- il y a 2 jours
Les films et documentaires sur la mafia explorent le crime organisé, des fictions classiques aux enquêtes réelles sur Cosa Nostra, la Camorra, tandis que des documentaires et oubliée pas de vous abonnée
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00:12Générique
00:13Bienvenue dans Arte Reportage, l'émission qui, toutes les semaines, donne à voir le monde à hauteur d'homme.
00:19Nous sommes ensemble pendant 52 minutes.
00:21Merci d'être là. Asseyez-vous, laissez-vous guider.
00:25Aujourd'hui, deux pays sont à l'honneur, si l'on peut dire. La Tunisie et l'Italie, et plus
00:30particulièrement le petit village de Partimico, à quelques kilomètres seulement de Palerme.
00:35Nous irons à la rencontre de Pino Magnacci, véritable âme de Télé Yato, une chaîne de télévision locale qui parle
00:42de politique, d'environnement et de la mafia.
00:45Ses confrères veulent rompre l'omerta, la loi du silence. Pas facile quand on connaît l'emprise de la pieuvre
00:51dans cette région.
00:55Mais d'abord, direction la Tunisie, où deux attentats ont été déjoués le 30 octobre, à Monastir et à Sousse,
01:02où un kamikaze s'est tout de même fait exploser sur une plage.
01:06C'est la transition démocratique qu'on a voulu torpiller, disent les autorités tunisiennes, référence bien sûr au dialogue national
01:13qui réunit les islamistes au pouvoir et l'opposition.
01:16Et qui veut torpiller cela ? Les salafistes, selon Tunis, ceux-là même qui font figure d'accusés dans le
01:23crime, en juillet dernier, de Mohamed Brahmi, plongeant le pays dans la paralysie politique.
01:29De ces barbus radicaux qui ne respectent que leurs drapeaux noirs, flanqués de sourates du Coran, on sait qu'ils
01:35veulent la charia, l'application de la loi islamique,
01:38et qu'ils prônent le djihad, la guerre sainte contre les infidèles, qu'ils se plaisent à nommer les mécréants.
01:45Les femmes, ils les aiment tellement qu'ils les préfèrent voilées et à la cuisine.
01:50Pendant huit mois, une de nos équipes a eu l'autorisation de suivre ses extrémistes.
01:55Son reportage est tout à la fois inquiétant et instructif.
01:58Il montre comment un groupe bien organisé et mélangeant habilement discours politiques et démarches caritatives fait des émules,
02:06rediffusion du reportage de David Thompson, Gwen Lawen Le Gouil, Hamdi Tlili et Nicolas Baudry-Dasson de Cargo Cult.
02:14Il a reçu cette année le prix du meilleur reportage international au festival Ilaria Alpi.
02:28C'est une scène impensable avant la révolution.
02:31En plein Tunis, le drapeau du djihad est en dard d'Al-Qaïda sous les fenêtres de l'ambassade de
02:38France.
02:39Ce 14 janvier 2013, jour anniversaire de la chute de Ben Ali,
02:44ces manifestants brûlent un drapeau tricolore pour dénoncer la guerre française au Mali.
02:52Dieu nous a dit, dites à vos parents et dites à vos enfants que ceux qui préfèrent l'argent,
02:56les plaisirs de la vie, les biens matériels à Allah, à son prophète et au djihad,
03:01méfiez-vous du jugement dernier, car les pécheurs ne seront pas pardonnés.
03:18Ces slogans, nouveaux en Tunisie, interpellent une passante,
03:23rentrée d'exil après la chute de la dictature.
03:25Vous n'allez pas me refaire, me pousser à reprendre un autre passeport et repartir.
03:32Mais non, je veux l'art.
03:33Tout ça, c'est inhumain, monsieur. C'est inhumain.
03:36C'est inhumain.
03:39Vous ne représentez pas la Tunisie. Vous représentez un extérieur.
03:43Deux visions à l'opposé.
03:46Dans une société où, depuis la révolution,
03:48le courant salafiste djihadiste séduit de plus en plus.
03:56Ces jeunes chantent l'hymne d'Ansar al-Sharia,
03:59les partisans de la charia.
04:05C'est la principale organisation djihadiste en Tunisie,
04:09fondée trois mois après la révolution par le chèque Abu Hayyad.
04:15Ancien combattant proche de Ben Laden en Afghanistan,
04:18Abu Hayyad est aujourd'hui recherché par la police.
04:22Son but ? Instaurer le califat,
04:25un état islamique basé sur la charia,
04:28grâce à la prédication,
04:30à ce stade pacifique.
04:39Pour la première fois,
04:41ses plus proches lieutenants
04:42ont accepté pendant plusieurs mois
04:45d'être suivis par une caméra occidentale.
04:48Objectif ?
04:49Améliorer l'image du salafisme.
04:55Parmi eux,
04:56Abu Hayyad,
04:5732 ans seulement,
04:58mais déjà l'un des chèques les plus importants dans l'Ansar al-Sharia.
05:03Aujourd'hui, nous organisons un convoi de charité pour nos frères de la région du Kef.
05:10C'est un travail béni de Dawah,
05:12c'est-à-dire de prédication,
05:13comme Dieu nous l'a enseigné.
05:15Grâce à cela,
05:16le califat islamique sera instauré sur terre.
05:19Que les autres le veuillent ou non.
05:22Aujourd'hui libre,
05:23Abu Hayyad croupissait en prison avant la révolution,
05:27condamné comme des centaines de salafistes
05:29par la loi antiterroriste de Ben Ali.
05:33Mes chers frères,
05:34après les tortures,
05:35après la prison,
05:37c'est une occasion pour nous tous de repartir à zéro.
05:40C'est un nouveau départ en puissance pour l'amour de Dieu.
05:44Aujourd'hui, nous organisons un convoi de charité, certes,
05:47mais cela s'inscrit dans un cadre beaucoup plus large,
05:50dans le cadre de l'instauration de la charia sur terre.
05:53C'est notre frère Samy qui dirige le convoi.
05:55Avant de faire quoi que ce soit,
05:56chaque frère doit lui demander son autorisation.
05:59A ses côtés,
06:00Samy Essid,
06:01un djihadiste bien connu des services secrets européens.
06:05Il faut rouler de façon bien ordonnée, c'est clair ?
06:08On ne s'éparpille pas en route.
06:15Si Samy Essid peut aujourd'hui militer pour la charia dans les rues de Tunis,
06:19c'est également grâce à la révolution.
06:25Samy Essid est un rescapé du djihad en Afghanistan,
06:28mais il fut aussi le chef d'une cellule proche d'Al-Qaïda en Italie.
06:33Soupçonné de préparer un attentat contre l'ambassade américaine de Rome en 2001,
06:38il est extradé en Tunisie et condamné à 115 années de prison.
06:42Dix ans plus tard, après la chute de Ben Ali, il est amnistié.
06:47On va aider les pauvres et les démunis.
06:50Eh les jeunes là-bas, avancez, allez, circulez !
06:57Drapeau djihadiste au vent,
06:59une vingtaine de véhicules chargés d'aide humanitaire
07:02quittent Tunis pour le nord-ouest du pays.
07:12Que Dieu bénisse les frères !
07:14Ils ont bien répondu présent.
07:16Ils ont collecté de l'argent, des couvertures, de la nourriture, des médicaments.
07:21Et tout ce qui peut aider et servir dans la vie quotidienne.
07:29Lentement, la caravane s'enfonce vers des territoires abandonnés depuis des décennies
07:35par l'état tunisien.
07:40Eh Ahmed !
07:42Ahmed, tu veux combien de sacs ?
07:44Neuf ?
07:46Ok, dix, on t'envoie ça.
