,
03:24et puis eu un patrimoine immobilier.
03:27Mais le défi, effectivement, c'est de rajeunir la population.
03:30Vous accède l'entreprise, c'est ça ?
03:31Oui.
03:31Et vous avez alors un parcours, dans quel secteur l'entreprise ?
03:34Dans l'événementiel, en fait.
03:36J'ai lancé un tiers-lieu autour du vin de la gastronomie.
03:39Et alors, vous avez une vie riche,
03:42parce que j'ai vu que vous avez été manager de chambre d'hôtel au Maroc,
03:44directeur des ventes d'une marque de lunettes.
03:46En fait, vous êtes touché à tout.
03:47Oui, et puis j'ai fait des études en sciences politiques,
03:49mais je ne m'en suis jamais servi pour faire carrière,
03:51mais j'ai toujours été un peu piqué et passionné par la chose publique.
03:54J'ai eu une transition aussi en tant que référent à Anticor 44.
03:58Oui, l'association Anticor.
03:59Qui m'a bien formé aussi l'esprit et puis la rigueur
04:02sur la gestion de l'argent public et puis des montages juridiques.
04:06Anticor, c'est une association qui regarde et qui lutte contre la corruption,
04:09notamment en politique.
04:10Alors, on dit de vous, du coup, que vous êtes tatillon.
04:12Vous êtes un homme pénible, tatillon, rigoureux ?
04:15Pénible, non, en fait.
04:16J'essaie d'être juste, parce que l'argent public,
04:18c'est un des biens les plus précieux,
04:20et puis on n'en est que dépositaires.
04:23Et vous allez donc mettre votre énergie à profit.
04:26Ça ressemblera à quoi, vos premiers actes ?
04:29Les premiers actes, ça va être rapidement,
04:31avant le début du mois de juin, de réunir ces conseils de secteur,
04:33parce que justement, on va venir faire de la concertation.
04:36Donc, quatre conseils de secteur.
04:39Ça va être aussi, on va devoir reprendre un existant.
04:43Donc, on va devoir rapidement calculer nos marges de manœuvre,
04:46réoptimiser certains projets qui ont été pris, les remoduler.
04:49Je dis encore une fois, on n'est pas là pour défaire.
04:52Mais on va devoir rapidement aussi, auprès des services,
04:55parce qu'on sent qu'il y a une chape de plomb qui est un petit peu assautée.
04:58Donc, il va y avoir, on va dire, un moment d'analyse et d'audit
05:02pour dégager un maximum de marge de manœuvre
05:04et puis rentrer dans des actions concrètes.
05:07Mais pour ça, avant toute chose, la première des choses,
05:09c'est de remettre le cadre de confiance,
05:10parce que c'est ce qui est revenu pendant la campagne.
05:12Il y a eu beaucoup de mal, je pense, qui a été fait
05:15sur le rapport entre les élus et les électeurs.
05:18Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'attentes sur la concertation.
05:21Et c'est votre mission première, nouveau maire de Pornic.
05:24Vous serez officiellement le nouveau maire avec l'écharpe
05:27vendredi lors du conseil municipal d'installation.
05:29Ah oui, mes colistiers veulent bien me faire confiance quand même, j'espère.
05:31Mais il y a eu quelques surprises en France.
05:33Ah oui, c'est vrai.
05:34On en a vu.
05:36Merci beaucoup d'être venu jusqu'à nous ce matin, Antoine Hubert.
05:39On vous rappellera évidemment pour prendre des nouvelles de votre mandat.
05:41Merci à vous.
05:42Bonne journée.
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