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  • il y a 1 heure
Claude Moniquet, spécialiste terrorisme et renseignements, était invité de l’émission La Matinale week-end sur CNEWS ce dimanche 22 mars. «L’objectif de la Chine est de gagner Taïwan sans combattre», a-t-il analysé. 

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Transcription
00:00Alors Anthony, d'abord, il faut être très prudent avec cette affirmation,
00:03parce qu'avec tout le respect qui lui est dû et ses énormes moyens,
00:06si la CIA, par exemple, a très très bien vu les Russes,
00:10et a été la seule, d'ailleurs, le seul service de renseignement occidental
00:13avec les Anglais à voir les Russes préparer l'invasion de l'Ukraine il y a trois ans,
00:18en revanche, elle n'a pas vu venir la chute du mur de Berlin,
00:21les attaques du 11 septembre 2001, la prise de Kaboul par les talibans,
00:27ou ce genre de choses, donc soyons un peu circonspects.
00:31Cela étant, effectivement, il y a différents signaux que le renseignement américain analyse
00:36et qui montrerait que la Chine hésite sur sa stratégie sur Taïwan,
00:41parce qu'en fait, le gouvernement chinois se rend compte que l'opération militaire,
00:47s'il y en avait une, sera beaucoup plus coûteuse, humainement et militairement, qu'on ne le pense.
00:53Taïwan, ce n'est pas les plages de Normandie, avec des dizaines de kilomètres de sable
00:56sur lesquels on peut débarquer.
00:58C'est une île volcanique avec très, très peu de plages qui facilitent un débarquement.
01:03Premier problème.
01:03Deuxième problème, Pékin craint une internationalisation du conflit
01:07avec une intervention des États-Unis ou du Japon,
01:12ou des deux, ou d'autres alliés des États-Unis dans la région.
01:16Troisième problème, outre le coût économique de la guerre,
01:20le coût direct de la guerre,
01:21ce seraient évidemment les positions politiques et économiques et commerciales de la Chine
01:27qui seraient menacées par d'éventuelles sanctions et par un isolement.
01:30Donc Pékin est effectivement dans une attitude prudente
01:34et les Américains qui pensaient jusqu'à présent que 2027 était l'année clé,
01:39effectivement disent qu'aujourd'hui la menace n'est pas immédiate.
01:43Et comment la Chine elle-même réagit à ces allégations ?
01:47– Alors la Chine n'a jamais caché que pour elle,
01:51Taïwan était et continuerait à faire partie de la Chine au sens politique du terme.
01:58Donc il y a un point de bascule.
02:00Le point de bascule c'est que Pékin tolère une situation de facto
02:04qui arrange tout le monde en fait pour le moment.
02:07Taïwan a tous les attributs de l'indépendance,
02:11mais ne dit pas qu'elle l'est.
02:13Le jour où Taïwan dira nous sommes indépendants, ce sera la guerre.
02:16Ça c'est très clair.
02:18Mais pour éviter la guerre, puisque le but de la Chine c'est de gagner sans combattre,
02:22le but pour éviter la guerre en fait il y a plusieurs possibilités.
02:26Les pressions économiques, les pressions politiques,
02:29l'isolement progressif qui continue chaque jour de Taïwan au plan diplomatique,
02:34avec des pressions sur les quelques pays qui reconnaissent Taïwan
02:37et sur les organisations internationales pour que Taïwan ne puisse pas y siéger.
02:41Et puis la politique qu'on appelle, c'est la politique chinoise classique du front uni
02:46qui consiste à expliquer, à désinformer la population de Taïwan
02:49et expliquer tous les bienfaits d'un rattachement en disant culturellement
02:53nous sommes tous chinois, politiquement vous aurez tous les droits, etc.
02:56Le seul problème évidemment c'est que cette politique du front uni,
02:59ça fonctionne beaucoup beaucoup moins bien depuis qu'on a eu l'exemple de Hong Kong.
03:03Rappelez-vous qu'avant la rétrocession, Pékin promettait un système qui était un pays, deux systèmes
03:10et en fait à l'arrivée on a eu un pays, une dictature.
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