07:49Au son de chants djihadistes,
07:52ces aides sont acheminées dans des villages
07:54loin de la capitale,
07:57inaccessibles par la route,
07:59perdus dans les montagnes
08:00qui bordent la frontière algérienne.
08:14On offre des aliments pour le corps,
08:16mais aussi pour l'esprit.
08:18Il y a aussi des livres de prédication,
08:20des livres pour expliquer le Coran.
08:24Mais il y a aussi des vêtements islamiques
08:26comme ce camis pour les hommes.
08:29Ou une abaya pour que la femme se couvre intégralement avec.
08:36De quoi souffrez-vous ici ?
08:37On n'a ni route, ni eau.
08:40Vous n'avez pas d'eau ici ?
08:41Non, pas d'eau.
08:43Pas de route non plus ?
08:44Non, pas de route.
08:46Et votre maison, elle résiste à la pluie au moins ?
08:48Oui, mais pas très bien.
08:49Bon, est-ce qu'on peut voir votre intérieur
08:50sans rentrer dans les endroits intimes ?
08:52Bien sûr, parce qu'il y a les femmes.
08:57Laissez-moi vous expliquer ce qu'est Ansar el-Sharia.
09:00Nous sommes les partisans de l'islam.
09:01Nous voulons que la loi de Dieu soit appliquée sur cette terre.
09:05Excusez-moi du terme, vous êtes pauvres et faibles.
09:07Mais ce n'est pas grave, car c'est grâce à vous
09:08que Dieu va nous aider à réussir.
09:22Ces opérations visent à gagner le cœur de la population.
09:26Elles visent aussi à prouver qu'en cas d'instauration du califat,
09:30Ansar el-Sharia est en mesure de remplacer l'État.
09:33C'était possible de faire ce travail avant la révolution ?
09:38C'était impossible, mais aujourd'hui, Dieu nous a ouvert le chemin.
09:43C'était difficile avant, mais maintenant aussi, c'est compliqué.
09:48En théorie, nous n'avons même pas le droit de faire ce travail.
09:51Mais nous n'avons pas peur, tant que nous répondons à l'appel de Dieu.
09:55Avec Dieu, rien ne nous effraie.
09:58Allez les enfants, venez par ici.
10:00Allez, allez, allez, tout le monde chante bien fort.
10:02Celui qui chante le plus fort aura le plus de bonbons.
10:11Allez, donnez-leur beaucoup de bonbons, ils le méritent.
10:15La prochaine fois, on revient avec des cartons entiers, c'est promis.
10:20Allez, dis Dieu est grand.
10:26En plus des bonbons, chaque villageois aura droit à sa vidéo souvenir,
10:31car tout est filmé et diffusé sur Internet.
10:34Dites bien qui nous sommes.
10:36Dites bien Ansar al-Sharia.
10:38Oui, vous savez, ces gens-là, qu'ils veulent mettre en prison.
10:40Mais pourquoi en prison ?
10:43Si l'État islamique est instauré en Tunisie,
10:47tous les mois, vous aurez chacun un salaire.
10:50Il n'y aura plus de vol, ça c'est votre droit.
10:52Et c'est grâce à Dieu.
10:56On les remercie beaucoup.
10:57On a besoin de gens comme eux qui craignent Dieu,
11:00des gens qui respectent Dieu
11:01et qui se soucient vraiment des plus démunis.
11:03Il faut en finir avec l'injustice.
11:05Ici, nous, on souffre, on souffre de l'injustice et de la corruption.
11:08Il y a encore beaucoup de corruption ici.
11:18Pour instaurer son État islamique en Tunisie,
11:21Ansar al-Sharia mise officiellement sur des actions pacifiques.
11:25Mais derrière l'humanitaire et les chasubles oranges,
11:28le mouvement n'oublie pas ses valeurs fondamentales.
11:30Le djihad, la guerre sainte au nom de l'islam.
11:36Le djihad est un précepte oublié aujourd'hui.
11:40Pourtant, depuis la disparition du califat,
11:42le djihad est devenu un devoir pour tout musulman.
11:46Chaque groupe islamique qui oublie le djihad
11:48est un groupe à qui il manque quelque chose.
11:51C'est pour cela qu'on insiste tant sur le devoir du djihad
11:54pour la gloire de Dieu.
11:56Parce que c'est grâce au djihad
11:57que le califat sera restauré sur terre
11:59comme l'a dit notre prophète.
12:02Ce sera un califat qui suivra la voie du prophète
12:04comme à son époque.
12:06Et cela ne sera pas possible sans le djihad.
12:17Cette guerre sainte, défendue par Abu Djihad,
12:20certains de ses travailleurs humanitaires,
12:22dans le sar al-Sharia,
12:24l'amènent actuellement en Syrie.
12:32Selon un rapport de l'ONG International Crisis Group,
12:36jusqu'à 2000 djihadistes tunisiens
12:38sont déjà passés par des camps d'entraînement
12:40comme celui-ci.
12:42La plupart combattent dans les rangs du front
12:45al-Nousra,
12:46branches djihadistes de la rébellion syrienne
12:48espérant mourir en martyr
12:50pour instaurer un état islamique
12:52fondé sur la charia.
12:54C'est le cas de ces jeunes Tunisiens
12:56dont la vidéo a fait le tour du web.
12:58Avant de monter au front,
12:59un chef, lui aussi tunisien,
13:01leur donne les instructions.
13:03Dans notre camp,
13:04il y a deux choses très importantes.
13:05Obéir à l'émir
13:06et être patient.
13:07Celui qui peut endurer cela,
13:09il est le bienvenu.
13:10Celui qui est incapable de le faire,
13:12il vaut mieux qu'il parte maintenant.
13:13A vous de choisir.
13:14Mais ceux qui sont prêts à endurer
13:16toutes les difficultés,
13:17ils peuvent rester.
13:18A partir d'aujourd'hui,
13:19je choisirai chaque matin
13:20trois ou quatre d'entre vous
13:22pour aller au combat.
13:25Parmi ces jeunes,
13:27certains ne resteront pas longtemps en vie.
13:29Très vite,
13:30ce combattant accède au rang de martyr.
13:32Une vidéo de son cadavre
13:34est même diffusée
13:35par le front al-Nusra.
13:39Ce djihadiste est un héros,
13:42un martyr.
13:44C'est notre frère Abou Souaïeb,
13:46le Tunisien.
13:50Regardez-le
13:51et regardez bien son visage.
13:54Il est en train de sourire.
13:57Abou Souaïeb, le Tunisien,
13:59est mort en mars dernier
14:01dans la ville de Deirézor.
14:03D'après le décompte
14:04des salafistes eux-mêmes,
14:05plus de 150 djihadistes
14:07venus de Tunisie
14:08ont été tués
14:09les Arbalama en Syrie.
14:13Marouane est irremplaçable.
14:15Personne n'est comme Marouane.
14:16Je n'aurais jamais pensé
14:18que mon fils partirait
14:19pour mourir en Syrie.
14:20C'est inimaginable.
14:24Ce n'est que plus tard
14:25que j'ai entendu ces histoires.
14:28après sa mort,
14:30ses amis sont venus m'expliquer
14:31qu'il avait juré
14:32de mourir uniquement en Syrie.
14:39Cette mère a appris
14:40la mort de son fils unique
14:41par un simple appel de Syrie.
14:44Au téléphone,
14:45un chèque djihadiste
14:46la félicite
14:47et lui annonce
14:47la mort en martyr
14:49de Marouane, 25 ans.
14:51Pendant des mois,
14:52Marouane s'est d'abord entraînée
14:53dans des camps en Libye
14:54avant de prendre l'avion
14:56pour la Turquie,
14:57rejoindre les djihadistes
14:58de la rébellion syrienne.
15:01Je suis comme tout parent.
