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  • il y a 1 jour
L'invité de Nicolas Crozel

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Transcription
00:00Nicolas Creusel, votre invitée, c'est la députée écologiste de Paris, Sandrine Rousseau.
00:05Merci d'être là, bonjour Sandrine Rousseau.
00:06Bonjour.
00:07En direct dans le studio d'ici Loire-Océan, vous êtes à Nantes depuis hier.
00:10Pour évoquer un sujet qui vous tient à cœur et qui concerne potentiellement
00:13peut-être une maison individuelle sur deux en France, si je ne me trompe pas,
00:17c'est le RGA, retrait, gonflement des argiles.
00:19En clair, les fissures qui apparaissent sur les murs parce que le sol bouge, c'est un vrai fléau.
00:24C'est plus qu'un fléau, c'est une bombe à retardement, c'est quelque chose d'extrêmement grave.
00:28C'est 55% des maisons individuelles qui sont sur des terrains argileux.
00:32Alors 55% des maisons ne sont pas encore fissurées, mais elles sont à risque de fissures.
00:37Et c'est une forme de déni complet, c'est-à-dire que personne ne s'en occupe.
00:42Et aujourd'hui, les personnes qui sont concernées par des maisons déjà fissurées
00:46font face à, mais vraiment, un espèce d'isolement majeur et massif.
00:53Ils n'ont pas de reconnaissance des assureurs, ils n'ont pas de reconnaissance de catastrophes naturelles,
00:57ils galèrent sur tous les aspects pour faire reconnaître le préjudice qu'ils subissent.
01:03Et en fait, c'est vraiment une bombe sociale parce que derrière, il y a des personnes qui souffrent.
01:07Évidemment, parce que quand on achète sa maison, c'est un peu la réussite, le modèle.
01:12Dans l'imaginaire collectif, en tout cas, on se dit qu'on a une maison, on a des enfants, une
01:16famille,
01:16une voiture qu'on garde devant.
01:17C'est tout le modèle français, c'est le modèle de réussite française qui a été vendu pendant des années.
01:23C'est-à-dire, on va viabiliser des terrains agricoles pour faire construire dessus,
01:28on va construire des lotissements.
01:30Et en fait, ce sont ces maisons-là qui, aujourd'hui, sont en danger.
01:33Et derrière, c'est toute une promesse républicaine qui est remise en cause.
01:36Mais moi, je voudrais avoir un mot pour les personnes.
01:38Comme vous êtes allé voir, d'ailleurs, certains à Rosé hier, des histoires que vous avez rencontrées.
01:42Bien sûr, mais en fait, c'est des gens qui se sont privés de beaucoup de choses,
01:46qui ont économisé, qui ont travaillé durement pour payer cette maison
01:49et qui, aujourd'hui, se retrouvent avec des maisons qui ne valent plus rien.
01:51Et en fait, moi, j'avais passé une loi à l'Assemblée nationale en 2023.
01:55En 2023, vous étiez arrivé à une loi pour essayer d'améliorer les choses.
01:59Parce qu'aujourd'hui, en clair, s'il n'y a pas de reconnaissance de catastrophe naturelle sur la commune,
02:04on ne peut pas être indemnisé.
02:05Et même si elle l'est, ça n'est que le début de démarche avec des assureurs qui freinent.
02:09Il faut changer cette loi. Enfin, il faut que votre loi revienne.
02:11Aujourd'hui, c'est le régime de catastrophe naturelle qui gère ces fissures,
02:15ce retrait gonflement des argiles.
02:16Il faut aussi dire que le retrait gonflement des argiles va s'accélérer
02:19et s'aggraver avec le réchauffement climatique.
02:21Et donc, le régime catastrophe naturelle n'est pas complètement adapté.
02:24C'est-à-dire que vous pouvez avoir une commune qui est reconnue
02:27et celle d'à côté qui ne l'est pas.
02:28Et pourtant, il y a des maisons fissurées sur celle d'à côté.
02:31Et puis surtout, ça ne correspond pas complètement.
02:32En fait, le régime catastrophe naturelle, c'est pour des inondations,
02:36pour des événements très datés.
02:39Et en fait, aujourd'hui, il est mal adapté.
02:42Donc, cette loi proposait une réforme de ce régime catastrophe naturelle.
02:46Et les assureurs, je dois le dire, ont fait un lobbying incroyable
02:49pour que cette loi ne soit pas votée au Sénat.
02:52Elle a été votée à la quasi-unanimité à l'Assemblée nationale.
02:54Elle n'a pas été votée incroyable.