15:03D'un côté,
15:04je suis triste
15:05parce que j'ai perdu un fils,
15:06la prunelle de mes yeux,
15:08celui sur qui
15:09je pouvais compter
15:10dans la vie.
15:15Mais en même temps,
15:16je suis fière de lui
15:17parce qu'il est mort
15:18pour une juste cause,
15:20un peu comme s'il était intervenu
15:21pour empêcher un père
15:22de battre ses enfants.
15:26Aujourd'hui,
15:27Dieu seul sait
15:28s'il est martyr ou pas,
15:29seul Dieu le sait.
15:35Dans ce quartier pauvre de Tunis,
15:38d'autres mères
15:38sont sans nouvelles
15:39de leur fils.
15:41Marouane en Syrie
15:42était partie
15:43avec un copain de quartier.
15:44Les deux familles voisines
15:46se voient presque tous les jours.
15:50Aux dernières nouvelles,
15:51l'ami de Marouane
15:53était seulement blessé.
15:55Alors,
15:55depuis des semaines,
15:56son père
15:57tente de le joindre,
15:58mais au bout du fil,
16:00la réponse
16:01est toujours identique.
16:09La Tunisie
16:10n'a pas encore
16:11été décrétée
16:12terre de djihad.
16:13Pourtant,
16:14les violences
16:15s'y multiplient.
16:16La plus symbolique
16:17en septembre
16:18à Tunis,
16:19l'attaque
16:20de l'ambassade américaine.
16:22Ce jour-là,
16:23des centaines
16:23de manifestants
16:24protestent
16:25à l'appel
16:25des chefs djihadistes
16:26contre un film
16:27anti-islam américain
16:28diffusé sur Internet.
16:34Très vite,
16:35la police
16:36est submergée.
16:39Les manifestants
16:40donnent alors
16:41l'assaut
16:42sur l'ambassade.
16:44L'Amérique
16:45est humiliée.
16:46Sa bannière étoile
16:47est descendue,
16:48remplacée par
16:49le fagnon
16:49du djihad.
16:50Les salafistes
16:52viennent de montrer
16:53leur force
16:54et crient victoire.
16:56Voilà ce à quoi
16:57appeler Al-Qaïda
16:58et le chèque
16:58Oussama
16:59il y a dix ans
17:00avec une poignée
17:00d'hommes
17:01dans les montagnes.
17:02Aujourd'hui,
17:02c'est le programme
17:03de toute la nation
17:04islamique.
17:05Aujourd'hui,
17:05nous sommes tous
17:06Oussama.
17:07Nous sommes tous
17:07Al-Qaïda.
17:08Désormais,
17:09il n'y a plus aucun
17:09obstacle
17:10pour instaurer
17:10le califat.
17:13Trois jours
17:14après la mort
17:15de l'ambassadeur
17:15américain en Libye,
17:18Tunis,
17:19sous la pression
17:20de Washington
17:20paniquée,
17:22envoie l'armée,
17:23les forces spéciales
17:24et même
17:25sa garde présidentielle.
17:28Après cinq heures
17:29d'affrontement,
17:30quatre manifestants
17:31sont tués
17:32et une centaine
17:33interpellés.
17:38Quelques jours
17:39plus tard,
17:39le gouvernement
17:40à majorité islamiste
17:42lance une vague
17:43de répression
17:44dans les milieux
17:45salafistes.
17:52Depuis l'attaque
17:52de l'ambassade
17:53américaine,
17:54les mosquées
17:55d'Ansar al-Sharia
17:56ont été placées
17:57sous étroite
17:58surveillance.
17:59A Boujia
18:00dansait quelque chose.
18:01Ce vendredi,
18:02l'imam annonce
18:03une mauvaise nouvelle
18:04à ses fidèles.
18:06Comment vas-tu ?
18:07Ça va ?
18:10Aujourd'hui,
18:11je ne vais pas faire
18:11le prêche.
18:12Mais pourquoi ?
18:13Quoi,
18:14t'es pas au courant ?
18:14Ils menacent
18:15de me renvoyer en prison
18:16si je fais le prêche.
18:18Mais comment ça ?
18:19Ils m'ont envoyé
18:20un huissier
18:21pour me menacer
18:21de comparution immédiate
18:22si je fais le prêche.
18:24Mais ça va aller,
18:24ne t'inquiète pas.
18:25Dieu est plus fort que eux.
18:27Dieu nous donnera
18:27la victoire.
18:34Pour occuper
18:34cette mosquée
18:35d'un quartier aisé
18:36de Tunis,
18:37il y a un an
18:37avec ses hommes,
18:39Aboujihad
18:39a expulsé
18:40par la force
18:41l'imam précédent,
18:42nommé Souben Ali.
18:44Depuis,
18:45le gouvernement
18:45pourtant dominé
18:46par les islamistes
18:47des Narda,
18:48tant que
18:49de lui confisquer
18:50les clés.
18:53C'est un avertissement
18:54pour m'interdire
18:55de prêcher
18:56le vendredi.
18:57Sinon,
18:57ils vont me poursuivre
18:58en justice.
18:59Ils me menacent
19:00de prison
19:00si je fais le prêche
19:01aujourd'hui.
19:03Tout ça
19:03pour des raisons politiques.
19:09tout le monde sait
19:10pourquoi.
19:11C'est parce que
19:11la campagne électorale
19:12approche.
19:15Du coup,
19:15ils veulent des imams
19:16qui servent leurs intérêts,
19:17des imams qui font
19:18la propagande
19:19du parti
19:19et Narda.
19:22Parce que nous,
19:23on n'a jamais servi
19:24aucun parti politique.
19:25On appelle seulement
19:26à suivre Dieu,
19:27c'est tout.
19:31On est neutre,
19:32ni pour les uns,
19:33ni pour les autres.
19:34Alors,
19:34ils essaient
19:34de nous écarter
19:35des mosquées.
19:39Selon les autorités,
19:40le drapeau du djihad
19:41flotte aujourd'hui
19:42sur environ
19:43500
19:44des 5000 mosquées
19:45tunisiennes.
19:47En toute illégalité,
19:49mais bien souvent
19:49avec le soutien
19:51des fidèles.
19:52Menacé par la justice,
19:54Abu Djihad
19:54laissera donc
19:55un autre imam
19:56que lui mener le prêche.
19:58Le chèque
19:59sait parfaitement
20:00que sa mosquée
20:01est également fréquentée
20:02par les services secrets.
20:07Regarde-le, lui, là.
20:08Est-ce qu'il est venu te voir ?
20:09Celui qui porte
20:10une casquette rouge.
20:12Non, c'est pas grave.
20:13C'est sûrement
20:14la police politique
20:14ou la brigade antiterroriste.
20:19Il était en train
20:20de téléphoner.
20:21Qu'est-ce qu'on fait
20:22avec lui ?
20:23On l'arrête.
20:25On le suit.
20:28Non, non, regarde.
20:29La police politique,
20:30nous, on la connaît
20:30et elle, elle nous connaît.
20:32Lui, il te surveille.
20:33Alors, tu fais pareil, toi aussi.
20:35Tu le surveilles.
20:43Autorité religieuse
20:44très respectée,
20:46Abu Jihad est consulté
20:47sur tout type de questions.
20:49Problèmes de couple,
20:51troubles psychologiques
20:52ou conflits de voisinage.
20:53C'est d'ailleurs à ce sujet
20:55que cet homme
20:55lui demande de venir
20:56chez lui
20:57pour trancher indifférents.
20:59Oui, c'est d'accord.
21:03Pas de problème.
21:04Je vais venir avec toi.
21:05Je te dirai
21:05ce que prévoit la charia
21:06dans un cas comme ça.
21:12Si tu me dis
21:13de me taire
21:14et que j'ai tort,
21:15alors je me tairai.
21:17Dans tous les cas,
21:18je serai satisfaite
21:19de ta décision.
21:20Ok, passe-me voir lundi.
21:21Prends mon numéro,
21:22tu m'appelles
21:23et on ira ensemble.
21:26En Tunisie,
21:27le gouvernement actuel
21:28est dominé
21:29par Enarda.
21:30Mais aux yeux
21:31d'Abu Jihad,
21:32ce parti islamiste
21:33a trahi sa religion
21:34en renonçant
21:36à inscrire la charia
21:37dans la constitution.
21:40Le peuple tunisien
21:41va bientôt rejeter
21:42ce parti
21:42qui a dévié
21:43du chemin du prophète.
21:46Celui qui tue
21:47des musulmans
21:47et qui met
21:48des musulmans
21:48en prison,
21:49sa fin est proche.
21:51Eux,
21:51ils ont peur
21:52de la charia.
21:53Mais la charia
21:54sera appliquée.
21:55Nous,
21:56nous allons appliquer
21:56la charia
21:57et nous allons résister
21:58car nous n'avons pas peur
21:59de la prison.
22:03La confrontation
22:04ne nous effraie pas non plus.
22:05Nous sommes un peuple
22:06qui s'est offert à Dieu.
22:11Nous n'avions pas peur
22:12de Ben Ali avant.
22:13Alors ce n'est pas aujourd'hui
22:14que nous allons vivre
22:14dans la crainte.
22:18La charia sera appliquée
22:20même s'il faut marcher
22:21sur nos cadavres pour ça.
22:23avec le nom de Dieu.
22:27Quelques semaines plus tard,
22:31ce discours ouvertement
22:33hostile au gouvernement
22:34vote à Abu Jihad
22:36une convocation
22:37au commissariat central
22:38de Tunis
22:39par la brigade antiterroriste.
22:41Bonjour.
22:42Tu peux changer la station
22:43pour mettre
22:44Radio Zitouna,
22:45s'il te plaît ?
22:51Dieu seul sait
22:52pourquoi
22:52ils m'ont convoqué.
22:55On a essayé
22:55de connaître les raisons
22:56mais on n'a pas eu
22:57d'explication.
23:01Tiens, voilà 10 dinars.
23:03Tu gardes 10 dinars
23:03pour toi
23:04et tu donnes tout de suite
23:05les 10 dinars
23:05qui restent à un pauvre.
23:08quelqu'un qui est dans le besoin.
23:10Tiens,
23:11et tu trouves un pauvre
23:11tout de suite.
23:12Tu m'as bien compris, frère.
23:17À l'extérieur,
23:21la police attend déjà
23:22Abu Jihad
23:23pour surveiller
23:24son arrivée.
23:29Je dois prendre le micro, là.
23:33C'est interdit de filmer ici.
23:35Coupe ta caméra.
23:48Deux heures plus tard,
23:50Abu Jihad ressort libre
23:51et visiblement
23:52très détendu.
23:54de son interrogatoire.
24:01Dieu merci, en fait,
24:02j'ai juste été convoqué
24:03à cause d'un prêche du vendredi
24:04qui parlait du Jihad
24:05pour la gloire de Dieu.
24:11Ils m'ont dit
24:13qu'il y a des choses interdites
24:14dans la loi tunisienne,
24:15comme par exemple
24:16l'incitation au Jihad.
24:23Alors moi,
24:23je leur ai expliqué
24:24ce que je voulais dire
24:25exactement
24:25quand j'ai parlé du Jihad.
24:29Je leur ai dit
24:29que ça ne veut pas dire
24:30que j'appelle les gens
24:31à faire le Jihad maintenant.
24:33Mais j'ai donné
24:33ma définition générale
24:35du Jihad.
24:39Et il ne s'agit pas
24:40d'appeler à la guerre sainte
24:41en Tunisie
24:42ou de lancer
24:43des opérations concrètes
24:44sur le pays.
24:48Pas de lutte armée
24:50pour le moment
24:50sur le sol tunisien.
24:52Pourtant,
24:53les armes venues
24:54de Libye
24:55à destination
24:56des djihadistes
24:57au Mali
24:57et en Tunisie
24:58circulent de plus en plus.
25:00C'est même devenu
25:01la préoccupation
25:02numéro un des autorités.
25:04Dans ces montagnes
25:05de la frontière algérienne,
25:06des armes de guerre
25:07sont régulièrement saisies
25:08lors de contrôles routiers.
25:13Si l'on s'en tient
25:14aux déclarations
25:14des chefs de ces groupes,
25:16la Tunisie
25:16n'est pas une terre de djihad.
25:20Mais ce discours
25:21est contraire
25:22à la réalité
25:22compte tenu
25:23du nombre d'armes
25:24que l'on saisit.
25:29Aujourd'hui,
25:29des individus
25:30sont bel et bien
25:30en possession d'armes
25:31et d'explosifs
25:32en Tunisie
25:33même si c'est interdit.
25:35Et cela laisse ouvert
25:36toutes les hypothèses.
25:38Ces armes
25:39peuvent à la fois
25:40être utilisées
25:41sur le territoire tunisien
25:42et certaines peuvent aussi
25:43transiter par la Tunisie
25:45pour servir à l'étranger
25:46sur des zones de conflit.
25:47qui sont à l'étranger
25:48et qui sont à l'étranger
25:50et qui sont à l'étranger
25:50et qui sont à l'étranger.
25:55En décembre,
25:56près de ce dernier poste
25:57avancé
25:58sur la frontière algérienne,
26:00la garde nationale
26:01a même démantelé
26:02un campement
26:02d'une trentaine
26:03de djihadistes tunisiens armés
26:05liés à Al-Qaïda
26:07au Maghreb islamique.
26:10Depuis,
26:10dans ces maquis
26:11du nord-ouest tunisien,
26:12les accrochages
26:13entre djihadistes armés
26:15et garde nationale
26:16sont réguliers.
26:24Actuellement,
26:25ces groupes extrémistes
26:27sont équipés
26:28d'armes légères
26:30et de Kalashnikov.
26:35Le groupe
26:35que nous avons arrêté ici,
26:37dans la région
26:38de Djendouba,
26:39était en possession
26:40de nombreux explosifs,
26:42mais aussi
26:43d'une quantité
26:43non négligeable
26:44de roquettes.
26:47au vu de la situation
26:49dans le pays voisin
26:50où les armes
26:51circulent beaucoup,
26:53nous craignons
26:54que ces groupes
26:54ne se soient déjà
26:56procurés
26:56d'autres types
26:57d'armements,
26:58des armes
26:59beaucoup plus sophistiquées.
27:03Des tensions
27:04aux frontières,
27:06des tensions
27:07également
27:07jusque dans
27:08les ruelles
27:08de la capitale.
27:13A Douarichère,
27:14une banlieue
27:15populaire de Tunis,
27:16ces émeutes
27:17ont marqué
27:17les esprits.
27:20Cette nuit-là,
27:21une altercation
27:22entre salafistes
27:23et vendeurs d'alcool
27:25dégénère
27:26en affrontement
27:27avec la police.
27:28Ici,
27:29depuis des mois,
27:29le drapeau noir
27:30est planté
27:31sur la mosquée.
27:34Harcelés
27:35à coups de pierre,
27:36les forces spéciales
27:37tentent d'intervenir
27:39à l'intérieur
27:39où de jeunes djihadistes
27:41sont retranchés
27:43jusque dans le minaret.
27:47Ces violences
27:48vont durer deux jours
27:50avec une issue fatale
27:52pour l'imam
27:53et le muezzin.
28:01Le lendemain,
28:03c'est à la morgue
28:04de Tunis
28:05que les fidèles
28:05de Douarichère
28:06viennent chercher
28:07la dépouille
28:08de leur imam.
28:14Regarde,
28:14il est en train
28:15de sourire,
28:15il va au paradis.