02:55Une loi de Sandrine Rousseau qui passe à l'unanimité à l'Assemblée nationale.
02:58Il n'a pas en avoir beaucoup.
02:58Mais parce que les députés étaient tout à fait conscients de l'enjeu de cette loi
03:03et de la bombe que ça représentait, de la bombe sociale que ça représentait.
03:06Et en fait, le Sénat a refusé parce que ça coûtait trop cher.
03:09Mais là, on fait la politique de l'autruche.
03:11C'est-à-dire qu'on ne gère pas le problème.
03:13On ne gère pas le stock des maisons fissurées.
03:15Et surtout, plus grave encore, on ne fait aucune prévention sur les prochaines maisons.
03:19Parce qu'en fait, il y a des techniques pour éviter que la maison se fissure.
03:23C'est du goutte-à-goutte au pied des maisons.
03:26C'est la mesure de l'hygrométrie.
03:28C'est la gestion des arbres sur les terrains.
03:30Et en fait, tout ça n'est pas fait parce qu'on a vraiment une politique de l'autruche.
03:33Mais ça, pour moi, ça va vraiment exploser.
03:35Je pense que je fais le pari que dans les années à venir, ça soit le sujet central.
03:41Il y a des communes qui sont pour certaines à leur troisième demande de reconnaissance.
03:45Et même leur troisième reconnaissance en cinq ans.
03:47Avec des franchises qui explosent pour les propriétaires touchés.
03:49Il faut faire pression, selon vous, sur les assureurs.
03:51Il faut faire sauter ces franchises.
03:52Oui, parce que ce qui va se passer, c'est que bientôt les assureurs vont refuser d'assurer les maisons
03:57qui sont sur des terrains argileux.
03:59Donc une maison sur deux.
04:00Et c'est tout le modèle vraiment de la propriété qui est menacé.
04:06Donc l'État doit prendre ses responsabilités.
04:08D'autant que l'État a été un moteur de ce modèle pavillonnaire.
04:12C'est-à-dire qu'il a mis en place des politiques publiques d'accès à la propriété privée.
04:16Et maintenant, il faut qu'ils l'assurent, les propriétaires de ces maisons, qu'ils garderont leurs biens et que
04:23leurs efforts financiers pour garantir un petit capital, un petit patrimoine ne soient pas vains.
04:28Sinon, c'est vraiment la cohésion sociale de notre pays qui est menacée.
04:32Enfin, j'utilise des grands mots, mais c'est vrai.
04:33Est-ce que vous avez espoir que votre loi revienne à l'Assemblée ?
04:36En fait, il faudrait que ça revienne en transpartisan.
04:39C'est-à-dire qu'il faudrait que, notamment, les députés de droite et du centre se mobilisent là-dessus.
04:43Et si nous arrivons à le faire passer en transpartisan, alors il y a une chance qu'elle soit définitivement
04:48adoptée.
04:48Mais j'en appelle vraiment à tous les députés.
04:50Vous avez une responsabilité là-dessus.
04:53Et si on ne la prend pas aujourd'hui, demain, nous le payerons très très cher.
04:56Alors, transpartisan à moins d'un an de l'élection présidentielle, ce n'est peut-être pas le meilleur moment.
05:01Dernière question, je profite que vous soyez là pour vous la poser.
05:04Question politique, Jean-Luc Mélenchon a présenté sa candidature à la présidentielle lundi soir.
05:09On est à moins d'un an de la présidentielle.
05:11C'est lui le mieux placé à gauche ?
05:14Aujourd'hui, on s'achemine vers plusieurs candidatures à gauche.
05:17C'est quelque chose que je regrette à titre personnel.
05:19Parce qu'on le voit sur des sujets comme celui-ci.
05:22Mais on le voit aussi sur la culture dans une région comme la nôtre, comme la vôtre.
05:26Où il y a tellement de besoins de subventions.
05:29Quand la présidente de la région a coupé du jour au lendemain toutes les subventions sur l'économie sociale et
05:34solidaire, sur la culture.
05:35On pourrait parler des services publics.
05:37En fait, la France a besoin de la gauche.
05:39Donc, soyons à la hauteur et ne divisons pas trop pour pouvoir nous rassembler à un moment.
05:44J'ai compris que je n'aurais pas une réponse très précise.
05:47Mais vous espérez encore l'union.
05:50Je continuerai sur ce chemin.
05:51Sandrine Rousseau était en direct dans le studio d'ici l'Euroscience ce matin à Nantes, la députée écologiste de
05:55Paris.
05:56Merci beaucoup, bonne journée.
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