28:17À 25 ans,
28:19le jeune chef religieux
28:20est mort
28:20comme son muezzin,
28:22en première ligne
28:23dans les affrontements,
28:24sous les balles
28:25de la police.
28:29Regarde là,
28:29ce sont des traces de balles,
28:31regarde bien
28:31où ils ont visé.
28:32Regarde dans le cou
28:33sur le torse,
28:34regarde son épaule,
28:35ils visent les parties
28:36supérieures,
28:37ils visent pour tuer.
28:45Sous Ben Ali,
28:46aucun salafiste
28:47n'a été tué
28:48par la police.
28:49Alors la mort
28:50de l'imam
28:50est perçue
28:51par ses proches
28:51comme une déclaration
28:53de guerre
28:53des nardas,
28:54le parti au pouvoir.
28:57Que veux-tu que je te dise ?
28:58Ce sont des criminels,
28:59ce sont des assassins.
29:03Aujourd'hui,
29:04dans un pays musulman,
29:05on tue des musulmans
29:06à cause de leur foi.
29:07Tout cela
29:08sous ce gouvernement
29:09qui prétend être islamiste,
29:11alors qu'il n'a rien à voir
29:12avec l'islam,
29:13parce qu'il tue des musulmans.
29:15Regardez les musulmans
29:16qu'on tue aujourd'hui,
29:17regardez où ils sont.
29:23Le soir même,
29:25ces morts de Douarichère
29:27sont au cœur
29:27des débats
29:28de l'émission
29:28la plus regardée du pays.
29:31En plateau,
29:32Ali Larayed,
29:33ex-ministre de l'Intérieur,
29:35actuel chef
29:35d'un gouvernement
29:36dominé par les islamistes
29:38des Nardas.
29:39Pourtant,
29:39en face,
29:40le nouvel imam
29:40de Douarichère
29:41l'accuse d'être
29:42un mécréant
29:43et appelle à combattre
29:44son parti.
29:46Aujourd'hui,
29:47j'ai préparé mon linceul.
29:48Après la mort
29:49de ces deux martyrs,
29:50j'appelle tous les jeunes
29:52de l'éveil islamique
29:52à préparer eux aussi
29:54leur linceul.
29:57Parce que le mouvement
29:58des Nardas
29:59et les autres partis
30:00essayent de gagner
30:01les prochaines élections
30:02sur les cadavres
30:02des salafistes.
30:07La fracture
30:08entre islamistes
30:09au pouvoir
30:09et djihadistes
30:11hostiles
30:11à la jeune démocratie
30:12tunisienne
30:13s'expose
30:14pour la première fois
30:15devant des milliers
30:16de téléspectateurs.
30:23Ces violences
30:24de Douarichère
30:24ont aussi déclenché
30:25une autre réaction,
30:26cette fois
30:27devant le ministère
30:28de l'Intérieur.
30:31Du jamais vu
30:32en Tunisie.
30:33Une manifestation
30:34de l'ancien bras
30:35armé de la dictature.
30:38Ces policiers
30:39se plaignent
30:40de la passivité
30:40de leur ministre
30:41islamiste
30:42vis-à-vis des salafistes.
30:45Ces groupes
30:46sont en train
30:46de se multiplier.
30:48Ils sont en train
30:48de se renforcer
30:49et ce n'est pas
30:50dans notre intérêt.
30:51Tous nos rapports
30:52disent qu'ils gagnent
30:53du terrain.
30:54Il faut les éliminer
30:55le plus tôt possible.
30:56On en a les moyens.
30:57Je parle bien sûr
30:57des salafistes.
30:58Le ministre, lui,
30:59nous dit non,
31:00prenons le temps.
31:00Il faut procéder
31:01avec patience
31:02pour éviter
31:02qu'ils ne se multiplient.
31:03Mais ils se sont
31:04déjà multipliés.
31:06Cette police,
31:07autrefois toute puissante,
31:09aujourd'hui déboussolée.
31:11Tout au long
31:11de la dictature,
31:12sa mission était
31:13de surveiller,
31:14réprimer des islamistes,
31:16aujourd'hui
31:16à la tête de l'État.
31:19Ali Larayed,
31:20ex-ministre de l'Intérieur,
31:22est resté 15 ans
31:23en prison,
31:24torturé sous Ben Ali.
31:25Devenu la bête noire
31:26des salafistes,
31:28l'actuel chef du gouvernement
31:29joue la fermeté
31:30tout en laissant
31:31la porte ouverte
31:31au dialogue.
31:36Il faut bien faire
31:37la distinction
31:38entre les groupes
31:39minoritaires
31:39qui veulent imposer
31:40leur idéologie
31:41par la violence
31:42et le salafisme
31:43qui, lui,
31:44concerne la sphère
31:45privée individuelle
31:47avec une vision
31:48personnelle
31:49non prosélyte
31:50de la religion.
31:57Le groupe
31:58qui croit
31:58en la violence
31:59pour imposer
32:00son idéologie
32:01est un groupe
32:02minoritaire.
32:07Il peut passer
32:08à n'importe quel
32:09niveau de violence.
32:12Les forces de sécurité
32:13et l'armée
32:14seront vigilantes
32:15et feront
32:15leur devoir
32:16pour faire face.
32:18Nous les avons
32:18déjà combattus
32:19et nous les combattrons
32:21encore.
32:24Ce n'est pas
32:25à eux
32:25de décider
32:26mais aux forces
32:27de sécurité
32:27à l'armée
32:28et à l'État.
32:31Nous en sommes
32:32convaincus
32:32nous allons
32:33vaincre
32:34cette épidémie
32:35à moins
32:35qu'ils reviennent
32:36à la raison.
32:41Depuis l'arrivée
32:42au pouvoir
32:42des islamistes
32:4312 salafistes
32:45ont été tués
32:45dans des violences
32:46avec la police
32:47deux autres
32:48sont morts
32:49en prison
32:49après des grèves
32:50de la faim.
32:54C'est le cas
32:55de Mohamed Barty
32:56un des visages
32:57du djihadisme
32:58en Tunisie
32:59leader de la contestation
33:00étudiante
33:01pour légaliser
33:02le voile intégral
33:03à l'université.
33:06Incarcéré
33:07après l'attaque
33:07de l'ambassade
33:08américaine
33:08il est mort
33:09après 57 jours
33:10sans s'alimenter.
33:13Contrairement
33:14à la tradition
33:14tunisienne
33:15son visage
33:16reste découvert
33:17car aux yeux
33:18de ses frères
33:18salafistes
33:19Mohamed Barty
33:20est mort
33:21en martyr
33:22de l'islam.
33:27Pour ses obsèques
33:28Abu Jihad
33:29qu'il avait croisé
33:30en prison
33:30sous Ben Ali
33:31a fait le déplacement.
33:33dans son prêche funéraire
33:35l'imam djihadiste
33:36accuse le gouvernement.
33:43Ils ont sacrifié
33:44la vie
33:44de ce jeune croyant
33:45pour l'Amérique.
33:53Sa mort
33:54devrait être
33:54une leçon
33:55pour nous tous.
34:00Nous n'avons pas été
34:01à la hauteur
34:01pour nos frères
34:02en prison.
34:05pour nos frères
34:06détenus
34:07en grève
34:07de la faim
34:09pour nos frères
34:10humiliés
34:10en ce moment
34:11en détention
34:12alors que
34:13leur seul crime
34:14c'est d'avoir
34:15défendu
34:15notre prophète
34:16Mohamed.
34:19Paix
34:19et salut
34:20sur lui.
34:21Paix
34:21et salut
34:22sur lui.
34:29ces obsèques
34:30ont finalement
34:30obligé le pouvoir
34:32à lâcher
34:32du lest
34:33dans son bras
34:34de fer
34:34avec les salafistes.
34:36Enarda craint
34:37par-dessus tout
34:37que la Tunisie
34:38ne devienne
34:39une terre
34:39de djihad.
34:40Alors en toute discrétion,
34:42des dizaines de djihadistes
34:43sont libérés
34:44de prison.
34:49ce dimanche matin
34:50c'est Abu Hayoub
34:51connu pour ses prêches
34:53virulents
34:53contre les artistes
34:54et les médias
34:55tunisiens
34:55qui retrouvent
34:56ses enfants
34:58après quatre mois
35:00de détention.
35:02Ce prédicateur
35:03avait pourtant
35:04été condamné
35:05à un an
35:05d'incarcération
35:06après l'attaque
35:07de l'ambassade
35:08américaine.
35:14Grâce à Dieu
35:15cette épreuve
35:16est maintenant
35:16derrière nous.
35:18Cette détention
35:19est terminée
35:19et on espère
35:20ne plus revenir ici.
35:22Dieu va nous aider
35:24dans nos efforts
35:24pour unir
35:25tous les musulmans
35:25du pays.
35:27La charia
35:28est absente
35:28depuis presque
35:29un siècle
35:29et il faut
35:31qu'elle soit
35:31de nouveau
35:31appliquée.
35:33La charia
35:34c'est notre but.
35:35C'est notre demande.
35:37On espère
35:38que Dieu
35:38nous aidera
35:38dans cette mission.
35:42Avec ces libérations
35:43destinées
35:43à apaiser
35:44les tensions,
35:45le gouvernement
35:46espère
35:47s'il n'est pas
35:47déjà trop tard
35:49éviter
35:49que les djihadistes
35:50ne franchissent
35:51une nouvelle étape,
35:53celle de la guerre
35:54sainte en Tunisie.
36:03Dans la nuit
36:04du 26 au 27 octobre,
36:06l'Etna
36:06s'est brusquement réveillée.
36:07Le célèbre
36:08volcan sicilien,
36:09le plus grand d'Europe,
36:10a laissé échapper
36:11une impressionnante
36:12colonne de fumée
36:13visible de très loin
36:14à la ronde.
36:15Précisons qu'il connaît
36:16régulièrement
36:17des éruptions.
36:18Il est d'ailleurs
36:18en permanence
36:19sous étroite surveillance.
36:21L'environnement,
36:23voilà un des thèmes,
36:24mais il n'est pas
36:24le seul,
36:25loin de là,
36:25que Télé Yato
36:26aborde dans ses éditions.
36:28Le nom de cette
36:29télévision locale
36:30ne vous dit rien
36:31et pourtant,
36:31cette dernière est très active
36:33sur l'île italienne.
36:34À la tête de cette
36:35entreprise familiale,
36:37il y a un homme,
36:38Pino Magniacci,
36:39dont le moins que l'on
36:40puisse dire
36:40est qu'il n'a pas froid
36:41aux yeux.
36:42Pas froid aux yeux,
36:43non,
36:44quand il s'agit
36:45de dénoncer
36:45les scandales,
36:46la corruption,
36:47l'étroitesse
36:48des liens
36:48entre la classe politique
36:50et la mafia.
36:51Celle-ci l'a déjà
36:52rappelé à l'ordre
36:53en lui envoyant
36:54ses gros bras.
36:55Mais le moustachu
36:56au culot sans limite
36:57n'est vraiment pas
36:58du genre à abdiquer,
36:59comme le montre
37:00ce reportage signé
37:01Fulvia Alberti,
37:02Baudouin König
37:03et Serge Turquier
37:04de Mano à Mano.
37:08Parti Nico,
37:09à quelques kilomètres
37:10de Palerme en Sicile.
37:12C'est ici,
37:12place du Dôme,
37:13que les parrains
37:14de la mafia
37:15se donnaient rendez-vous.
37:17Depuis peu,
37:18ce sont les icônes
37:19de la lutte anti-mafia
37:20qui occupe les lieux.
37:24Pino Maniaci
37:25est le directeur
37:25de Téléato,
37:27une petite chaîne
37:27indépendante
37:28financée uniquement
37:29par la publicité locale
37:30et qui surveille de près
37:32les activités
37:33de Cosa Nostra.
37:35Aujourd'hui,
37:36comme hier,
37:36c'est au café
37:37que l'on recueille
37:38les dernières informations.
37:39Un passage obligé
37:41pour Pino
37:41et ses gardes du corps.
37:43Pour les archives,
37:44il y a le cimetière.
37:45Pino y a ses connaissances,
37:47visite guidée.
37:51Dans un cimetière,
37:52il y a de tout.
37:53Il y a le mafioso
37:54et son complice.
37:57Il y a aussi celui
37:58qui a été tué
37:58par les mafiosis.
38:00Ce sont des voisins
38:01de chapelle,
38:02peut-être même
38:02qu'ils discutent
38:03entre eux la nuit.
38:06Don Coppola,
38:07prêtre et mafieux,
38:08c'est lui
38:09qui a célébré
38:09le mariage
38:10de Toto Rina
38:10alors recherché
38:11par toutes les polices.
38:13Dans son église,
38:14le Capo dei Capi
38:15cachait la rançon
38:16d'un de ces kidnappings.
38:20Le cimetière de Partenico
38:21nous raconte
38:22la vie
38:22de tous les chefs mafieux
38:23qui ont régné
38:23sur ce territoire.
38:26Nene Geraci
38:27est mort
38:28sur le père de Kaya
38:30à 90 ans.
38:31Condamné plusieurs fois
38:32à perpétuité,
38:32il est mort
38:33dans son lit
38:33à 90 ans.
38:36un mafieux
38:38qui a été condamné
38:40devrait mourir
38:40en prison
38:41pour tous les homicides,
38:43toutes les horreurs
38:43qu'il a commis.
38:46C'est ce que je pense.
38:49Il ne devrait pas y avoir
38:50ni remise de peine
38:52ni pitié
38:53pour quelqu'un
38:54qui n'a jamais eu pitié
38:55de l'être humain.
38:56de ce qu'est un être humain.
39:01Téléato
39:01est une affaire familiale.
39:03Il y a Pino,
39:04bien sûr,
39:05ses filles,
39:06les Titia et Simone,
39:08sa femme
39:08et aussi
39:10les stagiaires,
39:11mais un seul patron,
39:13Pino.
39:18Et c'est parti
39:19pour les deux heures
39:19et demie
39:20d'Information Locale
39:21Quotidienne.
39:24Qui diable
39:25a cette histoire
39:26de Corleone ?
39:27Ce fax
39:28qui est arrivé,
39:28je l'ai donné
39:29à quelqu'un.
39:30Ne dites pas
39:31de conneries.
39:32Il est ici.
39:33Il est ici.
39:34Alors,
39:35il faut l'enregistrer.
39:36Et toi,
39:37va lire
39:38les titres du journal.
39:40Des informations,
39:41mais aussi
39:42des rumeurs
39:42et un peu
39:43de provocation
39:44Au pays du silence,
39:46toute parole
39:46est salutaire
39:47pour lutter
39:48ou simplement
39:49contourner l'omerta.
39:51Depuis dix ans,
39:52l'environnement
39:53est la grande bataille
39:54que Téléato
39:55mène avec les citoyens
39:56de Partinico.
39:57Pollution,
39:58corruption,
39:58mafia,
39:59tout est lié.
40:00Dans le collimateur,
40:01la distillerie Bertolino.
40:05Je vais vous montrer.
40:06Dès que je m'arrête,
40:07là,
40:07il me voit.
40:08Et il ferme le portail,
40:10vous allez voir.
40:10Voilà.
40:12Qu'est-ce qu'on est puissant,
40:13?
40:14C'est la plus grande
40:17distillerie d'Europe,
40:18située en pleine ville.
40:21C'est une industrie
40:22insalubre de première classe
40:23qui ne devrait pas être ici.
40:26D'où les harcelons
40:28pour une question
40:29de pollution
40:30de l'environnement.
40:32Il y a la puanteur.
40:33On ne la sent pas trop
40:34aujourd'hui.
40:35Mais dans quelques jours,
40:36ça va devenir insupportable.
40:39il y a même des oiseaux morts
40:41qui tournent du ciel.
40:44Et l'eau des rivières
40:45est si polluée
40:46qu'il faut un scaphandre
40:47pour y plonger.
40:49À Téléato,
40:50le but,
40:50ce n'est pas toujours
40:51la rigueur des faits.
40:52C'est la parole elle-même
40:53qui compte,
40:54rompre le silence
40:55et faire parler.
40:57Cette distillerie
40:59est une histoire mafieuse.
41:03Madame Bertolino
41:05est la fille de Giuseppe Bertolino,
41:07le chauffeur d'Alcapol.
41:09C'est aussi la belle-sœur
41:11du chef des travaux publics
41:12du clan de Totorina.
41:15Des conseils mafieux
41:17se sont tenus
41:17dans cette distillerie.
41:20On sait que Madame Bertolino
41:22a des accointances
41:23très dangereuses.
41:24Elle parle avec
41:25des politiciens italiens,
41:26avec le président du conseil,
41:28qu'il soit de droite
41:30ou de gauche,
41:31elle s'en fout.
41:34Elle était même
41:35très amie
41:35avec votre Chirac.
41:42Pino Maniaci
41:43assume pleinement
41:44son rôle de crieur public,
41:45parfois même avec succès.
41:47Après dix années
41:48de provocations
41:49et de dénonciations,
41:51la distillerie
41:51se déplace en rase campagne
41:53et change d'activité.
41:55Mais les provocations
41:56de Pino
41:56ne sont pas toujours
41:57du goût de tout le monde.
42:01Bienvenue dans le journal
42:02de Télé Yato.
42:04Malgré les coups de poing,
42:06les coups de pied,
42:06l'agression,
42:07je suis là.
42:09Pino Maniaci
42:10ne lâchera pas
42:11malgré les bleus.
42:14Nous ne nous arrêterons pas
42:15et nous continuerons
42:17à vous informer
42:17tous les jours.
42:19pour la information
42:20quotidienne.
42:22Ce jour-là,
42:23Télé Yato est en émoi.
42:25Pino accueille
42:26Antonio Ingroia.
42:28Ce magistrat,
42:29devenu homme politique,
42:30a participé
42:31à l'instruction
42:31d'un des procès
42:32anti-mafia
42:33les plus importants
42:34de l'histoire italienne.
42:36C'est la première fois
42:37dans l'histoire
42:37de l'Italie
42:38que nous avons mis
42:38côte à côte
42:39dans un tribunal
42:40des chefs mafieux,
42:41d'anciens ministres,
42:42des députés,
42:43des carabiniers,
42:44des cadres
42:45des services secrets.
42:46Le tribunal
42:47va juger
42:48cette histoire obscène
42:49du pacte
42:50entre la mafia
42:50et l'État.
42:52Un pacte
42:52qui a caractérisé
42:53pendant longtemps
42:54l'histoire
42:55de notre pays.
42:57La politique
42:58n'a pas joué son rôle
42:59dans la recherche
42:59de la vérité.
43:00Les Italiens
43:01ont le droit
43:01de savoir
43:02si c'est vrai
43:02que l'État
43:03a traité avec la mafia
43:04alors qu'il y avait
43:05des cadavres
43:06dans la rue
43:06et des attentats.
43:09Ce n'est pas
43:10à la magistrature
43:11de faire ça
43:11dans un tribunal
43:12qui s'occupe
43:13de responsabilités pénales.
43:15Ce sont
43:15les hommes politiques
43:16qui doivent mettre
43:17en lumière
43:17les responsabilités politiques.
43:19Et jusqu'à présent,
43:21ils ne l'ont pas fait.
43:2320 ans
43:24après l'assassinat
43:25des juges
43:25Falcone
43:26et Borsellino
43:27qui avaient dénoncé
43:28ce pacte
43:28dès 1992,
43:30le procès
43:31s'ouvre enfin.
43:34Les journalistes
43:35de Télé Yato
43:36sont au rendez-vous.
43:38En 1986,
43:40ici même,
43:41dans ce bunker
43:41construit
43:42pour la circonstance,
43:43débutait le maxi-procès
43:45de 457 mafieux,
43:47dont au Torino.
43:49L'État italien
43:50avait promis
43:50un recours
43:51en cassation favorable
43:52aux membres
43:53du clan
43:54de Corleone.
43:56C'est un procès
43:58hautement symbolique.
44:00Si l'opinion publique
44:01le soutient,
44:03pour moi,
44:04ce sera un peu
44:05une révolution.
44:07C'est comme si
44:08on coupait la tête
44:09de notre Louis XVI.
44:12Dès l'audience
44:13préliminaire,
44:14les avocats
44:15de la défense
44:15misent sur la prescription
44:16des faits
44:17et se battent
44:18pour que le tribunal
44:19soit déclaré incompétent.
44:22on a la sensation
44:24que ce procès
44:25pourrait se terminer
44:26comme un bon vieux procès
44:27à l'italienne,
44:28c'est-à-dire
44:28sans résultat.
44:30Y a-t-il ce risque ?
44:31Non, je ne crois pas.
44:34Désormais,
44:34la magistrature
44:35a acquis une pleine
44:36et complète autonomie
44:37et dans ce procès,
44:38elle a le soutien
44:39de l'opinion publique.
44:42Il aura fallu 20 ans
44:43pour que les magistrats
44:44puissent confronter
44:45mafieux et hommes politiques.
44:47Ce n'est pas gagné.
44:49Un projet de révision
44:50de la Constitution
44:51vise à réduire
44:52leur indépendance.
44:54Il y a 20 ans,
44:56Leonardo Guarnotta,
44:57président du tribunal
44:58de Palerme,
45:00travaillait déjà
45:00avec les juges
45:01Giovanni Falcone
45:02et Paolo Borsellino.
45:06Moi, je crois que,
45:07pour le respect
45:08que nous leur devons,
45:09Giovanni, Paolo
45:11et tous les autres
45:12qui ont été victimes
45:13de la barbarie mafieuse,
45:14mais aussi du terrorisme
45:16rouge ou noir
45:17mérite la vérité.
45:21Parce que,
45:22si nous n'arrivons pas
45:23à la vérité,
45:24pour la deuxième,
45:26troisième,
45:27quatrième fois,
45:28ils seront morts en vain.
45:31C'est une chose
45:32que nous leur devons.
45:33Je voudrais que la magistrature
45:35qui a fait tout son possible
45:37et le pouvoir politique
45:39qui devrait en faire autant
45:40fassent un dernier effort
45:42pour toucher au but.
45:44Le procès de Palerme
45:46est important
45:47pour l'Italie entière.
45:48Mais à Partinico,
45:50ce sont les élections municipales
45:51qui font la une
45:52de l'actualité.
45:54Autant dire,
45:54un rendez-vous
45:55à ne pas manquer
45:55pour Télé-Yatto.
45:57Pinault a tout mis en œuvre
45:59pour que les deux candidats
46:00en balotage
46:01viennent en découdre
46:02sur son plateau.
46:07On y est arrivé,
46:08on a encore quelques petits problèmes
46:09pour synchroniser le son
46:11et l'image,
46:12mais les techniciens
46:13sont en train de les résoudre.
46:14On prévoit un direct
46:16très chaud.
46:20Pas de chance,
46:21le candidat Challenger
46:23vient de décliner
46:24l'invitation de Pinault.
46:25Le débat
46:26se transforme en interview.
46:31Nous allons commencer
46:32avec quelques questions
46:33méchantes
46:33au maire sortant
46:34l'Obiundo.
46:36Et quoi ?
46:37Elles sont toujours méchantes
46:38et donc il n'y a rien de nouveau.
46:40Qu'est-ce qui change ?
46:44Vous êtes toujours
46:45l'aiguillon
46:46pour toutes les administrations.
46:48Vous voulez m'abadouer ?
46:49Je cherche simplement
46:51à attirer votre sympathie.
46:52Peine perdue.
46:53A défaut de débat,
46:55Pinault a quand même réussi
46:56l'exploit d'amener
46:57la parole politique
46:58sur la place publique
46:59de Partinico.
47:01Après dix années
47:02de combat citoyen,
47:03Pinault Magnacci
47:04parie sur la jeunesse
47:06et rêve d'une télé
47:07entièrement faite
47:08par les jeunes,
47:09télé junior.
47:11Mon rêve depuis toujours
47:13c'est de faire germer
47:14en Italie
47:15et surtout ici en Sicile
47:16le respect des lois
47:17et du bon journalisme.
47:18C'est pour cette raison
47:20que je vais volontiers
47:20parler aux jeunes
47:21lorsqu'on m'invite
47:22dans les écoles.
47:24Certains se foutent
47:25des jeunes.
47:27Ils leur disent
47:27qu'ils sont le futur.
47:29Moi je dis
47:30qu'ils sont le présent.
47:31Ce sont eux
47:32qui peuvent nous donner
47:33un coup de main
47:33aujourd'hui,
47:34pas demain.
47:35En disant qu'ils sont
47:36l'avenir,
47:36on les éloigne
47:37de leurs responsabilités.
47:39Cet été,
47:40150 jeunes venus
47:41de toute l'Italie
47:42font leur premier pas
47:43de journaliste
47:44à Télé-Iatto.
47:47Je suis venue à Télé-Iatto
47:49parce que je suis passionnée
47:50de journalisme
47:51et en même temps
47:51je crois que la Sicile
47:53est le laboratoire
47:53de l'Italie.
47:54La réalité d'ici
47:55se reflète
47:56dans le reste
47:56de notre pays.
48:01Je suis ici
48:02depuis une semaine
48:03et on est en train
48:03de faire des reportages
48:04de dénonciations
48:05et d'actualités.
48:07Nous faisons
48:07le journal télévisé
48:09et surtout
48:10nous vivons
48:11au contact
48:11de Pino
48:12et de sa famille
48:12tout le temps.
48:17Ce qui est particulier
48:18c'est que
48:18comme tout est fait maison
48:20ils doivent se débrouiller
48:21mais la débrouille
48:22doit faire partie
48:23du journalisme
48:23je crois.
48:24Il faut être prêt
48:25à tout
48:25et eux
48:25ils sont prêts
48:26à tout.
48:30Les gars,
48:30Télé-Junior
48:33c'est une école
48:34de journalisme
48:35sérieuse
48:36pour tous ceux,
48:38toutes celles
48:38qui veulent s'informer
48:39sur comment iraient
48:42les choses
48:43sans ces mensonges
48:45politiques.
48:50On y travaille
48:51avec énergie
48:52on se casse le cul
48:54mais surtout
48:55cette école
48:56doit devenir
48:56une machine de guerre
48:57contre les CDM
48:58qui sont les
49:01les connards
49:02de merde.
49:09Partenico
49:10se prépare
49:10au grand soir.
49:14Un grand soir
49:15démocratique
49:16mais sans surprise
49:17le maire sortant
49:18le seul
49:19à avoir répondu
49:20à l'invitation
49:20de Pino Magniacci
49:21garde la mairie.
49:26Télé-Jatto
49:27s'est imposé
49:28une fois de plus
49:28comme un acteur
49:29important
49:30de la vie politique
49:31locale.
49:36Dans le bunker
49:37de Luchardon
49:38les juges
49:39ont tranché
49:39le procès
49:40se déroulera
49:41bien à Palerme
49:42les magistrats
49:43ont gagné
49:43la première manche
49:44faisant ainsi
49:45écho
49:45aux paroles
49:46du juge
49:47Falcone
49:47il faut comprendre
49:48que la mafia
49:49est un phénomène
49:50terriblement sérieux
49:51et grave
49:52il faut la combattre
49:53non pas en demandant
49:54à des citoyens
49:55des armées
49:55de faire preuve
49:56d'héroïsme
49:57mais en engageant
49:58dans la lutte
49:59le meilleur
49:59de nos institutions.
50:03Voilà c'est la fin
50:04de cette émission
50:04merci beaucoup
50:05d'être venu nous voir
50:06je vous rappelle
50:07qu'à toute heure
50:08du jour
50:08et de la nuit
50:09notre site internet
50:10vous accueille
50:11l'adresse n'a pas changé
50:13arte.tv
50:14puis d'un clic de souris
50:16vous allez dans la rubrique
50:17magazine
50:18la semaine prochaine
50:20vous verrez
50:20notamment
50:21un reportage
50:22sur l'agrobusiness
50:23en Roumanie
50:23en voici un extrait
50:27avec ses 15 millions
50:28d'hectares
50:29de terres cultivables
50:30la Roumanie
50:31attire désormais
50:32des agriculteurs
50:33de toute l'Europe
50:34avides
50:34de nouveaux horizons
50:36ici
50:37le prix à l'hectare
50:38défie toute concurrence
50:39à 2000 euros
50:40en moyenne
50:41c'est deux fois moins
50:42cher qu'en France
50:43et quatre fois moins
50:44qu'en Allemagne
50:49l'autre secret
50:50de l'eldorado roumain
50:51c'est l'afflux
50:52de subventions européennes
50:53depuis l'intégration
50:55de la Roumanie
50:55à l'Union
50:56en 2007
50:57le pays est devenu
50:58le huitième bénéficiaire
50:59de la politique agricole
51:01commune
51:01avec plus de 2 milliards
51:03versés chaque année
51:04aux agriculteurs
51:06régulièrement
51:06se tiennent à Bucarest
51:08des conférences
51:08où le gouvernement roumain
51:10tente de séduire
51:11les investisseurs étrangers
51:13le ministre de l'agriculture
51:14par exemple
51:15ne jure plus
51:16que par les grandes exploitations
51:17de préférence étrangère
51:20il faut qu'on oriente
51:21les petites fermes
51:22pour qu'elles soient
51:23productives
51:23et qu'elles soient
51:24compétitives
51:24sur le marché
51:26il faut que toutes
51:27les exploitations
51:28d'un, deux, trois
51:29cinq hectares
51:30puissent grandir
51:30atteindre au minimum
51:3150 hectares
51:32voire plus
51:34notre pays
51:35ne peut pas développer
51:36sa production agricole
51:37parce qu'il n'a pas
51:38les moyens de le faire
51:39la meilleure solution
51:41serait que les industriels
51:42s'associent avec
51:43les agriculteurs
51:43que les investisseurs
51:45contribuent à mettre en valeur
51:46le potentiel de la Roumanie
51:47c'est ça
51:48c'est ça
51:48c'est ça
51:49c'est ça
51:50c'est ça
51:51c'est ça
51:52c'est ça
51:53c'est ça
51:53Andrea Fies
51:53vous accueillera
51:54à cette même place
51:55samedi prochain
51:56j'aurai donc le plaisir
51:58de vous retrouver
51:58dans 15 jours
52:00d'ici là
52:01portez-vous bien
52:02passen Sie gut
52:02auf sich auf
52:03wir sehen uns
52:04in zwei Wochen
52:05wieder
52:05bis dahin
52:07tschüss